Et pourtant chers amis, c'est bien moi. Je viens de réaliser que ce chapitre était traduit depuis belle lurette alors autant le poster. Promis, je vais me remettre à mon activité de traductrice de manière beaucoup plus régulière d'ici deux semaines ! Mes concours seront passés, je serai en vacances (l'avantage d'être enseignante).
Un immense merci à Rose Eliade, Evielis et Djo pour leurs commentaires !
Chapitre 8: I am More Than a Bird
Dans le chapitre précédent
« La tension de la corde était parfaite », marmonna Tony tout en se penchant pour voir la cible. Puis il rit. « De rien », ajouta-t-il sans s'adresser à qui que ce soit, avant de prendre la même direction que Clint.
Il laissa derrière lui la cible criblée de flèches qui formaient à la perfection trois lettres simples.
THX
« Le héros est celui qui porte une grande lumière à travers le monde, qui embrase des torches dans les rues sombres de la vie afin que les hommes puissent y voir. » Felix Adler
Il était tard lorsque Bruce s'aventura dans la salle de briefing. Il voulait faire quelques recherches sur Williams, peut-être regarder dans son passé en prison militaire. Il avait besoin de faire quelque chose, n'importe quoi, pour échapper à cet horrible jeu d'attente dans lequel ils étaient tous piégés.
Il ne remarqua que quelqu'un d'autre s'y trouvait déjà qu'après avoir franchi la porte. Il se figea, fixant le dos de Clint, et essaya de décider s'il devait rester ou partir. Puis il remarqua ce qui défilait sur les écrans que Clint fixait.
L'infiltration de l'archer à bord de l'héliporteur.
Il regarda Clint regarder pendant plusieurs minutes et sursauta quand l'archer s'adressa à lui.
« Ils me regardent comme si j'allais craquer et commencer à tirer sur des gens maintenant. »
Bruce n'avait pas besoin de demander de quoi il parlait. Ils avaient tous remarqué qu'en cinq mois, Clint avait à peine mis un pied au SHIELD. Lorsque Fury avait une mission pour les deux assassins, il les contactait à la tour.
« C'est une réaction humaine naturelle », fit remarquer Bruce, qui prit la conversation comme une autorisation à se rapprocher.
« Mais aucun d'entre vous ne réagit ainsi. Pourquoi ? » demanda Barton.
« Peut-être parce que contrairement à eux, nous avons eu un contact personnel avec Loki… Nous comprenons mieux qu'eux ce qui t'est arrivé ».
Bruce jeta un coup d'œil à l'écran lorsque Clint mit soudain la vidéo sur pause. Il y avait un zoom sur son visage et ses yeux bleus glacés alors qu'il décochait une flèche dans la gorge d'un agent du SHIELD.
« Je pensais que tu avais tourné la page, Barton… » fit prudemment Bruce.
Il y avait eu une nette amélioration dans l'attitude de Clint. Depuis le paquet de Coulson, il avait semblé aller tellement mieux.
« Je l'avais fait. Je l'ai fait, soupira Clint en fixant son propre visage sur l'écran. Je sais que c'était Loki. Je le sais dans ma tête mais… je me souviens de tout… Comment puis-je prétendre que c'était hors de mon contrôle si je me souviens de tout ce que j'ai fait ? »
Bruce réfléchit en silence. Il ne se rappelait que peu de choses lorsqu'il « hulkait », ainsi que l'équipe avait fini par appeler ses transformations. Et même alors, tout ce dont il se rappelait était les sentiments du monstre vert, souvent de la colère, tandis qu'il se battait. Bruce se redressa. C'était cela. Il avait enfin trouvé comment aider.
« Alors tu te souviens de tout ce que tu as fait ? » demanda-t-il pour clarification.
Clint hocha une fois la tête.
« Tu te rappelles de ce que tu ressentais ? »
Clint tourna la tête pour le regarder.
« Quoi ? »
« Ce que tu ressentais… lorsque tu as fait toutes ces choses… que ressentais-tu ? De la colère ? De la haine ? De la joie ? Du regret ? »
« Rien… je ne ressentais rien, répondit Clint, les sourcils froncés en signe de confusion. Où veux-tu en venir, Banner ? »
« Et quand tu es toi, et que tu tires sur quelqu'un… que ressens-tu ? »
« Tout dépend de la raison pour laquelle je tire », répondit Clint, un sourcil haussé.
