11. Une enquête qui avance?

Shinpachi et Heisuke étaient assis face à Kondo et Hijikata qui les regardaient d'un regard sévère. Soji était assis dans le fond de la pièce, le sabre à portée de main. En ce moment, les capitaines de la deuxième et huitième division étaient en train de calculer leurs chances de survie. Ils avaient beau prendre en compte différentes variables, refaire leurs calculs plusieurs fois, les deux fautifs sentaient que leur survie ne tenait qu'à un fil.

«Alors, qu'avez-vous à dire pour votre défense? Demanda le leader du shinsengumi d'un ton sec.

_Vous sortez alors que l'on vous a interdit d'aller boire et en plus, vous vous faits prendre! Par Itô, en plus! Gronda la voix du vice-capitaine.

Les deux pris en faute ne se retournèrent pas mais ils pouvaient sentir le regard du capitaine de la première division leurs brûlait la nuque. En effet, l'une des choses que détestait le plus le jeune homme aux cheveux verts était que l'on désobéisse à Kondo.

_On n'est pas sortis pour aller boire. On est allé à la maison de passe mais pas pour s'amuser! Se dépêcha de préciser Todo en voyant le regard de ses supérieurs se durcirent encore plus.

_En fait, on s'est dit que si quelqu'un avait versé quelque chose dans nos verres, ça n'avait pu arriver qu'à la maison de passe. Au début, on a cru que ce n'était que de l'alcool mais après on s'est dit que ça devait être autre chose de plus fort. Expliqua Nagakura.

_Et pourquoi vous en êtes venus à cette explication? Demanda le démon du shinsengumi.

_Saito est quelqu'un d'exceptionnel quand il s'agit de boire. Il reste maître de lui-même après avoir bu plus qu'il ne faut. On s'est donc dit que si même lui ne se souvient pas de ce qui s'est passé, ça voulait dire que ce n'était pas que de l'alcool qui avait été mis dans nos verres. Il devait y avoir de la drogue aussi. Alors, on est allés faire une petite enquête à la maison de passe. Comme on l'avait craint, Kimigiku-san n'y est plus. On nous a dit qu'elle s'était sauvée. Eux n'y ont pas fait vraiment attention car il n'est pas rare que les geishas tentent de fuir quand elles ont un endroit où aller. On pense que l'on nous a drogués pour nous interroger sur le shinsengumi sans éveiller les soupçons. Continua Heisuke.

_Pourquoi vous ne nous en avez pas parlé avant? Demanda le leader du shinsengumi dont la voix avait baissé d'un ton, rassurant ainsi ses deux subordonnés.

_Avec la tentative d'assassinat de Sano-san et les blessures de Chizuru-san, vous étiez assez préoccupés. Nous voulions attendre d'avoir des preuves pour venir vous en parler. Indiqua Shinpachi en se détendant après avoir vu qu'Hijikata ne les fusillait plus du regard.

_Très bien. Mais, à partir de maintenant, vous nous préviendrez à chacune de vos visites à la maison de passe. Je vous fais confiance donc dés que vous apprenez quelque chose, vous viendrez nous en avertir. Bien sûr, comme vos actions sont justifiées, vous ne serez pas punis. Déclara Kondo.

_Cependant, il ne faut pas montrer un quelconque signe de faiblesse devant Itô. Dans les jours à venir, vous ne mangerez pas avec nous pour lui faire croire que l'on vous a mis en isolement pour vous sanctionner. Indiqua Hijikata qui, comme d'habitude, ne perdait pas le nord.

_C'est pas grave. On aura qu'à en profiter pour manger avec Chizuru! S'exclama le capitaine de la huitième division avec un sourire.

_Ouais, elle doit s'ennuyer toute seule dans sa chambre toute la journée!» Renchérit son camarade en souriant à son tour.

Kondo, Hijikata et les deux membres du trio infernal ne le virent pas mais quand ces deux derniers avaient mentionné le fait de manger avec la jeune fille, Okita avait serré avec force le fourreau de son sabre, jusqu'à s'en faire blanchir les jointures, et son regard s'était particulièrement assombri.

