Quelques mois plus tard

Ils se trouvaient devant la maison à présent achevée. L'hiver avait fait son apparition, et ils avaient été heureux de pouvoir tout terminer avant l'arrivée de la neige et du froid. Ils avaient passé de nombreuses semaines à monter des murs, à ajouter une pièce supplémentaire pour la naissance du bébé, à carreler, peindre, choisir les meubles, mettre les volets, à installer le téléphone et l'électricité, à terminer le porche. Et ce jour là, ils se tenaient simplement souriant devant la maison qu'ils avaient construit, ensemble. Ils venaient d'ajouter un tout petit détail, mais un détail qui signifiait tout. Leur boite aux lettres, sur laquelle se trouvait écrit en lettre courbées de la main de la maîtresse de maison Monsieur et Madame Murdoch.

Julia regardait en souriant la bâtisse qui se dressait devant eux, William quant à lui ne quittait pas des yeux celle qui se trouvait debout tout contre lui, et dont il avait passé le bras autour de la taille. Il vit quelques flocons tourbillonner et tomber sur ses boucles blondes. Il regardait son sourire, ce sourire qu'il aimait tant, elle était heureuse, il pouvait le voir, le ressentir. Julia poussa un long soupir de contentement et doucement, il se pencha vers elle pour déposer un baiser sur sa tempe.

-Et si nous rentrions chez nous Madame Murdoch, murmura-t-il dans le creux de son oreille en caressant du bout des doigts sa nuque.

Il ne vit pas Julia fermer les yeux à cette douce attention et elle acquiesça simplement. Il s'éloigna d'elle juste assez pour croiser son regard et lui sourire tendrement, puis, ils échangèrent un chaste baiser avant que William ne l'attire avec lui vers la maison. Ils montèrent les marches du perron d'un même pas, accordant un regard à la balancelle qu'ils avaient installé, s'imaginant tous les deux partager de tendres soirées enlacés sur cette balancelle dès que l'hiver serait terminé. Puis, Julia sursauta en sentant ses jambes quitter le sol. Elle s'accrocha de toutes ses forces à William qui la prit contre lui pour la porter.

-Que fais-tu William? Demanda-t-elle en riant doucement.

-Je vais porter mon épouse pour entrer dans notre maison, comme le veut la tradition. Comme je t'ai porté le jour de notre mariage pour entrer dans la chambre d'hôtel.

-William nous passons le pas de cette porte depuis des mois et nous avons déjà passés des nuits ici, ajouta-t-elle d'une voix plus charmeuse en caressant le menton de William lui faisant ainsi se souvenir des nuits passionnées qu'ils avaient déjà partagé dans la demeure encore en construction.

-Oui, je le sais, mais c'est différent, cette fois-ci nous sommes chez nous, pour de bon, plus aucune nuit à l'hôtel, plus d'allés et retour, plus de meubles à installer, Rose a mis les draps sur notre lit, et ce soir nous passerons notre première nuit chez Monsieur et Madame Murdoch.

Il lui adressa un tendre sourire et Julia en fit autant avant de déposer un baiser sur ses lèvres.

-Dans ce cas, fais-moi entrer chez nous William, je crains que tu ne pourras pas me tenir dans tes bras encore bien longtemps, dit-elle en riant avant de regarder son ventre nettement bombé.

-Je pourrai vous tenir dans mes bras pendant des heures, répondit William en suivant son regard, n'oublie jamais ça petit bonhomme, papa pourrait te tenir pendant des heures dans ses bras.

-Mais maman devrait aller se soulager dans les tout nouveaux toilettes installés par papa parce que la position est assez inconfortable.

William la regarda à nouveau avant qu'elle n'éclate de rire devant son embarras. Il en fit autant et il ouvrit la porte pour passer l'embrasure sans pour autant quitter le regard de la jeune femme qu'il tenait dans ses bras. Une fois la porte passée, il la posa sur le sol et Julia n'hésita pas une seconde pour se lover dans ses bras et l'embrasser. Il grogna de contentement en sentant la poitrine de son épouse se presser contre son torse. Il caressa son dos de haut en bas, savourant la sensation de ses doigts sur le tissu de son manteau, sachant que sous ces vêtements, elle ne portait pas de corset. Il sourit doucement sans cesser de l'embrasser, lui seul savait, et cela lui avait valu bien des égarements lorsqu'ils travaillaient. Dès lors qu'elle avait atteint les quatre mois de grossesse, Julia avait refusé de porter un corset, même ceux prévu pour femmes enceintes. William avait accepté, elle avait su le convaincre que c'était pour le bien de l'enfant, mais il avait parfaitement compris qu'il en était aussi pour le confort de son impétueuse et scandaleuse épouse. Et rares avaient été les fois où il n'avait pas apprécié découvrir qu'elle ne portait pas cette pièce de vêtement qui comprimait son corps et laissait des marques rouges sur sa peau si blanche et si parfaite. En pensant à tous ces moments où William avait simplement déshabillé son épouse pour découvrir son corps, la tension se fit plus grande. Il sentit son membre se tendre dans son pantalon. Elle l'avait sentit elle-aussi. Elle quitta sa bouche à bout de souffle et elle la dirigea vers l'oreille de William.

