Titre : Point de mire (Vantage Point)
Auteur : Aggie2011
Traducteur : Tashiya
Résumé : Six mois après l'incident avec Loki, Clint ne parvient toujours pas à s'adapter. Quand un vieil ennemi surgit de l'ombre pour le hanter, il est contraint de faire face à son passé… et ce dans plus d'un sens. Clintasha établi. L'équipe Avengers au complet.
Mot du traducteur: Désolée, désolée, désolée ! J'avais vraiment perdu cette traduction de vue ces derniers mois. Bon, pour ma défense, je me marie dans moins de trois mois et j'ai la tête ailleurs (ma robe, ma robe, ma rooobe ! hem, excusez-moi ^_^)
Mais, et c'est là que votre rôle prend tout son sens, je me devais de publier après les adorables commentaires reçus. Merci beaucoup à Quetsche pour sa fidélité depuis le début (Clint est the warrior ! Presque plus que Steve, dans un autre style, il a pas de super sérum lui), alicejeanne17, Evielis (que tu ne te sois pas aperçu qu'il s'agissait d'une traduction est un magnifique compliment, merci beaucoup !), Nous (je n'ai pas abandonné, non, et ton commentaire m'a même poussé à m'y remettre ), et Pandora-Linchpin (bien sûr que Clint va remettre le fou à sa place ^_^ il ne lui arrive pas à la cheville héhé ! Moi aussi j'aime beaucoup la manière dont le Clintasha est travaillé instauré mais profond, pas tout rose et guimauve. Oui en anglais, elle est costaud hihi !)
Ce chapitre est assez long et Thor est de retour, prêt à apporter sa sagesse asgardienne à notre Clint ! Bonne lecture !
Chapitre 7 : Looking for Special Things Inside of Me
Steve apparut soudain à ses côtés et le monde de Clint bascula. Son cerveau parvint à capter quelques mots de Steve.
« … fuit, Barton. Il a disparu. »
Puis le gris qui avait commencé à envahir la vision de Clint devint noire et il accueillit l'obscurité.
« Les héros sont des gens ordinaires qui se transforment en gens extraordinaires » Gerard Way
Clint s'éveilla brusquement. Une seconde auparavant, Steve avait observé le visage détendu de son équipier. A présent, les yeux gris bleus se vrillaient dans les siens.
« Barton », dit-il avec un sourire soulagé.
Clint cligna des yeux, essayant de déterminer où il se trouvait. Cela ressemblait à l'infirmerie de la tour de Tony.
« Tasha ? », murmura-t-il, le regard soudain intense.
« Elle va bien, le rassura Steve. Tony lui a trouvé de l'aide largement dans les temps. Elle est juste là », ajouta-t-il en désignant un lit à quelques mètres du sien.
Clint poussa un soupir de soulagement.
« Combien de temps ? » demanda-t-il en se redressant sur ses coudes.
La douleur flamba dans son torse et le fit retomber sur son oreiller avec une exclamation étouffée.
« Barton ? » fit Steve, inquiet.
« Combien de temps, Rogers ? » demanda Clint, une main appuyée contre ses côtes et s'efforçant de respirer malgré la douleur.
« Tu as été inconscient 18 heures. »
« Merde, grinça Clint. Et Williams ? » demanda-t-il, le ton plus dur.
« Il s'est enfui », admit le capitaine.
« Putain ! » éclata Clint en donnant un coup de poing dans le moniteur cardiaque à côté de son lit.
« Eh doucement, ça coûte cher comme équipement, intervint Tony en guise de salutation alors qu'il entrait à grands pas dans la pièce. Regardez donc qui est de retour dans le monde des conscients. »
Clint grogna et se redressa de nouveau, plus lentement cette fois. Il retira sa perfusion et bascula ses jambes sur le côté du lit.
« Je ne crois pas que… commença Tony. Oh et puis merde, c'est pas comme si t'allais écouter. »
Steve essaya de le raisonner.
« Barton… »
Clint pressa une main contre son torse noir et violet, respirant profondément à travers la douleur. Lorsqu'il repoussa le drap, il fut reconnaissant de porter un pantalon en tissu stérile bleu.
