Chapitre Quatrième.

Je sortis en trombe du bar et pris l'air frais de la nuit. Je croisai les bras et tentai de me convaincre que ça allait passer. Je ne voulais pas mêler quiconque d'autre à cette histoire. Je voulais être seule et me calmer. Mais qui était-il pour donner son avis sur ma vie, celui-ci? J'inspirai et expirai rapidement. Je fulminai. Je sentais les tremblements dans mes mains qui revenaient. Je les regardais trembler sous mes yeux, incontrôlables. Je soufflai. Ça allait passer. Je lui en voudrais bien entendu mais je ne voulais pas gâcher la soirée de mes amis et la mienne surtout. Une main agrippant mon poignet me sortit de mes pensées.

- Hermione ! S'exclama Dan.

Il passa une main sur ma hanche et s'approcha de moi. Je me retirai de cette proximité qui ne me plaisait pas. Je n'en avais pas envie, surtout pas à ce moment même. J'étais énervée et déçue j'avais donc tout sauf envie qu'un homme me fasse du rentre dedans. Il se rapprocha tout de même de moi.

- Je… Non Dan, je ne suis pas vraiment d'humeur là, je suis désolée, dis-je alors en m'écartant.

- Ce n'est pas ce que tu avais l'air de penser tout à l'heure, répondit-il en se rapprochant.

- Peut-être mais j'ai changé d'avis et d'humeur, maintenant laisse moi, crachais-je en retournant dans le bar.

J'avais envie de me cacher sous les couettes de mon lit et ne plus jamais en sortir. Sans exagération bien entendu. Je m'assis lourdement autour de la table. Il y avait toujours Drago, mais je ne daignai même pas le regarder ou accorder qu'il existait encore. Ginny s'approcha de moi avec un grand sourire.

- Hermione, tout va bien ?

- Oui, répondis-je en souriant faussement pour la convaincre et peut-être me convaincre aussi.

Je me levai et retournai danser avec mes amis pour essayer de me changer les idées et de me vider la tête. Les lumières s'allumèrent peu après dans le bar annonçant la fermeture imminente. On récupéra chacun nos affaires autour de la table et on sortit rapidement. Je les remerciais tous et commençais à dire au revoir à ceux qui partaient. Je n'habitais pas très loin du chemin de traverse et décidai de rentrer à pied pour m'aérer l'esprit après cette journée quelque peu mouvementée. Ils partirent tous puis il ne resta que Drago et moi. Tout aussi buté l'un que l'autre.

- Je te raccompagne ? Lâcha-t-il au bout de quelques secondes.

- Si tu le souhaites, marmonnais-je.

On marcha jusque chez moi sans un mot. Le silence était pesant. Je voulais dire quelque chose mais je n'avais plus la force et l'envie de m'énerver contre lui, ni de le pardonner. Je m'arrêtai devant la porte de mon immeuble et me tournai vers lui. J'attendis quelques secondes et comme il ne dit rien je me tournai pour rentrer.

- Je n'aurais pas dû, dit-il me coupant dans mon élan. Je n'aurais pas dû dire ce que j'ai dit. Je regrette de t'avoir traité de conne. Je pense toujours que le mec en était un par contre.

- Tu n'aurais pas dû en effet, crachais-je en m'approchant de lui. Pourquoi tu l'as fait ?

- Je ne sais pas. C'était plus fort que moi. Ça me rendait fou de te voir avec lui, avoua-t-il.

Je soupirai et lui fis un petit sourire. Il haussa les épaules. Il sortit sa baguette et fit apparaître dans sa main un paquet avec un ruban dessus. Il me le tendit.

- Encore joyeux anniversaire, Hermione, murmura-t-il avant de laisser un baiser sur ma joue.

Je rentrai dans mon appartement et me déshabillai presque immédiatement pour me mettre en pyjama. Dans mon lit je pris le temps d'ouvrir le cadeau de Drago avant de sombrer dans les bras de Morphée. Je déchirai le papier cadeau et découvris un livre. C'était l'Histoire de Poudlard mais c'était un vieux livre. Je l'ouvris et trouvais un papier avec l'écriture de Drago dessus.

« Je n'ai pas pu obtenir la toute première copie de l'Histoire de Poudlard se trouvant à Poudlard même. Mais celle-ci reste tout de même de la première édition. Je sais que c'est ton livre préféré pour une raison qui nous échappe tous.

Joyeux anniversaire Granger,

D.M. »

Je passai ma main sur la couverture du livre. Elle était de couleur bordeaux et L'Histoire de Poudlard était écrit avec des dorures. Ça aurait été du vrai or que ça ne m'aurait pas étonné. C'était la première édition, une édition prestigieuse. Le livre était bien conservé malgré le papier qui avait jauni. Je l'ouvris et plongeai mon nez dans le livre pour humer l'odeur. L'odeur du livre, du vieux livre, celui qui avait vécu, je l'aimais. C'était une de mes odeurs favorites et une que je sentirais si je humais une potion d'amortentia. La dernière fois que j'en avais senti une était lors de ma sixième année à Poudlard. Je songeai tout à coup que les odeurs auraient sûrement bien changé. Je sentirai toujours l'odeur de livre, d'herbe coupée, mais sûrement plus celles qui me rappelaient Ron.

