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Chapitre Sixième.

Drago avait dormi chez moi, sur le canapé. La migraine était passée, comme toujours. Elles finissaient toujours par passer, de toute façon. Je m'étais résignée pendant trop longtemps face à elles et décidai que pendant les futures vacances que j'allais prendre je ferais des examens complémentaires pour connaître l'origine de ces migraines ou au moins savoir comment les guérir de manière durable. Il y avait forcément une raison.

Je rangeais la réserve de la librairie quand j'entendis la petite cloche à l'entrée retentir. Je sortis alors de la réserve, les cheveux sûrement un peu plus en bataille que d'ordinaire puisque j'avais déplacé plusieurs cartons. Je reconnus alors un homme qui venait plusieurs fois. Je l'avais conseillé maintes et maintes fois sur des romans à lire. Il était un peu plus âgé que moi, peut-être quelques années de plus et s'appelait Jon. Je lui fis alors un sourire aimable qu'il me rendit. Cela faisait quelques semaines qu'il n'était pas passé à la librairie, alors que d'ordinaire il passait au moins deux fois par mois.

- Bonjour, lui dis-je alors. Vous avez aimé le roman de la dernière fois ? M'intéressais-je.

- Oui, beaucoup. Je crois que si j'avais pu je l'aurais fini en une journée.

- Quel sorte de roman voulez-vous cette fois-ci ?

Il sembla gêné et passa la main dans ses cheveux. Il me fit un petit sourire crispé et je haussai alors les sourcils.

- En fait… Je ne suis pas venu pendant un moment parce que… tenta-t-il d'expliquer sans grand résultat. Je n'arrive pas à vous sortir de ma tête, lâcha-t-il alors. Je ne saurais pas vous le dire autrement. J'aime parler de livres avec vous, et j'aime ce court temps que l'on passe ensemble quand je viens.

Je fronçai les sourcils. Je ne m'attendais pas à ce qu'il vienne pour ça. En même temps, qui aurait pu s'attendre en se levant un matin qu'on lui dise ceci ?

- Je voudrais vous inviter à sortir, peut-être manger ensemble quelque part, ou même boire un verre, c'est comme vous voulez, quand vous voulez. Et si je vous ne voulez pas, je pourrais comprendre, c'est plutôt abrupte comme demande, ajouta-t-il en baissant son regard.

Je baissai mon regard vers mes pieds. J'étais gênée, j'avais l'impression d'avoir 14 à nouveau. Mais j'aimais les conversations que nous avions eu à propos de nous goûts littéraire, et il avait un physique qui me plaisait. Il semblait avoir beaucoup d'esprit. Et un homme qui lit était selon moi un homme ouvert et intéressant. J'acceptai donc à ma propre surprise. Le soir même nous devions donc manger dans un restaurant dans le Londres sorcier.

Je rentrai chez moi le soir et me préparai rapidement pour le rendez-vous. Je me regardai dans le miroir de ma salle de bain et soupirai. Dans quoi m'étais-je encore fourrée ? Je souris un peu. Peut-être que j'allais passer une soirée parfaitement délicieuse. Je regardai l'état de mes cheveux et capitulai. J'allais les attacher, ce serait plus simple. Puis je mis un simple rouge à lèvre et c'était parti. Je n'allais pas changer qui j'étais et me maquiller à foison. Ce n'était pas moi. Je me changeai rapidement et mis du parfum avant de partir. Je fis une caresse à Pattenrond et transplanai de mon appartement.

On devait se retrouver au chemin de traverse, devant ma librairie. Il était déjà là et me fit un sourire quand j'arrivais. Il s'était lui aussi changé et je remarquais qu'il portait une chemise qui lui allait bien. J'aimais les chemises sur les hommes. Je trouvais que c'était pour la plupart ce qui les mettait le plus en valeur. On marcha alors quelques minutes avant d'arriver devant le restaurant. L'ambiance à l'intérieure était feutrée. La musique était une musique d'ambiance, plutôt douce. Le serveur nous dirigea alors vers une table. On commanda du vin, puis la nourriture.

