Chapitre Huitième.
« Je me réveillai en sursaut et tout devint alors clair dans mon esprit. Tout était presque limpide. »
Je me levai du canapé en un bond et m'habillai en vitesse. Je pris ma baguette et transplanai. Il fallait que je sache. Il fallait que je sois sûre de ce que je pensais. J'arrivai devant la maison d'Harry et Ginny et toquai précipitamment sur leur porte. Ginny m'ouvrit alors avec un grand sourire. Je rentrai dans leur demeure et tirai presque Ginny par la main. Je savais qu'Harry était sûrement au Ministère entrain de travailler.
- Tu ne travailles pas Hermione ?
- Non, j'ai eu une migraine violente, il faut que je te raconte Ginny, c'est important. Il me faut des réponses.
Elle fronça ses sourcils et s'assit calmement sur un de ses fauteuils. Je lui racontai alors toute la soirée dernière. Je lui racontai dans les moindres détails ce que j'avais vu pendant mes migraines, ce que j'avais ressenti. Elle restait impassible et m'écoutait attentivement. Je finis mon histoire presque essoufflée et un silence s'installa. Elle ne réagissait pas.
- Rien ne t'étonne ? M'exclamais-je.
- Je me doutais que Drago allait mal réagir si tu voyais un autre homme, dit-elle alors.
- Pourquoi ?
- Parce qu'il t'apprécie, Hermione. Peut-être même plus que ça, répondit-elle calmement.
Je levai les yeux au ciel et me tortillai sur mon fauteuil.
- Admettons, mais je viens plutôt te parler de mes migraines, répondis-je précipitamment. Je crois que je viens de comprendre quelque chose. Peut-être pas tout mais quelques choses.
Elle me fit un signe de la tête pour que je poursuive.
- Chaque fois que j'ai eu des migraines il y avait Drago, expliquais-je. À chaque fois. Ou alors il était en lien avec elles. Soit je passais du temps avec lui dans la journée, ou alors je ressentais des choses fortes pour lui comme de la colère, comme hier soir, ou à mon anniversaire. J'ai l'impression qu'il est l'élément déclencheur de mes migraines. Seulement je ne comprends pas pourquoi, murmurais-je.
Je m'arrêtais quelques secondes et pris le temps de regarder Ginny qui me faisait un petit sourire. Elle savait. Elle savait ce qu'il me cachait je le sentais. Mais je ne voulais pas l'apprendre par elle, il fallait que ce soit lui qui me le dise.
- Puis il y a eu ces images, ces rêves. C'était lui depuis le départ. Ça a toujours été lui. Mais je ne vois pas comment il peut être la clé de tout cela. Je ne vois pas en quoi ces migraines peuvent être si liées à lui. Elles viennent de mon accident et non de lui, pensais-je à voix haute. À part si c'est lui qui m'a jeté ce sort, c'est la seule possibilité, murmurais-je.
Ça ne pouvait être que ça. Je n'étais même pas énervée contre lui, je voulais connaître la vérité, savoir pourquoi. Je remerciais Ginny et lui expliquais que je devais voir Drago le plus rapidement possible. Je transplanai au chemin de traverse. Il devait être au travail à l'heure qu'il était. Il fallait absolument que je le vois et ça ne pouvait pas attendre ce soir, ou plusieurs heures. Il fallait que je sache pourquoi. Il fallait qu'il m'explique pourquoi il m'avait lancé ce sort. Peut-être qu'ainsi on pourrait trouver un contre-sort. Cela expliquait aussi pourquoi il m'avait tant aidé par la suite, il se sentait probablement coupable. Peut-être qu'il ne voulait pas me le lancer à moi. Mais pourquoi était-il là pendant ma mission avec Harry ?
Trop de questions s'entrechoquaient dans mon esprit. Je partis vers les bureaux de la Gazette du sorcier d'un pas déterminé. Un mal de tête revint et je soupirai. Non. Pas maintenant. Je le refusai. Je m'arrêtai quelques minutes. Je voyais de nouveau des images, je voyais Drago. Nous étions chez Harry et Ginny et il me prenait par la taille alors que Ginny nous racontait son dernier match de quidditch. Je secouai la tête, il fallait qu'elles partent et que je lui parle. J'arrivai devant les bureaux et me dirigeai vers l'accueil. Je demandais alors à voir Drago. L'homme arqua un sourcil et m'annonça qu'il ne s'était pas présenté au bureau aujourd'hui. Je fronçai les sourcils et le remerciai. Je sortis et transplanai jusqu'à son appartement. Il ne pouvait être qu'ici.
Je restai interdite devant sa porte quelques secondes. Mon coeur battait vite. J'avais les mains moites. J'allais découvrir la vérité. J'allais enfin tout savoir. Je toquai et il m'ouvrit quelques secondes plus tard. Il me fit entrer. Je ne me souvenais pas d'être déjà venu chez lui. La décoration était sobre. Puis tout à coup j'eus une nouvelle migraine « éclair » avec une nouvelle image. Je me voyais chez lui entrain de l'embrasser sur le pas de la porte. Là où nous étions. Il me regarda étrangement mais je m'en fichais.