-Rose n'est pas la? Dit-elle en glissant ses mains sur le torse de William.

-Elle reviendra demain avec le reste de ses affaires, je lui ai payé l'hôtel ce soir encore, grommela William en plongeant son visage dans la nuque de son épouse, nous sommes seuls.

-Et si nous allions tester notre lit chéri? Souffla la jeune femme en étouffant un soupir de plaisir.

-Mmmh, l'idée me plait, grommela William en posant ses mains sur les fesses de son épouse qui mordit alors sa nuque, mais le bébé, crois-tu que nous pouvons encore?

Julia s'éloigna de lui à peine pour plonger son regard dans le sien et caresser tendrement sa joue.

-Pour un mois encore, dit-elle en souriant, et puis, tu connais la règle, je dois être au-dessus de toi, souffla-t-elle dans le creux de son oreille en fermant les yeux, c'est moi qui dirige.

-Je ne m'en plains pas, répondit William en riant, j'aime lorsque tu dirige...lorsque tu...enfin...tu.

Il l'entendit rire avant qu'elle ne dépose un baiser sous son oreille.

-Viens avec moi dans notre chambre William, laisse-moi te faire l'amour et lorsque ton enfant sera né, quelques semaines plus tard, je te laisserai diriger nos ébats à nouveau, tu pourras me faire tout ce que tu veux, je serais à toi, toute à toi.

Elle ne lui laissa pas le temps de répondre qu'elle s'éloigna brusquement de lui, le laissant dans la frustration la plus totale de la sentir s'éloigner de cette façon. Il croisa son regard emplie de désir et de malice et il secoua la tête de gauche à droite doucement avant de la suivre en souriant jusque dans leur chambre au bout du couloir. A peine la porte fut fermée que les vêtements tombèrent à terre, que les gémissements de plaisir se firent entendre et ils ne cessèrent que de longues minutes plus tard.

William reprit doucement pieds dans la réalité. Il ouvrit les yeux, à bout de souffle, pour voir son épouse au-dessus de lui, ses jambes de chaque côté de ses hanches, retenant encore son membre tendu dans sa douceur, sa poitrine nue se soulever au rythme rapide de sa respiration. Il plongea son regard dans le sien, il sourit largement en caressant du bout des doigts sa joue et il la vit fermer les yeux lorsqu'il glissa sa main dans son cou et qu'il l'attira contre lui pour l'embrasser.

-Je vous aime Madame Murdoch, murmura-t-il avant de lui voler un baiser, je vous aime tellement, et toi aussi petit bonhomme, ajouta-t-il en déposant un baiser sur le ventre arrondi de Julia, mes deux trésors.

Il embrassa son épouse qui bascula doucement sur le côté pour se coucher et le libérer. Il passa ses bras autour d'elle et ils restèrent là, allongés l'un en face de l'autre, caressant du bout des doigts le ventre de Julia.

-Tu sais William, peut être que notre miracle est une fille.

-Non, c'est un garçon, je peux le sentir.

-Comme tu étais persuadé que j'étais enceinte.

Il acquiesça et Julia lui sourit tendrement avant de se pencher vers lui pour l'embrasser.

-Moi je suis certaine que c'est une fille.

-Je ne l'aimerai pas moins si c'était le cas, et tu le sais.

-Je le sais, acquiesça la jeune femme, mais tu veux avoir raison, n'est-ce pas? Dit-elle en riant.

-J'ai raison, répondit-il avec un sourire de fierté.

-Eh bien, nous verrons Inspecteur.

Elle se pencha vers lui pour l'embrasser longuement avant de reprendre son souffle et la parole sur ses lèvres.

- Moi aussi je vous aime Monsieur Murdoch, murmura-t-elle pour se serrer tout contre lui et simplement savourer ce moment de paix.


