Bonjour tout le monde =D
Oui je sais, je suis inexcusable, impardonnable, et tout ce qui finit en –able ^^
J'espère néanmoins que ce chapitre vous plaira, il est plus long que les autres (je me suis surpassée mdr)
Enfin voilà, je vous souhaite une bonne lecture !
On se retrouve en bas !
J'avais pleuré toute la nuit, sans que la raison ne me fut familière… peut-être à cause de ses paroles non seulement blessantes, mais aussi humiliantes. Comment avais-je pu croire qu'il avait, ne serait-ce, si ce n'était de l'amitié, qu'un minimum d'estime et de respect pour moi ? Le respect… une valeur qui ne devait pas lui avoir été inculquée dans sa foutue famille d'aristocrates. De toute façon, comment aurais-je pu obtenir le respect de quelqu'un qui ne se respectait pas lui-même ? Ce serait comme si Rogue se mettait à sourire…insensé.
Le réveil fut difficile. Ce qui s'était passé semblait presque surréaliste à un moment on se complète, l'instant d'après, il n'y a plus rien. Juste du vide. Un grand vide en moi, plus grand que je ne voulais l'avouer. J'allais dans la salle de bain, et me retrouvai face à mon reflet. Horrible. Teint pâle, yeux gonflés, cernes violâtres. J'entrai dans la cabine et laissai l'eau me purifier mais je ne m'y attardai pas, car Il n'allait pas tarder à se réveiller. Je me séchai et m'habillai rapidement, fis un détour par ma chambre afin de prendre mon sac. Je courus presque jusqu'à la sortie et me dirigeai vers la Grande Salle, soulagée de ne pas L'avoir croisé. Harry et Ron n'étaient pas encore là. Je m'installai à ma table, me servis et mangeai tranquillement. A vrai dire j'étais tellement fébrile que mes mains tremblaient. Pourquoi ? Je n'en avais pas la réponse. Mes amis arrivèrent alors que j'entamais ma deuxième tartine, et si mon apparence était source de questions, ils s'abstinrent de commentaires et se contentèrent de s'asseoir de part et d'autre de moi, discutant comme si de rien n'était. Je les remerciai silencieusement. La Grande Salle se remplissait graduellement et bientôt, elle fut bondée et bruyante. Toujours pas de peroxydé. Peut-être avait-il aussi mauvaise allure que moi. Peut-être… Je faillis m'étouffer avec mon jus de citrouille en le voyant faire son entrée dans la salle, plus arrogant que jamais, main dans la main avec Astoria, qui était l'incarnation même de la jubilation. Harry laissa échapper un « Quoi ? » outré et scandalisé, et son regard alla du blond à moi, de moi au blond. Mes sentiments étaient partagés : une partie de mon cerveau traitait cette gourde de « pauvre conne, tu ne vois pas qu'il fait cela rien que pour me rendre jalouse ! » et l'autre partie se lamentait en se demandant « comment avait-il pu me remplacer aussi rapidement ? Il ne tenait vraiment pas à moi, c'était ça ! ». Du coin de l'œil, je vis Blaise, une expression amère sur le visage, faire, à contre cœur, une place à la petite amie de Draco (je supposais que c'était sa copine, sinon il ne se serait pas affiché de la sorte). Théo, quant à lui, jetait des coups d'œil furtifs et indéchiffrables à mon meilleur ami, ce dernier s'étant subitement renfrogné. Avais-je raté un épisode ?
-Harry, pourquoi tires-tu cette tête d'un kilomètre de long ?
-Tout simplement parce que maintenant, on devra se coltiner la Greengrass. Et tu sais combien j'ai horreur des choses qui gloussent et jacassent à tout bout de champ.
-C'est vrai, cette fille est tout simplement écœurante, renchérit Ginny.
-Non, elle n'est pas si mal, admit Dean assis non loin de nous, physiquement parlant. Mais c'est sa voix, ses manières qui cassent tout le charme.
-Comment Draco peut-il s'abaisser à ça ? fit Seamus. Il a quand même du goût à l'origine, regarde Hermione, elle est chouette comme fille…
J'allais faire une overdose de Draco. Il fallait que je sorte de cette pièce, de cet environnement. Le temps jouait en ma faveur, car il était presque l'heure d'aller en cours. Je me précipitai vers la sortie, quand quelqu'un me héla. Cormac.
-Hermione ! Tu es toute en beauté aujourd'hui, me dit-il avec un sourire ultra-bright.