« Têtu, hein ? » observa Tony.
« Barton, tu as une sérieuse commotion cérébrale et cinq côtes cassées, l'informa Steve tout en considérant la possibilité de le remettre au lit de force. Sans parler des muscles que tu t'es élongés dans l'épaule quand tu es tombé du toit. »
« Tu es tombé ? » s'étonna Tony.
Il avait vu l'homme tenir en équilibre sur une barre de quelques centimètres pendant des heures sans même avoir besoin de changer de position.
« On m'a poussé ! » aboya Clint, sur la défensive. Il fixa quelques instants le visage détendu de Natasha puis se tourna vers Steve. « Sors d'ici », grogna-t-il en le fusillant du regard.
« Barton… » commença le soldat, incertain de la raison poussant Clint à le traiter ainsi.
« Tu aurais dû le poursuivre, accusa sombrement Clint. Je peux prendre soin de moi, je l'ai toujours fait. »
Un mélange de peine et d'excuse se peignit dans le regard du capitaine alors qu'il hochait la tête et quittait la pièce, peu désireux d'exacerber la colère de l'homme blessé.
« Il n'a pas quitté ton chevet, tu sais, l'informa gentiment Tony. Il se reprochait de ne pas être arrivé à temps. »
Clint l'ignora et descendit du lit, une main contre ses côtes. L'archer blessé boita jusqu'au lit de Natasha et s'enfonça dans une chaise à côté d'elle.
« Merci de l'avoir aidée », murmura-t-il, les yeux rivés sur son moniteur cardiaque.
Il était surpris que son éclat ne l'ait pas réveillée. Elle devait être sous médication.
« Oh, ben… »
Tony s'agita, mal à l'aise. L'archer regardait l'assassin endormie de la même manière que lui-même regardait Pepper. Il n'avait pas réalisé.
« Elle va s'en tirer ? »
Il y avait une note de vulnérabilité nouvelle dans la voix de Clint et cela en soi était surprenant. Tony ne cligna des yeux qu'une fois.
« Ouais, elle va se remettre. L'a perdu du sang mais ils lui en ont transfusé du nouveau ». Il fit une pause avant de reprendre. « La bannière étoilée n'a fait que ce qu'elle fait toujours : faire passer l'équipe en premier. Il n'avait pas l'intention de te décevoir. Peux-tu honnêtement dire que tu aurais tenu le coup ? Ou que tu aurais pu te hisser sur le rebord ? » le défia-t-il.
Clint baissa les yeux. Lorsque Steve avait ouvert la fenêtre, il avait presque perdu toute sensation dans les doigts. Il avait mentalement verrouillé ses doigts en place, conscient qu'il allait devoir trouver rapidement une solution ou il s'écraserait au sol. Mais il avait été entièrement focalisé sur Williams, le même type de concentration qu'il possédait lors de ses missions pour le SHIELD. Rien d'autre n'avait eu d'importance.
« Est-ce que tu aurais pris le risque si l'un de nous avait été à ta place ? » demanda Tony.
Clint déglutit et regarda Natasha. Il aurait pris la balle pour elle en un battement de cœur, sans même y penser. Et il savait sans trop avoir à réfléchir qu'il aurait fait la même chose pour l'un de ses équipiers. Il était comme ça. Le rebord de fenêtre était juste un autre type de balle. Il soupira. Apparemment, il devait des excuses à leur bon capitaine.
« C'est bien ce que je pensais », dit Tony en hochant la tête. Il fit demi-tour, uniquement pour pivoter de nouveau un moment plus tard. « Tu devrais retourner au lit. Tu as encore plus mauvaise mine que d'habitude, ce qui, à ma connaissance, est un sacré exploit. »
Clint gloussa alors que Tony quittait la pièce. Il ne se sentait pas bien mais il devait faire quelque chose d'abord. Il se souleva péniblement de sa chaise et écarta tendrement des mèches de cheveux du front de Natasha.