La nuit tombait sur la ville. La morgue était presque totalement plongée dans le noir, cela faisait déjà quelques minutes que Rebecca l'avait quitté. Le silence était alors tombé. Le Docteur Ogden en avait profité pour mettre en route son tourne disque, une valse qu'elle aimait particulièrement. Une valse qui lui rappelait de si bons souvenirs, il y a de nombreuses années. Une valse qu'elle avait partagé avec l'homme qu'elle aimait, avec l'Inspecteur Murdoch. Julia ne pouvait pas s'en empêcher, il arrivait des soirs comme celui-la où elle se perdait dans ses pensées, où tous les souvenirs douloureux et heureux lui revinrent en mémoire. Elle n'arrivait pas encore à croire toute la chance qu'elle avait, ce par quoi elle était passé pour être qui elle était aujourd'hui. Elle ne savait pas si elle méritait tout ce qui lui arrivait, si ce bonheur était bien le sien, mais une chose était certaine, elle profitait de chaque seconde, de chaque instant, de chaque sourire, chaque baiser, chaque étreinte.

Julia regarda les gouttes de pluie glisser sur la vitre de la morgue derrière laquelle elle se tenait comme elle l'avait fait de nombreuses années auparavant. Aujourd'hui elle avait un travail qu'elle aimait, un époux qu'elle aimait de tout son cœur, une maison, une famille. Les jours n'étaient pas tous roses, mais elle était heureuse et elle comptait bien profiter de ce que la vie lui offrait. William et elle vivaient heureux avec leur enfant dans leur maison, celle qu'il avait construite pour elle. Rose avait emménagé avec eux pour s'occuper de l'entretien, des repas et du nourrisson. Ils étaient heureux de la compter parmi eux, le temps qu'elle décidait de rester auprès d'eux. Julia l'appréciait, discutant avec elle parfois pendant des heures lorsque William était absent. Tout semblait si parfait.

La jeune femme soupira profondément et elle se détourna de la fenêtre pour accorder un regard vers le parc que William avait construit quelques semaines plus tôt. Un large sourire illumina son visage en voyant l'enfant entouré de coussins et de jouets, qui se tenait sur ses pieds et qui serrait de toutes ses forces les barreaux en bois pour ne pas tomber. La jeune femme croisa son regard bleu, ces deux grands yeux qui plongèrent aussitôt dans les siens. Son cœur se gonfla un peu plus d'amour et un large sourire naquit sur ses lèvres. Elle avança vers l'enfant qui tendit les bras aussitôt vers elle mais qui tomba sur les fesses, encore instable sur ses petits pieds. Julia ne put s'empêcher de rire aux éclats et elle se baissa pour le prendre dans les bras. Elle déposa un long baiser dans ses courtes boucles rousses.

-Ne sois pas si impatiente petit ange, murmura-t-elle en caressant sa joue, tu marcheras bientôt, mais il faut encore un peu de temps.

Elle déposa un autre baiser sur son front et l'enfant se serra tout contre elle pour poser sa joue sur sa poitrine.

-Et si nous rentrions à la maison, qu'en dis-tu? Allons voir si papa a terminé.

Sans poser l'enfant qui se mit à s'endormir contre elle, Julia rassembla leurs affaires. Elle passa une couverture sur le bébé et elle quitta la morgue, éteignant la lumière sur son passage.

Elle arriva rapidement au poste de police dont elle emprunta le plateau central pour venir donner un petit coup à la porte du bureau de son époux. Aussitôt les trois hommes qui s'y trouvaient se tournèrent vers elle. Un immense sourire se dessina sur les lèvres de William qui s'approcha en un bond de sa petite famille.

-Bonsoir Messieurs, lança Julia, en avez-vous encore pour longtemps?

-Nous devons faire une perquisition et...commença William en caressant le dos de l'enfant qui se réveillait dans les bras de sa mère.

-Et Crabtree s'en chargera avec Jackson, coupa Brakenreid, rentrez Murdoch.

-Mais Monsieur...

-C'est un ordre, ils grandissent vite, dit-il en faisant des gestes de la main à l'enfant qui rit aux éclats, profitez de cette soirée avec votre épouse et votre fille. A huit heures demain matin.

William resta silencieux quelques instants. Il mourait d'envie de suivre le conseil de son supérieur, mais il savait qu'il avait encore du travail. Il se tourna vers Julia, elle comprendrait, il le savait. Pourtant, lorsqu'il croisa son regard, il avait pris sa décision. En un regard, il comprit.

-Bonne soirée Monsieur, dit-il simplement en se tournant vers son supérieur, faites attention George et s'il y a quoique se soit, n'hésitez pas à m'appeler.