- Que veux-tu ? Demanda-t-il.
- La vérité, répondis-je. Tu es en lien avec mes migraines. Quand je vois des images c'est toi que je vois. Depuis hier soir j'en vois. Je vois des images, comme des rêves. Et tu y es à chaque fois. À chaque fois que j'ai une migraine, je t'ai vu dans la journée. Tu es la cause de tout ça.
- Quelle est ta théorie ? Me demanda-t-il alors soudainement intéressé.
- Tu m'as jeté ce sort, par erreur ou non. C'est pour ça que tu m'as tant aidé par la suite parce que tu te sentais coupable.
- Ça n'explique pas hier soir, lâcha-t-il.
- Hier soir est indépendant de cette situation, répliquais-je.
- Je ne t'ai pas lancé ce sort, Hermione, me dit-il doucement.
Je restais interdite face à lui. Je passai une main dans mes cheveux. Je ne comprenais pas. Je ne trouvais pas. Je ne comprenais pas.
- Ça n'a pas de sens, râlais-je. Ça n'a aucun sens.
Je marchai dans son appartement essayant de donner un sens à cette situation. J'étais sûre que j'étais proche du but. Je touchais du bout des doigts sa table et je me vis partager un dîner avec lui, comme dans un rêve. Je m'arrêtai quelques secondes attendant que le mal de tête passe. Je me tournai vers lui qui me fixait. Je m'approchai quelque peu.
Tout avait en fait un sens. Je n'avais pas cherché au bon endroit, je ne m'étais pas concentré sur les bonnes données, sur les bons indices. Je laissai échapper un sourire malgré moi. Tout avait finalement un sens. Mais la peur m'envahit. Ce sens apportait d'autres doutes, d'autres questions. Je commençais trembler. J'avais peur de savoir la vérité, qu'il me la dise enfin. Il s'approcha de moi et prit tout à coup ma main. Je posai mon autre main sur son torse, le regard perdu sur son visage.
- Ce ne sont pas des rêves n'est-ce pas ? Murmurais-je. Ce ne sont pas des hallucinations, continuais-je. Ce sont des souvenirs.
Drago me fit un sourire. Tout en moi tremblait. C'était bien ça. Mais ça voulait aussi dire que j'avais oublié ces souvenirs et qu'ils me revenaient aujourd'hui. Il prit alors mon visage en coupe et m'embrassa sur le front.
- Tu es finalement revenu, souffla-t-il en souriant.
J'échappais un sourire. J'étais la garce qui l'avait détruit en partant sans explication. J'étais partie puisque je l'avais oublié, j'avais oublié toute notre relation. Il m'embrassa alors avec douceur. Je pouvais ressentir ses sentiments. Son soulagement, son bonheur, sa tristesse, sa détresse. Ce contact provoqua en moi de nouvelles images, ou de nouveaux souvenirs devrais-je dire. Je voyais des choses qui m'étaient inconnues et que pourtant j'avais vécu. Je voyais des moments d'une vie qui me semblait étrangère. Je ressentais des sentiments qui semblaient n'avoir jamais été aussi forts, aussi intenses. J'étais étrangère à moi-même.
- Pourquoi ai-je oublié ? Comment ? Demandais-je alors que la réponse me semblait pourtant évidente en ce moment même.
Drago me fit asseoir sur son canapé et se mit à côté de moi. Il posa une main sur mon genoux et prit une grand inspiration.
- Après ta mission, Potter t'a emmené à Sainte Mangouste comme tu le sais. Nous t'avions raconté que tu t'étais réveillé après une semaine, mais en réalité c'est faux. Tu t'es réveillée dès le lendemain. J'étais là, mais tu semblais surprise de me voir là. Et je me suis rapidement rendu compte que tu ne rappelais plus de la dernière année. Tu avais perdu la mémoire sur un an, mais je ne te dis rien, je ne voulais pas t'alarmer alors que tu venais juste de te réveiller et que tes jambes ne fonctionnaient plus très bien. Je suis donc allé voir le médicomage qui s'occupait de toi pour lui en parler alors que Potter et Weasley passaient du temps avec toi. Vu toutes les conséquences de cet accident, le médicomage nous a alors proposé de te créer de faux souvenirs de cette dernière année en attendant que tu te rappelles, de part toi-même, tes vrais souvenirs. Nous étions ensemble depuis un peu moins d'un an et le médicomage ne pouvait pas recréer tous les souvenirs de cette relation, je suis donc en quelque sort passé à la trappe. Il t'a plongé dans un sommeil artificiel durant une semaine pour que tous les souvenirs se créent et que tu ne découvres pas ta perte de mémoire. Tout le monde a alors joué le jeu et personne ne te révéla notre relation pour que tu la découvres seule. Je ne pouvais cependant pas te laisser seule une fois que tu es rentrée chez toi et j'ai profité de l'amitié que nous avions déjà construite pour t'aider après l'accident et pour être tout de même proche de toi, même si nous n'étions pas ensembles. Je pensais que ça prendrait moins de temps. Mais il nous a fallu plus d'un an pour nous retrouver. Mais j'ai tenu bon, même si les autres commençaient à émettre des doutes. Ils se disaient que peut-être tu ne retrouverais pas la mémoire. Et ça me tuait de voir que tu ne la retrouvais pas et que tu me disais d'abandonner parce que c'est ce que toute personne normale aurait dit. Mais tu ne m'avais pas abandonné, tu m'avais simplement oublié. Les choses sont devenues compliquées ces derniers temps quand je voyais que tu te décidais à refaire ta vie, à vouloir d'autres choses maintenant que l'accident était loin derrière toi. Tes migraines s'intensifiaient et tu en avais plus ce qui me faisait beaucoup de mal parce que tu souffrais, mais ça me rassurait je savais que la fin était proche, que tu allais te souvenir. Il fallait juste que je sois plus patient.
