Antoine tournait au milieu du bureau comme un vrai lion en cage. Antoine et Meddhi attendaient Leclerc qui avait insisté pour prendre part au débrif. Chrystelle en avait profité pour passer un coup de téléphone du bureau de Candice. Le commissaire entra dans le bureau avec sa délicatesse habituelle.
- Alors ? Ca avance cette enquête ?
- On a une piste, lança Antoine.
Leclerc se contentait d'un mouvement de tête pour lui signifier de poursuivre. Cela avait pour effet d'agacer Antoine fermement. Et aujourd'hui, plus que les autres jours, ce n'était pas le moment. Meddhi prit l'initiative:
- En faite commandant, il se trouve qu'on suspecte le père d'Alice, euh, enfin, Monsieur Le Grand-Vermont, enfin, officiellement c'est son père parce que, Meddhi fit une grimace accompagné d'un son qui se rapprochait d'un grincement de porte, pendant un moment, Antoine il avait des doutes mais….
- Au but brigadier !
- Si on en croit tous les témoins que nous avons interrogé, le comportement d'Alice a changé il y a environs trois ans, reprit Antoine. Même si cela peut paraître anodin au premier abord, le fait qu'ils nous rapportent tous ce changement et qu'aucun d'eux ne puisse le relier a un évènement en particulier, me paraît suspect. Je n'arrive plus à croire que c'est simplement l'adolescence. Il s'est passé quelque chose dans la vie de cette gamine qui l'a tellement traumatisé, que sa personnalité, son rapport au monde a changé.
- Et vous pensez à quoi Dumas ?
- Je soupçonne le père.
- Et sur quelles bases ? Parce que pour l'instant c'est pas léger, c'est vide votre affaire.
- Il faudrait retourner dans la chambre d'Alice et revérifier toutes ses affaires, elle a pu y faire mention quelque part dans un cahier, un journal, je ne sais pas, mais il doit y avoir une traces…
- Mais qu'est-ce que ca a avoir avec le meurtre ? s'interrogeait Meddhi d'une voix à peine audible.
- J'aimerai moi aussi comprendre, s'impatienta Leclerc.
Antoine ne répondit pas, il avait passé la main sur son visage pour la troisième fois, quelque chose lui échappait.
- Elle voulait partir à Paris, dit lentement Meddhi, soudain prit d'une illumination. C'est pour ca qu'il l'a tué, elle voulait partir à Paris ! Meddhi criait presque, Antoine et Leclerc le regardaient incrédules. Lorsque que Chrystelle l'a interrogé, il s'est énervé parce qu'Alice voulait partir à Paris alors qu'il y a la fac à Montpellier. Si elle était allée à Montpellier elle pouvait resté vivre chez ses parents, alors qu'à Paris, les aller-retour ca aurait été trop long, pis ca coute super cher t'imagine, cinq jours par semaine le matins et le soir…
- Et surtout il est possible qu'elle aurait fini par parler, l'arrêta Antoine.
- C'est un piste, reconnu le commissaire.
Chrystelle entra comme une bombe dans le bureau.
- Vous ne devinerez jamais qui je viens d'appeler ? Le patron de l'hôtel où sont descendus les parents. Il affirme avoir entendu la voiture du couple partir vers 22h mardi soir et rentrer au matin vers 5 heures.
- Il faut découvrir qui était dans cette voiture ! avisa Leclerc.
- Meddhi, tu convoques à nouveau les parents.
