'La 2, hein ? Je suis super fier de ma photo, là. Prise tout en discrétion, en plus.', écrit Kuroo après avoir envoyé deux nouvelles photos prises à l'entraînement d'aujourd'hui.
'La 2, oui. Votre mention de la discrétion dans laquelle vous l'avez prise me conforte dans l'idée que vous n'avez pas le consentement de vos coéquipiers.'
'Je suis capitaine, c'est moi qui prends les décisions comme ça.'
'Comme quoi ?'
'Comme ça.'
'Je peux vous appeler ?'

Kuroo est intrigué par la demande, se contente de répondre "oui". Son téléphone sonne dans l'instant.

"Je ne vous dérange pas ?
- Je suis entre deux parties de Candy Crush, donc on peut dire que non.
- Candy Crush ? Vraiment ?
- Bah, je suis chez Kenma et il a un RPG à finir sur sa PSP, donc je m'occupe comme je peux.
- Mais vous habitez chez lui ou quoi ?
- En été, à peu près, oui. Y a pas la clim chez moi.", explique Kuroo. "Pourquoi tu voulais appeler ? Besoin d'autres conseils ?
- Je me suis dit... que ça vous plairait d'être tenu au courant. Sur ce que je devais dire à Yamaguchi.
- La vache, même avec moi t'es pas capable d'appeler ça un coming-out ?
- Vous tenez vraiment à ce que je raccroche, hein ?
- Ah, non, non, dis-moi ! Ça s'est bien passé ? Qu'est-ce qu'il a dit, Taches de rousseur ?
- En fait, j'ai repensé à ce que vous aviez dit la dernière fois. Qu'au final l'objection de Kozume-san s'était portée sur l'objet de votre affection. Alors je lui ai parlé d'un garçon qui me plaît.
- Tsukkiiiii ! Quel petit cachotier ! Je ne savais pas, ça.", rigole Kuroo.
"Il n'y a rien à savoir. Ça n'a rien de sérieux ou quoi que ce soit. J'ai juste parlé de quelqu'un parce qu'il me fallait quelqu'un à propos de qui parler. Et ça a super bien marché. Yamaguchi m'a avoué dans la foulée qu'il était amoureux d'une fille, que ça lui faisait plaisir de me le dire. Que je lui dise ce genre de choses...", explique Tsukishima sur un ton qui démontre combien il était étonné de la réaction de son meilleur ami. "... enfin, je ne sais même pas s'il a calé que je lui faisais mon coming-out tellement le sujet s'est concentré sur le fait qu'on avait apparemment tous les deux des crushs insoupçonnés.
- Ben tu vois, c'était pas si compliqué.
- Sauf que maintenant Yamaguchi considère que je suis un bon interlocuteur pour parler sentiments.
- Et c'est grave ?
- ... je suppose que non."


Il a un gros souci.
Impossible de prendre une nouvelle photo correcte des fesses de Taketora.
Or il s'était promis qu'après les matchs de poule, il en prendrait une nouvelle de chacun des finalistes, histoire de remettre les compteurs à zéro et d'être sûr de la validité de ses résultats.
Mais Taketora se penche peu, bouge trop, et ses quelques résultats sont tous flous ou peu intéressants.
En plus de ça, Yaku le regarde bizarrement quand il sort son portable dans le gymnase, maintenant, ce qui laisse penser qu'il a compris que Kuroo tramait quelque chose avec.

"Tu viens ce soir ?", demande Kenma en passant la porte du vestiaire alors que Kuroo se demande s'il peut lancer les quarts de finale alors qu'il lui manque une photo.
"Non, je mange au McDo avec Bokuto. Tu veux pas venir, j'imagine ?
- ... Diablo 3.", dit Kenma pour toute réponse.
- Suis-je bête. Je passerai peut-être après, je sais pas encore. Je t'écris si je viens.
- Ça marche. Si tu viens ramène-moi un sundae.
- Je ne vais pas traverser la moitié de Tôkyô avec un sundae alors qu'il fait 30°.
- Une glace du conbini, alors."


