Clarke poussa un long soupir et s'assit sur le lit le plus proche. Bellamy et elle étaient incapables de s'entendre, et elle commençait sérieusement à perdre patience. Elle ne savait pas combien de temps ils avaient passé ici, à essayer de trouver des solutions pour l'approvisionnement. Rien de ce qu'ils proposaient n'était brillant et ils en avaient tous les deux conscience. Elle jeta un coup d'oeil à Bellamy et lut sur son visage également une très grande lassitude. Evidemment lui non plus n'avait pas eu une minute pour dormir, et il était inutile de continuer à se disputer dans cet état.

- "Quelle heure est-il ?" Souffla-t-elle.

Il se retourna vers la pendule pour la pointer du doigts quand ils se rendirent soudain tous les deux compte qu'elle n'était plus là. Il s'ensuivit un instant de silence puis il se retournèrent l'un vers l'autre, pensant à la même chose.

- "Ils l'ont enlevée..."

- "Pour que l'on perde la notion du temps... soupira-t-elle" Elle le vit se frotter les yeux et soupirer de fatigue, il était à l'évidence épuisé.

- "Tu devrais dormir." souffla-t-elle.

- "Je ne peux pas." Grommela-t-il.

- "Bellamy, tu n'aideras personne si tu continues a faire le bonhomme grincheux." Dit-elle en esquissant un sourire.

Bellamy allait protester quand ses yeux se posèrent sur Clarke et qu'il vit son sourire. C'etait la première fois qu'elle lui souriait ; il en était sûre et certain. Et cela lui fit une drôle d'impression. "Quoi ?" Demanda-t-elle en voyant la tête que Bellamy faisait. Il cligna des yeux pour se reveiller.

- "Je crois que tu as raison. Grincheux va piquer un somme."

- "Il en a besoin."

- "Princesse aussi."

- "Princesse est beaucoup trop stressée pour dormir." Répondit-elle, se levant du lit. "Je vais voir où les autres en sont." Puis elle sortit de la pièce et senti ses jambes flageoller. Non elle n'était pas trop stressée pour dormir, elle tombait de fatigue. Mais il était hors de question de laisser les jeunes sans surveillance. Elle secoua un peu sa tête pour reprendre ses esprits puis descendit le grand escalier, trouvant le hall étonnement vide.

Elle sentit une boule d'angoisse dans son ventre, devant les lieux calmes et sombres, n'ayant rien à voir avec ce qu'il en était en début se soirée. Mais alors qu'elle faisait un instant de pause entre deux marches, il lui sembla entendre sur sa droite des murmures, une sorte de chuchottement étouffé. Clarke fut légèrement inquiétée et descendit rapidement l'escalier pour entrer dans le refectoire.

Elle vit alors un corps étendu sur l'une des tables, et une deuxième personne se maintenant faiblement sur une chaise à côté. Elle ne pouvait voir distinctement de qui il s'agissait à cause du peu de lumière, mais il lui semblait qu'il y avait deux garçons.

- "Qu'est-qu'il se passe" lança-t-elle depuis la porte.

Le garçon assit releva faiblement la tête et murmura:

- "Clarke..."

Elle comprit alors qu'il etait blessé et elle se jeta vers eux pour voir de quoi il s'agissait.

Elle reconnu assez facilement celui qui était assis, Monty Green, le garçon qui avait gagné le prix de l'informatique à seulement 15 ans.

Mais le deuxième était méconnaissable et elle su seulement que c'était Jasper à la main qui tenait fermement celle de Monty.

- "Il faut le bouger !" Dit-elle précipitament. "Tu aurais du l'amener à l'infirmerie, pas ici. Ses blessures pourraient s'être infectées".

- "Je l'ai amené où je pouvais Clarke !" Murmura-t-il agacé, découvrant son bras gauche mutilé de l'épaule aux doigts. "Je n'ai prévenu personne, je ne voulais pas les effrayer tu comprends".

- "Je vais m'occuper de toi aussi !" Dit-elle gentiment. "Mais d'abord je vais te demander un dernier effort. Prends son bras gauche on va le porter à deux."

- "Quoi ?"

