Je traîna des pieds jusqu'à ma chambre. C'était une chambre on ne peut plus originale, avec des posters à l'allure fantastique. Parfois, des elfes, des dragons, ou même des paladins trônaient fièrement au milieu de ces affiches. Un rêve impossible à réaliser..
Je ferma violemment la grande porte en bois et m'enferma à double tour dans ma chambre, laissant tout le raffut de l'orphelinat derrière moi. Je courut jusqu'à ma fenêtre, l'ouvrit en grand et m'assit sur le rebord en pierre. Regarder la grande plaine qui s'étendait devant mes yeux, respirer l'air frais de l'extérieur et écouter le chant mélodieux des oiseaux.. Voilà comment se résumait ma vie en dehors des cours.
Je sortit un petit bloc notes de ma poche, un crayon et commença a dessiner ce qui me passait par la tête. Je faisais ça aussi, parfois, en cours. C'était rempli de dessins à thème. Steampunk, medieval, celtique, fantaisie. Mais le plus souvent, je dessine le monde de mes rêves.
« -Peter, cesse tes idioties, Fit la voix d'une surveillante de l'orphelinat, tu fais peur aux voisins à chaque fois, tu le sais bien ! Descend de là s'il te plaît. »
Je soupira longuement, et fut dans l'obligation de partir du rebord de ma fenêtre. Maudit voisins. Ils pensent tous le temps que je vais sauter de cette fenêtre. Leur fils est un gars de mon collège, il ne m'aime pas et c'est réciproque. Je crois qu'il raconte des conneries à ses parents, comme quoi je suis un gros dépressif, que je me taille les veines en cours. C'est faux, je me taille les veines seulement chez « moi ».
Je resta alors là, le nez collé au verre de ma fenêtre. Quand soudainement, une légère brise balaya mes cheveux et des murmures se firent entendre dans la pièce.. Des murmures presque incompréhensible à entendre avec le vent qui soufflait dans mes oreilles déformées.. « Rejoins-nous, Peter, et souviens-toi.. ». Pris de panique, je partis en courant de ma chambre et cria le nom de la gérante, causant de nombreux rires de la part des autres enfants.
« -Aline ! Aline !
-Je suis là Peter, qu'est-ce qu'il y a ? Me demanda ladite Aline, m'attrapant au passage le poignet pour me stopper dans ma course.
-Tu ne vas pas me croire, viens ! » Lui dis-je avec vitesse avant de l'entraîner jusqu'à ma chambre.
J'ouvris en grand la porte, la faisant se cogner contre le mur. Plus rien, plus un seul bruit, plus un seul souffle de vent.. Je serra les poings en entendant l'explosion de rire derrière moi. Forcément. Il a fallut que tout ces abrutis de mon âge nous suivent. Je poussa Aline à l'extérieur de ma chambre, claqua la porte derrière elle et me laissa glisser le long de celle-ci.
« Peter.. Je te crois moi.. » Fit une petite voix qui m'était inconnue.