« Je reviens », murmura-t-il avant de se diriger vers la porte.
Il trouva Steve sur le toit, en train d'observer la ville.
« C'est ma place », lança-t-il.
Le ton de sa voix s'avéra plus fatigué qu'il ne l'aurait voulu mais le voyage jusqu'au toit s'était avéré plus éreintante que prévu. La tête de Steve pivota de manière comique, bouche entrouverte et yeux bleus écarquillés à la vue de l'archer venant se placer à côté de lui. Clint était à grand-peine parvenu à enfiler un sweet-shirt à capuche. Il avait toujours une mine affreuse, pâle, éreintée et raide. Mais Steve était heureux de ne plus voir les hématomes sur son torse.
« Bon je ne l'ai peut-être pas dit plus tôt mais euh… merci… de m'avoir remonté ».
Steve lui jeta un coup d'œil en coin au son du remerciement bougonné. L'archer avait les mains plongées dans les poches de son sweet. Ses yeux bleus scannaient l'horizon sans relâche, toujours en alerte, toujours à la recherche de menaces. Steve ne voulait pas savoir ce que cela faisait de vivre dans ce genre de paranoïa.
« Désolé de t'avoir déçu et d'avoir laissé filer Williams ».
Clint soupira profondément et grimaça quand ses côtes l'élancèrent douloureusement.
« T'excuses pas, grogna-t-il presque. Tu empires les choses. »
« Je ne comprends pas », avoua Steve.
« J'ai eu tort de m'en prendre à toi. Ce que tu as fait… Le choix que tu as fait… »
Clint secoua la tête, frustré. Il n'était pas doué pour parler de ces choses, pour parler de quoi que ce soit en fait.
« Ca me fout en rogne mais j'aurais fait comme toi », grogna-t-il avec un soupir frustré.
Il sortit sa main gauche de sa poche et la passa avec précaution sur son visage, toujours marqué par les bleus que les coups de Cole avaient laissés.
« Je suis un assassin, Rogers, et du coup, j'ai tendance à être vraiment, vraiment focalisé. Quand Natasha est tombée, je me suis concentré dessus et rien d'autre n'a eu d'importance, » expliqua-t-il de son mieux.
« Tu l'aimes, n'est-ce pas ? » devina calmement Steve.
Il fut surpris de voir Clint étouffer un rire, les yeux levés vers les étoiles.
« Cap', l'amour c'est pour les enfants, lui dit-il en lui jetant un bref coup d'œil avant de se reconcentrer sur l'horizon. Ce qu'il y a entre Natasha et moi, c'est tellement plus qu'un simple concept romantique. »
« Je ne comprends pas », admit Steve. Il n'avait jamais vraiment su s'y prendre avec les femmes.
Clint haussa les épaules.
« Je ne sais pas comment l'expliquer, Cap'. C'est juste comme ça… Elle viendra toujours en premier pour moi. Toujours. »
« Ce doit être merveilleux d'avoir une chose comme ça dans sa vie. »
« Parfois, sourit Clint. Et parfois, ça nous fait presque tuer. »
« Comme avec Williams ? »
« Comme avec Williams, fit Clint en hochant la tête avant de soupirer. En tous cas, désolé de m'être comporté comme un con. »
« Ne t'en fais pas pour ça. »
Steve pardonnait facilement.
« Alors, on est bons, Cap », dit-il en lui tapant l'épaule avant de se tourner pour partir.
Steve le regarda s'éloigner. C'était la première fois que Clint initiait une conversation avec l'un d'entre eux. Et au-delà de ça, il lui avait donné un aperçu de son mode de fonctionnement, peut-être en pénitence de son comportement un peu plus tôt. Le gamin était terrifiant, songea Steve, déconcerté. Sombre et taciturne mais également prêt à reconnaître quand il avait tort, tellement dévoué à Natasha que ce n'en était même pas drôle et fait d'acier à l'intérieur. Seul un homme d'acier aurait enduré tout ce que le dossier de Clint laissait entendre, tout en restant debout, épaules quarrées et tête haute, prêt à continuer de se battre pour la bonne cause.