« Pas faux. Disons que tu es en mission, envoyé pour éliminer une menace… »
« Un assassinat, appelons un chat un chat, Doc », sourit Clint.
Cela l'amusait de voir à quel point les autres prenaient des gants au sujet de ce que Natasha et lui faisaient.
« Bien… qu'éprouves-tu lorsque tu descends une cible ? »
« De l'accomplissement. »
« Quoi d'autre ? »
« Rien d'autre. »
« Allez Barton, tu n'es pas un robot, tu éprouves quelque chose chaque fois que tu tues. Qu'est-ce que c'est ? »
« Rien », nia Clint, son expression se durcissant à vue d'œil.
« Arrête de mentir ! » aboya Bruce.
L'espace d'une seconde à peine, un éclair vert traversa ses yeux. Clint ne cilla même pas. Il fixa le docteur un long moment, ses yeux bleus acérés comme du silex.
« De la colère. »
« Contre qui ? »
« La cible. »
« Pourquoi ? »
« Pour être mauvais. »
« Bien… et maintenant, avant le SHIELD… »
« Quand j'étais un mercenaire ? » demanda Clint en se rasseyant.
Bruce hocha la tête.
« De la colère », répéta-t-il.
« Envers la cible ? »
« Non. »
« Envers ton commanditaire ? »
« Non. »
Clint savait qu'il ne faisait pas d'effort mais il s'en moquait.
« Envers qui ? » pressa Bruce, peu disposé à lâcher prise alors qu'ils faisaient enfin des progrès.
Pendant plusieurs moments, il ne sembla pas que Clint allait coopérer. Puis il le fit.
« Envers moi-même. »
Bruce cligna des yeux, son propre cœur souffrant pour le gamin en face de lui.
« Pourquoi ? » demanda-t-il avec douceur.
« Je m'en voulais d'être trop faible pour trouver un autre moyen. »
« Un autre moyen de quoi faire ? »
« Survivre. »
Bruce dut détourner les yeux du regard bleu gris acéré et se gratta la gorge.
« Ne pose pas de question si tu ne veux pas la réponse », conseilla Clint, son ton suffisamment dur pour faire éclater la pierre.
« Et à l'armée ? »
« Eh ben quoi ? »
Bruce lui adressa un regard agacé et Clint soupira, conscient qu'il jouait les difficiles.
« De la fierté ».
« De quoi ? »
« De faire mon devoir. »
« Ok… et maintenant ? Lorsque tu tires en tant que Vengeur ? »
Clint cligna des yeux, et son expression perdit un peu de sa glaciale fixité.
« J'ai peur », reconnut-il doucement, son regard devenant distant.
« Peur de quoi ? » demanda Bruce, intrigué. Il ne s'était pas attendu à cette réponse.
« De manquer ma cible un jour. »
Le souffle de Bruce se bloqua dans sa gorge. Il n'avait jamais songé à la pression sous laquelle l'archer se trouvait lorsqu'il jouait leur protecteur dans les cieux. L'entendre dire, même indirectement, qu'il portait le poids de leurs vies à chaque fois qu'il tirait, était légèrement horrifiant. Mais ce serait une discussion pour un autre jour et Bruce se força à rester concentré.
« Et quand tu as tué pour Loki ? »
Aussitôt, le regard de Clint se concentra de nouveau sur lui.
« Je te l'ai déjà dit. »
« C'est vrai… Tu ne ressentais rien… Pas de peur, pas de fierté. Tu ne ressentais rien. »
Clint le fixa et Bruce put voir la compréhension éclore lentement sur son visage. Il lui avait fait comprendre.
« Si tu avais été toi, tu aurais ressenti quelque chose. Mais tu ne ressentais rien, Barton… Ce n'était pas toi. C'était Loki. »
Il vit quelque chose se briser derrière le regard orageux.
« Ces gens de SHIELD peuvent aller en enfer parce qu'ils ne pourront jamais ne serait-ce que comprendre tout ce qui est arrivé à ce moment-là. Ils ne comptent pas, Barton. »
Bruce se leva pour laisser l'archer intégrer en paix ce qu'il venait de dire.
« Banner. »
Il pivota près de la porte. Clint s'était tourné pour le regarder.
