L'étau se resserre sur moi. Ce si grand champ n'est plus vaste, je dois agir, partir, je vais être écrasé, compressé… L'homme-cerf se tient à mes côtés, une main sur mon épaule, observant ce désastre se produire; l'eau nous noyer, le feu nous bruler, le vent nous emporter, la terre gronder… Jack non loin à gauche; plus en colère que jamais, déterminé à le chasser d'une flèche précise et mortelle. Mason à droite; droit, sourire malsain, son rire moqueur, sang sur les mains et le visage.
-Ne t'inquiètes pas, seulement des cochons, des vrais cochons. Je ne mange pas des personnes comme Hannibal et toi. Enfin, pas encore. Dit-Mason.
-Tu sais Will il se fera prendre, tu ne le reverras plus jamais, ce n'est pas ce que tu voulais WILL?! Et toi, tu pourrais y passer aussi… Tu as bien partagé son lit connaissant sa vraie nature et tué Randall Tier. Tu es un monstre. Dit-Jack si fort que mes oreilles en saignent. Sa voix résonne comme si elle provenait du ciel.
Mason est maintenant près de moi et murmure;
-J'adore. Les. Monstres.
Il plante son poignard dans le cerf toujours à mes côtés et me donne l'arme couverte de sang. Toutes les voix se mêlent, je bouche mes oreilles et tombe à genoux sur le sol.
Je me réveille en sursaut, d'un bon je me redresse, assis dans le lit. Hannibal est bien réveillé et il m'observe. Il se lève à mes côtés :
-Mauvais rêve?
-il n'y a pas de bon rêve pour moi… dis-je en un souffle.
Je tourne ma tête vers lui, j'adore le voir les cheveux en bataille, il semble si humain. Malgré tout, s'il était comme la majorité des personnes, il ne serait pas Hannibal, il ne serait pas tout ce qui me fait le détester au point de l'aimer.
-Hannibal, je peux prendre une douche?
-Non.
Ma bouche est entre ouverte, ne sachant pas comment réagir. Il ajoute avec un sourire :
-Toi non, NOUS oui.
Il sort du lit entièrement nu, je le lorgne quelques secondes et réalise qu'il me tend la main d'un air amusé. Ma couverture tombe par terre et c'est à son tour de me reluquer, il me tire vers son corps et place ses mains sur mes fesses. Je bécote son cou jusqu'à son oreille où je murmure :
-Tu sais, je veux vraiment prendre une douche. Enfin, que NOUS prenions une douche.
Il sourit et me dirige vers la salle de bain, l'eau se met à couler et devient rapidement chaude. J'entre le premier et cherche le savon du regard, je me doute qu'il l'a déjà pris d'une main habile, il vient confirmer en passant une éponge savonneuse dans mon dos puis sur mon torse. Il nettoie mon visage avec sa main et s'attaque à mes cheveux. Je sens qu'il adore passer sa main dans ceux-ci car il prend du temps avant de décider à les passer à l'eau. Je vois l'eau cascader sur sa pommette que j'embrasse tout de suite, il me presse contre lui et se délecte de mes lèvres. Je prends l'initiative de lui faire plaisir, ma tête descend au niveau de son sexe et ma langue le goute. Je l'englobe complètement, faisant jouer ma langue et mes lèvres d'une manière si exquise qu'il en murmure mon nom. J'entends mon téléphone sonner faiblement dans la chambre d'Hannibal, ceci me donne l'occasion de le provoquer puisqu'il en était presqu'à l'orgasme. Je sors de la douche et enfile une serviette autour de ma taille. J'attrape mon téléphone une fois dans la chambre d'Hannibal, c'est Jack. Je le mets sur haut-parleur au cas où mon psychiatre entendrait. Je ne veux pas qu'il croie que je joue dans son dos.
-Bonjour Jack.
-Will, je devais te parler. Tu es seul?
-Oui.
-Est-ce-que tu bluffais lors de la dernière scène de crime?
-Non, ce n'était pas lui. Il est de plus en plus dur à attraper, je commence même à douter que nous en soyons capables à court terme.
-Il y a un psychopathe qui fait bouffer des humains à toutes ses connaissances! Tu dois trouver quelque chose.
-Je suis désolé Jack, il n'y a rien. Je t'appelle s'il y a du nouveau.
-Vas-tu continuer de m'aider pour les autres affaires?
-Oui, bien sûr.
Je raccroche, le son de la douche n'est plus là. Il a dû entendre. Je retourne dans la salle de bain et il me surprend en me collant contre un mur;
-Tu me dois quelque chose…
-Qu'est-ce que tu attends?