En beauté ? Avec ma mine affreuse qui disait clairement « j'ai chialé toutes les larmes de mon corps, j'ai pas fermé l'œil de la nuit, mais je le vis très bien…ou pas » ? Je retins un soupir et m'excusai :
-Euh, écoute, je n'ai vraiment pas le temps de…
-Ne t'inquiètes pas, je n'en ai pas pour longtemps. En fait, je voulais te remercier pour les cours et tout.
-Tu l'as déjà fait, lui rappelai-je.
-Non, en fait je voulais te remercier comme il se doit. Par une petite sortie à Pré-au-lard, par exemple, on pourrait passer la journée ensemble et puis voilà, fit-il en me lançant une œillade suggestive.
Mon premier réflexe fut de le rembarrer « comme il se doit », mais je me ravisai, en me remémorant les ragots du jour. Alors c'est avec le plus grand des sourires et avec une voix que je voulais sensuelle (voulais, en effet) priant que des cornes ne me poussent pas instantanément sur la tête, que je déclarai à mon interlocuteur :
-Avec plaisir, Cormac.
Il fut satisfait de cette réponse, et s'en alla.
HGDM/HGDM
Je ne commençai à regretter d'avoir accepté l'invitation qu'une heure plus tard. Par Merlin, quel Jonchuruine m'avait piquée ? Il faudrait que je demande à Luna de me donner le remède contre ces bestioles. Mais que disais-je, les Jonchuruines n'existent pas ! Bref, Jonchuruine ou pas, j'avais quand même un problème, et pas des moindres, à résoudre. Oh et puis tant pis ! J'assumais mes actes, je lui avais dit oui, je tiendrais mes engagements. A vrai dire j'espérais secrètement que Draco soit, non pas jaloux, ce serait trop demander, mais au moins agacé de savoir que je l'avais remplacé aussi rapidement qu'il l'avait fait pour moi.
A la pause méridienne, mes amis Gryffondor, ayant perçu ma mine déconfite, me prirent à part après que nous eussions mangé, et m'emmenèrent au parc. Après un quart d'heure à me cuisiner, ils n'obtinrent toujours aucune réponse satisfaisante de ma part. « As-tu pleuré ? Oui. Pourquoi ? Parce que. Dis-le nous ! Non. Pourquoi ? Parce. Nous sommes tes meilleurs amis ! Et ? » Etc. Ce fut au moment où j'intimai l'ordre à Harry de baisser sa main, hélant ainsi nos « camarades » Serpentard qui venaient justement de passer la grande porte du château et se dirigeaient vers nous, qu'ils comprirent que cela concernait Draco. La mine renfrognée de ce dernier les aida probablement. Deux choix se présentaient à moi : ou, en bonne Gryffondor, je prenais mon courage à deux mains et restais avec les autres, ou je fuyais. Ce fut cette solution que je retins. Je m'excusai précipitamment auprès de Harry, Ron et Ginny, et courus presque jusqu'au château, évitant soigneusement les vert et argent. Enfin arrivée à la bibliothèque, mon sanctuaire, je soupirai de soulagement. Mon attitude était lâche, j'en étais consciente, mais je ne pouvais tout simplement pas rester à côté de lui, en compagnie de notre petite bande, à faire semblant. Cela incluait que je devais faire l'impasse sur Blaise et Théo, que j'appréciais beaucoup, surtout le premier. Lui et moi passions des heures à discuter de tout et de rien. Quant à Théo, certes il restait plutôt avec Harry, mais il était néanmoins très sympathique. Harry et Théo… ces deux là faisaient vraiment la paire. Ils étaient aux antipodes l'un de l'autre en ce qui concernait leurs caractères mais c'était ce qui faisait qu'ils se complétaient si bien. Comme les pièces d'un puzzle.
Je pris le premier livre que je vis, et allai m'installer dans un des confortables fauteuils près de la fenêtre. Au moins, cela me permettait de penser à autre chose. Du moins, j'essayais de m'en convaincre.
-Depuis le temps, je pensais que tu le connaissais déjà par cœur, fit une voix grave d'un ton espiègle.
Je relevai la tête vers l'opportun et souris à Dean Thomas, septième année de Gryffondor. Il prit place à mes côtés et me dévisagea pendant un long moment, si bien que je finis par déclarer, agacée :
-Qu'est-ce qu'il y a ?
-Rien, si ce n'est que tu as une mine affreuse, me nargua-t-il.
-Ecoute, je ne suis pas vraiment d'humeur à plaisanter, et je te signale que j'avais déjà remarqué que mon visage n'était pas comme d'habitude, je t'en remercie Dean.
Loin de se braquer (comme moi), ma réplique le fit rire et il continua :
-Je m'en doutais bien, la question sous-jacente était en fait : pourquoi as-tu cette mine affreuse ?
-Je n'ai pas envie d'en parler.