Je souris. Il me connaissait et ce cadeau me faisait énormément plaisir. Il n'effaçait cependant pas ce qu'il avait dit, même si, bien entendu, il ne me l'avait pas donné pour se faire pardonner en premier lieu. Je ressentis un pincement au coeur en me rappelant de ce qu'il avait, de cette soirée, de son comportement. Il m'avait aussi fait de la peine. Je ne lui avais pas dit, peut-être parce que je pensais qu'il s'en fichait de m'en faire pour cette raison. Peut-être parce qu'il n'aurait pas été attentif. Peut-être parce que j'étais trop fière.

Je me réveillai, me levai, ou plutôt tanguai vers la salle de bain. Ma tête me faisait mal. Terriblement mal. Et je savais que ce n'était pas dû à l'alcool. Encore une de ces migraines. Parfois j'avais juste une envie c'était de me taper la tête contre un mur, espérant que ça s'arrête. Heureusement ma raison me criait de ne pas le faire, parce que non, me taper la tête contre le mur n'allait rien faire arrêter, bien au contraire. Ces migraines me donnaient vraiment des idées illogiques et nulles. Mais qu'est-ce que je n'aurais pas fait pour les faire s'arrêter définitivement ? Mes herbes médicinales m'aidaient, heureusement, mais elles n'étaient pas un remède assez efficace et sur le long terme. Je fis chauffer de l'eau et y trempais mes herbes dedans alors que je m'asseyais sur mon canapé.

Cette nuit j'avais rêvé que j'étais sur ce canapé, dans mon appartement. La cheminée qui était devant celui-ci était allumée, c'était l'hiver. Je voyais la neige qui tombait au dehors. J'étais dans les bras d'un homme, je ne voyais toujours pas son visage, mais j'avais le sentiment que c'était toujours le même dans ces rêves qui semblaient si réels. Je lisais un livre, lui aussi. Pattenrond se prélassait auprès de la cheminée. Il ne se passait rien de plus. Mais ce qui me taraudait le plus dans ces rêves c'était l'homme. Je ne savais pas qui il était mais j'étais si bien avec lui. Je voulais voir son visage, même si c'était un visage inventé de toutes pièces. Quoiqu'il paraît que tous les visages que l'on voit dans nos rêves sont des personnes que l'on a déjà croisé. Et si c'était quelqu'un que je connaissais ? Ces rêves semblaient si réels. Mais je me résignais. Les rêves semblaient toujours réels quand on les vivait jusqu'à ce qu'on se réveille.

Mon mal de tête commençait à passer, heureusement que nous étions un dimanche. Je passerai probablement ma journée à lire un livre, et peut-être tenter une nouvelle recette de pâtisserie alors que Pattenrond tenterait de manger la préparation. Je regardais l'heure. 10h. Je pris ma douche et restais sur mon lit à regarder par la fenêtre profitant du fait que ma migraine commençait à passer. Un hibou apparut à ma fenêtre et reconnut immédiatement celui de Ginny. Il toqua à la vitre et je lui ouvris. Elle voulait me voir cet après-midi. Je souris et écris une réponse affirmative à sa demande avant de donner une friandise au hibou et de lui donner ma réponse qu'il prit dans son bec.

Je transplanai une fois prête de mon appartement vers la maison d'Harry et Ginny. Ils avaient acheté une maison en dehors de Londres, dans la campagne, pour s'éloigner de la frénésie londonienne et pour que Ginny puisse avoir un grand terrain. En effet, elle pouvait ainsi voler sur son balais à sa guise ce qui était primordial pour elle. Elle travaillait depuis ses 18 ans dans l'équipe des Harpies de Holyhead. Ginny vivait de sa passion et je ne l'avais jamais vu aussi épanouie. La saison des matchs allait recommencer et je savais que je ne la verrais plus aussi souvent qu'entre juin et octobre. Elle s'entraîner non loin de Londres mais elle avait souvent des matchs à l'extérieur, dans tout le Royaume Uni et l'Europe, voire le monde.

Je m'avançai à leur porte d'entrée et toquai. Harry m'ouvrit quelques secondes plus tard et me prit dans ses bras. Je me dirigeai alors vers le salon où Ginny avait déjà servi le thé et des pâtisseries. Ginny me vit et me prit dans ses bras à son tour. Elle m'intima de prendre place et me servit une tasse de thé.

- Tu es bien rentrée hier ? Me demanda Harry.

- Oui, Malefoy m'a raccompagnée.

- Tu semblais… Pas dans ton assiette quand nous sommes sortis du bar, rajouta-t-il.

- Malefoy s'est mêlé de choses qui ne le concernaient pas, expliquais-je avant de prendre une gorgée de thé.

Harry et Ginny échangèrent un regard complice.

