Une fois leur souffle reprit, ils s'étaient simplement serrés l'un contre l'autre, appréciant cette proximité et cette intimité qu'ils n'avaient plus connu depuis des semaines. Allongés dans leur futur salon, Julia avait fermé les yeux, son visage niché dans la nuque de son époux qui caressait tendrement son dos de haut en bas. Ils étaient restés là, en silence pendant de longues minutes. Puis, ils avaient parlé de leur avenir, des choix qu'ils avaient fait et de ceux qu'ils devaient encore faire. Ils parlèrent simplement à cœur ouvert, sans honte, sans peur. Eh puis doucement, les rires se firent entendre à nouveau, les mots d'amour également. Ils décidèrent qu'il était plus sage d'éteindre les bougies pour la nuit, ils n'en restaient que deux de chaque côté du matelas. Lorsque Julia surplomba William de longues minutes plus tard, assise à califourchon sur lui, il remercia le ciel de lui avoir envoyé une telle femme. Un sourire barra son visage, ses mains redessinèrent les contours de son corps une fois encore. Ils gémirent à l'unisson lorsqu'ils ne firent plus qu'un, et après avoir laissé la passion les gagner à nouveau, ils s'endormirent l'un contre l'autre, éteignant les bougies au tout dernier moment, comme pour profiter une toute dernière fois de la nuit de leur retrouvailles.
Le soleil se levait de l'autre côté de la maison. Le Docteur Ogden était déjà réveillée, comme elle le faisait depuis ces dernières semaines, toujours à l'aube. Mais alors qu'elle avait pris l'habitude de regarder la place vide de William dans leur lit, sentant son cœur se serrer dans sa poitrine en le sachant loin d'elle, ce matin là, un sourire naquit sur ses lèvres. Le matelas était bien plus petit que leur lit, elle était presque totalement couchée sur lui, William était là, tout contre elle, la tenant fermement dans ses bras. Elle regardait son visage serein, son torse se soulever au rythme lent de sa respiration. Elle sourit en laissant ses doigts redessiner les contours de ses muscles, son menton, sa joue, sa nuque pour venir déposer un baiser sous son oreille. Une partie d'elle voulait le réveiller, de la plus douce et la plus tendre façon qu'il soit. Et pourtant, elle ne parvenait pas à s'y résoudre. Elle voulait continuer de le regarder, pendant des heures. Elle comprenait quelle avait été l'épreuve de William. Jamais elle n'aurait supporté de ne plus pouvoir le regarder, leur amour était plus fort que tout, mais elle voulait se convaincre à chaque instant qu'il était bien réel, et elle ne le pouvait qu'en plongeant son regard dans celui de William.
Julia soupira profondément, puis, doucement elle déposa un baiser sur la tempe de son époux.
-Je t'aime William, je t'ai aimé le jour où tu es entré dans la morgue pour la première fois, je n'ai jamais cessé de le faire et je le ferai jusqu'à mon dernier souffle. Je t'en fais la promesse.
Elle s'éloigna à peine de lui pour le voir bouger dans son sommeil, mais pourtant, il ne se réveilla pas. Elle décida alors de se lever, elle mourait littéralement de faim, pour la première fois depuis qu'il l'avait quitté. Julia ne pu s'empêcher de sourire timidement, elle ne s'en étonnait pas après tout, la nuit avait été mouvementée. Ainsi, avec précaution, elle s'extirpa de l'étreinte de William pour se lever. Un rapide coup d'œil autour d'elle lui fit prendre conscience qu'elle allait devoir chercher ses vêtements pour pouvoir s'habiller. Elle n'en avait pas la moindre envie. Mais elle ne pouvait décemment pas rester nue, pas temps que la maison n'était pas totalement terminée. Après peut être, je suis certaine que William pourrait apprécier de me surprendre nue dans une autre pièce que la salle de bains ou notre chambre, pensa-t-elle en rougissant.