-Très bien, alors je vais deviner, lança-t-il. Tu n'as qu'à répondre par oui ou par non. Cela concerne tes notes ?
-Pourquoi pense-t-on qu'il n'y a que mes notes qui puissent me peiner ? m'offusquai-je.
-D'accord, ce n'est pas ça, et c'est de la tristesse que tu ressens. Mmh… Je suppose que ce n'est pas à cause de tes amis, car tu étais avec eux à l'instant.
-Comment le sais-tu ?
-Serait-ce à cause d'un garçon ?
Cette fois je restais muette.
-Je prends ce silence comme étant un « oui ».
Je soupirai et me replongeai dans l'Histoire de Poudlard. Après quelques minutes, je relevai la tête, sentant son regard insistant posé sur moi.
-Quoi encore ?
-Je sais que tu préfèrerais le faire avec Harry et Ron, mais tu peux en parler avec moi… si tu le souhaites.
-Pourquoi cela t'intéresse-t-il tant ?
-Parce que je te considère comme une bonne amie pardi ! Et puis les Gryffondor doivent s'entraider.
-Plus tard.
-Et c'est quand plus tard ?
-C'est plus tard.
HGDM/HGDM
Samedi. Salle commune des Préfets-en-Chef.
Je soupirai pour la énième fois. Cormac avait un quart d'heure de retard. Je faisais les cents pas dans la salle commune. J'avais hâte d'en finir avec ça. Plus vite il arriverait, plus vite j'en serais débarrassée. Un mouvement derrière moi me fit sursauter et je me retournai. Il était là. Nos regards se croisèrent pour la première fois depuis le fameux jour. L'échange dura à peine quelques secondes, mais, bien que je ne pus les déchiffrer, j'aperçus dans ses prunelles une multitude d'émotions plus contradictoires les uns que les autres. Je n'eus pas le temps de m'y attarder car, alors qu'il se dirigeait vers la salle de bain, le portrait de l'entrée pivota et Cormac apparut. Draco marqua imperceptiblement un temps, et continua son trajet jusque la salle d'eau.
Mon compagnon du jour se montra très expressif, alors que nous nous baladions dans le village. Nous étions à la mi-novembre, et le temps était particulièrement venteux et pluvieux. Je proposai d'aller nous réfugier aux Trois Balais, ayant assez des « moi, je » et des pseudo connaissances de Cormac sur « l'histoire de Pré-Au-Lard ». Mouais. Espérait-il vraiment me berner et par-là même m'impressionner ? Si c'était le cas, c'était perdu d'avance. Je restai néanmoins polie et fit mine de m'intéresser à ce qu'il disait. Nous arrivâmes au pub bondé, et j'allais m'installer tandis qu'il commandait les boissons. Il ne fallait surtout pas croire que c'était par galanterie qu'il le faisait ! Que nenni, il fut charger d'aller chercher les breuvages, car je ne voulais pas m'approcher du bar, où se trouvaient Greengrass et sa bande. Draco fit à ce moment là son entrée en compagnie de Blaise, qui semblait morose. La gourgandine ne put s'empêcher d'avoir un cri hystérique et déplacé alors qu'elle apercevait son petit ami et se dirigea vers lui en faisant de petits pas précipités, comme si elle craignait qu'on ne le lui vole. Elle afficha un petit sourire victorieux et embrassa Draco à pleine bouche. Je tournai la tête, ne pouvant plus supporter ce spectacle écœurant. Quelle horreur ! Comment pouvait-il la supporter ? Lui qui, en temps normal, était si raffiné, se rabaisser à cette chose, c'était tout simplement abject.
-Hermione ! Comment vas-tu ? fit Blaise, arrivé à ma hauteur.
Je me levai et il m'étreignit avec force.
-Tu te fais de plus en plus rare, ma belle.
-Oui, je...ne tiens pas à…je suis occupée en ce moment.
-Arrête Mione, ce n'est pas parce que toi et lui êtes temporairement brouillés que…
-Blaise, l'interrompis-je, je ne tiens pas vraiment à parler de lui.
-Tiens tiens, mais ce n'est pas notre rat de bibliothèque national ? fit une voix derrière nous.
Greengrass.
-Tiens tiens, ne serait-ce pas notre potiche nationale ? Fis-je avec un sourire mièvre. Comment vas-tu très chère ?
Avant qu'elle n'ait le temps de me répondre, Blaise s'interposa entre nous en lui tournant le dos et déclara, faisant comme si nous n'étions que tous les deux :
-Ne fais pas attention à elle. Vraiment, je n'arrête pas de répéter à Draco qu'il perd son temps avec elle. Cette fille, c'est un véritable calvaire !
