Comme chaque matin, il savourait le moment où il se réveillait, l'instant suspendu entre le rêve et la réalité, le subconscient et la conscience. William sortait doucement du sommeil. Un sourire naquit sur ses lèvres. Il se trouvait dans son lit, Julia était auprès de lui, il pouvait sentir son souffle chaud dans sa nuque, sa poitrine se soulever au rythme lent et serein de sa respiration. Ce qui fit sourire William encore plus largement c'était la sensation qu'il ressentait. Sa main se trouvait posée dans le dos de Julia et du bout des doigts il pouvait sentir sa peau douce. Il se concentra un peu plus. Elle avait sa jambe passée sur ses hanches, sa cuisse touchait la sienne, les boucles blondes entourant son intimité caressaient sa virilité, ses seins buttaient contre son torse. Elle se trouvait complètement nue dans ses bras, si proche qu'il pouvait sentir son corps se soulever au même rythme que le sien, comme si une seule et unique respiration les habitait tous les deux. Il remonta alors doucement sa main le long de la colonne vertébrale de la jeune femme. Il sentit un frisson parcourir son corps et elle s'approcha encore davantage contre lui.

-Mmmmhh, William, dit-elle du bout des lèvres d'une voix endormie.

-Je suis là mon amour, répondit le jeune homme avant de se dégager un peu d'elle pour l'embrasser.

Elle ouvrit les yeux pour voir William s'éloigner avant qu'il ne retombe sur l'oreiller. Elle caressa alors sa joue rugueuse ainsi que son menton avant de descendre sa main sur son torse, suivant son trajet du regard.

-A quoi penses-tu? Murmura William.

-Tu ne peux pas lire dans mon regard et pourtant tu arrives à savoir ce que je ressens, comment fais-tu?

-Je te connais dans les moindres détails, et j'ai des supers pouvoirs, dit-il en riant doucement.

Elle en fit autant, secouant sa tête de gauche à droite avant de reprendre la parole.

-J'avais prévu cette journée depuis des semaines, répondit Julia en faisant quelques petits cercles du bout des doigts sur le torse de son époux, et avec tous ces événements, je ne pourrai pas t'offrir le cadeau que j'avais prévu.

-Tu as réussi à avoir une journée de congés de la part de l'Inspecteur, c'est déjà un beau cadeau.

-Mmmh, dis plutôt que j'ai réussis à te convaincre de ne pas aller travailler aujourd'hui, répondit Julia en riant doucement avant qu'il ne la rejoigne.

-Mais j'aime passer des jours entiers auprès de toi, dit-il.

-Un jour de semaine William, te rends-tu compte que nous sommes jeudi, il est neuf heures quinze et nous sommes encore au lit?

-Je ne m'en plains pas, soupira-t-il avant de lui monter le menton pour trouver du bout du nez celui de sa femme et l'embrasser langoureusement, dis-moi, murmura-t-il après leur baiser, qu'avais-tu prévu pour aujourd'hui?

-Une promenade au bord du lac à bicyclette, quitter Toronto, rien que toi et moi, manger un pic-nique dans une crique et rentrer au soir, se changer et aller à une pièce de théâtre. Mais je n'ai pu avoir de place pour le théâtre.

-Considérant ma condition, elles auraient été perdues.

-Cela t'aurai fait plaisir?

-Oui, c'était un magnifique cadeau. Mais je passerai cette journée avec toi quoi qu'il en soit, et cela suffit à mon bonheur.

Sans un mot, Julia sourit largement. Dieu qu'elle aimait cet homme. Il n'avait pas toujours eu les mots justes dans le passé et ils s'étaient fait du mal à cause de cela, pour ne pas avoir su exprimer leurs sentiments et leurs émotions. Parfois encore, il lui arrivait à ne pas le comprendre, à être en colère contre lui car il était incapable de lui dire ce qu'il ressentait. Mais lorsque William s'ouvrait à elle, il savait la rassurer, l'apaiser, la faire se sentir aimée et désirée. Elle ressentait toujours ce petit pincement de joie au cœur lorsqu'il lui disait " Je t'aime " ou qu'elle était "si belle". Julia avait énormément de chance d'avoir un homme tel que William dans sa vie et elle en avait pleinement conscience.

