'Bon, les plus belles, c'est lesquelles ?'
'Kuroo-san, merci de ne pas m'envoyer de photos des fesses de vos coéquipiers.
Et j'espère que vous avez leur consentement.'
'Moi je vote 1. Et toi ?', répond Kuroo. Il range son téléphone au bout de quelques instants vu que Tsukishima ne répond pas.

"A qui vous écrivez ?", demande Lev, encore en train de ranger ses affaires dans son sac.
"Mister lunettes.
- De Karasuno ?
- Ouip.
- Il demande des conseils de volley ?
- Non, non, je lui demande un avis sur une question existentielle."

Lev n'a pas l'air très convaincu par la réponse de Kuroo, mais ce dernier se tourne vers Kenma.

"Tu es prêt ? On décolle ?
- Hm.
- Je squatte chez toi ce soir.
- Si tu veux.
- Cool."

Au moment de sortir du vestiaire, Kuroo sent son portable vibrer en poche et le récupère.

'1, très clairement.', a fini par répondre Tsukishima.
'Je me doutais que tu savais apprécier les belles choses.'

Au final, Kuroo n'est pas mécontent d'avoir récupéré le contact de Tsukishima.
Il ne lui a pas envoyé beaucoup de mails depuis le camp d'entraînement, mais a été agréablement surpris de voir que Tsukishima lui répondait systématiquement. En général, sur un ton plus que désagréable, mais systématiquement.

"C'est quoi, la question existentielle ?", demande Kenma au bout d'une centaine de mètres.
"Un truc de garçons qui aiment les garçons.
- ... j'aurais pas dû demander.
- Rien de terrible, rassure-toi.
- Je ne tiens pas à savoir."


Ce qui a commencé comme une blague est devenu la nouvelle passion de Kuroo. Un nouveau championnat d'été qu'il a mis au propre sur une belle feuille qu'il garde sur son bureau.
Il essaie de prendre de nouvelles photos tous les jours pour les partager avec Tsukishima, et ce dernier -même s'il s'enquiert aussi de sa santé mentale- finit toujours par répondre.

'Ca ne va pas, la 1.', répond Tsukishima au dernier match proposé par Kuroo.
'Comment ça ? Je les trouve bien, moi.'
'Je ne juge pas la qualité des fessiers, mais je peux voir le reste de l'équipe dans le fond, ça donne unindice sur qui c'est. Ce n'est pas impartial.'
'Tsukki.
Tsukki, tu es l'interlocuteur idéal pour ce challenge.'
'Permettez-moi d'en douter.
Et c'est TsukiSHIMA.'
'Ca me fait plaisir que tu prennes ce championnat autant au sérieux que moi.'
'Parce que c'est devenu un championnat ?'
'Les matchs de poule sont presque finis.'
'Des matchs de poule ?
Vous êtes malade.'


"Hey, Tsukki ! Tu es en manque de photos, c'est ça ?", demande Kuroo en décrochant, agréablement surpris de voir que Tsukishima l'appelle.

Il se fait raccrocher au nez dans l'instant.
... bon, il l'a peut-être cherché.

Il rappelle, et est rassuré de voir que Tsukishima décroche.

"Je savais que c'était une mauvaise idée.", dit tout de suite Tsukishima.
"De me donner ton numéro de téléphone ?
- Je parlais de vous appeler, mais oui, aussi.
- Ne dis pas ça, Tsukki ! Ca me fait plaisir d'avoir de tes nouvelles. Tu vas bien ?
- Ca allait mieux avant que je vous aie au bout du fil, en fait.", répond Tsukishima, mais son ton n'est pas assez désobligeant pour que sa phrase soit crédible.
"Moi je pète la forme, en tout cas ! Merci de t'en enquérir.
- ... vous êtes pas croyable.
- Tu m'appelais pour quoi ? Tu as besoin de ma science pour le volley ? Pour soigner ton mauvais caractère ? Ou bien pour paufiner tes techniques de drague ?", demande Kuroo.
"Pour le volley, encore, ce serait crédible, mais je ne pense pas que vous ayez quelque chose à m'apprendre point de vue caractère. Et je dois vous dire que votre collection de râteaux de la dernière fois ne penche pas en votre faveur pour le dernier point non plus.
- Tu me blesses, Tsukki.
- Tsukishima. C'est Tsukishima.", précise Tsukishima en soupirant.
"Bon, alors, pourquoi tu appelais ?
- Vous pouvez être sérieux deux minutes ?"

Kuroo est surpris de la demande.
Inconsciemment, il se redresse et parle légèrement moins fort.

"Oui. Oui, pas de souci.
- J'ai repensé à ce que vous aviez dit la dernière fois, quand on a discuté devant le gymnase.
- La fois où on parlait des fesses d'Akaashi, oui.
- Je vous demandais d'être sérieux.
- Mais je suis sérieux. C'était sérieux. Je suis censé avoir de plus belles fesses qu'Akaashi, hein, j'espère bien que c'était sérieux. Je m'en faisais une joie, moi.
- Laissez tomber.
- Nan, pardon ! Désolé ! Je... Je t'ai dit que tu pouvais me contacter pour n'importe quoi sur ce sujet, et c'est vrai. Je t'écoute. Je serai sage. Promis."

Tsukishima met quelques instants à reprendre la parole.

"... je pense le dire à Yamaguchi. Je suis déjà pas un super ami comme ça, alors...
- Oh, c'est bien ça. Je suis sûr que ça se passera bien !
- ... vous croyez ?
- Tu sais, la plupart des gens en ont rien à battre, hein.
- ... comment vous faites, vous, pour mettre le sujet sur le tapis ?
- Bah, cash. C'est mieux, non ?
- Vraiment ? ... comment Kozume-san a réagi quand vous lui avez dit ?
- Que j'avais mauvais goût. Mais il parlait du mec pour lequel j'avais le béguin à l'époque, pas de mon attirance pour les garçons en règle générale."

Kenma se retourne vers lui, lève les sourcils.

"En même temps c'était vraiment un connard.", se contente de dire Kenma avant de retourner son attention sur sa console et Kuroo se met à rire.
"Qu'est-ce qu'il se passe ?", demande Tsukishima à l'autre bout du fil.
"Kenma me rappelle combien il avait raison de dire ça à l'époque.
- ... je ne pensais pas que Kozume-san était à côté de vous.
- Je suis chez lui, en fait.
- Je vais pas vous déranger plus longtemps, alors.
- He, Tsukki, attends !", se dépêche de dire Kuroo avant que Tsukishima ne raccroche. "J'ai le ton à la rigolade, mais je sais que c'est pas toujours facile. La première fois que j'ai fait mon coming-out, c'était à Kenma. Et effectivement je me suis dit que parler d'un garçon qui me plaisait, ça sous-entendait déjà que je n'étais pas sur le point de lui faire une déclaration et que ça passerait mieux. C'est pas forcément le meilleur plan, mais c'était le seul que j'avais.
- ... je comprends le raisonnement.
- Tu vas voir, tu vas y arriver et je suis sûr que ça se passera bien.
- Si vous le dites.
- C'est certain. Et ça me fait super plaisir que tu aies pensé à m'appeller pour un truc comme ça, hein. Ca sert à rien de rester seul dans ton coin.
- Hm. Je vais vous laisser. Bonne soirée, Kuroo-san.
- Toi aussi !"

Kuroo raccroche, un sourire aux lèvres.

"C'est ton nouveau dada, les conversations de garçons qui aiment les garçons ?", finit par demander Kenma et Kuroo se met à rire.