-Que dis-tu Blaise ? fit-elle en se rapprochant.
-Bref, je voulais te dire que tu nous manquais beaucoup, et que j'ai hâte de pouvoir à nouveau discuter longuement avec toi, continua-t-il, souriant de façon rassurante.
-Tiens donc, tu ne tiens pas une conversation avec moi, mais avec cette Sang-de-Bourbe, oui ! s'offusqua-t-elle.
Draco se joignit à nous.
-Astoria, il suffit, viens t'asseoir, fit-il négligemment, en s'installant à la table juste à côté de la mienne, un léger sourire aux lèvres, alors que Blaise ouvrait la bouche, pour injurier cette garce.
Alors comme ça, il s'amusait de la situation ! Cela lui plaisait de me faire sortir de mes gonds par le biais de sa petite amie !
-C'est vrai, j'oubliais, Draco, mon cher petit Draco adoré, que tu devais te contraindre à sa présence non-stop.
Je levai les yeux au ciel. Une gourde qui s'essayait au langage soutenu.
-Que veux-tu, bella –il me regarda dans les yeux- c'est notre lot à tous, de connaître des événements pénibles au cours de notre existence.
Il avait osé utiliser mon surnom, Mon surnom, pour la désigner, Elle !
-Oh Draco, j'adore quand tu m'appelles comme ça, gloussa puérilement Greengrass.
Encore une fois, je détournai les yeux, et lançai malgré moi un regard embué à Blaise, qui ne manqua pas de froncer les sourcils. Cormac arriva à cet instant et posa les boissons sur la table. Et sans lui laisser le temps de s'installer, dans un élan de colère et de détresse, je l'embrassai, sous le regard ébahi de Greengrass, l'agacement à peine perceptible de Draco, et le léger sourire de Blaise. Je tentai de garder un air serein en me rasseyant face à Cormac qui souriait l'air de dire « je savais qu'elle n'allait pas résister longtemps ». Je me retins de lever les yeux au ciel et bus tranquillement ma Bièraubeurre, fixant mon regard sur la seule personne normale aux alentours, à savoir Blaise. Ce dernier me fit un clin d'œil complice, salua son meilleur ami et s'en alla en éclatant d'un rire tonitruant.
Je ne savais pas ce qui me dérangeait le plus : les jacassements incessants de Greengrass, ou le fait que Draco se comporte gentiment avec elle. Le pire était qu'il se laissait aspirer la bouche toutes les cinq minutes, sans rechigner. Ecoeurant.
-Cormac, lançai-je en lui prenant la main, j'ai envie de rentrer me réchauffer, continuai-je, appuyant bien sur le dernier mot.
-Allons-y dans ce cas, répondit-il d'un ton entendu.
Nous nous levâmes et je lançai un coup d'œil méprisant à la Greengrass, avant de sortir…
HGDM/HGDM
Il me tenait par le poignet, une expression presque meurtrière sur le visage, son souffle caressant ma peau, et la voix aussi froide que le serpent qu'il était :
-C'était quoi, ce petit numéro au bar, tout à l'heure ? murmura-t-il.
-Je ne vois pas de quoi tu parles. Et lâche-moi.
Il n'en tint pas compte et poursuivit :
-Je ne te savais pas aussi vulgaire, Granger. T'exposer comme ça en public, en flirtant outrageusement…
Vulgaire ? J'accusai le coup, mais restai de marbre.
-Et en quoi cela te concerne que je m'expose comme tu dis ? Surtout que ce n'est pas moi qui balade mon caniche…
-Qu'entends-tu par là ?
-J'entends par là, qu'en matière de vulgarité, toi et Greengrass battez tous les records.
-Serait-ce de la jalousie que je sens poindre derrière cette remarque désobligeante ?
-Je pourrais te retourner la question.
-Et je te répondrais qu'il s'agit d'un constat lié à ton manque de considération envers ton statut de Préfète-en-Chef. Quelle image donnes-tu de nous ?
-Parce qu'il y a un nous maintenant ? répliquai-je ironiquement.
-N'y comptes pas, la seule chose qui pourrait nous réunir, je dis bien qui pourrait, c'est notre fonction commune. Rien de plus.
-Depuis quand l'image que je donne perturbe-t-elle le petit con sournois et méprisant que tu es ?
-Qu'as-tu fait avec lui ? fit-il abruptement.
-Ça ne te regarde pas, m'écriai-je en essayant de me dégager de sa poigne.
-Au fait…
Il resserra sa prise autour de mon poignet, si fort qu'une plainte brève s'échappa de mes lèvres.
-Je t'interdis de m'insulter, asséna Draco, appuyant sur chaque mot.
-Lâche-moi.