Elle le regarda un instant encore, dormant tranquillement, regardant son corps à peine recouvert à la taille par le drap dans lequel ils s'étaient enveloppés. Julia vit alors la chemise de son époux à ses pieds, et elle s'en saisit simplement, la passant sur ses épaules et la boutonnant sur sa poitrine. Le tissu tombait jusqu'au milieu de ses cuisses et elle jugea la longueur suffisante pour aller préparer le thé et voir si quelques gâteaux traînaient dans la cuisine. D'un pas léger, elle quitta le salon et elle pénétra dans la pièce éclairée par le soleil entrant par la porte fenêtre donnant dans le jardin. Elle prit la bouilloire et y fit couler de l'eau, souriant largement en voyant que William avait réussi à régler leur problème de plomberie qu'ils avaient eu deux mois plus tôt. Une fois l'eau en route sur le poêle à bois qu'elle avait rapidement pu mettre en route, Julia fouilla une petite armoire dans laquelle elle trouva quelques gâteaux secs et des fruits. Elle croqua à pleine bouche dans une pomme conservée depuis l'automne dernier, puis, elle sortit les gâteaux secs. Elle fit couler l'eau brûlante sur les feuilles séchées, inspirant profondément l'odeur, sentant son estomac se tordre de faim.
Lorsqu'il arriva dans la cuisine, William s'arrêta sur le pas de la porte, bien trop subjugué par la vue qu'il avait de la femme qu'il aimait, penchée sur le plan de travail, les yeux fermés, simplement vêtue d'une chemise blanche mettant nettement en valeur ses longues et fines jambes. Il resta là quelques secondes à la contempler, à la regarder porter la tasse d'où s'échappait de la fumée, à ses lèvres. Il la vit boire une gorgée en fermant les yeux, il regarda ses longs et fins doigts danser sur la porcelaine. Puis, elle soupira profondément en regardant par la fenêtre et il reprit son souffle, ne remarquant pas qu'il l'avait retenu toutes ces secondes. Il ignorait pourquoi, mais Julia se tourna doucement vers lui. Comment si elle avait simplement ressenti sa présence. Elle lui sourit, il en fit autant, perdant pieds à cette vue, la trouvant encore plus belle qu'elle n'avait jamais été, vêtue simplement de sa chemise, ses cheveux ondulants sur ses épaules, lui souriant tendrement dans la lumière du jour. Tel un automate, il s'avança vers elle, elle posa sa tasse et une seconde plus tard, il glissa sa main dans le dos de Julia pour l'attirer tout contre lui et sceller ses lèvres aux siennes. Julia passa ses bras autour de son cou en sentant William approfondir leur baiser. Elle tressaillit en sentant le bout des doigts de son époux sur sa hanche et sa cuisse nue, sous le tissu de la chemise. Elle en profita pour caresser son torse, pour arrêter sa main sur la ceinture de son pantalon, alors qu'ils se séparèrent pour reprendre leur souffle.
-Bonjour, murmura-t-il.
-Bonjour, répondit Julia en penchant la tête sur le côté en souriant, tu veux manger quelque chose? J'ai fait du thé et j'ai sorti quelques gâteaux secs.
-Oui, avec joie, répondit William en souriant, je meurs de faim.
Elle lui sourit simplement et elle s'éloigna de lui pour sortir une seconde tasse du placard presque vide et lui verser de l'eau bouillante et quelques herbes, puis, elle prit plusieurs gâteaux qu'elle posa sur une petite assiette ébréchée. Alors qu'elle s'afférait à préparer leur petit-déjeuner, il se plaça derrière elle, glissant ses mains sur ses hanches pour l'attirer contre son torse nu, pour caresser son ventre et plonger son visage dans ses cheveux.
-Julia, murmura-t-il doucement en fermant les yeux, dis-moi que tu n'es pas venue ici que pour cela.
-Pour quoi? Dit-elle sans se retourner. Pour te faire le petit-déjeuner? Tu ne risque rien avec des gâteaux secs et du thé William, dit-elle en riant.
-Pour ça, insista son époux en posant ses mains à plat sur son ventre à peine rebondi, tu ne m'en as pas encore parlé et je n'en peux plus d'attendre que tu le fasses enfin, serais-tu venue même si la situation avait été autre?
-Mais quelle situation William? Lança Julia en se tourna vers lui toujours prisonnière de ses bras.
Il plongea son regard dans le sien. Elle ne le sait pas, elle ne l'a pas remarqué, pensa-t-il.
Doucement il caressa sa joue et il sourit simplement avant de reprendre la parole tendrement.