Ce qui était triste, c'est qu'il ne pensait pas que Clint lui-même en fût conscient.
Quand Natasha s'éveilla de nouveau, il y avait un poids lourd sur son bras. La douleur dans son bras était anesthésiée par des médicaments, une sensation qu'elle détestait. Ses paupières étaient lourdes alors qu'elle se forçait à les soulever. La première chose qu'elle vit fut des cheveux courts, ébouriffés mi bruns, mi blonds, reposant sur son bras. Clint. Il allait bien. Il avait toujours été inconscient la dernière fois qu'elle s'était éveillée. Elle dégagea soigneusement sa main de sous sa tête et la posa sur ses cheveux à la place. Lui aussi devait être sous médicaments car en temps normal, le plus léger des contacts suffisait à le réveiller.
« Клинт » l'appela-t-elle avec douceur, utilisant inconsciemment son prénom en russe, tout en promenant ses doigts dans ses cheveux.
Il bougea aussitôt et leva la tête, tandis que ses yeux bleus-gris tournaient pour la chercher.
« Нataшa », murmura-t-il dans un souffle, usant lui aussi de son nom en russe, et son expression clairement soulagée.
« Именно плечо раны... Вы посмотрите, как я был на пороге смерти », le taquina-t-elle. Ce n'était qu'une blessure à l'épaule. A te voir, on pourrait penser que j'étais au seuil de la mort.
L'inquiétude la titilla lorsqu'elle le vit grimacer simplement pour s'asseoir droit.
« Это было давно пару дней ... это просто приятно слышать ваш голос », avoua-t-il en se frottant la nuque. Ces deux derniers jours ont été longs. C'est juste bon d'entendre ta voix.
« De toute évidence, tu devrais être au lit toi aussi, et te reposer », le réprimanda-t-elle, en anglais cette fois, tout en s'asseyant.
« C'est la seule manière de les empêcher de me fourrer une autre perf… Je galère encore à éliminer la dernière dose de médocs », répondit-t-il avec bonne humeur.
« Je sais ce que cela fait », fit Natasha avec un sourire en coin, déjà en train de retirer sa propre perfusion de sa main.
« Ça te dit de mettre les voiles ? Je connais un endroit avec un lit bien plus confortable, moins de blanc et aucune perfusion en vue », dit Clint en se soulevant de son siège avant de lui tendre la main.
« Ca m'a l'air bien, Barton… Ouvre la marche », lui sourit-elle tout en lui permettant de l'aider à sortir du lit.
Ensemble, ils se rendirent à l'ascenseur puis à la chambre de Natasha, hors de vue de leurs équipiers attentifs. Pendant la plus grande part de leur vie, ils avaient récupéré de leurs blessures en privé et au fil de leurs années de partenariat, ils avaient pris l'habitude de lécher leurs plaies en la présence de l'autre quand ils en avaient la possibilité. Dans la mesure où l'un et l'autre tendaient à sous-estimer la gravité de leurs blessures, il était de toute façon préférable d'avoir quelqu'un à proximité.
Steve les regarda quitter le couloir avec un sourire aux lèvres. Il devrait probablement les arrêter, les ramener à l'infirmerie et leur remettre lui-même leur perfusion dans le bras. Mais il ne le fit pas. Quelque chose lui disait qu'ils récupèreraient mieux si on les laissait tranquilles. Alors à la place, il les laissa partir. Il empêcha physiquement Tony de les déranger à plusieurs reprises et affirma à Bruce que s'ils avaient besoin d'assistance médicale, ils iraient indubitablement la chercher. Bien qu'en fait, il n'en ait pas été exactement convaincu. Et Steve utilisa sans vergogne Jarvis pour les espionner, et il attendit. De temps en temps, il les trouvait sur le toit, sans aucun doute pour le bien de Clint, se chuchotant dans un langage qu'il ne comprenait pas mais dont Jarvis lui apprit que c'était du russe.