Il me fixa un moment, puis délaissa mon poignet douloureux et s'en alla terroriser quelques premières années. C'en fut trop. Comment osait-il me parler sur ce ton, me reprocher tout cela, alors qu'il ne faisait pas mieux ? C'était injuste enfin ! Je ne supportais plus de rester dans cette pièce. Il fallait que je sorte. Sur mon chemin, je n'avais croisé personne. Tant mieux. Je m'assis, les bras entourant mes jambes repliées, la tête sur les genoux, dans un petit recoin oublié du château, un endroit calme et solitaire, près de la tour des Gryffondor, où je pouvais laisser couler mes larmes refoulées depuis bien trop longtemps. Je relevai la tête en sursautant lorsque je sentis quelqu'un se poser à côté de moi. J'essuyai sommairement mes joues et lançai un regard larmoyant et plein de reproches à celui qui m'empêchait de me laisser aller à mon chagrin. Ne pouvait-on pas pleurer en paix dans cette école ?
-Je vais finir par porter plainte, tu sais.
-Tu n'es pas la seule à connaître cet endroit. Et puis tu n'es vraiment pas discrète, ajouta-t-il, son visage se fendant d'un sourire malicieux.
-Pardonne-moi d'avoir déranger la quiétude de ce couloir, rétorquai-je, morose.
-C'est oublié, s'esclaffa-t-il.
Je soupirai profondément, tandis qu'il s'installait plus confortablement, me faisant bien comprendre qu'il n'avait pas l'intention de partir.
-Dean…
-Oui Hermione ?
-On est plus tard.
Et je lui racontai tout. Les doutes et la méfiance du début lorsqu'il prétendait avoir changé de camp, les conversations forcées dues au bon fonctionnement de l'Ordre, mon entente pour le moins surprenante avec sa mère, mon rapprochement platonique de lui, mes inquiétudes lorsqu'il partait en mission, notre retour à Poudlard, mes déboires avec Ron, mes heures complices avec Harry, la relation de plus en plus intime, plus amicale avec Draco, la nouvelle bande, mon amitié qui s'annonçait prometteuse avec Blaise, et puis les sentiments. Les sentiments que j'avais refoulés, les réactions que j'avais mises sur le compte de l'attirance physique. La vague de jalousie, oui je le reconnaissais, qui grandissait en moi lorsque je voyais cette Greengrass sortir de sa chambre. Puis la peine profonde et immense que je ressentais à chaque fois qu'il m'ignorait. J'aurais voulu mettre autour de mon cou une pancarte où serait inscrit : « Eh Oh ! J'existe ! ». Ou encore lui mettre mon poing sur son nez parfait pour le rendre à jamais imparfait, histoire qu'il se souvienne de moi éternellement. Sans le confier à Dean, je me rendais à présent compte que j'étais amoureuse de Draco. Oui, moi Hermione Granger, étais amoureuse de Draco Malfoy.
-…Et tu vois, je ne comprends pas pourquoi il a réagi comme ça ! Me traiter ainsi, alors que je ne lui avais rien fait. Lui, lui il…il se trimballe avec sa potiche, il s'affiche et fait parler de lui, et je ne dis rien moi ! Tu …tu vois, je ne dis rien ! Mais moi ! Moi je suis en compagnie d'un camarade, et il m'en veut ! Il me fait une scène, et c'est…c'est injuste !
-Il n'est pas pour toi ce type, tu mérites beaucoup mieux qu'un Serpentard prétentieux, hautain, qui n'a que faire de tes sentiments. Il a réagi ainsi pour te faire sortir de tes gonds.
Il fit une pause, puis reprit, les sourcils froncés :
-Tu mérites mieux que lui. Tu devrais te détacher de lui…
-Mais je l'aime…
-Dans le vide ! Il s'en fout de ton amour ! Pendant que toi, tu es là à pleurer, lui s'amuse, et se tape Astoria, sans se demander si ça pourrait te faire du mal !
Je soupirai de découragement et il fit, d'un ton plus enjoué :
-J'ai une de ces faim moi ! Et si on allait manger ?
HGDM/HGDM
Dean avait raison. Draco ne me méritait pas, il choisissait la facilité en étant avec Greengrass. C'est vrai, il pouvait la manipuler comme bon lui semblait, se comporter en rustre insensible et indifférent, elle en redemanderait. Il avait besoin d'une fille qui le vénérait jusqu'à lui baiser les pieds, une fille aux mœurs faciles, qui se laisserait faire sans rechigner… une groupie.