Je restai abasourdie face à son histoire. J'étais aussi soulagée d'enfin comprendre l'origine de mes migraines et pourquoi elles étaient là. J'étais également impressionnée par Drago. Il m'avait attendu si longtemps et sans s'imposer réellement dans ma nouvelle vie. Il avait laissé le temps au temps. Il m'avait permis de me rappeler seule de ces souvenirs, de toute manière, il n'avait pas eu le choix. Il fallait que ma mémoire se déclenche seule, elle ne pouvait être déclenchée par des éléments extérieurs. D'autres auraient sûrement abandonné avant la fin, mais lui non. Plus je me rappelais et plus mes sentiments revenaient. Je me rendis compte qu'en réalité ils n'étaient jamais réellement partis.
Je vis alors tous les après-midis que nous avions passé ensemble, toutes les journées ensembles, tous les fous rires, toutes les larmes, toutes les disputes, toutes les réconciliations, toutes les caresses, tous les sourires, tous les rires, tous les sarcasmes, toutes les blagues, tous les livres que nous avions lu, son inquiétude quand je partais en mission, mon soutien quand son boulot devenait difficile, nos doigts entremêlés, sa main dans mes cheveux, ma main dans ses cheveux. Je vis ses yeux, sa peau, ses bras m'enlaçant, ses mains découvrant mon corps. Je vis et presque ressentis les frissons de chaque contact, de chaque moment. Je vis les moments que nous avions partagé avec nos amis, je vis aussi ma rencontre avec sa mère, ainsi que sa rencontre avec mes parents. Je découvrais une vie que j'avais oublié et il me semblait impensable de l'avoir oublié. Tout était si fort, si intense, si beau, que cela semblait impossible à oublier. Mais finalement je ressentais. Je me réveillai d'un coma qui avait duré plus d'un an. Ça avait été long.
Je revins à moi-même pour voir que Drago n'avait pas bougé. Il attendait simplement que j'assimile le choc, que je me souvienne de tout. Je me demandai alors si quelqu'un m'avait autant aimé que Drago m'aimait. Je ne savais plus quoi ressentir, si j'étais contente, ou si je devais pleurer, si j'étais rassurée ou si je devais avoir peur. Drago devait voir mon inquiétude et ma peur, et aussi mon bonheur, et mon soulagement. Il s'approcha un peu de moi et passa sa main sur mon visage.
- Si tu as besoin de temps, Hermione, je comprends. Je veux dire, j'ai attendu tout ce temps, je peux encore attendre tu sais.
Je lui souris. Avais-je besoin de temps pour assimiler toute cette histoire ? Oui, assurément. J'aurais besoin de temps pour retrouver tous mes souvenirs, pour les mettre en relation, pour retrouver cette vie oubliée. J'avais besoin de temps car j'avais l'impression de me réveiller d'un coma. Oui d'un coma, l'expression était bonne. J'avais l'impression que depuis l'accident je n'avais pas vécu la bonne vie. Comme si c'était une vie alternative en attendant que je me réveille. Ce n'était pas gâché car j'avais la librairie, et je vivais mon rêve à travers elle mais je n'avais pas tout vécu. Il manquait Drago à cette vie et je le ressentais. Je ne me voyais pas vivre un an de plus, ou un mois de plus, ou même un jour de plus sans lui à mes côtés. Je pris alors son visage dans mes mains et l'embrassais tendrement.
- Nous avons déjà perdu un an Drago, je ne veux plus vivre une journée de plus sans toi à mes côtés, soufflais-je.
Bonjour à tous !
Certains l'avaient deviné depuis le début ou depuis un petit moment, cela ne m'étonne pas, c'était une fiction sans prétention comme je l'avais expliqué juste pour faire passer un bon moment (je l'espère) aux lecteurs !
En tout cas j'espère que vous l'avez aimé, dites moi vos impressions qui m'intéressent énormément. Et surtout merci de m'avoir lu jusqu'au bout ça me fait toujours autant plaisir !
Bisous !