- "Prends son bras gauche ! Sers toi de ton bras valide." Répta-t-elle sèchement. Elle commençait à soulever Jasper et à le faire tenir debout mais elle dut admettre qu'il pesait son poids et que l'entreprise risquait d'être dure.


Une fois à l'infirmerie, ils étendirent Jasper sur un lit propre, et allumèrent la lumière pour y voir plus clair. Si elle avait vite compris en bas que les blessures de Jasper étaient graves elle ne pouvait plus en douter à présent, constatant des plaies sur presque tous ses membres, et sa peau rongée jusqu'à l'os.

- "Qu'est-ce qu'il s'est passé ?" Demanda-t-elle à Monty.

- "Les rats" murmura-t-ils. "Je... On voulait les faire partir alors j'ai étendu le bras et c'est là qu'ils se sont jeté dessus. Ils ont commencé à me mordre de partout. Jasper s'est jeté en avant pour me protéger, et ils se sont jetés sur lui. Je l'ai tiré hors de la pièce et j'ai fermé la porte mais il etait trop tard pour Jasper."

- "Peut-être pas"murmura-t-elle.

- "Tu vas le sauver ?" Demanda-t-il, un soudain espoir illuminant son visage.

- "Non je n'en sais rien, c'est dur à dire." Dit-elle, s'en voulant déjà d'avoir pu lui donner de faux espoirs. "Mais je vais tout faire pour."

Elle se pencha sur le corps de Jasper et commença à découper sa chemise imbibée de sang. Les plaies, une fois découvertes, commençaient à se réouvrir, rendant incontrôlable la maitrise des flux de sang. Elle remonta ses manches et s'essuya le front à l'aide de son poignet, ses mains étant déjà couvertes de sang, puis se repencha sur Jasper, prête à y passer la nuit si nécessaire.


Monty s'était endormi sur le lit voisin, Clarke lui ayant fait un bandage de fortune en attendant qu'elle le soigne. Elle ne savait pas depuis combien de temps, maintenant, elle s'occupait de Jasper, mais le ciel commençait à se colorer et elle n'en avait pas encore fini. Le pauvre garçon était suturé de partout, et même si chacune de ses plaies avaient été soigneusement lavées et recousues, elle n'en restait pas moins inquiète pour leur infection.

L'Etat n'avait pas plaisanté en contaminant leurs réserves; non seulement il n'y avait plus une goutte d'alcool, même pas celui qui servait à soigner, mais en plus les rats étaient ce qu'il y avait de plus épidémiques, et elle ne serait pas surprise si Jasper décédait seulement à cause de ces bacteries transmises par les morsures. La nuit avait été longue, et sa tête commençait à tourner douloureusement, elle posa donc ses outils ensanglantés et s'assit sur la chaise auprès de Jasper, soufflant un grand coup pour se relaxer. Elle jeta un regard circulaire sur la pièce et observa Charlotte dormant avec tous ses appareils et ses tubes la maintenant en vie, quelques jeunes dormant paisiblement, Monty ronflant, et Jasper. Jasper n'émettait aucun bruit, aucun mouvement. Sa respiration tait si faible et si fragile que Clarke ne l'aurait pas entendu s'arrêter. Il était pâle, livide, tel un cadavre au bord de la mort. Mais à présent elle savait qu'il vivrait.

La nuit qu'elle venait de passer était la plus dure de toute sa vie, et elle venait de faire la plus grande opération qu'elle n'ait jamais menée, mais elle avait au moins la satisfaction de savoir qu'elle avait réussi, et qu'elle valait quelque chose. Clarke n'était pas une personne prétentieuse, et ne recherchait pas le mérite dans tout ce qu'elle faisait, mais sa mère lui avait tellement de fois répété qu'elle n'aurait jamais la carrure d'un vrai médecin, qu'elle soupira d'aise à l'idée de l'avoir détrompée.