Dean et moi nous retrouvions à présent à chacune de nos pauses, dans notre petit recoin favori, et discutions pendant des heures. A vrai dire, nous riions plus que nous parlions. Ces conversations me faisaient beaucoup de bien. Je me surprenais à sourire sans raison particulière, j'étais de bonne humeur, et rien, même pas Greengrass ne pouvait entacher ma joie de vivre. Grâce à Dean, j'avais repris goût à la vie et le montrais à Draco, comme il se doit.
HGDM/HGDM
A demi allongée dans un des canapés de la salle commune, je croquai dans une tablette de chocolat. Blanc. J'étais frustrée. En manque. Auparavant, je n'avais jamais compris comment les gens pouvaient être accros à la drogue, au sport, à l'alcool, ou que sais-je encore. A présent je les comprenais parfaitement. J'étais comme une droguée. Oh bien sûr je couchais tous les soirs avec Mc Laggen mais ce n'était pas Draco, et c'était de Draco que j'avais faim et non de ce foutu morceau de chocolat à la con. Je l'admettais, c'est le corps de Draco que je voulais croquer, surtout lorsqu'il sortait de la douche avec sa serviette nouée à la taille, les cheveux mouillés, les joues rosies. Comme à l'instant. Par Merlin pourquoi fallait-il qu'il expose son putain de corps si appétissant à ma vue ?
-Malfoy, pourrais-tu ôter de ma vue ce truc que tu appelles corps, s'il te plaît ?
-Si mes souvenirs sont bons, t'aimais bien goûter à chaque parcelle de ce « truc que j'appelle corps ».
Coup bas.
-C'était avant de connaître de Vrais corps, dis-je avec un sourire carnassier.
-Si tu parles de Mc Laggen, sache que tu me déçois. Es-tu sûre de l'avoir déjà vu nu ? À moins que vous le fassiez dans le noir… elle est très petite, Granger…
Je rougissais, si ce n'était que la grandeur, ça irait, mais il l'utilisait très mal aussi. Bien sûr, il était hors de question de l'admettre devant Draco. Je cachai mon trouble du mieux que je le pus, puis lançai :
- Tu mattes tes petits compagnons de Quidditch maintenant ? Serais-tu un gay refoulé ?
Ne disait-on pas que la meilleure défense c'était l'attaque ?
- S'il te satisfait c'est l'essentiel, lorsque tu voudras vraiment baiser, dis lui de venir me voir, je lui donnerai quelques conseils pour te faire grimper au rideau.
- Au moins moi je grimpe au rideau… Il parait que Greengrass est frigide, tous les mecs qui sont passés sur elles, et la liste est longue, l'affirment.
-Je comprends mieux pourquoi la belette a fini par tourner gay, après être passée sur toi…
-Insinuerais-tu que Greengrass serait en fait un homme ?
-Oh non, on va dire qu'avec elle, il y a matière à toucher.
-Vu le thon effectivement, je ne peux qu'être d'accord avec toi.
-Tu es très mal placée pour parler de thon, très chère, fit-il, me lançant un clin d'œil.
Connard. Comment pouvais-je désirer un être aussi abject ? Je recommençai à picorer tranquillement ma tablette, faisant fi de ses remarques désobligeantes. Il poussa un soupir agacé et je relevai la tête, voyant ainsi cette lueur qui je n'aurais cru distinguer à nouveau dans ses yeux. Le désir. Certes, c'était surprenant, voir consternant, mais je ne pouvais me tromper, cet éclat, je le reconnaissais entre mille. Ainsi, le grand Draco Malfoy désirait encore le petit rat de bibliothèque…Ma foi, profitons-en.
-Un problème Draco ? le questionnai-je en gratifiant mes paroles d'une œillade provocatrice.
Il fut stupéfait, puis reprit son air impassible et hautain et déclara :
-C'est toi mon problème.
Et il partit. J'éclatai alors de rire. Bien sûr il n'allait pas en rester là, mais que cela faisait du bien de savoir que je n'étais pas la seule de nous deux à ressentir encore quelque chose.
HGDM/HGDM
-Et là il me dit, attention tiens-toi bien, « c'est toi mon problème » !
Je ris à gorge déployée, tandis que mon ami souriait plus par politesse que par amusement.
-Tu ne trouves pas ça drôle ? Enfin, c'est toi qui me disais qu'il fallait que j'aie du répondant. Eh bien voilà ! Et là, tu n'est pas content, terminai-je en boudant.
-Ce n'est pas que je ne suis pas content, Hermione, c'est juste que…je pense que tu ne devrais pas utiliser Cormac ainsi. Certes il a tous ses défauts, il est …ce qu'il est, mais il ne mérite pas ça. Imagine qu'il s'attache à toi ou quelque chose comme ça, tu auras joué avec ses sentiments juste pour te venger d'un petit con.
