J'essais toujours de ne pas aller trop vite dans mes chapitres mais je suis toujours hâtive d'écrire les moments Hannigram. Les commentaires constructifs sont les bienvenus!
Un cognement familier me tire de mon sommeil étonnamment réparateur. Le dérangement m'effleure légèrement. Encore endormi j'ouvre la porte pour faire face à une lumière aveuglante et à Hannibal se tenant sur le seuil avec deux plats dans un sac.
-Hannibal?
-Bon matin Will. Jack m'envoie pour t'informer d'une nouvelle victime du Chesapeake Ripper et pour t'assister dans l'analyse d'un nouveau crime.
Je fronce les sourcils et me tasse pour le laisser entrer. Encore un peu à l'ouest j'ajoute :
-Il y a longtemps qu'il ne s'était pas manifesté…
Il dépose nos plats sur ma petite table et m'invite à m'assoir. Je ne peux m'empêcher de sourire en découvrant le contenu de mon repas :
-Identique à celui que nous avons partagé pour la première fois.
-Will, sache que j'y ai ajouté des épices différentes et la viande ne provient pas du même animal.
-Je m'en doutais bien, évidemment.
Ses lèvres s'étirent. Je prends une première bouchée et constate le gout légèrement différent que la première fois; un peu plus épicé.
-C'est délicieux, comme toujours. Dis-je.
Je l'observe du coin de l'œil, une sorte de culpabilité s'emporte de moi tel un cercle vicieux; je me sens coupable de me sentir coupable. Ma raison lutte contre mes sentiments ou serait-ce une nouvelle raison en plein développement? Suis-je réellement attaché à lui malgré ses crimes ou a-t-il réussi avec brio sa manipulation? Je ne veux pas vivre avec lui, mais je ne peux pas vivre sans lui. Sa voix me fait sursauter :
-Tu semble tracassé depuis quelques jours Will, que t'arrives-t-il?
Je dépose ma fourchette puis expire. Je lève mon regard vers le sien et passe une main sur mon front. Je ne réponds rien, il continue:
-Si je me fie à mon expérience et à ma connaissance de ta personne, tu veux me dire quelque chose mais tu hésites. Probablement très important alors pour que tu sois aussi distrait et perdu dans tes pensées.
-Arrête. J'ai déjà choisis de te le dire, seulement… je ne sais pas comment.
-Et depuis quand tu hésites et réfléchis à comment me dire les choses?
-Depuis que je te connais réellement Hannibal.
Il me scrute à nouveau et m'encourage à finir de manger pour ne pas faire attendre Jack.
C'est en entrant dans un magasin de vin et spiritueux que je découvre le cadavre. Hannibal est si près que je le sens respirer mon odeur dans mon cou en devinant sa fierté devant le tableau; un homme dans la trentaine simplement assis sur le comptoir de la boutique et tenant un verre de vin. Une barre de métal oblige le corps à rester bien droit sans s'effondrer. Le verre contient de l'alcool et également un organe qui ne m'étonne point; sa propre langue découpée à la perfection. Le cœur, le poumon et le foie sont manquants. L'œuvre du Chesapeake Ripper est évidente, malgré tout je ferme les yeux et tout le monde me laisse seul.
Impoli, piètre conseillé et langage pitoyable. Je sais exactement ce que tu mérites. Je sais que c'est toi qui quittes en dernier et que personne ne t'attend à la maison. De ma voiture je peux te voir ouvrir une bouteille de vin et en boire sans prendre la peine de te servir un verre. J'aurais moins de travail à faire, supposant que tu as déjà coupé les caméras puisqu'il serait inopportun que ton employeur soit témoin de ça. J'entre à pas légers et confiants. Tu n'as pas le temps de réaliser que je te casse le cou. Plus calme que jamais, j'enlève tes organes et te donne l'humiliation que tu voulais. This is my design.
Je me retourne vers Jack qui vient de revenir :
-Ce n'est pas le Chesapeake Ripper, il ne prélèverait jamais trois organes à la fois sur ce corps, ce n'est pas assez diversifié. Peut-être un imitateur ou quelqu'un qui a une façon de penser ressemblante. Crois-moi le Chesapeake Ripper ne se montrera pas pendant un grand laps de temps.
-Tu es sûr Will? Répond-il avec sa voix sérieuse et un regard qui en dit long.
-Oui. Nous avons un autre tueur.
Je ne laisse pas le temps aux autres de répliquer et quitte la bâtisse le plus rapidement possible. Hannibal ne me suit pas et puisque nous sommes venus avec sa voiture, je dois l'attendre. Il doit donner son opinion pour aider dans l'enquête. Je remets mes idées en place, l'air extérieur me fait du bien, il purifie mon cerveau et m'aide à réfléchir. Une main se pose sur mon épaule, nous entrons dans sa voiture puis il attend que je me justifie. Rien ne vient.
-Pourquoi as-tu menti? Demande Hannibal après quelques minutes de routes.
-Je ne peux pas t'expliquer ça ici, ce n'est pas assez stable comme environnement.
-Alors chez moi, nous sommes tout près.
C'est un risque à prendre, je ne peux plus attendre. Il se sent probablement en danger, je lui dois la vérité
Alors, c'est assis dans un long divan en cuir que je commençai à tout lui dévoiler, hésitant et craintif. Car oui je crains sa réaction, je crains de perdre sa confiance pour toujours. Des secondes passèrent, puis des minutes, sans cesser de me regarder un seul instant. Je sursaute au moment où son corps s'éloigne de l'extrémité du divan pour s'approcher très près du mien. C'est le moment.
