Merci pour vos reviews ! :) Voici la suite, bonne lecture !
William dormait profondément, dans son rêve, il se trouvait dans un jardin gorgé de soleil.
Le ciel se colorait de rouge tout doucement. Il se trouvait assis sur une couverture, le dos contre un arbre, en paix. Il n'avait que rarement été autant en paix qu'à cet instant là. Tout semblait parfait, sans même qu'il ne saches pourquoi ou comment. Il ferma alors les yeux quelques instants, prenant une profonde inspiration. Il ne pu s'empêcher de sourire en sentant des mains se poser doucement sur son torse.
-Encore à rêvasser Inspecteur Murdoch? Murmura cette voix qu'il connaissait si bien dans le creux de son oreille.
William sentit des lèvres douces se poser dans sa nuque pour y laisser un baiser, puis une mèche de cheveux caressa sa joue, les mains glissèrent sur son torse pour s'approcher de son pantalon alors que les lèvres de la jeune femme se scellèrent aux siennes. Il sentit leur douceur, leur gout sucré, cette langue audacieuse qui demandait la permission d'approfondir le baiser. Il accepta. Une seconde plus tard, la longue danse sensuelle commença. Il plaça ses mains autour de la taille de la jeune femme qui le surplombait et il l'attira tout contre lui, lui arrachant un soupir de plaisir. Ce ne fut que lorsque l'air vint à leur manquer qu'ils se séparèrent à peine. Leur nez se frôlaient toujours et William pu sentir les lèvres de la jeune femme s'étirer en un long sourire. Il ouvrit alors les yeux. Son regard se plongea dans le sien, dans ces yeux bleus qu'il aimait tant, ces yeux qu'il avait regardé avec amour tant de fois, ce regard tendre, doux, espiègle, là où il voyait cette petite étincelle briller. Il caressa la joue de la jeune femme, faisant échouer sa main derrière son oreille, emportant avec lui une de ses mèches rebelle.
-Je rêvais de toi, murmura-t-il doucement, rien que toi, Docteur Ogden.
Elle lui sourit à nouveau et elle s'éloigna à peine de lui, s'asseyant sur ses genoux tout en caressant son torse à nouveau, sans quitter son regard.
-Tu es belle, ajouta William, tellement belle que je ne me lasserai jamais de te regarder, encore et encore.
Il s'approcha d'elle et doucement il la fit basculer pour se retrouver couché au-dessus, pour l'embrasser, pour sentir les caresses de son épouse se diriger vers son intimité alors qu'elle poussait de nouveau des gémissements de plaisir. Puis, il quitta sa bouche pour plonger son regard dans le sien, comme il le faisait si souvent. Mais il ne vit rien, sa vue était brouillée. Il distinguait à peine les contours de son visage. Son souffle s'accéléra, son cœur battait à tout rompre dans sa poitrine.
-Julia, murmura-t-il pris de panique, Julia...
-Je suis là, répondit la voix de son épouse.
Le noir l'envahit, il n'entendait que le son de la voix de la femme qu'il aimait, il pouvait sentir son parfum, encore le goût sucré de ses lèvres contre les siennes, mais il lui était impossible de la voir. Il tendit la main dans sa direction, mais il ne la sentit pas, ses doigts se refermaient dans le vide.
-Julia, fit-il plus fort, je ne te vois plus. Où es-tu? Julia? JULIA!
William se réveilla en sursaut. Sans qu'il ne s'en rende compte, un faible soupir s'échappa de ses lèvres.
-Julia.
Il prenait doucement conscience à nouveau. Il se souvenait de l'endroit où il se trouvait, sa tête lui tournait, ses yeux le brûlaient. Il sentait une douleur sur sa joue droite, un poids sur son ventre, une chaleur autour de sa main gauche, un souffle régulier sur son torse à travers la blouse qu'il portait. Instinctivement, il voulut ouvrir les yeux, mais il en était incapable. Il sentait quelque chose de lourd et de froid dessus. La dure réalité lui sauta au visage. L'intervention à la banque, l'explosion, l'hôpital, le pronostic des médecins, les larmes de Julia. Il avait perdu la vue.