« Appelle-moi Clint. »
« Seulement si tu m'appelles Bruce. »
La bouche de Clint s'incurva dans un sourire mince mais sincère.
« Je pense que je peux faire ça. »
Le lendemain, Bruce fut légèrement terrifié de se faire acculer dans un coin par Natasha alors qu'il se rendait au petit déjeuner.
« Juste Natasha. Pas de diminutif. Seul Clint a le droit de le faire. »
« Quoi ? » haleta-t-il, la peur de se faire assassiner toujours présente.
« Je ne sais pas ce que tu lui as dit mais à part Phil Coulson, personne ne l'avait encore touché comme ça, même pas moi… Merci, ajouta-t-elle avec une telle férocité que Bruce commença finalement à comprendre l'intensité de la relation qui unissait les deux assassins.
« De rien », répondit-il sincèrement.
« Alors… Juste Natasha, rien d'autre », répéta-t-elle avant de pivoter et de poursuivre son chemin vers le petit déjeuner.
Il lui fallut encore un moment pour comprendre, mais lorsqu'il comprit, il sourit.
Lorsque Steve entra dans la cuisine pour le petit déjeuner, il ne put s'empêcher de sourire avec étonnement.
Clint cuisinait.
Natasha était assise sur le plan de travail à côté de lui, goûtant régulièrement ce qu'il préparait. Lorsque Tony tenta de faire de même, il se vit menacer par un couteau de cuisine à l'allure particulièrement inquiétante. Bruce lisait un article au bar tout en buvant un verre de jus de fruit. Thor observait avec fascination Clint faire sauter quelque chose haut dans les airs avant de le rattraper avec la poêle. Steve écarquilla les yeux. Il connaissait cette odeur.
« Est-ce que ce sont des pancakes ? » demanda-t-il avec un large sourire.
« Et du bacon », sourit Bruce en se penchant par-dessus son article pour vérifier l'état d'avancement du petit déjeuner.
« Tu sais cuisiner ? » demanda Steve, choqué.
« C'est un excellent cuisinier », répondit Natasha à la place de Clint.
« Il nous l'avait caché, grogna Tony. Où est-ce qu'un assassin apprend à cuisiner d'ailleurs ? »
« A Madrid », répondit simplement Clint.
« En mission ? » demanda Steve.
Clint hocha la tête, fit de nouveau sauter le pancake et le rattrapa sans effort dans la poêle. Il hocha la tête en direction de Natasha qui prit obligeamment des pinces pour transférer le bacon dans le plat à côté d'elle.
« Je dois dire, Clint Barton, que j'admire ta capacité à faire voler le gâteau de la poêle[1] aussi haut et à parvenir à le rattraper dans cet instrument de cuisine », le complimenta Thor avec sérieux, riant et applaudissant lorsque Clint recommença, presque comme s'il avait voulu faire plaisir à l'Asgardien.
« Il y en a encore pour longtemps ? » gémit Tony en essayant de voler un morceau du bacon en train de refroidir sur l'assiette à côté de Natasha.
Elle le fusilla du regard et il recula aussitôt de plusieurs pas.
« C'est prêt », annonça Clint en faisant sauter le pancake pour le rattraper, non pas avec la poêle mais avec une assiette déjà bien remplie.
Ils se rassemblèrent autour de la table et commencèrent aussitôt à se servir. Thor sourit de plaisir en prenant sa première bouchée.
« J'aime ce gâteau de la poêle ! Comment appelles-tu cette substance marron et collante ? » demanda-t-il en retournant la bouteille pour l'inspecter.
Tony s'empressa de remettre la bouteille à l'endroit avant que son contenu ne se déverse.
« Du sirop », répondit-il.
« C'est vraiment bon, Barton », le complimenta Steve avec sincérité.
L'archer se contenta d'hausser une épaule et garder ses yeux sur son assiette.
« Alors, peut-on parler de l'éléphant dans la pièce ? » demanda soudain Tony.
Thor écarquilla les yeux et bondit de sa chaise, scrutant la pièce et la main tendue comme pour appeler quelque chose.
« Attends ! intervint Steve en se levant. Il n'y a pas vraiment d'éléphant dans pièce, Thor… C'est une expression. »
Thor parut agacé.
« Le peuple de votre royaume a une façon extrêmement étrange de parler ».
