Merci beaucoup pour vos reviews! Voici la suite :)


Le chemin jusqu'à l'hôtel Windsor avait été long et périlleux. L'Inspecteur Murdoch et le Docteur Ogden avaient encore échangé un long et langoureux baiser. Ils avaient senti la tension monter entre eux, leurs souffle s'accélérer. Julia n'avait pu s'empêcher de passer sa main dans les cheveux de William, plaçant son autre main sur son torse. Elle avait alors sentit ses muscles se contracter sous ses doigts, sa langue s'était enroulée avec plus de force autour de la sienne, la main de William sur sa cuisse était remontée un peu plus haut et ses doigts s'étaient profondément enfoncés dans ses cheveux. Ils s'étaient alors séparés, à bout de souffle, posant leur front l'un contre l'autre, tentant de se calmer, se souvenant de l'endroit où ils se trouvaient. Julia s'était levée, elle avait aidé William à passer sa chemise dont elle ferma les boutons un à un en se concentrant sur sa tâche pour ne pas succomber à irrésistible envie de caresser le torse de son époux. Elle l'aida à mettre sa veste, puis ses chaussures. Il se leva et elle lui prit tendrement le bras.

-Nous pouvons y aller? Demanda-t-elle tendrement.

-Oui, je n'ai qu'une envie, c'est de quitter cet endroit.

Julia acquiesça et sans un mot, ils se dirigèrent tan bien que mal vers la porte. Les doigts de William se refermaient avec force sur le bras de son épouse, il tendait une main devant lui par moments, incertain de l'endroit où il se trouvait.

-Fais-moi confiance, murmura alors Julia, il y a trois marches là, fais attention.

Ainsi, elle le guida jusque dans la rue. Les bruits de l'hôpital lui avaient été déstabilisant, mais ceux de la rue, en étaient presque effrayants. William se figea sur place plusieurs fois, tournant sa tête dans toutes les directions. Un enfant criait un peu plus loin, il y avait un vendeur de poisson, une calèche lancée à vive allure dans la rue, une sonnette de bicyclette. A cet instant, l'environnement lui semblait si dangereux qu'il en eut le souffle coupé et qu'il refusa de faire un pas de plus. Julia remarqua aussitôt la réaction de son époux et elle le regarda avec attention. Elle pouvait voir dans son attitude que quelque chose n'allait pas, il semblait aux aguets, terrifié. Un bref regard autour d'eux et Julia comprit. Doucement, elle s'avança vers lui, lui prenant tendrement la main.

-Chéri tout ira bien, nous sommes à deux pas du fiacre, tout te paraîtra plus calme à l'intérieur et lorsque nous serons dans notre chambre, tu pourras te reposer.

-Et si, si jamais, je ne retrouverais la vue? Je vais trembler à chaque seconde? Je vais être pétrifié lorsque je sortirai? Je devrai rester à ton bras tout le temps?

-Nous allons affronter cela ensemble William, je serai là, nous trouverons un moyen, nous allons chercher une canne dès demain et tu apprendras à te déplacer et à vivre à nouveau.

-Et mon travail? Que vais-je devenir? La maison qui est en chantier?

Julia resta silencieuse un long moment. Elle voyait cet homme si courageux et fort, cet homme qu'elle si connaissait bien, son héros, à présent, faible et terrifié, pris de doutes et envahis par la peur du lendemain. Son cœur se brisa en mille morceaux. Il lui était même incapable de plonger son regard dans le sien, de lui transmettre tout l'amour qu'elle éprouvait pour lui dans son regard. Même ce détail, pourtant si important pour eux, ils n'y avaient pas le droit. Elle regardait ces pansements blancs, ce bandage encerclant sa tête et tout ce qu'elle pu faire fut de resserrer ses doigts autour des siens.

-Ensemble nous viendrons à bout de cette épreuve William, murmura-t-elle tendrement, rentrons à l'hôtel, tu as encore besoin de repos.

Il ne répondit pas et elle s'avança simplement vers lui pour déposer un tendre baiser sur ses lèvres. Elle savait qu'une attitude telle que celle-là était inappropriée dans une rue aussi fréquentée que celle dans laquelle ils se trouvaient, mais Julia n'avait jamais eu que faire des " qu'on dira-t-on". A la fin de ce bref et tendre baiser, ils reprirent leur route doucement, toujours étroitement enlacés, Julia guidant William jusqu'au fiacre le plus proche. Elle l'aida à y grimper et elle en en fit autant à sa suite. Une fois tous les deux installés sur la banquette sombre, la jeune femme posa tendrement sa tête sur l'épaule de son époux. Elle soupira profondément et après un regard accordé à William, elle déposa un baiser dans sa nuque, sentant les poils de sa barbe lui chatouiller les narines.