Il tenta de bouger les mains, mais l'une d'elle restait prisonnière. Il se concentra alors. Il sentait ce parfum qu'il connaissait si bien. Il y avait ce poids sur son flanc gauche, ce souffle régulier. Son épouse devait se trouver assise à côté du lit, sa tête sur son ventre, tenant sa main, endormie. Doucement, William bougea sa main valide pour l'approcher d'elle. Ses doigts touchèrent délicatement ses cheveux. Il fit glisser ses doigts entre ses boucles blondes. Son chignon était un peu défait, il pouvait le sentir grâce à la facilité avec laquelle il pouvait faire danser ses mèches entre ses doigts. Il sourit tendrement. Il avait toujours aimé glisser ses doigts dans les cheveux de la femme qu'il aimait, il l'avait souvent regarder fermer les yeux à la délicate caresse et nombreuses avaient été les fois où il avait plongé son visage dans son cou, savourant le parfum qui se dégageait de ses cheveux défaits, souvent en pagaille, alors qu'elle murmurait son prénom du bout des lèvres, sentant son corps brûlant pressé contre le sien, juste avant qu'ils n'atteignent ce point de non-retour, explosant dans un cri de plaisir et de plénitude.
Elle se réveillait doucement. Elle sentait la douleur dans son dos, reprenant ainsi pieds dans la réalité. Elle ne se trouvait pas dans son lit, sans cela, elle sentirait l'odeur des draps autour d'elle et la tension dans son dos n'existerait pas. Elle avait la joue posée sur quelque chose de dur, de chaud qui bougeait à peine comme animé par une respiration lente et sereine. Pourtant Julia sentait cette douce caresse, ses cheveux danser entre les doigts de son époux. Cela ne pouvait qu'être son époux, il n'y avait que lui pour la caresser de la sorte. Elle savoura cet instant quelques secondes, avant de se souvenir pourquoi elle se trouvait dans cette position, assise sur la chaise à côté du lit, son corps penché sur celui de l'homme qu'elle aimait. L'intervention, l'appel à la morgue, William dans un lit d'hôpital, ses yeux, ses si beaux yeux cachés par d'épais pansements blanc. A contre cœur, de peur de voir que ce cauchemar était bien réel, Julia ouvrit les yeux. Son cœur se serra aussitôt dans sa poitrine. Il était là, étendu, immobile, laissant simplement ses doigts glisser dans ses cheveux, défaisant toujours un peu plus son chignon. Elle resta immobile, le regardant simplement. Il ne pouvait pas avoir remarqué qu'elle était réveillée et ce fut tout à loisir qu'elle pouvait l'observer, dans les moindres détails. Ses muscles, ses bras, sa main qui tenait la sienne, les contours de son visage, sa barbe naissante, l'arrête de son nez, ses cheveux sombres, cette blessure sur sa joue. Julia donnerait tout ce qu'elle possédait à cet instant pour pouvoir lui retirer les bandages sur ses yeux, pour plonger son regard dans le sien, pour y voir tout l'amour qu'il lui portait, pour se perdre dans ces yeux chocolat, pour y voir cette étincelle y briller, pour lui dire par ce simple geste à quel point elle l'aimait, à quel point il était essentiel à sa survie, à quel point elle était soulagée de le savoir en vie. Mais au lieu de cela, elle restait immobile, le regardant simplement, se souvenant de toutes les fois où elle avait pu lire dans le regard de William toutes ses émotions, ses doutes, ses peurs, ses joies.
Elle ne remarqua pas la porte s'ouvrir derrière elle,mais elle vit William resserrer avec plus de force ses doigts sur les siens et cesser de caresser ses cheveux en une seconde à peine.
-Ah Docteur vous êtes réveillée, fit la voix de George derrière elle.