"Wow, j'ai failli pas te reconnaître !", dit Kuroo en arrivant au niveau de Bokuto, à l'entrée du fast-food.
"Hein ? Pourquoi ?
- Les cheveux.", explique Kuroo, en pointant le manque de gel évident sur la tête de Bokuto.
"Oh. J'étais à la piscine.
- Le prochaine fois fais-moi signe, je serais bien venu avec.
- T'aimes bien plonger ?
- Euh, bah, je sais pas, normal ?
- Moi j'aime faire des concours de plongeons.
- Des concours ? Comment tu juges qui gagne ? T'as un jury qui met des notes ?
- Celui qui se fait le plus engueuler par le maître-nageur gagne.", explique Bokuto et Kuroo éclate de rire alors qu'ils arrivent en caisse.
"A tenter. Dis-moi quand tu y retournes."

Les deux lycéens passent leur commande et vont s'asseoir à l'étage.

"Alors, ces vacances ?", demande Kuroo en entamant son burger.
"Bah, plutôt cool, même si y a entraînement que le matin. Et toi ?
- Nous c'est l'après-midi. Le matin y a les classes de rattrapage et la moitié du club y participe, donc bon... je fais des grasses mat', c'est déjà ça."

Un groupe de garçons passent à côté d'eux alors que Kuroo attrape sa boisson et Bokuto le regarde avec de grands yeux, les sourcils levés, une frite en bouche.

"Quoi ?
- Rien, rien.
- Arrête de me défigurer comme ça, s'il n'y a rien.
- ... tu viens de regarder les fesses du garçon qui vient de passer à côté de notre table.
- Déformation professionnelle.
- En quoi c'est une profession ?
- En rien, je raconte des conneries.
- Je confirme.", dit Bokuto en mettant un nugget en bouche.
"Bokuto, j'ai une grave question. Est-ce que je suis vraiment moins mignon qu'Akaashi ?"

Bokuto cligne des yeux, le mouvement de sa mâchoire ralentit.

"Je sais pas comment j'ai fait pour ne pas voir que tu étais gay.
- T'inquiète, je n'ai pas de vue sur toi.
- Quoi ?!", demande Bokuto en relevant les sourcils. "Pourquoi ? Je suis pas assez bien pour toi ?
- Tu es trop bien pour moi, toi, c'est pas pareil.", raille Kuroo.
"Je veux, mon neveu. Je ferai un trop bon petit copain !
- Dommage que tu sois marié au volleyball.
- Hm.", confirme Bokuto, la tête haute. "Parce que bon, moi je suis le genre qui fait des déclarations à genou et qui ramène des fleurs. Je te préviens.
- Je ne sais pas si ça plaira au volleyball."

A ce moment, une secousse fait valdinguer la chaise de Kuroo et ce dernier met une demi-seconde à réaliser ce qui arrive et à passer sous la table.

"Viens te mettre à l'abri, imbécile.", dit-il en tirant sur le pantacourt de Bokuto encore assis sur sa chaise.

Bokuto le rejoint, un sourire aux lèvres.

"J'adore les tremblements de terre.
- T'es vraiment pas bien.", répond Kuroo, qui aimerait que ça s'arrête. Il n'est jamais à l'aise dans les premiers instants d'un séisme.

Les secousses comment à s'estomper, et alors que Kuroo est rassuré de voir que ce n'était pas si grave que ça, le plateau du repas de Bokuto s'écroule de la table, directement sur sa jambe.

"Aaaaah, naaan, mon milk-shake !", s'écrie Bokuto alors que Kuroo pousse un long soupir.
"... rappelle-moi de ne plus jamais -jamais- manger avec toi."


"Livraison express de glace !"

Kenma fait quelques actions sur son PC avant de tourner la tête vers Kuroo et de lui sourire.

"Devine qui a fait trois conbini pour trouver un truc qui ressemblait à un sundae ?
- Je dirais toi, mais je ne sais pas, tu as peut-être délégué la tâche.", dit Kenma en souriant en attrapant la glace que lui tend Kuroo.
"C'était moi. Et je l'ai pris au caramel. Parce que je suis un mec bien.
- Je n'en ai jamais douté. Qi'est-ce que tu as à la jambe ?
- Le dessert de Bokuto. Je préfère ne pas m'étendre là dessus. Bon, ben maintenant que ma livraison est faite, je rentre chez moi.
- Tu restes pas ?
- Je vais appeler Tsukki, je veux pas t'imposer mes discussions de garçons qui aiment les garçons.", explique Kuroo dans un sourire. "D'ailleurs pourquoi on utilise cette expression ? Gay c'est tellement plus court.
- C'est toi qui as commencé.
- J'ai eu tort. Gay c'est mieux. Bonne nuit, Kenma.
- 'nuit.", répond Kenma en se retournant vers son PC, sa glace à la main.