-Dans ce cas, murmura-t-elle sur ses lèvres en quittant ses pensées, je vais essayé de te rendre un peu plus heureux William.

Il la sentit quitter son étreinte. William tenta d'ouvrir les yeux, à présent ses paupières semblaient lui obéir. Même s'il gardait le plus souvent le regard cloué au sol, il essayait parfois d'ouvrir les yeux pour s'habituer à la luminosité à nouveau. Il savait qu'avec Julia, et seulement avec elle, il pouvait se présenter tel qu'il était, avec ses yeux encore blessés. Je veux la voir, je veux la contempler à nouveau, pensa William.

Il cligna des yeux plusieurs fois. Aux sensations qu'il ressentait il savait que Julia se trouvait assise à califourchon au-dessus de lui, sa virilité pressé contre sa féminité. Elle avait les mains sur son ventre mais elle ne bougeait pas. Julia s'était figée sur place lorsqu'elle avait vu William ouvrir les yeux. Ses yeux étaient aussi beaux qu'ils l'avaient toujours été. Mais un film opaque atténuait leur couleur chocolat. Elle ne pouvait plus plonger son regard dans le sien, il semblait vide, sans vie, sans malice, sans amour. Elle retint son souffle une seconde et il comprit.

-Suis-je si repoussant? Demanda-t-il doucement.

-Oh non William, répondit son épouse en se penchant vers lui pour caresser sa joue, mon Dieu non tu n'es pas repoussant. Je n'avais pas vu tes yeux depuis l'accident.

-Il n'y a que toi que j'ose regarder, je...je vois tes contours.

-Cela veut dire qu'il y a sans doute une amélioration, répondit Julia pleine d'espoir, mais il faudra peut être encore du temps.

-Je voudrais pouvoir te voir comme avant, pouvoir plonger mon regard dans le tien à nouveau et ressentir ce délicieux frisson à nouveau. Cet amour.

Il tendit alors la main vers Julia. Il pouvait voir sa silhouette se dessiner dans l'encadrement de la fenêtre. Il voyait le haut de sa tête, les contours de ses cheveux, ses épaules, sa taille et ses hanches.

-J'aimerai tellement pouvoir te regarder à nouveau. Voir à quel point tu es belle.

Il se redressa un peu pour venir se tenir à quelques centimètres de Julia et doucement son autre main se posa sur elle. Elle étouffa un gémissement lorsqu'il caressa ses cuisses. Il se concentra pour regarder l'endroit où se trouvaient ses mains. Il remonta doucement sur ses hanches et son ventre, sa taille, sa cage thoracique, ses seins, provoquant un autre soupir chez son épouse. Puis, il arriva à son cou et à sa nuque, son menton. Julia ferma alors les yeux, laissant un profond soupir s'échapper de ses lèvres entrouvertes. Elle pencha la tête en arrière et il continua sa progression, caressant tendrement ses joues, ses lèvres, son nez, ses paupières, son front et enfin il glissa ses mains dans ses cheveux. Il y plongea le visage et il reprit la parole d'une voix grave dans le creux de son oreille, sentant Julia passer ses bras autour de sa taille pour se presser tout contre lui.

-Tu es tellement belle, tellement belle, répéta William avant de déposer un long et humide baiser dans le creux de son cou.

Il redescendit une fois encore ses mains le long du dos de Julia. Lorsqu'il les plaça dans le creux de ses reins, il fit une petit pression afin de la rapprocher de lui un peu plus alors qu'il sentit son épouse caresser son torse. Il gémit profondément et il dirigea ses baisers vers sa poitrine. Pendant quelques secondes, elle se laissa faire, se mordant les lèvres de plaisir, lorsque William s'empara d'un de ses mamelons, elle soupira à son tour.

