Parfois j'aime bien m'infiltrer dans la tête d'Hannibal pour voir ce qu'il pense de la situation...
Lorsque ma voiture se stationne dans mon entrée je remarque la présence d'une automobile qui m'est familière. Alana est assise dans les escaliers extérieurs et m'attend. Elle se lève lorsque j'arrive près d'elle, je ne lui laisse pas le temps d'introduire la conversation :
-Alana, que fais-tu ici si tard?
-Je ne sais pas vraiment… Je savais que tu serais ici après ton rendez-vous avec Hannibal.
-Veux-tu entrer?
-Non, ce ne sera pas long. Je voulais simplement te dire que… Hannibal et moi nous ne sommes plus en couple.
Une sorte de soulagement s'empare de moi à une vitesse incroyable. Est parce qu'elle est désormais en sécurité ou parce que je suis devenu plus proche du psychiatre? Mon visage reste néanmoins impassible, mes yeux pourraient trahir mon réel sentiment mais elle ne semble pas y faire attention.
-Depuis quand? Dis-je le plus innocemment.
-Deux jours.
-Deux…
Je fronce les sourcils et me racle la gorge :
-Je suis désolé pour toi Alana tu mérites mieux.
-Je sais.
Elle fait un pas vers moi et approche son visage du mien, auparavant j'aurais été plus que réceptif face à ce geste d'affection. Maintenant, je la vois d'une manière différente. Je recule et dis :
-Bonne soirée.
J'entre chez moi sans même me retourner.
C'est le lendemain en après-midi que je reçois un appel du Dr. Lecter. Je sors de la petite rivière et dépose ma canne à pêche sur la terre ferme pour m'éloigner un peu du bruit du courant. Il est rare que j'apporte mon téléphone lors de mon activité favorite mais cette fois-ci il est sur moi, ce qui tombe bien :
-Bonjour, dis-je.
-Bonjour Will. Ma curiosité m'a poussée à t'appeler pour te demander si tu avais choisi l'ensemble que tu vas porter ce soir.
-Ce soir? Ah… Oui, j'avais presque oublié. Je… je n'y ai pas réfléchi, je vais probablement porter le seul que je possède; le noir. Il n'est pas question que je dépense mon argent uniquement pour cette soirée insignifiante.
-C'est ce que je croyais. C'est pour cela que je t'en ai acheté un.
-Quoi? Non! Hannibal tu n'as pas besoin de me fournir de la sorte, je suis très bien avec mes vieilles affaires.
-Laisse-moi au moins une fois te départir de tes vêtements habituels, c'est déjà acheté et cette soirée nécessite une certaine élégance.
En soupirant je lui donne le feu vert. Il mentionne être chez moi dans deux heures.
HANNIBAL
Je comprends tout de suite que Will n'est pas là lorsque j'arrive chez lui. En moins de deux minutes je l'aperçois dans son habit de pêche, revenant de l'arrière de sa maison. Il vient probablement tout juste de revenir. Je sors de ma voiture et l'observe se diriger vers moi. Il y a quelques perles de sueur sur son front ce qui signifie qu'il a couru et son teint est plus foncé qu'à l'habitude; j'en déduis qu'il doit avoir passé toute la journée en plein soleil. Son allure un peu sauvage me fait vibrer de l'intérieur. Je mords subtilement ma lèvre inférieure pour retenir tout geste qui pourrait le mettre mal à l'aise. Je dois avouer avoir envie de croquer cette peau et respirer son odeur si particulière à laquelle je me suis un peu trop attaché. Ou bien l'embrasser pour l'entrainer dans une œuvre sexuelle sans fin et puis laisser tomber la soirée. Après tout, c'est uniquement pour déterminer les véritables intentions de Mason Verger envers Will que je lui fais l'honneur d'être présent… Également pour lui montrer à qui il se mesure si son petit comportement agaçant envers mon ami continu de la sorte.
J'invite Hannibal à entrer. Il porte un complet bourgogne très foncé et une chemise grise presque noire. Sa cravate est à motifs de même couleur que son complet, il a même mis un mouchoir de soie dans sa poche avant.
-Je suis désolé je dois prendre une douche… Dis-je nerveusement.
-Nous avons amplement le temps.
Je remarque le NOUS qui insinue plusieurs choses mais je choisis de l'ignorer. Je ferme la porte de la salle de bain et prends une douche rapide avec beaucoup de savon pour me débarrasser entièrement de mon odeur de poisson. Une serviette se place tout de suite autour de mes hanches et je sors de la pièce pour retrouver Hannibal. Il semble surpris de ma presque nudité, je vois clairement sa petite perte de contrôle de lui-même pendant un moment puisqu'il passe sa langue sur ses lèvres. Il se ressaisit tel un robot. Je prends un boxer et le passe sous ma serviette que je laisse tomber une fois mon sous-vêtement enfilé. Il me passe ma tenue qui en enveloppé d'une toile dont je le libère immédiatement. C'est un costume gris foncé, agencé à une chemise blanche et une cravate bleu océan. Ce n'est pas trop mon type d'habillement, un peut trop voyant à mon gout. Pour respecter mon engagement je le mets sans broncher. Il s'approche de moi voyant que j'ai un peu de difficulté avec la cravate. Pendant qu'il la noue je décide de lui parler de la visiter dhier :
-Hier soir Alana est venue me voir.
-Pourquoi?
-Me dire que vous… Que vous n'étiez plus ensemble.
Il sert le nœud pour le terminer.
-C'est vrai, ce serait irrespectueux si j'avais continué vu notre… amitié complexe.
Il recule un peu pour me voir en entier et ajoute :
-La cravate fait ressortir tes yeux. Tu es magnifique.
-Le pantalon n'est pas trop ajusté au niveau des uhm…Tu sais?
-C'est parfait, tu as simplement un joli derrière.
Je rougis, il est rare qu'il soit aussi direct. Il tend une main vers mes cheveux qu'il tente de coiffer puis m'attire brusquement vers lui par le poignet.
-Je suis désolé Will, je ne peux résister, ce n'est pas à mon habitude.
Il happe mes lèvres dans un baiser ardant, urgent, comme si c'était un besoin irrépressible. C'est si puissant que je sens ma lèvre inférieure saigner, il s'en déguste de plus bel. Je suis hypnotisé, accro, drogué. Mon corps n'écoute plus mon cerveau, je plonge dans l'abime du désir et de la fatalité. Ses mains empoignent mes fesses tandis que je m'accroche à ses omoplates. Je prends l'initiative d'embrasser chaque parcelle de son cou d'une telle délicatesse qu'il échappe un petit bruit de satisfaction. Il plonge son nez dans ma clavicule et la mordille. C'est avec mal que je lui indique que nous devrions partir et qu'il se détache de moi pour que nous sortions et montions dans la voiture.