Sa mère, Abigail Griffin, avait été l'une des chirurgiennes les plus réputées avant de tout abandonner en épousant son père. Elle avait arrêté par lassitude, du moins c'est ce qu'elle pretendait, mais Clarke savait qu'Abby ne s'était jamais vraiment interéssée à son travail et qu'elle avait arrêté après avoir épousé un homme suffisamment riche pour lui permettre de ne plus travailler. Depuis ce temps là, et depuis que Clarke avait décidé de devenir medecin à son tour, sa mère n'avait cessé de lui vanter les mérites des chirurgiens en lui faisant comprendre qu'elle n'aurait jamais les capacités necessaires.

Elle soupira d'aise en regardant le fruit de son travail puis étira les bras, baillant à s'en arracher la mâchoire. Mais son bras rencontra la lampe de chevet qui vacilla et tomba bruyamment.

Le bruit réveilla Monty qui se redressa brusquement, avec un sursaut d'angoisse. Et cela fit rire Clarke, qui premièrement aurait rit de n'importe quoi au stade de fatigue où elle en était, et qui deuxièmement avait trouvé très comique la peur bleue du garçon.

Il sourit également, voyant la lampe par terre, et releva les yeux vers Clarke, surpris de la voir rire.

- "Tu dois être vraiment fatiguée..." murmura-t-il en riant.

- "Oh s'il te plaît ! C'est pas comme si je ne savais pas rire ! Je peux même être drôle parfois."

- "Oh vraiment ?" Dit-il ironiquement en relevant un sourcil.

Elle sourit et tout en défaisant son banda ge pour voir l'état de ses blessures :

- "Quoi ?" Demanda-t-elle choquée. "Tu ne m'en croies pas capable ?"

- "Fais une blague alors !"

Clarke fut prise de court par la question. Une blague...

- "Je... C'est l'histoire de deux garçons qui se promènent un soir... et... et donc ce sont deux garçons. Et donc il fait nuit. Et alors..."

- "Tu es en train de l'inventer." Soupira-t-il.

- "C'était si nul que ça ?" demanda-t-elle en esquissant une grimace.

- "Horrible."

Et ils partirent tous les deux d'un grand rire.

- "C'est vrai ! Je ne connais aucunes blagues. dit-elle plus sérieusement. "Mon père m'en faisait, mais je n'en n'ai plus entendues depuis que... depuis qu'il est mort..."

- "Oh." dit-il maladroitement. Mes parents aussi sont morts, du moins je pense.

- "Où étais-tu avant d'arriver ici ?" demanda Clarke.

- "Dans un foyer pas très loin d'ici. On vient tous de là-bas." dit-il.

- "Vous vous connaissiez donc tous ?"

-"Oui ! Au fur et à mesure des années les grands partaient à l'Arche, et nous restions. Puis à nos 12 ans c'était notre tour, et nous retrouvions à l'Arche tous les anciens. Sauf Bellamy à vrai dire, mais pourtant c'est lui que l'on connait le mieux."

Clarke allait se taire mais une question lui brûlait les lèvres et elle ne pu resister à l'envie de la poser.

- "Qu'est-ce que tu sais de Bellamy ?"

Il sourit, et s'apprêtait à repondre quelque chose d'ironique quand il vit l'air très sérieux de Clarke. Il se racla donc la gorge et dit rapidement :

- "Pas grand chose tu sais ! Il a 22 ans et moi 15, on ne se parle pas beaucoup."

- "Tu en sais sûrement plus que moi" dit-elle d'une voix rassurante.

- "Et bien... C'est étrange." Commença-t-il. "Bellamy est à la fois celui que l'on connait mieux, et celui que l'on connait le moins."

- "Continue !" dit-elle, voyant qu'il faisait une pause.

- "Bellamy est comme notre grand frère à tous. Il nous protège. Il nous surveille, c'est lui qui regne sur l'Arche, sans contexte."

- "Mais ?"

- "Mais... Personne ne sait d'où il vient, ni qui il est. On ne sait pas pourquoi il est arrivé à l'Arche à l'âge de 5 ans seulement, vivant seul ici jusqu'à l'âge de 14 ans, quand les premiers élèves sont arrivés. Et on ne sait pas non plus pourquoi il est le seul orphelin à recevoir du courrier très régulièrement, et à en envoyer.

- "A qui écrit-il ?" demanda Clarke intriguée.