- Donc, Jon, commençais-je. Que faites-vous dans la vie ? D'où venez-vous ?

- Je travaille dans une maison d'édition magique. C'est pour ça que j'aime autant les livres. J'ai accès à tous les livres que je souhaite de mon édition, mais pas aux autres, et comme tout bon londonien je vais chez Fleury et Bott pour ça, me dit-il en souriant. J'ai fait mes études à Poudlard, j'étais à Serdaigle à l'époque. Puis j'ai commencé à faire des études de lettres à Londres et la guerre a éclaté. Ma mère est moldue et mon père un sorcier. Ils ont fui l'Angleterre ayant peur pour la vie de ma mère. Je suis parti peu de temps après, la vie à Londres n'était plus supportable pour les sorciers. C'est ainsi que j'ai habité trois ans en France. Trois ans remplis de littérature. Et vous qu'avez-vous fait après la guerre ? Me demanda-t-il. Parce que je connais bien entendu comme tous les sorciers l'histoire de Harry Potter, Ron Weasley et Hermione Granger qui ont sauvé le monde magique de Voldemort.

Je ris légèrement.

- On y croirait presque quand vous le dites, riais-je. Après la guerre j'ai pris quelques mois pour me poser, pour profiter de la vie, et du fait que j'étais encore en vie après toutes ces épreuves, mais aussi pour faire le deuil des personnes que nous avions perdu. Puis j'ai fait ma septième année à Poudlard, je ne pouvais pas concevoir de ne pas avoir mes ASPICs à cause de cette guerre. Puis j'ai été presque immédiatement admise en tant qu'auror. J'ai dû faire une formation de quelques mois, mais vu notre passé et les épreuves que nous avions traversé, le Ministère a accepté que Harry, Ron et moi ne faisions pas l'école d'auror. D'autres membres de l'Ordre ont profité aussi de cette chance. Je suis devenue donc auror officiellement à mes 21 environ. Un peu avant en fait. À mes 22 ans j'ai eu un accident lors d'une mission qui m'a fait ouvrir les yeux. Je ne voulais plus de cette vie faite d'aventures, j'avais eu ma dose et après avoir passé un peu de temps à chercher ce que je voulais faire, je suis retournée à ma première passion. Les livres. J'ai sauté sur l'occasion quand j'ai su que Fleury et Bott était en vente et me voilà aujourd'hui.

- Vous avez eu vous, et vos amis, une vie incroyable, souffla-t-il. J'ai été, comme beaucoup, impressionné par votre courage non seulement pendant la guerre, mais aussi pendant vos années à Poudlard. C'était impressionnant, vraiment. Plus jeune je rêvais d'avoir votre courage, que je n'ai pas malheureusement, c'est bien pour ça que j'ai été réparti à Serdaigle et non à Gryffondor, soupira-t-il.

- Je ne pense pas que ce soit une réelle vie incroyable, dis-je en haussant les sourcils. J'ai longtemps rêvé d'une vie normale d'ado normal. Au final, je ne l'ai pas eu. Je ne regrette pas, sans elle, je n'aurais pas connu mes amis, je n'aurais pas pu me surpasser, dépasser mes limites, je n'aurais jamais su que j'étais si forte et que j'étais capable de supporter tant d'épreuves. Mais je crois surtout que nous n'avions pas eu le choix et c'est pour ça que nous avions dû trouver le courage de surmonter ces épreuves car nous n'avions pas le choix, expliquais-je alors.

Jon était une personne très intéressante. Il avait beaucoup de choses à raconter, notamment de ses années à Paris mais aussi à propos des auteurs qu'il avait rencontré dans le cadre de son travail. Je buvais ses paroles. Il avait des anecdotes sur pratiquement chacun des auteurs qu'il avait rencontré dans sa carrière. Il était un réel passionné des livres, comme moi et c'était ce qui me plaisait chez lui. Il avait une manière de parler qui était accrocheuse, quelque chose dans sa voix, dans son ton. Il avait une voix grave, une voix qui me donnait presque des frissons rien qu'en l'entendant. On reparla de Poudlard. Je ne me souvenais pas de lui, mais il avait quatre ans de plus que moi, ce qui n'aidait pas.