Deux semaines passèrent sans un seul signe de Cole Williams et de simples altercations avec des voyous locaux dont Steve et Tony s'occupèrent seuls. Puis il se passa quelque chose qui les choqua tous. Thor revint. Il les surprit tous en atterrissant sur le toit lors d'un orage et déboulant dans la tour Stark comme s'il n'était jamais parti.
« Salutations mes chers amis résidents de la terre ! »
La voix tonnante du dieu asgardien résonna dans le laboratoire dans lequel Steve faisait semblant d'écouter la conversation de Bruce et Tony au sujet d'un matériau spécial qu'ils créaient pour construire un arc incassable à Clint. Une idée que Steve trouvait vraiment touchante, si seulement ils étaient parvenus à s'entendre sur quoi que ce soit à ce sujet.
Steve pivota brusquement et ses yeux bleus s'écarquillèrent à la vue du grand guerrier au marteau.
« Thor ! » dit-il avec un sourire avant d'accepter l'étreinte écrasante du dieu, reconnaissant d'avoir des os solides.
« Le capitaine de l'Amérique, Steve Rogers ! Mon cœur se réjouit de te revoir. » Thor eut un large sourire. « Homme de fer ! Comment te portes-tu ? » demanda-t-il à Tony qui avait automatiquement placé une table entre eux afin d'échapper à l'étreinte que Steve avait accordée au dieu.
« Ca va… Je vais bien… Pourquoi t'es là ? demanda Tony avec brusquerie. Et comment ? »
« Mon père Odin a été en mesure de m'offrir le transport jusqu'à votre royaume par le tesseract. Je n'aurai qu'à faire appel à lui lorsque je voudrais retourner à Asgard, expliqua Thor avant de se tourner vers Bruce. Bruce Banner ! J'espère que ta santé est bonne également ! »
« Oui, plutôt… » répondit Bruce avec un lent hochement de tête.
« Alors maintenant que le « comment » de la chose est réglé, occupons-nous du « pourquoi », intervint de nouveau Tony.
« Où se trouve l'homme avec l'œil du Faucon ? Et la veuve en noir ? »
« Clint et Natasha ont été blessés il y a environ deux semaines. Ils récupèrent encore », expliqua Steve.
« Mon gardien des portes m'a fait part de votre détresse, d'où ma requête pour vous rejoindre. J'assisterai notre ami Faucon dans ce combat de quelque manière que je puisse. »
« Ce n'est pas tant un combat qu'une vendetta personnelle entre un sniper vétéran cinglé et notre Grand Oiseau résident, répondit Tony avec légèreté. Et Legolas ne veut pas de notre aide. »
Thor sembla déçu, aussi Steve s'empressa-t-il d'intervenir.
« Mais nous serons là pour la lui offrir, s'il en a besoin… »
A ces mots, le visage de Thor s'éclaira.
« Mais cette histoire avec Williams est personnelle… Au final, il faudra que ce soit Clint qui y mette un terme. Pas l'un d'entre nous, ajouta fermement Steve. Lorsque le moment viendra, nous ne devrons pas intervenir, compris ? ordonna-t-il en les regardant tour à tour dans les yeux.
Ils acquiescèrent tous, quoiqu'avec réticence puis leur attention fut détournée par Jarvis leur annonçant que Clint et Natasha se dirigeaient vers le laboratoire.
« Euh Thor, Natasha s'est fait tirer dessus et Clint a cinq côtes cassées alors… il vaut mieux ne pas essayer de les étreindre, ou de leur tapoter l'épaule, ou… Tu vois, en fait il vaut mieux ne pas les toucher du tout, conseilla rapidement Bruce alors que les deux assassins faisaient leur apparition.
« On a entendu une grosse voix tonnante et on a su tout de suite qu'il ne pouvait y avoir qu'une seule raison, fit Natasha en adressant un sourire à Thor. Du coup, on a pensé qu'il était temps qu'on se joigne à la fête. »
Clint vint se placer à ses côtés, l'air plus reposé qu'il ne l'avait été depuis des mois.
« Je me demandais ce que c'était que tout ce tonnerre… Quoi de neuf, Shakespeare ? » demanda-t-il avec ce qui ressemblait à de la véritable chaleur.