-William, ce matin c'est ton tour. Laisse-moi...laisse-moi te donner du plaisir.

Il posa alors son front entre ses seins et il ferma les yeux. Julia caressa son cuire chevelu tendrement et sa main se saisit de son membre gonflant et se tendant contre le bas de son ventre. Toujours assise sur lui, elle commença à le masser. William perdait pieds, son visage niché dans la poitrine de son épouse, sentant le cœur de Julia battre à tout rompre dans sa poitrine. Il ne pouvait s'empêcher de caresser ses fesses au rythme lent qu'elle effectuait sur sa virilité. Son souffle s'accéléra et Julia l'éloigna tendrement de lui. Il se laissa faire, il était sa marionnette, il était à elle. Elle dirigeait leurs ébats et il aimait la sensation. Elle l'embrassa profondément et il retomba sur le matelas. Elle le regarda alors quelques instants se tendre de plaisir, laissant un profond gémissement rauque s'échapper de ses lèvres. William s'abandonnait et rien ne la rendait plus heureuse que cela. Elle accéléra ses mouvements, puis, elle se pencha vers son époux pour embrasser son torse, pour mordiller tendrement l'un de ses tétons. Il ne contrôlait plus rien et lorsqu'elle le sentit donner plusieurs coups de reins, elle dirigea sa bouche vers l'objet de ses désirs. Lorsqu'il sentit son souffle sur cet endroit si sensible, il ne put retenir un soupir désespéré. Il avait désespérément envie d'elle, besoin d'elle. Sa langue si douce, humide et chaude glissa sur sa peau et il donna un autre coup de rein. Oui, pensa William, oh Julia oui, s'il te plait, prends-le, prends...

-Mmmmhh Juliaaa, murmura William avec plaisir lorsque la bouche de son épouse l'enveloppa.

Il aurait tout donné pour la voir à cet instant, pour baisser son regard vers elle et plonger ses yeux dans les siens alors qu'elle lui affligeait la plus douce des tortures, alors qu'il pénétrait encore et encore dans sa bouche. Son corps se mit à trembler, il allait exploser, il le savait. Elle connaissait son époux par cœur, elle veillait à regarder toutes ses réactions en levant les yeux vers lui régulièrement. Toutes les autres fois, où elle lui avait donné un tel plaisir, elle avait vu son amour dans son regard. Il avait toujours veillé à la regarder l'instant où il sentait qu'il allait exploser en elle. Ce jour là, elle avait dû se contenter de regarder son corps se tendre de plaisir, de remarquer les coups de reins de plus en plus violents et fréquents pour comprendre.

-Ju...Julia je...

Elle comprit, elle avait compris bien avant qu'il ne tente de lui dire. Alors, elle déposa un dernier baiser sur son membre dur, long et gonflé. Elle se coucha tout contre lui, veillant à caresser son corps avec le sien, laissant ses seins à peine effleurer son torse. D'une main, elle guida sa virilité vers sa féminité. Elle ferma les yeux, sentant le plaisir que lui procurait la caresse de William à son entrée, quelques secondes avant qu'elle ne s'empale sur lui, très doucement, le laissant s'adapter à elle, savourant la sensation de William glissant en elle, profondément, un peu plus, encore un peu, jusqu'à cet instant, celui où elle le retenait totalement prisonnier en elle. Un tremblement secoua son corps, un gémissement s'échappa de ses lèvres. Il plaça ses mains sur ses hanches et après un dernier regard, elle s'allongea contre lui, plaçant ses mains autour de sa taille. Ils échangèrent un baiser et ils bougèrent leurs hanches sur un même rythme. Julia gardait son front contre le torse de William qui avait glissé une main dans ses cheveux. Il la quittait à peine pour la pénétrer avec plus de force et de profondeurs à plusieurs reprises. Et dans un cris, elle le sentit se répandre en elle. Elle ondula encore un instant, juste quelques secondes avant de se laisser tomber complètement contre lui, à bout de souffle, reprenant ses esprits après avoir atteint elle aussi l'orgasme.

