Chapitre Septième.
- Je suis perdue, je ne comprends pas ce que tu as à voir dans cette histoire, lui dis-je le plus calmement possible.
Je savais que cela ne servait à rien que je m'énerve sur lui alors qu'il l'était déjà. Je voulais dans un premier comprendre son comportement. Il marchait dans le salon, il faisait les cent pas. Il se prenait aussi parfois la tête dans les mains.
- Tu ne peux pas comprendre, Granger, tu ne peux pas, lâcha-t-il.
- Explique-moi.
- Tu ne comprendrais pas ! Hurla-t-il alors me faisant reculer de quelques pas de lui.
Il ramena ses mains vers son visage et soufflait bruyamment. Il tentait de se calmer alors que je restais parfaitement impassible devant lui, devant sa colère.
- Explique moi, répétais-je alors.
- Je ne veux pas te voir avec lui, je ne veux pas te voir avec quiconque, Granger ! Tu ne peux pas ! Tu … Tu n'as pas le droit !
- Au nom de quoi n'aurais-je pas le droit ? M'emportais-je alors. De quel droit m'interdis-tu de voir des gens ? D'essayer de faire ma vie comme tout le monde ?
- Parce que je ne veux pas que tu fasses ta vie si je n'en fais pas partie Granger ! Me cria-t-il en s'approchant de moi.
J'écarquillai les yeux et eus le souffle coupé. Il était à quelques centimètres de moi. Je ne savais pas quoi faire ou quoi dire. Il soupira.
- Je ne veux pas te voir mener une vie sans moi, je ne veux pas te voir avec un autre. Je ne peux pas ! Dit-il en serrant les dents. C'est au-delà de … de ce que je peux accepter.
- Tu es entrain de me dire que tu veux être avec moi, m'assurais-je alors.
- Oui, soupira-t-il.
Je me détournai de lui et m'éloignai. Je ne pouvais pas. Je ne savais pas si je voulais. C'était si compliqué. Il était compliqué. Je ne savais pas si j'en avais envie. Je ne savais pas quoi faire. J'étais prise de doutes plus qu'énormes.
- Mais l'autre ? Crachais-je. Et l'autre femme que tu es censé attendre et aimer ? Dis-je en m'approchant de lui. Tu veux quoi Malefoy ? Te trouver une brave petite femme en attendant que ta dulcinée revienne ? Je ne suis pas ce genre-là. Tu ne peux pas m'interdire de voir qui que ce soit et vouloir que je sois avec toi et en aimer une autre, crachais-je excédée.
- C'est plus compliqué que ça, murmura-t-il.
- Non Malefoy ! Tu es simplement égoïste ! Tu es un enfant gâté qui veut tout ! Criais-je. Tu te fiches des sentiments des autres et du mal que tu peux faire, tu veux tout avoir. Je ne suis pas un jouet, je ne suis pas le dernier balais à la mode.
Il sembla décontenancé pendant quelques secondes.
- Je ne prends pas pour un jouet… commença-t-il.
- Bien sûr que si ! Tu attends l'autre femme depuis plus d'un an et là tu viens comme une fleur en me disant que tu veux être avec et que je ne peux pas voir quelqu'un d'autre ! À s'y méprendre cela ressemble juste à de la possessivité. Tu me veux pour je ne sais quelle raison mais dès qu'elle reviendra tu me jetteras. Et même si elle ne revient, tu ne peux pas être avec quelqu'un alors que tu en aimes une autre, crachais-je. Tu es si égoïste, ça me dégoûte.
- Mais tu te fiches de moi Granger ! C'est pas vrai ! J'ai été patient avec toi ! Je t'ai donné tout ce que j'avais, tout mon temps, tout ! Et tu viens me dire que je suis égoïste ! Moi ? Alors que…
Il s'arrêta net. Je voyais la détresse dans son regard. Son corps tremblait. Il était fou de rage. Il avait raison je le rendais fou, mais fou de rage. Il était à quelques centimètres de moi. Mon coeur battait vite, tellement vite que je croyais qu'il allait sortir de ma poitrine. Ma respiration était saccadée. Il ne me semblait pas pourtant que j'avais tort. Je m'approchai alors encore un peu plus de lui. Mes mains tremblaient. Je ne savais pas si c'était la colère, la fatigue ou juste les conséquences de l'accident.