Après une demande qui dut être souvent réitérée ainsi que de nombreuses négociations, Chizuru avait enfin réussi à obtenir une occupation fournie par sa grand-mère, à savoir de la couture. En effet, alors que Keiko s'occupait de la lessive, la blessée recousait les accros et réajustait les ourlets des vêtements des membres du shinsengumi. Ce travail lui permettait de s'occuper un peu l'esprit, même si ces pensées revenaient inlassablement vers l'enfant qu'elle portait et le père de ce dernier. D'ailleurs, la veste dont la jeune fille était en train de recoudre la manche appartenait à celui-ci. Alors, elle ne sut pourquoi mais la jeune fille craqua et des pleurs commencèrent doucement mais sûrement à dévaler ses joues. Cachant son visage dans le vêtement, la future mère huma l'odeur de l'homme dont elle portait la descendance. Il fallait dire que malgré le fait que l'habit avait été lavé, l'odeur de son propriétaire n'avait pas disparu.

Occupée à pleurer, Chizuru n'entendit que trop tard des pas se diriger vers sa chambre. De ce fait, elle n'eut pas le temps d'effacer ses pleurs qu'une voix se fit entendre.

«Bonjour Yukimura-kun, je peux entrer?

_Bien sûr, Kondo-san. Répondit l'interpelée en essayant d'avoir une voix qui ne laissait pas transparaître ses sanglots.

_Tu penses à lui, n'est-ce pas? Lui demanda le leader du shinsengumi en entrant dans la pièce car l'état d'esprit de la jeune fille ne lui avait pas du tout échappé.

Il eut alors une réaction que fit se figer la future mère. En effet, le jeune homme passa ses bras autour elle comme un grand frère voulant rassurer sa petite sœur.

_Je te demande pardon. Si je n'avais pas autorisé les recherches sur les rasetsus, tu n'aurais pas été remarquée par la patrouille. Tu n'aurais pas été amenée ici de force. Tu n'aurais pas été obligée à rester ici. Tu n'aurais pas couché avec quelqu'un sans que tu sois pleinement consciente de tes actes.

A ces mots, les pleurs de Chizuru reprirent. Cela lui fit du bien. En effet, l'étreinte du leader du shinsengumi était réconfortante et apaisante.

_Vous n'avez rien à vous reprocher Kondo-san. Sans le shinsengumi, je serais morte, tuée par les bandits. Je suis heureuse d'avoir rencontré tout le monde. Même si je ne m'attendais pas à devenir mère si vite, j'attends l'enfant de l'un de mes amis. Je ne regrette rien. De plus, vous m'avez permis de rester. Je ne pourrais jamais vous en vouloir pour tout ça. Le rassura la jeune fille en souriant.

_Je peux te demander quelque chose?

_Bien sûr, Kondo-san. Affirma la concernée.

_Je souhaiterais être le parrain de ton enfant. Même si son père refuse de s'en occuper, je te promets de le faire comme s'il était le mien.

_J'accepte avec plaisir, même si je pense que lorsqu'il le saura, le père de mon enfant ne m'abandonnera pas. Déclara la jeune fille.

_Je l'espère autant que toi. Après tout, je l'ai éduqué de façon à ce qu'il prenne ses responsabilités.

_Je n'ai aucun mal à vous croire.»

Depuis son coup d'éclat, fait en tirant sur Chizuru, Shiranui avait été consigné à résidence par Kazama et Amagiri. Ce dernier avait même recouvert les murs, les fenêtres et les portes de la maison par des sceaux, pour former ainsi une barrière ne permettant pas au tireur de sortir alors que les deux autres onis pouvaient aller et venir sans problème.

Dés le lendemain de l'incident avec la jeune Yukimura, le démon aux cheveux roux avait profités de l'aurore pour aller récupérer balles et douilles. En effet, il ignorait si le shinsengumi connaissait l'origine de Chizuru. La prudence voulait donc que les membres de la milice de Kyoto ne sachent pas que les balles qui l'avaient blessée, étaient en argent. Ainsi, la faiblesse des onis face à ce métal était encore cachée pour un moment, ce qui valait mieux avec cette époque de troubles.

Dés que le docteur Matsumoto était revenu à sa résidence dans Kyoto, après être allé voir la future mère, Kazama lui avait fait subir un sort hypnotique pour qu'il lui dise si la blessée allait vivre. La réponse affirmative l'avait rassurée. Seulement, n'ayant posé que cette question, le démon noble ignorait que la principale concernée attendait un enfant.

Les jours, puis les mois commencèrent à passer…jusqu'à ce qu'une nuit…