- À cause du mec du bar ? Lâcha Ginny désinvolte.

Je hochai la tête.

- Peut-être qu'il s'en mêle parce qu'il tient à toi, rajouta Harry.

- Je m'en fiche, répondis-je à cran. Il n'a qu'à se mêler de ses affaires. Il n'a pas à interférer dans ma vie quand je ne le souhaite pas.

- Tu as raison, accorda Ginny. Il a dépassé les limites.

- Bref, changeons de sujet, ce n'est pas si intéressant, souriais-je. Et vous ? Tout va bien ?

Ginny lança un regard à Harry alors qu'il lui prenait la main. Je fronçai les sourcils et posai ma tasse sur la table basse.

- Justement, commença Harry. On a une bonne nouvelle, et on voulait te l'annoncer.

- Je suis enceinte, lâcha Ginny. Depuis deux mois !

- On attendait, tu sais, pour être sûrs… expliqua Harry alors que je commençais à sourire.

- Mais c'est génial ! M'exclamais-je. Je suis vraiment heureuse pour vous, rajoutais-je en les prenant dans mes bras. Mais comment avez-vous pu garder ce secret si longtemps ? Riais-je. Surtout toi Ginny, tu devais être impatiente de le dire à ta famille, à nous.

- Oui, ça a été compliqué, oui, me répondit-elle. Surtout que je ne devais pas éveiller vos soupçons. À chaque verre d'alcool, je devais lancer un sortilège informulé pour justement enlever l'alcool, rit-elle.

Mes mains tremblaient face à cette annonce. Elles tremblaient de bonheur et non de mes conséquences de l'accident. Je les regardait quelques secondes trembler de cause naturelle.

- On ne l'a encore dit à personne, ajouta Harry. Tu es la première.

Je lui fis un grand sourire. Il avait les larmes aux yeux. Je savais ce que cette naissance représentait pour lui. Une famille. Une nouvelle famille. Une nouvelle chance d'en avoir une, une vraie, qui ne subirait pas la colère et la folie de Voldemort ou d'un quelconque autre détraqué. J'étais si heureuse pour eux. Mes yeux se remplissaient de larmes car je savais que c'était leur rêve. Vivre ensemble, grandir ensemble, vieillir ensemble. Je posai ma main sur celle d'Harry alors qu'il baissait ses yeux.

- On voudrait, si tu le veux, que tu sois la marraine, annonça Ginny.

- Bien sûr, répondis-je. Je veux oui ! Bien évidemment ! M'exclamai-je alors que les larmes coulaient sur mes joues.

- Et tu auras la joie de me supporter plus souvent moi et mes futures sautes d'humeur puisque je ne vais pas jouer cette saison chez les Harpies, bien évidemment. Je ne reprendrai que la saison prochaine sûrement, ajouta Ginny avec un grand sourire.

Je ris. Je n'imaginais même pas la réaction de sa mère si jamais elle décidait de jouer cette saison des Harpies en étant enceinte. Le bonheur m'envahissait. On passait le reste de l'après-midi à parler de cette nouvelle et de tout ce qui entourait cette nouvelle. Ils étaient heureux d'enfin partager cela avec quelqu'un. Ils allaient l'annoncer à tout le monde dans la semaine, mais ils avaient commencé par Ron et moi. Ron allait manger chez eux le soir-même.

Ginny et Harry représentaient la vision du couple parfait que n'importe quelle personne pouvait avoir. Ils étaient ensemble depuis 7 ans, mariés et allaient avoir un enfant. Pour moi, ils représentaient la vision parfaite du couple que j'avais pour d'autres raisons. Ils avaient surmonté beaucoup d'épreuves avec la guerre et l'après-guerre. Ils s'étaient reconstruits après la guerre ensembles. Ils avaient surmonté leurs traumatismes et leurs deuils ensembles. J'aimais le fait qu'ils soient forts séparément mais qu'ils l'étaient encore plus quand ils étaient ensembles. Ils n'avaient jamais abandonné malgré. Malgré la guerre, malgré l'après-guerre, malgré les peurs, les angoisses, la tristesse mais aussi une fois que Ginny et Harry eurent leurs boulots. Quand Harry partait en mission, Ginny n'était jamais à l'aise, elle était toujours très angoissée qu'un jour il ne revienne pas, ou qu'il se passe quelque chose. Quand Ginny partait pour les matchs et les championnats Harry avait du mal à vivre sans elle, à rester parfois des mois sans la voir. Mais ils refusaient de former une entrave dans la vie de l'autre. Ils faisaient les choses ensembles, en se soutenant, et non en se mettant des bâtons dans les roues. C'est pour cela que je les admirais, pas seulement pour leur amour, pour leur histoire, pour leur vie de rêve.


Je suis vraiment désolée pour ce retard, mais je suis à l'étranger et la wifi ne fonctionne quasiment jamais, donc c'est un peu compliqué comme vous pouvez le constater !

En tout cas merci pour vos reviews qui me font très très plaisir et j'espère que vous avez aimé ce chapitre !

Bisous