CHAPITRE 4

En vue du ton qu'avait pris James lorsqu'il l'avait appelé par le biais de sa cheminette, Albus n'avait pas hésité une seconde a abandonner quelques heures son poste de directeur pour se rendre immédiatement a Godric's Hollow. Néanmoins, il n'avait vraiment pas prévu de trouver un autre Potter dans leur maison.

« Un Potter, Albus ! Comment ce serait possible ? Cela fait plus d'une heure qu'il est la, on peux donc dire qu'il n'y a pas de polynectar. Et un sort de glamour ne peux pas donner ce résultat la ! » fit James en faisant les cent pas dans sa cuisine.

« Voyons James, je sais bien a quoi tu penses mais c'est impossible tu comprends ? » répondit le vieux sorcier avec un air désolé. « Il doit y avoir une explication plus logique. »

« Et bien trouvez la ! Parce que ce que je vois là, moi, c'est qu'on pourrait très bien le prendre pour mon fils ! »

De l'autre coté de la porte, personne ne ratait l'échange qu'il y avait entre les deux hommes et chacun semblait en proie a un conflit intérieur.

« Ce n'est pas lui, ce n'est pas lui, ce n'est pas lui... » Se répétait Lily en fixant le sol, l'air complètement perdu.

« C'est de ma faute, j'aurai jamais du lancer ce sort. » Remuait le grand brun en jouant avec le col de son t-shirt.

« Il faut que je parle a Dumbledore. » fit le petit brun a voix haute, faisant sursauter ses deux vis a vis.

« Oui, oui bien sûr. » Répondit Lily, surprise d'être interrompue dans ses pensées. « Albus, pouvez vous venir ? » Cria t-elle en direction de la cuisine.

« J'arrive ma chère. » fit le vieux sorcier en passant la porte. « Qui a t-il ? »

« Ce... ce jeune homme voudrait vous parler. »

« En privé, si cela ne vous dérange pas. » Précisa le brun alors qu'il tournait sa tête vers la cheminée.

Lorsqu'il fut seul avec Dumbledore, il ne pu se retenir plus longtemps et éclata en sanglot. Il ne comprenait plus rien. Pourquoi ses parents décédés semblaient plus réels que jamais ? Pourquoi un autre garçon qui avait le même prénom que lui était là ? Pourquoi il y avait tant de personnes qui semblaient ne pas être si surpris que ça de le voir ici ? Tant de questions sans personne pour y répondre tandis que des scénarios plus catastrophique les uns que les autres se créaient dans son esprit.

Une fois que ses larmes commencèrent a se tarir, il osa prendre la parole devant un Dumbledore plus silencieux que jamais.

« Est-ce que je suis mort ? Est-ce que tout ceci est réel ? » Demanda t'il avec un soupir résigné.

« Mon garçon, tout ce que tu peux voir actuellement n'est pas le fruit de ton imagination. » Répondit avec patience le vieux sorcier alors qu'il s'asseyait a ses côtés.

« Que se passe t-il alors ? Où sont ma tante et mon oncle ? Pourquoi y a t'il mes parents décédés en pleine forme dans la pièce d'à côté ? Pourquoi un garçon qui se dit porter MON prénom est avec eux ? » Reprit il d'un air halluciné, car bien qu'habitué aux situations improbables, tout cela sortait même d'une réalité magiquement impossible.

« Tu n'aurais jamais du revenir mon garçon. » Murmura Dumbledore, si bien que Harry ne l'entendit presque pas. « Très bien, je vais t'expliquer la situation. Ce monde n'est pas le tiens, tu es ici dans un univers alternatif. Tu n'as pas ta place là où un autre Harry est déjà là. »

« Vous parlez d'un univers où mes parents ne seraient pas mort ? Où Voldemort ne les aurait pas tué ? »

Au nom du Seigneur des ténèbres, Dumbledore se tendit imperceptiblement mais assez pour que Harry le remarque, habitué depuis trop longtemps a côtoyer ce sorcier.

« Ah, le nom de Voldemort vous dit bien quelque chose ! » fit Harry d'un air un peu fou. « Il existe donc aussi ici, dans cette réalité. Et qui a t-il tué a la place ? »

« Personne mon garçon. Je connais en effet ce dénommé Voldemort, mais il n'existe pas dans ce monde et je n'ai moi même jamais pu le voir de mes yeux. »

Harry resta silencieux, essayant d'analyser la situation alors que son cerveau semblait avoir pressé le bouton off.

« Et bien trouvez un moyen de me renvoyer là bas et lancez moi un oubliette. Je ne veux pas garder ce souvenir de mes parents. Je n'ai pas envie de les perdre encore une fois. » fit il d'un ton sombre, la mine basse.