- Donne moi une seule bonne raison Malefoy d'être avec toi. Une seule bonne raison. Parce que tout ce que je vois ici c'est un homme égoïste, nerveux et jaloux maladif. C'est tout ce que je vois.
Le silence s'installa. J'entendais sa respiration et la mienne. Je voyais ses yeux se balader sur mon visage, cherchant peut-être une réponse ou une échappatoire.
- C'est bien ce que je pensais, murmurais-je. Maintenant dégage de mon appartement.
Je me dégageai de son emprise et me dirigeai vers ma chambre quand j'entendis quelque chose se briser. Je me tournai la rage montant en moi. Mon corps tremblait. Ma tête commençait à tambouriner mais je n'en avais que faire.
- Tu es littéralement entrain de me rendre fou Granger ! Cria-t-il. Tu me détruis et c'est moi le méchant dans cette histoire ! C'est le monde à l'envers !
- Je ne te comprends pas Malefoy, c'est tout. Il n'y a aucune logique, articulais-je alors que ma tête me lançait violemment. Je ne sais même pas comment je peux te faire tant de mal ! Je ne vois pas ! Je n'ai jamais voulu, mais tu es si incompréhensible que je ne peux jamais savoir. C'est comme s'il y avait quelque chose que tu ne me disais pas, lançais-je.
Le silence qui suivit se fit pesant. Je restai statique et le fixai. Ma migraine était terrible. Je tentai de me concentrer sur lui alors que tout me faisait mal.
- Qu'est-ce que tu ne me dis pas ? Articulais-je.
- Je ne peux pas te le dire.
- Alors il y a bien quelque chose, dis-je d'une voix plus calme. Dis le moi, j'ai le droit de savoir si ça me concerne Malefoy !
- Je ne peux pas.
J'eus un vertige. Je ne supportais plus la lumière de la pièce mais je ne voulais pas finir cette conversation ainsi. Je me posai une main sur le mur pour me tenir.
- Dis le moi ! Criais-je à bout de nerf.
Ma tête me lança alors encore plus fort. J'eus presque l'impression que mes tempes allaient sortir de ma tête, que mes yeux me brûlaient. Je les fermais et voyais d'autres choses. Comme des paysages. Des personnes. Des situations. Tout était flou. J'entendais comme des voix. Je paniquais, je ne savais pas ce qui m'arrivait. Je sentais comme une main sur ma joue, une main douce. J'avais des odeurs qui me venaient en tête, des odeurs que je connaissais. Enfin je vis le visage de Drago, comme dans un rêve, qui me regardait avec une certaine étincelle dans les yeux. Puis tout devint noir.
Je me réveillai le lendemain dans les vapes. Puis je sursautai me rendant compte qu'il était plus de 9h. Je devais déjà être à la librairie. Je me courrai presque en dehors de mon lit et décidai de me faire un café. Avant même de sortir de ma chambre je me remémorais la nuit dernière. Je m'arrêtai quelques secondes la main sur la poignée de la porte de ma chambre. Était-il parti ? Était-ce réel ? Je me dirigeai vers ma cuisine et vis Drago qui préparait le petit-déjeuner. Je restai tétanisée quelques instants. Il était là, face à moi, et se comporter comme si rien ne s'était passé. Je le fixai d'un regard qui devait être froid. Il me tendit une tasse de café.
- J'ai prévenu Franck et Olivia que tu ne viendrais pas à la librairie pour raisons médicales, annonça-t-il.
- C'est tout ce que tu as à me dire ? Crachais-je.
Il me fit signe de m'asseoir autour du bar, ce que je fis. Je ne le quittais pas des yeux.
- Je suis désolé pour hier soir. Je ne sais pas ce qui m'a pris.
- Pourquoi pas. Donc si je sors réellement avec Jon tu t'en fiches.