-C'est vrai…
Je restai pensive et réfléchis à ses paroles.
-Allez, ne fais pas la tête, et raconte-moi encore comment tu as fermé le clapet à la fouine…
HGDM/HGDM
Mission : Rompre avec Cormac. Je respirai un grand coup et l'interpellai, dans le hall d'entrée, juste devant la Grande Salle. Tout va bien se passer Mione, ne t'en fais pas. Il eut un sourire des plus gentils (et niais) et vint à ma rencontre. Il déposa un baiser sur mes lèvres, et commença à parler… de lui, comme toujours.
-Cormac, le coupai-je, il faut que je te dise quelque chose.
Il haussa les sourcils, et m'intima de continuer.
-Bien, je crois…qu'il serait mieux pour …tous les deux… que l'on en reste là.
Il resta bouche bée durant quelques secondes, puis explosa, attirant ainsi tous les regards des élèves présents :
-Tu te fous de moi ? On ne quitte pas Cormac McLaggen.
Pitié, même Draco ne dirait pas une chose pareille.
-Cormac, baisse le ton s'il te plaît, tout le monde nous regarde, chuchotai-je. On peut en parler si tu le souhaites.
Cette nouvelle assemblée autour de nous semblait au contraire lui faire plaisir. Alors il vociféra encore et encore, des paroles confuses, où se mêlaient quelques jurons. J'attendais patiemment qu'il ait fini, ne voulant pas attiser encore plus sa colère.
-De toute façon, si je t'ai adressé la parole, c'était seulement pour ton cul et rien d'autre, termina-t-il. A part ça, tu n'es rien…rien du tout, sale Sang-de-Bourbe.
Tout se passa très vite. Plusieurs éclairs surgirent de part et d'autre de moi, des cris de rage se firent entendre. Je restai néanmoins insensible à l'agitation autour de moi. Il avait osé, lui, me traiter de Sang-de-Bourbe. Je le savais ingrat, imbu de lui-même, arrogant, lourd, mais je ne m'étais pas rendue compte à quel point il était ignoble.
Lorsque je repris contenance, Cormac semblait évanoui, une de ses arcades ainsi que sa lèvre inférieure étaient contusionnées et des furoncles commençaient à poindre de son visage. En levant les yeux, je vis près de lui, Ginny, Luna, et Ron, tenant leur baguette, Harry qui se massait le poing, et à ma grande surprise, Draco qui contractait et relâchait les muscles de sa main. Tous avaient une expression meurtrière sur le visage. Ils l'avaient attaqué…pour moi. Alors que je sentais mon corps défaillir, deux bras forts encerclèrent ma taille et m'emmenèrent loin d'eux. Je me laissais guider docilement, et ce fut le noir complet.
HGDM/HGDM
Je me réveillai lentement, et je regardai le blessé à quelques lits de moi, et voulus savoir ce qui lui était arrivé.
-Eh bien, je lui ai lancé un sortilège qui donne des furoncles, après que Harry l'ait frappé à l'arcade et Draco, à la lèvre.
-Draco ? Comme dans Draco Malfoy ?
-Tu en connais d'autres ? rétorqua ma meilleure amie, ses lèvres étirées en un sourire espiègle.
-Que s'est-il passé ensuite ?
-Etant donné que les deux Préfets-en-Chef étaient en cause, les Préfets ont pris le relais et ont rétabli l'ordre et le calme. Bizarrement, aucun professeur n'était présent. Ensuite, poursuivit-elle, Blaise –ses joues rosirent un instant– t'a emmenée ici. Voilà.
-Ginny, tu es aussi amoureuse de Blaise, qu'Harry de Théo.
-N'importe quoi, fit-elle en détournant le regard.
-Tes joues te trahissent, Gin.
Elles étaient effectivement d'un rouge soutenu.
-Maudits soient mes géniteurs roux, maugréa-t-elle.
Nous nous jaugeâmes un instant du regard, puis éclatâmes de rire.
Retrouvant son sérieux, elle fit :
-Ça fait du bien de te retrouver Mione.
-Je suis désolée de vous avoir délaissés ces derniers temps… Pardon.
-Tu es là maintenant, c'est l'essentiel.
HGDM/HGDM
Je m'éclaircis la gorge, faisant mine de signaler ma présence, et fis :
-Merci.
Pas de réponse.
-J'ai dit merci, répétai-je un peu plus fort.
-J'ai entendu, énonça-t-il clairement sans lever les yeux de son livre.
Quel impertinent ! Je retins un soupir et continuai :
-Tu n'étais pas obligé de me défendre, tu sais…
-Je sais.
-Et pourtant, tu l'as fait.
-Oui, je l'ai fait.