-Je t'aime William, murmura-t-elle, et tu es en vie, c'est tout ce qui compte.

Il ne répondit pas, resserrant son bras autour de la taille de Julia pour la maintenir contre lui, et ainsi, ils firent le voyage en silence, simplement serrés l'un contre l'autre.


Ce ne fut que lorsqu'ils fermèrent la porte de la suite derrière eux que William soupira enfin profondément, soulagé de ne plus être à la vue de tous. Il ne pouvait pas voir leurs regards de pitié, mais il l'entendait dans leur voix. Et il ne le supportait pas. Cela lui donnait le sentiment d'être encore plus faible et amoindris qu'il ne le pensait.

-Souhaites-tu que je commande quelque chose à manger? Demanda Julia en s'éloignant de lui le laissant un peu perdu au milieu du couloir.

-Oui, j'ai un peu faim, admit William, mais je voudrais également...faire, un...brin de toilette.

-Bien entendu, je commande et je m'occupe de toi, continua la jeune femme en retirant son chapeau et son manteau.

-Julia c'est euh...gênant.

-Quoi? Soupira Julia à présent si proche de lui qu'il pouvait sentir son souffle sur sa peau. Je t'ai vu nu un bon nombre de fois William, dit-elle d'une voix amoureuse sur ses lèvres, et nous avons pris bien des bains ensembles.

-Mais là c'est...différent.

-Je suis aussi médecin William, ne t'en fait pas. Tu n'as pas être gêné en quoique se soit. Viens, dit-elle en glissant sa main dans la sienne pour le guider vers la chambre, je vais te faire couler de l'eau et je te laisserai seul, tu n'auras qu'à m'appeler si tu as besoin de moi.

Sans un mot, ils se dirigèrent vers la salle de bain de l'autre coté de la chambre. Sur le chemin, William butta dans un petit guéridon et il poussa un gémissement de douleur. Même sa propre chambre s'avérait être un terrain semé d'embûches. Une fois dans la salle de bains, Julia le quitta pour se pencher sur la baignoire et elle fit couler l'eau. Puis, elle déshabilla délicatement William. Elle avait besoin de toute sa bonne volonté pour ne pas laisser ses mains et ses lèvres glisser sur le corps de son époux. Elle voyait à quel point sa respiration s'accélérait et lorsqu'elle lui retira son sous-vêtement, elle ne put s'empêcher de se pincer les lèvres, sentant ce désir si puissant naître dans le bas de son ventre. William avait mémorisé chaque geste de son épouse, il avait sentit son souffle se couper au fur et à mesure que les vêtements s'échouaient sur la chaise un peu plus loin, il pouvait entendre la respiration saccadée de Julia. Il savait que son corps réagissait à ses douces attentions, il savait qu'elle devait lutter en ce moment même pour garder la distance, pour ne pas se blottir dans ses bras et l'embrasser sur son corps tout entier. Julia l'avait déshabillé de cette façon bien des fois, et il s'était laissé faire simplement, plongeant son regard dans le sien, goûtant sa peau, faisant danser sa langue avec la sienne. Mais ce jour là, tout était différent, et pourtant, la passion le dévorait de l'intérieur une fois encore. Il sentit alors les doigts de Julia effleurer sa virilité gonflée et tendue, et sans s'en rendre compte, il avança ses hanches vers elle, poussant un léger soupir de désir lorsque son membre butta contre le tissu de sa jupe.

-Julia, gémit-il en portant sa main à la joue de la jeune femme.

Une fois encore , sans la voir, il pouvait la poser à l'exact endroit où il le faisait à chaque fois. Julia ne pu s'empêcher de sourire et doucement elle pencha la tête sur le côté pour prendre la parole sur ses lèvres.

-Nous sommes au beau milieu de la journée Inspecteur Murdoch, je crois qu'il est plus sage que tu prennes un bain, que tu manges quelque chose et que tu te reposes. Tu as affaire au Docteur Ogden et non à Madame Murdoch.

-Madame Murdoch serait prête a commettre une folie avec moi au beau milieu de la journée? Dit-il en souriant.

-Absolument, soupira Julia en effleurant ses lèvres avec les siennes, mais c'est plus raisonnable d'écouter le Docteur Ogden. Même si Madame Murdoch lutte de toutes ses forces pour ne pas succomber au désir qu'elle éprouve pour Monsieur Murdoch.