« Voilà le problème mon garçon. Je ne peux actuellement pas te renvoyer la bas pour le moment. » Répondit Albus d'un sur un ton las. « Je ne peux pas t'expliquer les détails mais tu vas devoir rester ici quelques temps. »

« Comme d'habitude, je n'ai jamais aucune explication. Dumbledore, toujours le même hein ? »


CHAPITRE 5

« Il va rester ici ? Avec nous ? Alors que vous connaissez très bien notre situation ?! Vous avez perdu la tête ! » vociféra Lily, les poings tant serré que les jointures de ses doigts commençaient a devenir blanches. « Tout ceci est votre faute ! Nous avons mit du temps mais nous avions fini par nous y faire ! Ne revenez pas nous narguer maintenant ! »

« Lily, ma chère. » Commença Dumbledore avec patience. « Vous savez très bien que je n'y suis pour rien. »

« Techniquement si, Dumbledore ! Techniquement tout est absolument de VOTRE faute ! »

« Et je ne puis que m'excuser pour ça. Mais il faut que vous sachiez qu'en aucun cas je n'ai voulu vous infliger une plus grande peine en le faisant revenir. Je n'y suis pour rien et personne ne sait encore pourquoi il est ici. » Répondit tristement le sorcier alors qu'il caressait sa barbe d'un air las.

« Eh bien je ne sais pas si je vais y arriver, pour vous répondre honnêtement. » fit la rousse en reniflant, laissant malgré elle quelques larmes courir le long de ses joues. « J'ai l'impression de côtoyer un fantôme. »

« Dites vous que cela ne durera pas longtemps, d'autant plus que je compte le faire venir a Poudlard. Vous n'aurez pas de contact prolongé avec lui. »

« Je ne pense pas a moi Albus. » lança Lily d'un ton froid. « Harry n'est pas au courant et il ne devait jamais le savoir. Mon enfant est fort physiquement, mais il ne se remettra jamais d'un tel choc émotionnel. Ne lui en parlez pas. »

« Comme vous voudrez. »

Plus haut, dans la chambre de Harry, les deux vis a vis se jaugeaient du regard, incertain de la façon dont ils devaient commencer la conversation. Le plus petit était assis tailleur sur le lit, ses pensées vagabondant, sombrement.

"Écoute, commença l'autre qui lui faisais face, assis dans la même position sur son tapis, je crois que tout ceci est ma faute" Fit il la mine déconfite, se rongeant un ongle.

"Comment cela pourrait être ta faute ? Je n'ai juste jamais eu de chance dans ma vie..."

"J'ai... toujours voulu avoir un frère ou une sœur, mais ma mère ne plus avoir d'enfant. J'ai trouvé dans un livre un moyen de soigner l'infertilité. Mais je pense que je me suis mal renseigner."

"Tu crois ?" Répondit Harry avec une grimace.

"Je suis désolé. Je ne voulais pas t'arracher a ta vie. Je pensais juste..."

"Je sais a quoi tu devais penser. Tu oublies que je suis toi. Agir en premier hein ? Stupide griffondor."

Le plus grand releva ses yeux vers son homologue, l'air perdu. Il vit se dessiner un léger sourire sur les lèvres de son autre moi, le regard vague.

"Je ne t'en veux pas." Fit il, absent. Puis, avisant le sourcil levé de son vis a vis, se rattrapa. "Bon, d'accord, je t'en veux un peu. Mais je peux comprendre ce qui t'es passé par la tête. Si il y avait eu un seul moyen de voir mes parents, j'aurais tout tenté, quitte a en mourir."

"Tu es heureux de les voirs ? Enfin je sais que tes vrais parents, enfin la Lily qui t'as mit au monde est décédé, mais ils sont en quelques sortes aussi tes parents."

"Je ne sais pas... Je n'ai pas envie de subir leur pertes une deuxième fois, tu comprends ?"

"Oui bien sur. Répondit le brun avec une moue coupable, incertain de l'attitude qu'il devait adopter. Est-ce que... Non rien, ça ne me regarde pas après tout."

"Non vas y, dit moi ? Au point ou j'en suis."

"Tu te souviens de la mort de tes parents ?" Demanda t'il avec un air triste. "Je ne pourrais pas imaginer ce que je ressentirai s'ils disparaissaient."

"En vérité... oui et non. J'avais un an, alors les souvenirs sont flou. Seuls les sons me sons revenu, la première fois que j'ai croisé un détraqueur."

Son homologue grimaça. "Je vois, je n'ai jamais aimé ces bêtes la non plus." Il marqua une pause, puis repris. "Qui es Voldemort ? J'ai entendu ce nom quand tu parlais a Dumbledore."

Le plus petit ne répondit pas tout de suite, cherchant le meilleur moyen d'expliquer ça. Il s'étira longuement et entreprit de fixer le sol.

