Antoine avait décidé de repasser chez lui plutôt que d'aller directement chez Candice. Une forme de coquetterie, avec cette chaleur, il voulait se changer et prendre une bonne douche. Et puis, la journée avait été particulièrement chargée. Il avait discuté avec une bonne quinzaine de lycéens ce matin, et surtout après, il avait revu Candice. Elle semblait fatiguée. Il cherchait un adjectif plus approprié : vidée ? Elle semblait vidée de son fluide vital. Mais il la trouvait toujours aussi belle. Ca, ca n'avait pas changé. Puis dans l'après-midi il avait eu l'interrogatoire des parents d'Alice. Il repensait à cette femme, Madame Le Grand–Vermont, qui semblait si triste, abattue. Par curiosité il avait vérifié son âge, elle paraissait si jeune à côté de son mari. Et effectivement, elle avait eu Alice à 17 ans, ce qui lui faisait aujourd'hui 35 ans. Il se demandait comme une fille de 17 ans avait pu avoir une liaison avec Monsieur Vermont qui en avait à l'époque 34 ans. Etait-il réellement le père d'Alice ? Pourquoi en douter ?
Antoine avait monté deux à deux les marches de l'escalier menant à son appartement, et s'était soudainement arrêté devant la porte. Il répéta mentalement ce qu'il devait raconter à Jennifer. Il devait faire une planque avec Meddhi, ce n'était pas prévu, désolé. Il ouvrit la porte, une délicieuse odeur de ratatouille maison embaumait l'appartement.
- Antoine c'est toi ? Cria une voix de la cuisine.
- Oui, hum ! Ca sent bon ! S'exclama Antoine après avoir retiré ses chaussures et se dirigeant vers la cuisine.
- Cette grossesse me donne des envies de légumes, dit Jennifer en souriant, je suis sure que c'est une fille !
Antoine lui déposa un léger baiser sur la bouche.
- Malheureusement il faut que je reparte, j'ai une planque avec Meddhi ce soir, je suis vraiment désolé.
- Non mais t'es sérieux là ? Rétorqua Jennifer dépitée. Tu fais que bosser ces dernières semaines. Je suis toute seule à l'appart toute la journée à réviser mes partiels, et le soir t'es même pas là ou quand tu es là c'est comme si tu étais ailleurs.
- Ecoutes Jen, j'ai beaucoup de boulot, répondit Antoine sur un ton très défensif et il renchérit, Candice est en arrêt donc c'est moi qui suis chef de groupe, j'ai des responsabilités !
- Depuis la mort de Canovas, je vois bien que ca va pas, lança Jennifer calmement.
- Oh, tu ne vas pas encore me prendre la tête avec ca ? Antoine était maintenant franchement énervé. C'était un collègue, c'est triste, mais des flics il en meurt tous les jours.
Sur ce, il quitta la cuisine direction la chambre. Antoine retira sa veste, la posa sur le fauteuil en rotin sous la fenêtre, et parti prendre une douche. Il se sentait mieux après s'être rafraichit, il se changea, opta pour un jean noir et un T-shirt blanc. Il regarda sa veste sur le fauteuil. Beaucoup trop chaud, il avait souffert toute la journée avec ca sur le dos. Non, il ouvrit l'armoire et saisit une veste de costume légère. Ce soir, il n'avait pas besoin de tous ces papiers ou de sa carte de police. En sortant de la chambre, il trouva Jennifer assise sur le canapé devant la télévision.
- Ecoute Jen, je suis désolé, demain soir je serais là.
- Je voudrais que tu sois là vraiment.
- C'est promis, avait juré Antoine.
Ce chapitre est très court mais la suite arrive très vite ! Merci pour vos encouragements !