-Je le ferai Monsieur, au revoir Docteur, à bientôt Molly.

La petite fille lui fit un mouvement de la main et elle fourra son visage dans la nuque de sa mère qui sourit de plus belle.

-Bonne soirée Messieurs et merci de me laisser mon époux pour la soirée.

-Profitez-en bien, lança Brakenreid avec un clin d'œil.

-J'y compte bien, répondit Julia avec un sourire malicieux, et je tâcherai de vous le rendre à l'heure demain matin, si le réveil ne prend pas trop de temps.

Elle vit William rougir doucement et sans ajouter quoique se soit, elle quitta la pièce, suivie quelques secondes plus tard par son époux qui la rejoignit sur le pas de la porte du poste de police.

-Voyons Julia, murmura-t-il au creux de son oreille, ils vont croire que...que nous...faisons, l'amour le...matin.

-Mais William, rétorqua Julia en riant tout en plongeant son regard dans le sien, nous faisons l'amour le matin et je crois bien savoir que tu aimes ça.

Ils échangèrent un regard et un timide sourire, puis, sans un mot, ils quittèrent le bâtiment pour entrer dans un fiacre et rentrer chez eux. Ils saluèrent Rose, à leur service depuis qu'ils avaient emménagé, et qui s'éclipsa dans sa chambre de l'autre côté de la maison alors qu'ils passèrent à table. Puis, ensemble, ils mirent au lit leur fille âgée de presque un an. Une fois leur enfant au pays des rêves, ils rejoignirent le salon. Ils partagèrent un thé, autour d'une discussion sur leur dernière enquête. Et lorsque la fatigue se fit ressentir, ils regagnèrent la salle de bains pour se préparer pour la nuit. En sortant de son boudoir, simplement vêtue de sa fine chemise de nuit, Julia fut surprise de trouver son époux torse nu au centre de leur chambre. Son souffle se coupa lorsqu'elle vit l'étincelle qui brillait dans ses yeux et les contour de ses muscles.

-William?

Elle ne put prononcer aucun autre mot car il fit les quelques mètres qui le séparait d'elle et il l'attira violemment dans ses bras.

-Julia, murmura-t-il sur ses lèvres en penchant la tête sur le côté et respirant rapidement.

-Oui, gémit la jeune femme, tu souhaites me parler de quelque chose?

-Cette nuit, continua-t-il d'une voix grave en caressant du bout des doigt la poitrine de son épouse qui se mordit les lèvres de plaisir en sentant le désir grandir en elle, soit à moi, toute à moi. S'il te plaît.

Elle n'eut pas le temps de répondre qu'il la prit contre lui pour l'embrasser langoureusement. Elle ne lutta pas, elle se laissa faire simplement, enroulant sa langue autour de celle de son époux, lui signalant qu'elle le voulait tout autant que lui, que cette nuit il était en charge de leurs ébats, qu'elle était toute à lui, qu'elle lui faisait totalement confiance. Elle s'accrocha désespéramment à son cou, poussant un gémissement en sentant le membre de William gonfler contre sa cuisse.

-Je suis à toi William, soupira-t-elle à bout de souffle alors qu'il plongeait son visage dans ses cheveux pour déposer de brûlants baisers dans sa nuque, rien qu'à toi Inspecteur Murdoch, pour toujours. Je l'ai su depuis le jour ou j'ai croisé ton regard pour la première fois. Je suis à toi William, et tu es a moi, je l'ai su...en un regard.

Elle le sentit sourire contre sa peau et une seconde plus tard, il remonta sa chemise de nuit sur son corps pour la lui retirer. Une fois nue devant lui, il sourit, il ne se lassait jamais de cette vue, son épouse dans son plus simplement appareil, ses cheveux tombant an cascade sur ses épaules, son sourire, et son regard, ce regard qu'il aimait tant. Il sentit Julia poser ses mains sur son torse et caresser ses muscles et il perdit pieds. Il la fit tomber sur le lit, avant de recouvrir son corps avec le sien, avant de lui affliger les plus douces tortures pendant de longues minutes, avant qu'ils ne fassent l'amour, tendrement, passionnément, longuement, pendant une partie de la nuit, pour qu'ils recommencent au matin alors que le soleil levant illuminait leur chambre. Avant qu'ils ne commencent une nouvelle journée, ensemble.


FIN


merci pour vos reviews :) J'espère que vous avez aimé lire cette fiction autant que j'ai aimé l'écrire !

Julia R.