Steve observa son équipe, de nouveau au complet, et sourit. Cole Williams n'avait pas l'ombre d'une chance.
Thor se rapprocha à petits pas du bord du toit, observant la position de l'archer avec méfiance. Natasha lui jeta un coup d'œil suspicieux et il s'efforça de lui communiquer ses intentions sans parler. Au bout d'un moment, elle hocha la tête et murmura quelque chose à Clint dans une langue qui lui était inconnue. Après que le Faucon ait approuvé de la tête, elle se leva et se dirigea vers la porte à grands pas.
« Qu'est-ce qui se passe, mon grand ? » demanda Clint en lui faisant signe de le rejoindre au bord du toit.
« Cela te dérangerait-il si nous poursuivions cette discussion sur un sol de nature moins précaire ? » demanda Thor en observant le rebord avec nervosité.
Clint haussa les épaules et balança ses jambes de manière à ce qu'elles ne pendent plus dans le vide puis il poussa sur ses pieds et se leva pour faire face au dieu asgardien.
« Mieux ? »
« Beaucoup mieux », reconnut Thor en venant se placer à côté de lui.
Ensemble, ils observèrent la ville.
« Pourquoi es-tu revenu ? demanda soudain Clint. Pas qu'on soit pas contents de te voir mais… le timing est intéressant », ajouta-t-il en arquant un sourcil soupçonneux.
« Le gardien des portes de mon royaume m'a parlé de ce Cole Williams qui te menace, expliqua Thor. Je suis venu t'aider de quelque manière que je puisse. »
« Je ne suis pas sûr que tu puisses faire grand-chose, mon grand, soupira Clint. Williams fait tout cela à cause de moi. C'est à moi de l'achever. »
« Comme tu le sais, mon ami, je suis bien versé dans les arts de la guerre », commença Thor, sa voix grave et résonnante.
« J'avais deviné », concéda Clint en regardant la cape et l'armure avec un sourcil haussé.
« Au cours de toutes mes années de bataille, poursuivit Thor, inconscient de l'observation, j'ai appris bien des choses… mais il y a une leçon que j'ai particulièrement retenue… et non sans difficulté. »
Clint maudit sa curiosité. Il se faisait toujours avoir.
« Et laquelle ? » demanda-t-il après un moment.
« Que si un homme choisit d'affronter un ennemi et laisse son armée derrière, il est considéré comme brave mais idiot. En revanche, si le même homme affronte cet ennemi avec son armée marchant derrière lui, il n'est pas seulement considéré comme brave, mais aussi comme sage. Car seul un idiot en quête de gloire affronterait seul un ennemi alors que ses hommes de confiance attendent de le rejoindre. »
« Tu crois que je veux de la gloire ? » s'étouffa Clint.
« Non, mon ami… Je crois que tu crains pour la sécurité de ton armée et que c'est la raison pour laquelle tu souhaites affronter cet ennemi seul… Mais tu n'es pas seul, mon ami. Et ton armée n'a pas peur. »
« Ouais, je sais, soupira Clint. Mais c'est personnel, Thor. Je dois l'affronter, une fois pour toutes ».
« Je ne suis pas étranger à la nature des combats personnels… Ainsi que tu t'en souviens, Loki était mon frère et il a attaqué ce royaume précisément parce que je l'aimais. »
« Et au final, tu t'es occupé de lui, à ta façon. »
« Oui, en effet, c'est vrai, soupira Thor. Je n'interfèrerai pas, Clint Barton, mais je ne permettrai pas non plus que ta vie soit prise sans raison. Cela suffira-t-il ? »
« Ai-je le choix ? » dit Clint avec un sourire en coin, peu disposé à admettre à quel point la loyauté de Thor le touchait.
« Non », répondit Thor avec un large sourire. Il pivota pour partir puis s'arrêta. « J'aime mon frère, Clint Barton… et je l'aimerai toujours. Mais ce qu'il t'a fait… c'est un crime qui ne pourra jamais être pardonné. Je suis vraiment désolé du tort que les miens t'ont causé », s'excusa-t-il doucement.