William se figea sur place. Depuis combien de temps Julia était-elle réveillée? Qu'avait-elle fait pendant ce temps là? L'avait-elle regardé? Avait-elle pleuré? Non, il aurait sentit ses larmes et les spasmes, même les plus imperceptibles, secouer son corps. Sa respiration n'avait pas changé, elle n'avait pas bougé, elle devait être calme à simplement rester auprès de lui, comme elle lui avait promis.
Après un dernier regard, Julia se redressa, adressant un timide sourire à George qu'elle vit à peine dans la pénombre de la chambre.
-L'Inspecteur m'a demandé de vous faire venir au poste, continua le jeune homme, pour l'autopsie.
-George, je ne peux pas, répondit Julia en adressant un simple regard à William, je dois...
-Vas-y, fit simplement la voix de William, ils ont besoin de ton rapport.
-William, nous savons ce qu'il s'est passé, cet homme a fait exploser une bombe et il est mort, et à cause de lui tu...
-Une autopsie est nécessaire dans chaque enquête de police, coupa l'Inspecteur Murdoch de sa voix la plus sûre, tu es responsable de la morgue de la ville et c'est à toi de le faire.
Elle ne répondit pas, le regardant simplement et soupirant profondément. Ce détail n'échappa pas à son époux qui apporta leurs mains toujours liées à ses lèvres pour déposer un baiser sur celle de la jeune femme.
-Ne t'en fais pas pour moi, je saurai rester seul, je ne bouge pas d'ici. Quoiqu'il en soit je trébucherais sur mes pieds aussitôt hors du lit, dit-il en riant doucement.
Julia ne pu s'empêcher de secouer la tête de gauche à droite en riant doucement avant de se pencher sur son visage et de venir déposer un baiser sur ses lèvres.
-Bien, dans ce cas je te laisse, je reviens dès que possible, mais William promets-moi une chose.
-Quoi?
-Ne quittes pas ce lit, dit-elle avant de déposer un baiser sur ses lèvres, et ne fais pas de blagues, dit-elle en riant doucement, tu es un piètre comique.
Elle le vit faire la moue et elle rit une fois encore avant de l'embrasser un peu plus longtemps pour reprendre la parole sur ses lèvres.
-Je t'aime William, murmura-t-elle en caressant son front.
Elle l'embrassa une fois encore et elle le quitta aussitôt. Il ne se passa pas une seconde que William sentit le froid l'entourer. Il n'avait pas remarqué à quel point la proximité du corps de Julia lui donnait de la force et de l'énergie. A présent qu'elle se trouvait loin de lui, c'était comme s'il avait perdu une partie de lui-même. Il prêta l'oreille pour l'entendre passer son manteau, puis ses pas se dirigèrent vers la porte, George était encore là, il pouvait entendre ses pas plus lourds sur le sol également.
-George? Demanda-t-il doucement.
-Oui Monsieur?
-Il y a-t-il eu d'autres blessés?
-Jackson et moi-même, nous avons quelques contusions et quelques brûlures, mais nous allons bien Monsieur, en quelques jours il n'y paraîtra plus rien.
-Bien, soupira William, me voila rassuré.
Sans un mot, George et Julia échangèrent un regard avant que la jeune femme ne se tourne une dernière fois vers le lit de son époux.
-A plus tard.
-A plus tard, répondit simplement William.
Puis, l'Agent Crabtree et le Docteur Ogden quittèrent la pièce sans un mot. Pourtant, une fois dans le couloir, Julia poussa un long soupir, s'adossant quelques instants au mur.
-Il va guérir Docteur, murmura George, l'Inspecteur Murdoch est costaud, il s'en sortira.
-Les brûlures sont graves George, répondit timidement Julia, je crains qu'il ne retrouve jamais la vue.
-J'ai confiance, je sais qu'il le fera. Il a connu pire.
-Puissiez-vous avoir raison, acquiesça Julia, puissiez-vous avoir raison, répéta-t-elle avant de s'éloigner d'un pas lent dans le couloir pour quitter l'hôpital, l'Agent Crabtree sur ses talons la suivant en silence jusqu'au poste de police.
à suivre...