- Donc tu es parti quand j'étais en troisième année, songeais-je. Tu as tout loupé, le tournoi des trois sorciers et Ombrage, mes meilleures années à Poudlard, riais-je.

- Quel était le pire Ombrage ou le Tournois ? Demanda-t-il alors.

- Ombrage sans hésiter. Je la détestais. J'aurais fait cinquante fois le Tournois si ça voulait dire qu'elle ne vienne jamais à Poudlard !

- Elle était si terrible ? J'en ai un peu entendu parler à l'époque mais qu'à travers la Gazette qui n'était pas très...objective à l'époque.

- Tu n'imagines même pas ! Elle était horrible. Elle était toujours habillée tout en rose, et dans son bureau il y avait de la porcelaine accrochée au mur avec des chatons dessus. Mais pas des chatons mignons, des chatons qui étaient étranges et faisaient peur. Ils avaient quelque chose dans leur regard… Et on ne pouvait pas utiliser la magie en Défense contre les forces du mal, on apprenait la « théorie ». Elle séparait les élèves de différents sexes d'au moins un mètre, on ne pouvait pas se réunir entre élèves, enfin… Le calvaire cette femme.

Il rit alors que je continuais de lui raconter des anecdotes sur Ombrage. Je haïssais cette femme, peut-être même plus que Bellatrix Lestrange, c'est dire. Je lui racontai aussi ses « punitions moyenâgeuses » comme les qualifiait McGonagall. Il était effaré par ce que je lui racontais. En effet, il n'avait rien loupé.

Jon semblait être l'homme parfait. Quelque chose devait forcément clocher quelque part. Il était une très agréable compagnie et avait beaucoup de discussion. Le repas se termina sur une très bonne note et on sortit du restaurant. On marcha un peu dans le quartier sorcier.

- J'ai passé une très bonne soirée, lui dis-je alors en me tournant vers lui.

- Moi aussi, souffla-t-il. J'espère te revoir bientôt.

Je lui souris et entendis des bruits de pas s'approcher de nous. Je vis alors au loin Drago arriver droit vers nous. Je le reconnus même dans la nuit. Je reconnus sa silhouette élancée. Je reconnus ses cheveux blonds clairs. Je reconnus sa démarche mi décontractée mi assurée. Quand il s'approcha je reconnus aussi son odeur.

- Drago, murmurais-je.

- Granger, dit-il de sa fameuse voix traînante. J'espère que je n'interromps rien d'important, ajouta-t-il en posant son regard de glace sur Jon.

Je restai déstabilisée quelques secondes. Dire qu'il était froid aurait été un euphémisme et je sentais Jon se tendre à mes côtés.

- Jon, je te présente Drago un ami, dis-je alors en me tournant vers l'intéressé.

Jon tendit sa main vers Drago qu'il prit pour la serrer. Drago se tourna vers moi et me scruta quelques secondes. J'étais incapable de savoir ce qu'il pensait, comme souvent avec lui.

- Je ne vais pas vous déranger plus longtemps, annonça alors Drago. Bonne soirée Granger.

Il partit alors sans même attendre une quelconque réponse. Il disparut rapidement dans la nuit comme si je l'avais rêvé. Je me tournai alors vers Jon et lui fit un mince sourire. Je ne savais pas quoi penser de Drago, mais décidai de le sortir de ma tête pour encore quelques minutes.

- Je pense que je vais rentrer, dis-je alors à Jon. Je dois travailler demain, et il se fait tard.

- Je comprends, souffla-t-il. C'était vraiment un excellente soirée, me dit-il en laissant un baiser sur ma joue.