« C'est fort de café venant de Shakespeare dans le parc, persifla Tony en levant les yeux au ciel. En tout cas… ça fait presque trois semaines et pas un mot de M. Tour de clocher… Bon sang, il attend quoi ? »
Steve observa Clint s'arrêter imperceptiblement avant de continuer à manger son petit déjeuner avec sa fourchette.
« Il attend peut-être une autre crise, pour nous distraire… comme les robots et le carambolage », suggéra Bruce avec logique.
« Il a créé la situation avec les robots », intervint sèchement Clint. Ils le regardèrent tous et il haussa les épaules en recommençant à manger. « Pour quelle autre raison y aurait-il eu des croix sur les plastrons ? »
« Quoi qu'il en soit… tu as peut-être raison », concéda Steve.
« Alors on doit juste continuer d'attendre qu'un autre désastre se produise… Génial, marmonna Tony. Je déteste attendre. »
« Oh, on sait, Tony. Crois-moi, » soupira Steve.
Clint errait dans les couloirs à 2h du matin lorsque cela arriva. Natasha dormait dans sa chambre et tout le monde en faisait autant, pour autant qu'il le sache. Mais quelque chose le rongeait. Pour une fois, cela n'avait rien à voir avec Loki. Il ne tenait pas en place, ce qui ne lui arrivait jamais. De par la nature de son métier, il était quelqu'un de très patient. Mais cette nuit, le sommeil lui échappait.
La sonnerie de son portable déchira le silence de la nuit d'une manière si perçante qu'il crut que cela allait réveiller toute la tour. Il haussa un sourcil en voyant le numéro masqué et fit glisser son pouce sur l'écran pour décrocher.
« Barton », salua-t-il.
« Salut Clint ».
Bien qu'il n'y eût personne pour le voir, l'expression de Clint devint de glace. Il pivota sur sa gauche et fit face au mur.
« Williams. »
« Tu sais, on dit de cette ville qu'elle ne dort jamais… Ca a du sens maintenant. Il y a tellement de gens dehors à se balader à cette heure de la nuit. »
« Viens en au fait, Williams. »
« Il est temps de mettre un terme à cette histoire. »
« Sans dec, Sherlock. Je suis là. »
« Time Square… Tu penses que tu peux être là-bas à temps pour m'arrêter ? »
« Tu ne blesseras personne », répliqua Clint avec une telle assurance tranquille que Cole ne répondit pas immédiatement.
« Ah non ? »
« Non. »
« Et pourquoi ? »
« Parce que je te tuerai si tu le fais. »
« Tu as déjà essayé et tu t'es pris six balles en pleine poitrine. »
« Tu n'auras pas d'ouverture cette fois »
« On verra. Viens seul. »
« Ca ne marche plus comme ça, Williams. Je suis un Vengeur, je travaille en équipe. »
« Peuh ! Tu n'es pas plus un Vengeur que moi. Viens seul ou la prochaine balle se logera dans la tête de ta petite copine, pas dans son épaule. »
« C'était une erreur, Williams. »
« Comment cela ? »
« Tu viens de signer ton arrêt de mort. Je vais te mettre une flèche dans le cœur. »
Clint raccrocha avant que Cole ait eu le temps de répondre. Il fixait le mur, regardant droit dans les caméras de Jarvis. Il ne devrait pas y aller seul. Vraiment pas. Natasha lui botterait le cul sinon. Le conseil de Thor donné sur le toit flottait dans son esprit. Seul un idiot en quête de gloire affronterait seul un ennemi alors que ses hommes de confiance attendent de le rejoindre. Mais s'il attendait, s'il mobilisait l'équipe et attendait avant d'affronter Williams, il savait sans l'ombre d'un doute que des gens mourraient. Il réfléchit, yeux fermés.
« Jarvis », appela-t-il.
« Oui, agent Barton ? »
« J'ai besoin de ton aide. »
Bande annonce
« Tu as passé dix ans en tole parce que t'es cinglé », répliqua Clint tout en se mouvant dans les ombres.
« Arrête d'essayer de gagner du temps, Barton ! Je sais que t'es tout près. »
« Parfait. » Clint bondit et atterrit à quelques mètres derrière Williams et jeta son bluetooth au loin. « J'ai fini de parler de toute façon. »
[1] Le jeu de mots sur « pancake » est ici impossible à traduire