Il se crispa tellement que je crus qu'il allait briser le verre dans sa main. Je soupirai. Je m'y attendais mais je voulais en être certaine. Je n'étais plus certaine de rien depuis la veille.
- Je m'en doutais, murmurais-je.
Je bus un peu de mon café et il s'assit face à moi. Je mangeais quelque peu dans un silence religieux. Puis les images que j'avais vu me revinrent en tête. J'avais dû les imaginer, avoir des hallucinations. C'était de plus en plus violent. Les migraines ne me laissaient plus de répit et il fallait que je trouve une échappatoire.
- Que s'est-il passé hier soir ? À la fin ? Demandais-je.
- Tu t'es effondrée. J'ai soupçonné que tu avais une migraine. Mais tu es tombée au sol en hurlant en te prenant la tête dans les mains. Ça faisait assez peur, je ne te cache pas. Je t'ai emmené dans ton lit et tu t'es endormie immédiatement. Je suis resté et j'ai dormi sur le canapé.
- J'ai vu… commençais-je. J'ai vu des images cette fois-ci. Des paysages, des endroits, des personnes floues. J'avais des sensations aussi. Je ressentais des choses. Il y avait des odeurs. Ça ne me l'avait jamais fait auparavant, dis-je alors.
- Tu n'en avais jamais eu des aussi puissantes auparavant non plus.
- C'est vrai, admis-je.
Je mangeais un peu plus. Le silence s'installa de nouveau. Drago n'était pas à l'aise je le sentais et j'étais fatiguée. La nuit n'avait pas été facile.
- Tu étais là, lâchais-je. Dans les images que j'ai vu. Tu étais la seule chose qui était parfaitement nette. Que j'ai réellement pu identifier.
Il sembla surpris et me fixa quelques secondes.
- Qu'est-ce que je faisais ?
- On était dans un parc. Tu étais là, face à moi. Et je te regardais c'est tout. Je crois que tu parlais mais je ne me souviens pas d'avoir entendu ta voix. Pourquoi est-ce si important ?
- Pour rien. Ça m'intéresse c'est tout.
- Je ne sais même pas si c'était un rêve ou une hallucination. Je devrais voir un médecin pour mettre fin à tout cela.
- Peut-être, marmonna-t-il.
Je partis de la cuisine et pris une douche. J'avais besoin de me détendre. Je ne l'avais pas pardonné mais j'étais trop épuisée pour me battre. Mon esprit était aussi occupé par ces migraines, par ces images. Je voulais trouver un sens à tout cela. Je voulais comprendre ce qui m'arrivait. Il y avait quelque chose d'étrange. Si ce n'était que de simple migraine alors elles étaient vraiment violentes. Ou alors c'était autre chose. Il fallait que je sache. Au plus vite. Je sortis quelques minutes plus tard et enfilai une tenue confortable rapidement. Je retournai dans ma cuisine/salon.
- Tu ne comptes toujours pas me dire ce que tu me caches ? Demandais-je à Drago qui était toujours là.
- C'est compliqué, répondit-il.
- Je veux savoir et je le saurais.
- Je devrais y aller, dit-il alors pour s'échapper de la situation.
Il rassembla ses affaires et partit de mon appartement. Je soupirai et m'installai sur mon canapé. J'étais épuisée. J'avais trop de questions et pas assez de réponses. Je m'endormis rapidement sur le canapé. Je fis à nouveau le rêve où je lisais sur mon canapé dans les bras de quelqu'un d'autre qui lui aussi lisait. La cheminée était encore une fois allumée et la neige tombait abondamment dehors. J'observai sa main libre autour de ma taille, son bras. Je tournai la tête et priai pour voir son visage cette fois-ci. Pour savoir qui il était. Je vis alors Drago. Il tourna son regard vers moi et me fit un sourire sincère. Je plongeai mes yeux dans les siens et vis cette étincelle, cette lueur. Mon coeur rata un battement.
Je me réveillai en sursaut et tout devint alors clair dans mon esprit. Tout était presque limpide.