Je lui rendis son sourire et transplanai jusqu'à mon appartement. Je me laissai tomber quelques secondes sur mon canapé. Pattenrond me sauta immédiatement sur les jambes. Je caressai sa fourrure et repensai à Malefoy. Son attitude avait été étrange et je me demandais ce qu'il pouvait bien penser. Il était énervé mais je ne comprenais pas pourquoi ou par quoi. Par moi ? Je ne voyais pas pourquoi, je n'avais pourtant rien fait à part sortir avec Jon. Et si c'était ça qui l'énervait, alors il était soit jaloux soit vraiment très étrange. Je ne voyais pas ce que ça pouvait être d'autre.

Je soufflai et décidai de me faire une tisane. Je ne pouvais dormir. Je n'avais aucune envie de me coucher, mon esprit était trop encombré. Drago m'intriguait. Il faisait partie de ces personnes là. Certaines personnes sont prévisibles, on les comprend rapidement. Lui non. Il n'était pas prévisible. Je ne l'avais pas cerné encore totalement. Il était si mystérieux et révélai si peu ses pensées… Drago restait un grand mystère pour moi et c'est ce que j'aimais chez lui justement. Ça le rendait intriguant, intéressant. Non pas que si j'apprenais à le connaître parfaitement il ne serait plus intéressant mais ça ajoutait quelque chose. Ce mystère avait son attrait mais posait aussi des problèmes. Je ne pouvais jamais prévoir ses réactions, ni ses humeurs, ce qui posait parfois des problèmes pour être honnête. Mais on aimait Drago comme cela ou on ne l'aimait pas. C'était ainsi. Et je l'aimais tel qu'il était.

Je décidai de mettre mon pyjama et de m'installer sur mon canapé pour lire attendant que le sommeil me vienne naturellement. Pattenrond s'était roulé en boule à mes pieds. Je commençais à me détendre et à oublier Drago, oublier son comportement. Puis on frappa à ma porte. Je sursautai. Qui pouvait bien venir si tard chez moi ? J'ouvris alors la porte et Drago déboula chez moi. J'écarquillai les yeux. Il sentait un peu le whisky pur feu mais ne semblait pas saoul, loin de là. Une veine ressortait sur sa tempe droite et ça ne me disait rien qui vaille. Je voyais qu'il essayait de se contenir, mais tout montrait qu'il allait exploser. Son poing gauche était serré, les jointures était blanche et il était tendu, immobile.

- Qui c'est ce foutu Jon ? Demanda-t-il alors en essayant de se retenir de crier.

- Un ami, répondis-je en déglutissant. Je suis allée manger avec lui.

- Je n'ai jamais entendu parler de lui, Granger.

- Il venait souvent à la librairie. Il m'a demandé si j'acceptais qu'on dîne ensemble j'ai dit oui.

Il passa une main tremblante dans ses cheveux. Il semblait au bord de l'implosion et je ne voyais pas réellement ce qui pouvait le mettre dans un pareil état. Je m'approchai de lui de quelques pas mais il recula aussitôt.

- Tu sors avec lui ? Cracha-t-il.

- Non. Je ne l'ai vu que cette fois-ci en dehors de la librairie. Je ne vois pas pourquoi je dois te rendre des comptes. Tu m'expliques ? Le menaçais-je.

- Je suis censée accepter que tu vois ce type-là, Granger ! Cria-t-il tout à coup. Je suis censé l'accepter ? Putain Granger tu vas me rendre fou !

Je restai emmurée dans le silence. J'assimilai ce qu'il m'avait dit. Pourquoi aurait-il à l'accepter ? Pourquoi le rendais-je fou ? Pourquoi ?


Cette fois-ci je mets le chapitre plus tot que prévu car je pars dans un autre endroit demain et je ne saurais pas si j'aurais la wifi, ou le temps de le publier.

J'espère qu'il vous a plu, et encore merci pour vos reviews qui font toujours autant plaisir !

Bisous