- "À sa copine."

- "Pardon ?" demanda Clarke, totallement surprise.

- "Du plus loin que je me souvienne, il lui a toujours écrit. Alya, elle s'appelle."

- "Mais... je croyais que vous n'aviez pas le droit de sortir... Tu veux dire que..."

- "Oui exactement ! Bellamy ne l'a jamais revue depuis on entrée à l'Arche. Il lui écrit depuis 17 ans, et je crois qu'il n'attends qu'une chose c'est de la revoir."

Clarke ne sut pas comment réagir à cette nouvelle. Bellamy le romantique écrivait à une fille depuis 17 ans. Elle ne savait pas pourquoi cette nouvelle la surprenait tant. Après tout, Bellamy était bien physiquement, très sympatique, et sûrement l'idéal masculin d'un tas de filles. Mais l'idée qu'il soit profondément attaché à une fille qu'il n'avait pas revu depuis 17 ans, ça c'était surprenant.

- "Princesse !" Entendit-elle dans son dos.

- "Quand on parle du loup" murmura Monty.

Bellamy s'avança et contourna les lits pour faire face à Clarke, se penchant vers elle.

- "Qu'est-ce que tu lui a fais, Monty ? Elle a pas l'air bien." dit-il en riant.

- "Je suis innocent !" dit-il en levant les mains en l'air. "Je crois qu'elle s'est épuisée toute seule en passant la nuit à charcuter Jasper."

- "De rien !" dit-elle esquissant un sourire, voyant que l'on se moquait de son travail.

- "Je suis content de voir que vous allez tous les deux bien, les gars, fit Bellamy ebouriffant les cheveux de Monty puis ceux d'un Jasper inanimé."

- "On ne le doit qu'à Clarke !" dit gentiment Monty prenant la main de cette dernière.

- "Evidemment" dit Bellamy, lui adressant un magnifique sourire. "Que ferions-nous sans Clarke ?"

Celle-ci releva les yeux vers lui et voulu sourire mais c'était plus fort qu'elle, quelque chose n'allait pas et elle n'en eut soudain plus envie.

- "Je vais dormir" dit-elle calmement.

- "Vas-y ! Je veille sur Jasper." Dit Monty lui faisant un signe de main.

- "Oui, tiens-nous au courant !" fit Bellamy, suivant Clarke pour sortir de la pièce.

Mais le "nous" dit par Bellamy donna à Clarke un frisson qu'elle n'aurait pu expliquer, et le mot sonna très étrangement faux à ses oreilles. Elle s'arrêta un instant et scruta Bellamy la mine interrogatrice puis continua son chemin avant qu'il ne la rattrape.

- "Tu es sûre que tu vas bien ?" demanda-t-il d'un air inquiet.

- "Sûre !" Mais ses jambes la trahirent et elle vacilla, se retenant à la rembarde. Voyant que Bellamy s'apprêtait à l'aider elle cria un "Non !", plus fort et plus méchant qu'elle ne l'aurait voulu, puis elle se redressa et rentra dans sa chambre sans un regard en arrière.

C'était plus fort qu'elle, elle ne pouvait plus le regarder sans avoir cette très légère impression d'avoir été trahie.


Voilà tout le monde ! C'était donc mon chapitre 5 ! Je suis affreusement désolée pour ce retard ! La vérité c'est qu'en fait entre Bac et page blanche, c'est très dur 😂😂 Merci pour votre patience et toutes vos gentilles reviews cependant ! J'espère que ce chapitre vous aura plu, et que certaines nouvelles ne vous auront pas trop secouées ! Euh... en fait je n'ai pas grand chose d'autre à dire sinon que je pars en vacances jusqu'au 9 juillet, sans internet. Donc j'écrirais des chapitres mais ce n'est pas assuré que je puisse les publier. Bref, en tut cas je vous laisserais pas tomber !

A plus tout, le monde, belles et merveilleuses vacances à tous et à toutes, et à très bientôt

Coco.

PS: NANOUSH OÙ EST-TU? Ta critique littéraire de 5 pages m'a manqué pour le dernier chapitre 😂😂