"C'est le tueur de mes parents. La raison qui fait que ma vie est pourri. La seule personne au monde que je tuerai de mes mains. Ou qui me tuera."

"Comment un seul homme peut changer la vie d'une personne a ce point ?"

"On ne parle pas d'un homme banal. Cet homme là est le plus grand mage noir que la terre n'est jamais porté. Dire que au moment ou je parle, il y a des gens qui espèrent que je vais les sauver... c'est tellement frustrant !" Ragea t'il, ses traits crispés. "Le pire c'est que je ne peux vraiment pas t'en vouloir. J'ai l'impression que..."

"Tu fais parti de moi." Répondit l'autre, un pauvre sourire au lèvre.

"Tu le sens aussi ?" Fit il, surpris.

"Depuis que tu as franchi la porte de la maison."

Il s'observèrent longuement, perdu, bercé par un silence oppressant. Comme si ils avaient été dissocié. Comme si en réalité, ils ne devaient faire qu'un.

"Les garçons ! Pouvez vous descendre ?" Fit la voix de Lily depuis le bas des escaliers.

"Allons y." Fit le plus grand en se levant.

Harry du réprimer un frisson alors que les larmes lui montaient aux yeux. Il avait tant rêvé qu'une scène pareil n'arrive. Que sa mère l'appelle. Qu'elle lui fasse a manger. Qu'elle l'embrasse sur la tempe. Il était tellement jaloux de ce Harry, tellement envieux de la vie qu'il n'aurait jamais.

Il renifla bruyamment et suivis son vis a vis dans les escaliers, sans un mot.


CHAPITRE 6

"Tu es tellement mince et petit !" Fit Lily alors qu'elle inspectait un Harry rougissant, les mains crispé sur la table.

"Écoute mon grand, repris t'elle d'un air triste, je suis désolé de t'infliger ça mais Dumbledore nous a demander que tu restes ici le temps qu'il... trouve un moyen d'arranger ça. Dans tout les cas si en septembre il ne trouve rien, tu iras juste a Poudlard et tu ne nous verras plus. Je ne veux pas..."

"Ca va. Coupa Harry avec un petit sourire. J'ai réfléchit et... je ne vous ai jamais connu. Je ne sais pas qui vous êtes et peut être que c'est la seule fois de ma vie que je peux vous voir en chair et en os. Je sais que vous n'êtes pas mes vrais parents, mais vous êtes comme eux alors... ça me va. Je resterai, si cela ne vous dérange pas."

"Non, bien sur que non !" Fit un peu trop joyeusement l'autre Harry, alors qu'il envoyait des œillades peu discrètes a son père.

"Voyons nous comme une famille le temps que ça dure. Je sais que ça a du être très dur pour toi de nous... de perdre tes parents." Fit Lily alors qu'elle passait une main délicate dans les cheveux indomptable d'Harry qui était en vérité a deux doigts de pleurer.

"Pourquoi tu ne nous parlerai pas un peu de toi Harry ?" Lança James qui ouvrit la bouche pour la toute première fois, le visage fermé.

Impressionné, Harry déglutit. "Dumbledore vous a expliqué a peu près. Mes... parents sont morts a cause d'un mage noir lorsque j'étais jeune, j'ai été élevé par tante Pétunia et..."

"Ma sœur ?" Coupa Lily, choquée. "Ma sœur t'as gardé avec elle ?"

Harry lui adressa un faux sourire, la mine sombre. "Oh, ce n'était pas de gaité de cœur, elle me l'a bien fait comprendre."

Le silence pris place, chacun essayant de débattre avec ses propres pensées.

"Tu jouais au Quidditch ?" Fit le plus grand Harry, souhaitant partir sur un sujet plus léger.

"Et comment !" Fit son homologue avec un sourire fier. "Je suis l'attrapeur de Griffondor depuis ma première année !"

"Oh comme..."

"Papa, je sais." fini Harry avec un sourire nostalgique, repensant a la fois où il avait vu la coupe de son père dans la salle des trophées.

"Mon éclair de feu !" Reprit il avec une moue déçu. "Sirius !" Reprit il encore avec espoir. "Il est en vie pas vrai ? Je veux dire, vous le voyez toujours ?"

"Bien sur." Fit James avec un sourire. "Dans toutes les réalités j'imagine qu'il a été ton parrain, ce bon vieux Sirius."

"Je pourrais... je pourrais le voir ?" Répondit le brun avec une lueur d'espoir.

"Bien sur." Lança Lily. "Tu pourras lui dire de passer demain James ?"

Le brun acquiesça d'un signe de tête alors que la rousse mettait la table et servait le poulet encore fumant.

Gêné mais ayant l'impression d'avoir toujours appartenu a la maisonnette, Harry se détendit, flottant sur un nuage qui semblait l'avoir transporté dans un monde merveilleux.


La suite demain ou après demain, bisous !