« Je ne te blâme pas, Thor, ni les tiens. Je ne blâme que Loki. »
« Que Loki ? demanda Thor, d'un air dubitatif et ses yeux bien trop perspicaces.
Clint avala sa salive.
« J'y travaille. »
Thor hocha la tête en assentiment.
« Ton cœur possède une force que tu ne réalises même pas, mon ami. Si davantage de guerriers possédaient ta noblesse, ce royaume ne serait pas obscurci par tant de noirceur », le complimenta Thor en lui pressant l'épaule avec une étonnante douceur avant de le quitter.
Ils sous-estimaient tous Thor, réalisa Clint. Le grand homme voyait bien plus de choses qu'aucun d'eux ne le réalisait.
« Puisque tu as cassé ton original… et l'arc de secours… on a pensé que tu avais besoin d'un modèle de remplacement à la hauteur, dit Tony en haussant les épaules. Celui-ci devrait être capable de survivre à tout, même à ton étrange manière de veiller sur tes affaires. »
A ce commentaire, Clint lui adressa un regard de côté tout en observant son nouvel arc se déployer.
« Le premier s'est cassé suite à une chute de seize étages. Une balle a brisé le second… Pas ma faute. »
« Ca revient au moment, répliqua Tony en agitant la main d'un air dédaigneux. Celui-là devrait tenir le coup. Essaie-le. »
Clint leva les yeux au ciel, se mit en position et testa la corde. Ses cotes, toujours convalescentes, protestèrent lorsqu'il tira la corde en arrière jusqu'à sa joue.
« Ca marche mieux avec une flèche », intervint gentiment Tony.
« Stark… La ferme », grogna Clint en relâchant doucement la corde. Il tira une flèche de son carquois dans son dos et l'encocha, tirant de nouveau lentement la corde en arrière, apprenant la sensation de l'arc ployant dans sa main. Son apparence était presque la même que celle de son ancien arc. Il était conçu pour être pliant, plus facile à transporter. Déployé, il avait l'allure élégante des longs arcs traditionnels. Mais alors même qu'il tirait en arrière, il pouvait sentir davantage de puissance dans celui-ci que dans ses prédécesseurs. Il tirerait plus loin et avec plus de force que l'ancien modèle. Le matériau dont il était fait semblait également différent. Il était léger mais stable et la prise agréable dans sa main, comme s'il avait été modelé pour lui correspondre parfaitement. Stark avait fait du bon travail. Il n'avait pas été le leader de l'industrie des armes pour rien.
Tony observa l'homme plus jeune se tenir comme une statue, la corde de l'arc tirée en arrière mais pas encore relâchée. Il ressemblait à un Robin des bois moderne. Puis soudain, la flèche fut relâchée. Elle n'avait même pas fait la moitié du chemin vers la cible que Clint en encochait et décochait une autre. Il continua de tirer avec la même rapidité, quasi-surnaturelle, jusqu'à ce que le carquois soit vide. Alors seulement, il abaissa l'arc et sourit brièvement à Tony.
« La tension de la corde n'est pas tout à fait bonne… Mais je peux arranger ça », dit-il avec un sourire en coin avant de quitter la pièce, son nouvel arc coincé sous son bras.
« La tension de la corde était parfaite », marmonna Tony tout en se penchant pour voir la cible. Puis il rit. « De rien », ajouta-t-il sans s'adresser à qui que ce soit, avant de prendre la même direction que Clint.
Il laissa derrière lui la cible criblée de flèches qui formaient à la perfection trois lettres simples.
THX
Notre Faucon adoré se déciderait-il à se sociabiliser un peu ?
Dans le chapitre suivant :
La sonnerie de son portable déchira le silence de la nuit si brutalement que Clint pensa qu'il allait à coup sûr réveiller toute la tour. Il haussa un sourcil en voyant le numéro masqué et fit glisser son pouce sur l'écran pour décrocher.
« Barton », répondit-il.
« Salut Clint. »
« Williams ».