Ils mirent quelques minutes à se calmer. Puis, ils se séparèrent et ils échangèrent un long baiser. Julia quitta le lit après une dernière étreinte pour rejoindre la salle de bain et faire un brin de toilette. Lorsqu'elle en ressortit, William en fit autant. Il la trouva quelques minutes plus tard dans l'embrasure de la porte du salon. Il sentit sous ses doigts le tissu de sa robe de chambre en soie. Il s'approcha d'elle et trouva sa nuque pour y déposer un baiser et avant qu'il n'ai le temps de prendre la parole, elle lui demanda cette question qu'elle se posait depuis dix bonnes minutes déjà.

-William? Combien de roses as-tu acheté?

-Sept-cent-trente.

-Il y a une raison n'est-ce pas? Dix bouquets de soixante treize roses chacun.

-C'est exact, acquiesça William en posant sa main sur son ventre.

-Je n'arrive pas à trouver, soupira Julia en levant les yeux au plafond.

Elle l'entendit rire, ce rire qu'elle aimait tant et qu'elle n'entendait que lorsqu'ils se trouvaient totalement seuls. Ce rire qu'il n'accordait qu'à elle.

-Dix bouquets Julia...Je te connais depuis dix ans.

-Et soixante-treize?

-Ce chiffre n'est pas celui dont tu dois te soucier, combien font dix fois soixante-treize?

-Sept-cent-trente.

Ils restèrent dans le silence quelques instants. William n'allait pas l'aider davantage, il savait qu'elle était parfaitement capable de trouver par elle-même. Après tout il avait épousé la femme la plus intelligente de tout Toronto, de tout le Canada, peut être même du monde entier, pensa William, elle va trouver.

-Sept-cent-trente c'est deux fois trois-cent-soixante-cinq, murmura Julia, le nombre de jour en une année, deux ans. Une rose par jour pendant deux ans. Une rose par jour depuis notre mariage.

-Vous êtes brillante Docteur Ogden, c'est effectivement la solution.

-Comment as-tu fait pour trouver autant de fleurs en si peu de temps?

-J'ai eu un peu d'aide.

Julia se retourna dans ses bras et elle sourit largement en passant ses bras autour de son cou.

-George, murmura-t-elle sur ses lèvres.

-George, répondit William avant qu'ils n'échangent un long et langoureux baiser.

-Merci William, merci pour la merveilleuse soirée que tu as organisé, merci pour la sublime nuit que tu m'as offert, merci de m'avoir demandé de t'épouser, merci de m'avoir toujours aimé en dépit de toutes mes erreurs, en dépit des doutes et des épreuves. Je t'aime Monsieur Murdoch, et je t'aimerai jusqu'à mon dernier souffle.

-Je t'aime aussi Julia, je l'ai fait dès le premier jour.

Ils échangèrent encore un long baiser, se serrant étroitement l'un contre l'autre jusqu'au moment où ils se séparèrent à bout de souffle et que Julia jugea plus sage qu'ils ne mangent quelque chose pour reprendre des forces. Ainsi, ils prirent leur petit déjeuner comme chaque matin. La jeune femme lu le journal à haute voix alors qu'ils faisaient leurs tartines et qu'ils burent leur thé. Puis, ils s'habillèrent enfin. Le soleil était radieux et malgré le fait qu'ils ne pouvaient pas faire la balade que Julia avait prévu, ils prirent un pic-nique au restaurant de l'hôtel et ils partirent main dans la main. Leurs pas les conduire vers une maison en construction, leur maison, perdue au milieu des herbes folles. Le toit, les murs étaient déjà en place, les cloisons à l'intérieur, la cuisine prenait forme, le salon avec la grande cheminée également, mais le reste du bâtiment n'était de loin pas terminé et à cet instant ils savaient que beaucoup serait encore à faire pour que tout ne redevienne "comme avant" si tant est que cela soit possible.


à suivre...