Elle déposa alors un tendre et long baiser sur ses lèvres, caressant du bout des doigts sa hanche, dirigeant dangereusement sa main vers sa virilité, mais elle la retira presque aussitôt l'avoir touché et elle lui prit la main pour le guider à la baignoire. Elle l'aida à y prendre place, lâchant sa main au tout dernier moment, lui accordant un tendre regard alors que son époux se laisser glisser dans l'eau chaude. A cet instant, Julia n'avait qu'une envie, retirer ses vêtements elle-aussi, s'enfoncer dans cette eau également, s'allonger contre le corps de William, sentir ses mains sur sa peau nue et humide et son membre grandir contre sa cuisse. Elle voulait l'embrasser, le toucher, le caresser, encore et encore alors qu'il lui ferait l'amour tendrement pendant de longues et interminables minutes.


Ils avaient mangé presque dans le plus grand silence. Julia s'était assise sur la chaise toute proche de William, les trois premières bouchées, elle lui avait simplement demandé d'ouvrir la bouche afin qu'elle puisse lui amener la fourchette remplie de nourriture. La troisième en revanche, il posa sa main sur celle de son épouse. Elle le guida, l'aidant à planter la fourchette dans la nourriture, le regardant avec tendresse. Le touché était le sens que William sentait se développer le plus. Cela ne faisait qu'une journée qu'il avait perdu la vue, et pourtant, il sentait déjà comment son sens du touché était décuplé. A tâtons, il trouva les couverts, le verre, Julia toujours à ses côtés. A la fin du repas, il s'était levé. Elle lui avait tenu le bras pour le guider à la chambre et le faire asseoir sur leur lit. Avec tout les produits nécessaire à sa guérison, Julia se mise devant lui et elle défit lentement son bandage. A chaque fois qu'elle effectuait un tour, son souffle se raréfiait. Elle avait peur, peur de découvrir l'étendue des blessures de son époux. Elle posa le bandage sur le lit à côté de lui, puis, elle retira délicatement les cotons qui recouvraient ses yeux. Son souffle se coupa aussitôt. Il avait les yeux fermés, mais ses paupières étaient rouges, gonflées et il ne pouvait pas les ouvrir.

-William, dit-elle en un souffle en sentant les larmes couler.

-Ils sont gravement touchés n'est-ce pas? Murmura-t-il à son tour.

Julia ne répondit pas. Elle ne savait pas quoi répondre, elle était tout simplement muette, pétrifiée.

-Julia?

Il tendit les mains vers elle, sans trop savoir où elles s'échoueraient. Il sentit le tissus de sa jupe, ses hanches, il venait de les poser sur ses hanches qu'il caressa tendrement quelques instants. Puis, il l'attira un peu plus contre lui, entre ses genoux.

-Tu es...

Elle ne termina pas sa phrase, caressant du bout des doigts les paupières de William en étouffant un autre sanglot. Il se passa ainsi quelques secondes dans le silence le plus total. Julia revivait une scène de son passé, lorsqu'elle avait cru perdre l'homme qu'elle aimait, lorsqu'elle cachait encore ses sentiments pour lui. Ce jour là , où, pour la toute première fois, elle avait cru le perdre. Ce jour là où elle était venu dans son bureau et elle avait soigné sa main brûlée. Ce jour là, elle avait eu peur, terriblement peur, comme aujourd'hui. Elle mit quelques secondes pour reprendre ses esprits. Elle devait se ressaisir, se montrer forte et présente pour lui.

-Te font-ils mal?

-Oui, un peu, répondit William, la brûlure sur ma joue également.

-Je vais te faire une injection dans ce cas, et te passer la pommade, tu dormiras sans doute, mais je serai là pour veiller sur toi.

-Comme tu le fais toujours, répondit-il simplement avec un sourire en coin.

Ainsi, Julia le soigna aussi tendrement et affectueusement qu'elle le put, veillant à ce que ses gestes ne le blessent pas encore davantage. Lorsque William était prêt, il s'allongea et elle rangea ses affaires, puis, elle se pencha vers lui pour déposer un baiser sur son front.

-Reste avec moi, murmura William d'une voix déjà endormie.

Julia s'approcha alors de lui, encore toute habillée, elle se blottit contre le corps de William. Il n'était que trois heures de l'après-midi mais elle devait avouer qu'elle était épuisée. Elle posa sa tête sur son épaule, sa main sur son torse, là où elle sentait son cœur battre et elle resta là à le regarder de longues minutes. Il était inconscient, endormi. Elle déposa un baiser dans sa nuque comme elle le faisait si souvent et elle ferma les yeux enfin, enfouissant son visage dans le creux de son cou, savourant son odeur, puis, sans s'en rendre compte, elle s'endormie à son tour profondément.


à suivre...