Voilà mon second craquage!

J'ai eu l'idée dans le bus! Alors que je discutais avec une amie par SMS un mec m'a regardé avant de hausser les épaules et de dire "c'est beau l'amour"... Et voilà ^^

Bisous les papillons, Sam


Essoufflée j'arrive enfin à trouver ma place dans le train. Je redresse la bandoulière de mon sac à dos et m'écroule avec un souffle de soulagement dans mon siège. Je respire à fond les yeux fermés, deux, trois petites minutes, le temps d'assimiler le fait que je rentre à la maison après 8 mois de séparation avec ma famille et mes parents. Quand je suis tout à fait calme je rouvre les yeux et en profite pour regarder un peu les gens autour de moi.

Je manque de m'étouffer quand je vois l'apollon juste à la place en face de moi. Il est très musclé, carré d'épaule, une barbe de plusieurs jours lui ombrage les joues et les lunettes de soleil me cache ses yeux. Il porte un haut vert foncé et une veste de cuir noir. Il est sexy en diable. Je me redresse, m'essuie discrètement le visage un peu couvert de sueur et replace mes mèches blondes.

Il ne m'accorde pas un regard. Il lit. Il tourne les pages de son livre avec calme. Punaise comme il est beau. J'ouvre la bouche dans l'optique de dire quelque chose quand son portable sonne. Il pose le livre, m'accorde un demi-regard, un minuscule sourire et s'agite pour ouvrir sa veste et extirper d'une poche intérieure son IPhone. Il remonte les lunettes de soleil sur le haut de son crâne.

Il s'installe à nouveau confortablement dans son siège et lit ce que je suppose être un message. Je voie ses yeux sauter d'un mot à l'autre. Au fur et à mesure son visage se transfigure. Ses yeux qui étaient sombres s'illuminent, les rides de son front s'estompent et ses lèvres s'étirent en un sourire unique, plein de bonheur et de joie et d'amour même. Mon cœur se serre. Il est sacrément beau à sourire comme ça.

Il ne perd pas une seconde et commence à taper une réponse, son sourcil droit se haussant et il se mord les lèvres. Il ne prend pas la peine de re-verrouiller son téléphone. Même pas une seconde après il vibre dans sa large paume. Il sourit encore plus grand et une très légère rougeur prend place sur ses pommettes. Il me jette un petit regard, comme si je pouvais deviner ce qu'il pense et ce qu'ils se racontent lui et sa dulcinée.

Je laisse mes yeux errer sur sa main gauche. Pas d'alliance. Pourtant il semble pris. Elle a sacrément de la chance. Il lâche un soupir digne d'une midinette qui m'étonne. Je dois me retenir de lâcher un petit rire. Il finit par secouer la tête du style « quelle idiote » et range son téléphone.

Tout le trajet se passe en silence. Il lit et moi je le regarde en écoutant de la musique. Je tente de deviner son prénom, son métier, s'il est fils unique, le prénom de son amoureuse, s'ils ont déjà des enfants, si ça, si…

Le train arrive en gare et je galère à récupérer mon sac. Un grand bras vient en renfort.

- Merci ; je murmure, rougissante

- Au plaisir mademoiselle ; il répond de sa voix rauque et basse, me rendant encore plus rougissante et bafouillant

Je le suis à quelques pas de distance dans la gare. Juste pour voir comment est sa copine. J'imagine une grande blonde, belle, élégante, juchée sur plusieurs centimètres de talons, pourquoi pas des louboutins même.

Il passe son sac de cuir, très architecte ou cadre sup, en bandoulière et enfonce ses mains dans ces poches. Il marche vite, comme pressé. Je peine un peu à suivre son rythme mais il est tellement massif que je risque pas de le perdre de vue. On arrive dans le hall de la gare. Il se fige un instant, tourne vite fait sur lui.

- DDDEEEERRRRRREEEEEKKKKKKK

Hurle une voix et lui il se contente de rire. Il ouvre grand ses bras et un mec arrive en courant. Plus petit que lui de quelques centimètres, des cheveux plus clairs que les siens, bien plus pâle de teint. La chemise à carreau vole un peu derrière lui. Sans perdre une seconde il se jette sur le fameux Derek donc. Qui lui referme fermement ses bras autour de lui. Je me suis arrêtée à une petite distance d'eux. J'entends que le plus petit chuchote « tu m'as manqué ».

Là à ma surprise, ils s'embrassent. Mon cœur fait des soubresauts. Oooohhhhhh. Puis je souris. En grand. Et mon cœur se gonfle d'une joie sincère, profonde et tellement douce. D'une prière silencieuse et pieuse je leur souhaite tout le bonheur du monde. Je remonte mon Eastpack sur mon épaule, cherche la sortie et passe à côté d'eux. Ils se murmurent des choses, surement des mots d'amour, les yeux bleu-vert sont pétillants, ses bras tellement serrés autour de son homme que je me demande comment celui-ci fait pour respirer.

Je suis sur le parvis, cherchant à localiser mon papa, quand ils repassent à côté de moi, main dans la main. Parlant. Riant. Heureux. Amoureux. Et moi je souris encore, pas jalouse du tout, parce qu'un amour comme ça, qui arrive à vous illuminer comme ce gars s'est illuminé dans le train juste grâce à un SMS, un amour tellement fort qu'ils se retrouvent dans le hall de la gare et qu'ils s'embrassent s'en foutant des autres, ben moi je le souhaite à tout le monde. Le plus grand se penche et embrasse la tempe de son amoureux qui lèvent les yeux vers lui. Voilà ce regard, là, exactement, ça doit être le regard même de l'amour infini.