Il entre son érection en moi d'un coup sec ce qui est douloureux mais électrisant, il m'embrasse puissamment jusqu'à ce que nous manquions de souffle. Il passe une main sur l'extérieur de ma cuisse gauche puis vient prendre mon sexe. Il prend peu de temps avant de venir en moi, il était déjà bien stimulé. Il descend sa tête au niveau de ma verge et me montre à quel point il est doué. Il sait exactement quoi faire pour m'exciter et ses lèvres fournies contribuent à la situation. Enfin, il déguste le liquide blanchâtre comme si c'était précieux et exquis. Il remonte à mon niveau pour me murmurer;
-Je vais aller préparer à manger, rejoins-moi…
Il embrasse mes lèvres et respire mon odeur pour ensuite quitter la pièce.
Lorsque je descends le rejoindre en caleçon, lui n'a même pas prit la peine d'en mettre un. Il porte simplement un tablier. Une montée de chaleur vient me gêner. Il cuit des aliments dans une poêle d'une manière experte. Il est dos à moi ce qui me laisse une vue sur son postérieur. Je suis un peu inconfortable alors je décide de me retourner vers la chambre pour me calmer un peu et faire baisser ma température qui augmente de plus en plus. Mais bien sûr il ne me laisse pas faire, il m'interpelle sans même se retourner ce qui m'indique qu'il savait que je l'observais;
-Will, veux-tu m'aider?
Comme un gamin prit en flagrant délit je réponds en bégayant de honte :
-Euh… je… je… oui…oui avec plaisir… Qu'est-ce que tu prépares?
Avec sa fameuse fierté il me répond qu'il cuisine des fruits au vin accompagné d'œufs et de bacon.
-Et tu fais ça complètement nu? Dis-je en regrettant tout de suite mes paroles.
-L'humain a été conçu pour vivre ainsi, les vêtements sont seulement une manière que la société a trouvée pour bien paraitre, s'affirmer et s'imposer. Mais l'habit ne fait pas le moine, il donne seulement une première impression qui est importante pour ceux qui veulent conserver les apparences. Si je m'étais seulement fié à tes habits et à ton horrible après-rasage, je ne t'aurais pas trouvé intéressant.
-Tu insinues que je m'habille mal?
-Non, mais tu pourrais faire un peu plus d'efforts.
-L'image que je projette m'importe peu donc je porte les vêtements qui me plaisent. Pour ce qui est de mon odeur, tu n'arrêtes pas de me sentir.
-Je plaide coupable, je l'associe à toi maintenant, je ne peux plus m'en passer. Pour en revenir à ma nudité… Ça te dérange?
-D'une certaine manière… Dis-je dans ma barbe.
Il sourit et m'invite à prendre sa place à la poêle tandis qu'il va préparer les fruits.
Une fois le repas préparé, il enfile un caleçon et s'assied à la table avec moi.
-Will, parles moi de ton père.
-Là? Maintenant?
-Oui, à moins que tu ne veuilles pas.
Je prends un peu de temps avant de lui répondre :
-C'était un ivrogne qui avait ses bonnes périodes.
-C'était?
-Oh, j'imagine qu'il l'est encore.
-Et, ces bonnes périodes, elles ressemblaient à quoi?
-Il m'emmenait pêcher ou chasser, probablement pour se faire pardonner ou rattraper son rôle de père.
-Pardonner?
-D'être soûl la plupart du temps.
-C'est tout?
-Tout ce que j'ai envie de te confier.
Il me regarde curieusement, tentant de savoir ce que je pense.
-Hannibal, ce n'est pas important dans ta découverte de ma personne.
-Au contraire, tout est important Will.
-Tu te doutes de ce que je te dirais, alors je n'ai pas besoin d'en parler.
-J'aimerais l'entendre. Pour être certain.
-Mon père pouvait parfois avoir des tendances violentes. Content?
Il se lève de sa chaise et s'accroupit à mon niveau pour me murmurer :
-Pas du tout.
Il embrasse ma joue d'une délicatesse entrecoupée d'une tendresse exprimée.
Je quitte la maison du docteur assez tôt et sans même une caresse, je suis tellement perdu dans mes pensées que je lui souffle à peine un au revoir. Lorsque j'arrive chez moi, je m'empresse de nourrir et de faire sortir mes chiens. Je déteste les quitter aussi longtemps, l'époque où je passais tout mon temps libre avec eux me manque parfois. Quelque chose cloche lorsque j'entre à nouveau dans ma maison. Tous mes sens essaient de trouver un indice, quelque chose qui m'indiquerait que ce n'est pas mon cerveau qui délire encore. Une odeur, forte, une présence inévitable. Il y a quelqu'un, je le sens, l'ambiance est différente, inquiétante. Je fais quelques pas pour vérifier la salle de bain mais j'ai à peine le temps de réaliser ce qui se passe que je me fais frapper la tête si fort que je sombre dans le noir total.
