- Dumas, qu'est-ce que vous foutiez ? Les Le Grand–Vermont vous attendent depuis vingt minutes en salle d'interrogatoire !
Leclerc était furax.
- Oui, je sais, se justifia Antoine, on a interrogé les camarades de classe ça nous a prit plus de temps que prévu.
- Et alors ?
- Ben alors, pas grand chose.
- Ca va faire 24h et on a toujours un meurtrier dans la nature ? Dépêchez-vous de me retrouver ce salaud ! Lança le commissaire Leclerc en re-intégrant son bureau.
- Tu veux que je vienne avec toi pour l'interrogatoire des parents ? Proposa Chrystelle.
- Non, ça va aller, merci, dit Antoine qui s'éloignait déjà.
Madame Le Grand–Vermont était une très belle femme. Si elle avait 40 ans cela ne se voyait pas, on lui donnait 35 ans tout au plus. Son mari lui était plus âgé dans les environs de la cinquantaine. Tous deux portaient des vêtements de grandes marques, et Madame quelques bijoux choisis avec goût et très certainement de grande valeur. Ils se tenaient tous deux assis sur leurs chaises respectives sobres, droits et dignes. Antoine conclut d'un coup d'oeil qu'ils étaient à l'image de leur appartement, sans chaleur, et l'argent n'étant visiblement pas leur soucis.
- Bonjour, toutes mes condoléances. Je suis désolé d'avoir à vous interroger de cette façon mais croyez bien que c'est dans le but d'arrêter la personne qui a fait ça à votre fille.
- Je n'arrive pas à y croire, fit Madame Le Grand–Vermont au bord des larmes, puis elle poursuivit, ma petite fille, elle était si sage, si gentil, qui aurait pu lui faire une chose pareil ?
Elle avait l'air sincère se dit Antoine. Il était étonné de l'absence de geste réconfortant de la part de son mari.
- C'est ce que nous essayons de découvrir Madame. Est-ce qu'Alice ou vous même avez des ennemis ? Quelqu'un qui aurait pu vouloir s'en prendre à Alice ?
- Non, répondit immédiatement le père.
Monsieur Le Grand–Vermont avait une grosse voix grave. Il en imposait, il avait l'habitude de se faire respecter.
- Et dans votre cadre professionnel, s'adressant aux deux parents, quelqu'un qui aurait proféré des menaces à votre encontre ?
- Ecoutez, ma femme ne travaille pas, et pour ma part je suis ingénieur financier, à savoir que je travaille principalement pour des sociétés à l'étranger, je fais des montages financiers de rachat d'entreprises, ma discrétion c'est ma carte de visite.
Cela coupait court à toutes spéculations. Ca avait le mérite d'être clair pensa Antoine.
- Est-ce que vous avez remarqué quelque chose dans votre appartement ? Quelque chose qui aurait disparu par exemple ?
- Oui. La boites a bijoux de ma femme a été vidée, et nous avions laissé quelques centaines d'euros à Alice pour la semaine, ils ont également disparus.
- Très bien. Alors je n'ai pas plus de question pour le moment, je vous tiens au courant si nous avons du nouveau, je vous pris de rester à disposition au cas ou.
Tous trois se levèrent, puis comme s'il explosait tout a coup, Monsieur Le Grand–Vermont lança :
- Ca fait une semaine que les gitans se sont réinstallés sur la commune. J'espère que vous allez chercher par là-bas ?
- Rien pour l'instant ne nous mène à penser qu'ils aient quoi que ce soit avoir avec le meurtre de votre fille Monsieur.
Antoine avait gardé son calme. Ces parents étaient en deuil. Ce genre de situation faisait rarement ressortir le meilleur d'un être humain.
- Je vais vous dire ce qui à avoir jeune homme, ce sont des voleurs !
- Au revoir Monsieur et encore toutes mes condoléances.
Antoine pénétra dans le bureau dépité. Le père d'Alice était un affreux personnage. Il ne l'aimait pas. Pas seulement pour sa sortie sur les gens du voyage, ça il avait l'habitude. Mais quelque chose le dérangeait, il ne savait pas quoi. En relevant la tête il fut étonné de trouver Chrystelle, Meddhi et Aline dans le bureau.
- Je viens d'avoir le rapport du légiste. Alice a été endormie à l'aide d'isofluoran, un anesthésiant très puissant.
- Comment on s'en procure ?
- Pas évident, ce n'est pas vendu en pharmacie, on en trouve dans les hôpitaux, les cliniques vétérinaires.
- Donc si on a à faire à un voleur, il est très organisé et, ou très prévoyant, ironisa Antoine.
- C'est bizarre quand même, ajouta Meddhi incrédule.
- C'est justement ce que dit Antoine, c'est certainement pas un voleur ! Tu le fait exprès ou ... Renchérit Chrystelle
- Bon, ce qui nous ramène au point de départ, ajouta immédiatement Antoine pour couper court à la dispute, ça va faire 24h et Leclerc a raison, on a rien.
- Sauf la certitude que c'est quelqu'un qui est venu dans cette appartement pour tuer Alice Le Grand-Vermont, conclut Chrystelle.