-Julia, je connais ton corps dans les moindres détails, et bien plus encore lorsque j'ai perdu la vue, je connais chaque courbe, chaque courbe, répéta-t-il en caressant son ventre une fois encore, n'as-tu rien remarqué?
Elle fronça les sourcils et doucement elle comprit. Les nausées, les vomissements, le manque d'appétit, la colère, la tristesse, les boutons de sa jupe qu'elle avait eu plus de mal à fermer, son corset qui la comprimait un peu plus. Julia ouvrit la bouche, mais aucun son n'en sorti, elle avait simplement le souffle coupé. Elle posa alors une main sur son ventre, sous le tissu où se trouvaient toujours celles de William et il lui sourit de plus belle.
-Je crois que tu devrais allez voir Isaac dès aujourd'hui pour lui demander confirmation, mais pour moi cela ne fait aucun doute. Je le sens, je suis certain de ce qu'il se cache dans ton ventre, juste là...
-Notre...bébé, murmura la jeune femme en un souffle, les symptômes le...oh mon Dieu William, je...suis, je suis...
-Enceinte, termina William en riant, tu portes notre petit miracle Julia.
Elle étouffa un sanglot et en bond, elle se lova tout contre William pour une tendre étreinte.
-Je ne le savais pas, murmura-t-elle dans le creux de son oreille, je te jure que je l'ignorais. Je ne suis pas venue pour cela, je suis venue parce que je t'aimais et que tu me manquais. J'espère que tu me crois William.
-Je te crois, répondit-il en s'éloignant à peine pour croiser son regard et caresser sa joue une fois encore, je te crois mon amour.
Ils se sourirent et l'instant d'après, il l'embrassa à nouveau langoureusement. Il sentit Julia s'accrocher désespérément à lui. Doucement, il glissa ses mains sur ses fesses et il la porta contre lui. Elle passa ses jambes sur ses hanches alors que le tissu de la chemise remonta sur son corps, découvrant sa féminité qui butta contre la virilité de William. Il ne put s'empêcher de pousser un grognement de satisfaction en la sentant si proche de lui que son membre se mit déjà à gonfler. Il avait faim, tellement faim, mais il ne voulait plus de nourriture, il la voulait, elle. Sans cesser leurs baisers, il se dirigea vers la table où il fit asseoir la jeune femme. Il ne quitta sa bouche que pour déposer de brûlants baisers sur la fine peau de sa nuque et sa poitrine. Il remonta ses mains le long de sa colonne vertébrale pour venir ensuite caresser ses seins sous le tissu. Elle rejeta alors la tête en arrière en souriant et il lui ouvrit la chemise qu'elle portait. Il la lui retira délicatement pour venir l'embrasser avec tendresse alors qu'elle s'allongea sur la table. Il goûta chaque parcelle de sa peau douce et sucrée, la faisant pousser des gémissements de plaisir toujours plus rauques au fur et à mesure qu'il dirigeait ses baisers plus bas. Puis, il ferma les yeux en la sentant le caresser à son tour, lorsqu'elle se redressa pour déposer de tendres baisers sur son torse et dans sa nuque. Elle lui ouvrit le pantalon qui tomba sur le sol, révélant le désir qu'il éprouvait pour elle. Il plaça une main dans le creux de ses reins et l'autre dans ses cheveux. Julia dirigea son membre vers son intimité et doucement, elle le fit glisser en elle. Ils poussèrent un gémissement à l'unisson avant de se serrer l'un contre l'autre. Ils voulaient sentir la peau de l'autre contre la leur, leur corps se mouler à la perfection. William sentit les ongles de Julia s'enfoncer dans son dos alors qu'il la prenait encore et encore, sentant son souffle chaud dans sa nuque, l'entendant gémir son prénom. Elle se trouvait assise sur la table, ses jambes enroulées autour de lui pour la plus passionnée des danses qu'il soit. Ils firent l'amour ainsi, tendrement, passionnément, longuement, sur la table de leur cuisine. Oubliant que le monde continuait de tourner autour d'eux, oubliant tout, si ce n'était leur amour l'un pour l'autre, cet amour qui allait leur donner un petit miracle quelques mois plus tard.
à suivre...