Une fois dehors, il sort son téléphone, voit que Tsukishima a répondu à son dernier mail.
Il appelle et est heureux d'entendre que Tsukishima décroche.

"Moi j'aurais dit la 1, là.
- Je n'en attends pas moins de quelqu'un qui joue à Candy Crush.
- Comment tu peux comparer mes goûts en jeux vidéos et en postérieurs ?
- Vous avez des goûts pourris de manière globale. Même votre meilleur ami le dit.
- Il contestait mes goûts de collégiens. J'ai bien mûri depuis.
- Ah bon ?
- Hm. Le prochain mec sur lequel je flasherai sera beau, intelligent, attentionné et terriblement amoureux de moi. Je le sais.
- Je sens bien la maturité, là, clairement.
- Bon, ben juste mignon et avec un minimum de conversation.
- Ca s'appelle rabaisser ses standards, ça, pas gagner en maturité.", explique Tsukishima et Kuroo se met à rire.
"Ca va, hein... et toi, alors ? Ca avance avec le garçon dont tu avais parlé avec Yamaguchi ? Il est comment ?
- Il n'y a rien et il n'y aura rien parce que c'est un crush imaginaire.
- C'est dommage. Il ne t'intéresse même pas un peu ?
- Un peu, peut-être, mais je pense que ça finirait très mal.
- Des détails ! Des détails !", réclame Kuroo, enthousiaste.
"Vous savez où vous pouvez vous les mettre vos détails ?
- T'es pas drôle.
- Je ne sais même pas pourquoi vous m'appelez.
- Ben tu es mon premier ami gay, en fait.
- ... parce qu'on est amis ?
- Tsukkiiiii, tu es si froid avec moi.
- C'est Tsukishima, pour vous.
- Oh, le "pour vous" à la fin, c'est encore plus désobligeant.
- Je vous le garde pour des occasions spéciales, alors.", promet Tsukishima, et Kuroo se sent sourire à la déclaration.
"Pour quand je suis extraordinaire.
- Pour quand vous êtes extraordinairement énervant, oui.
- J'étais avec Bokuto aujourd'hui.
- ... vous sautez souvent du coq à l'âne, comme ça ?
- Il n'était pas aussi convaincu que toi par le fait qu'Akaashi soit plus mignon que moi.
- ... est-ce que quelqu'un a dit à Akaashi-san que vous aviez une obsession légèrement inquiétante à son sujet ?
- A mon avis Bokuto est en train de lui dire, oui.", rigole Kuroo et Tsukishima reste silencieux quelques instants à l'autre bout de la ligne.
"... il vous intéresse ?
- Bokuto ou Akaashi ?
- Akaashi.
- Nan, pas vraiment. Et il fait partie de mes quinze râteaux du dernier camp d'entraînement, aussi.
- En même temps il est trop bien pour vous.
- Tu vas arrêter de dire ça de tous les mecs qui me mettent des vents, oui ?
- Je fais ça pour vous. Si vous rabaissez vos standards, faut pas viser trop haut.
- Je pensais pas que mon premier ami gay m'encouragerait si peu.
- ... je pensais pas que mon premier ami gay m'énerverait autant."

Kuroo fait un grand sourire, se tâte sur comment il doit répondre à cette annonce.

"Je crois qu'on s'est très bien trouvés, moi."


'Tsukki, tu n'as pas répondu à mon dernier message.'
'Vous l'avez envoyé i minutes.'
'Mais le suspense est à son comble !'
'La 2, alors.'
'OK, j'ai mon vainqueur.'
'J'espère sincèrement qu'il est au courant.'
'Si tu veux je prépare une médaille que tu pourras lui remettre.'
'Après réflexion, je préfère qu'il ne soit pas au courant.'