Dernier chapitre, pour l'instant je ne pense pas écrire de suite car je suis trop occupé. Il est beaucoup plus court que les autres...


Voilà maintenant cinq jours que je suis chez Hannibal et que Matthew n'a montré aucun signe de vie. Si j'étais naïf, je penserais qu'il a abandonné. Il attend le bon moment. J'ai à peine parlé à Hannibal et j'évite à nouveau son regard. C'est un homme patient, il comprend. Malgré tout il insiste pour venir me porter et me chercher à mon travail. Je ne dors pas avec lui, j'ai ma propre chambre. Je suis trop tourmenté par Matthew pour m'adonner à notre relation à Hannibal et moi. Ce soir, il est absent. Un patient l'a appelé en urgence et il a dû me laisser seul. Bien sûr, je me doute que c'est faux, en fait j'en suis certain. Ce fameux patient existe mais la situation d'urgence est probablement qu'un homme le menace chez lui pour qu'il appelle son psychiatre et invente une quelconque urgence assez longue pour le distraire quelques heures. Je n'ai rien dit à Hannibal sur mes doutes. Matthew est futé, Hannibal l'est encore plus. J'espère tout de même qu'Hannibal se prendra au jeu, qu'il croira cette histoire. Je veux en finir sans la présence de mon ancien psychiatre. Trente minutes plus tard, j'entends une porte ouvrir et des pas dans la maison. Je suis dans la chambre d'invité, face au mur et je sens sa présence derrière moi.

-Will Graham…

-Dis-moi ce que tu veux et je le ferais mais ensuite, tu me laisses tranquille.

-Tu as toujours été autodestructeur, mais je crois que tu as mal compris. Il n'y a pas de ''ensuite'', tu viens avec moi et tu restes à mes côtés.

-Matthew, je ne t'aime pas et tu ne peux pas me forcer. Je suis déjà en couple avec Hannibal.

-Justement, ce petit problème sera rapidement réglé. Il se trouve que le patient d'Hannibal n'est plus de ce monde, il a été curieusement tué de façon similaire de celle Chesapeake Ripper.

Mon cœur ne cesse de battre pendant un instant et avec une voix tremblante je dis :

-Tu as appelé la police j'imagine… pour… pour qu'elle arrive au même moment qu'Hannibal.

-Oui mais j'ai aussi laissé quelques preuves en lien avec ce cher psychiatre.

Toute la situation vient de changer, je ne peux vivre sans lui et le sachant en prison. Je sens la noirceur m'envahir et Hannibal me chuchoter à l'oreille ce que je dois faire.

-D'accord… J'accepte.

Il sourit et s'approche de moi pour m'embrasser. Nos lèvres ont à peine le temps de se frôler que je sors un couteau suisse de ma poche pour l'enfoncer directement dans une de ces omoplates et je recommence encore jusqu'à ce qu'il se détache de moi. Il tient à peine sur ses jambes. Je le plante encore et encore dans sa poitrine jusqu'à ce que plus rien ne m'indique qu'il est vivant. Je sors rapidement mon téléphone de ma poche et appel Hannibal. Il répond après quelques secondes;

-Hannibal, où es-tu?

-Juste ici, Will.

J'entends sa voix au téléphone mais aussi dans le couloir et puis je le vois s'approcher de ma chambre, ne prêtant même pas attention au corps par terre.

-Tu croyais vraiment que j'allais croire qu'un patient aussi peu dérangé avait un problème urgent?

-Tu m'as observé, tout ce temps.

-Oui, j'allais intervenir si les choses dégénéraient.

-Il a mis des preuves chez ton patient, dans quelques heures tu seras recherché comme étant le Chesapeake Ripper.

-C'est une des raisons pourquoi je te demande; veux-tu partir avec moi Will?

Je baisse les yeux et lui répond après un certain temps;

-Oui.

J'enjambe le corps pour le rejoindre et l'embrasser comme je ne l'avais pas fait depuis longtemps. Il enlace ma taille et murmure :

-J'ai déjà les passes-ports, prépare quelques vêtements et le strict minimum.

-Où allons-nous?

-J'ai toujours voulu te faire découvrir l'Italie.

Je souris et rencontre ses lèvres à nouveau. Je vois enfin la beauté de la noirceur qui éclipse la lumière.