-Pourquoi ça ?
-Parce que personne n'a le droit de t'injurier de la sorte, fit-il calmement.
-Si mes souvenirs sont bons, c'est pourtant toi le premier à m'avoir insultée.
Il leva subitement les yeux vers moi, ses prunelles orageuses me fixant durement.
-Je croyais que combattre et espionner Voldemort pour l'Ordre t'aurait fait comprendre que mon point de vue a changé à ce sujet. D'ailleurs qu'a fait ton Cormac, pendant que je risquais ma vie pour sauver des millions de personnes ? Que faisait-il pendant tout ce temps ? Ah oui, c'est vrai, il s'est réfugié dans je ne sais quel trou paumé !
-Il n'y a pas que toi qui as encouru de graves dangers durant cette guerre ! Et puis ce n'est pas Mon Cormac, comme tu le prétends !
-C'est vrai, il n'y a pas que moi, commença-t-il d'un ton calme et menaçant, mais en attendant, ce sont toujours les Serpentards qui sont blâmés, fautifs ! On nous traite de lâches, de partisans des forces du mal, capables de toutes les félonies possibles !
Il avait du mal à contrôler le volume de sa voix, parlant ainsi d'une voix sonore et puissante.
-Il n'empêche que nous avons aussi participé à cette guerre, nous avons perdu des êtres chers, j'ai assassiné des personnes innocentes, des bébés ! Je rêve encore qu'on me torture, je suis toujours marqué ! –il tira sur la manche gauche de sa chemise, me montrant ainsi le signe de reconnaissance des Mangemorts- j'entends encore les hurlements des victimes immolées d'une manière que son esprit simplet ne pourrait pas imaginer, je voyais ce qu'il restait de leurs corps, pendant que lui, que j'entendais tous les soirs hurler encore et encore dans ta chambre, il se dorait la pilule sur une plage au sable fin !
Sa voix se brisa. Je restais coite devant lui, ne sachant que dire. Un bruit derrière nous me fit sursauter.
-Pardonnez-moi de cette interruption dans vos joutes verbales, mais Mione avait oublié son écusson à l'infirmerie.
Blaise s'approcha de moi, posa l'objet dans ma main, mais ne m'accorda pas un seul regard, ses yeux s'obstinant à fixer son meilleur ami. Son air était indéchiffrable. Après quelques minutes empreintes de tension, il reprit :
-Bon, je n'ai plus rien à faire ici, je pense, il ne me reste plus qu'à…
-Non, m'alarmai-je.
La dernière chose que je souhaitais, c'était de rester avec un Draco on ne peut plus énervé. L'imperceptible lueur démente qui dansait dans ses yeux m'effrayait quelque peu.
-Tu devrais aller te reposer, Mione, conseilla Blaise avec l'air de dire « je m'en charge ».
Lui aussi l'avait remarquée. Il déposa un baiser sur mon front, puis m'intima de rejoindre ma chambre. J'avais l'impression d'être de retour en enfance. Lors des rares disputes de mes parents, mon père agissait toujours ainsi il me bordait, me murmurait des paroles apaisantes… et la dispute reprenait de plus belle. A ce moment là, je collais mon oreille à la porte pour entendre tout ce qui se disait, ou plutôt se hurlait.
Prise de la même curiosité malsaine, je répétais ce geste datant de ma jeunesse et écoutais presque avidement.
-Tu deviens jaloux, vieux.
-Je ne vois pas de quoi tu parles.
-Alors c'était quoi cette tirade haineuse ?
-C'est juste que… qu'elle m'accusait d'être comme lui !
Je retins un cri de mécontentement. N'importe quoi !
-Elle n'aurait jamais fait ça, Dray.
-Je le sais…
-Allons faire un tour, un peu d'air frais te fera du bien.
C'était tout ? Mais il n'y avait rien d'intéressant ! Sur ce coup là, je préférais les disputes de mes parents ! Boudeuse, je me changeai, éteignis la lumière et me couchai. Mais le sommeil ne venait pas…en même temps j'avais apparemment dormi presque toute l'après-midi…
J'allumais alors ma baguette et pris un livre qui traînait sur mon bureau.
Après avoir lu, une centaine de pages, le sommeil, qui me guettait déjà depuis un moment, s'empara presque de moi. Alors, ensommeillée et les membres ne demandant plus qu'à se reposer, je murmurai « Nox », ce qui éteignit l'éclat au bout de ma baguette, déposai le livre sur ma table de chevet et m'installai plus confortablement sous la couette. Un bruit retint alors mon attention. La poignée de la porte s'abaissa lentement et un mince faisceau de lumière se faufila par l'embrasure. Quelques pas se firent entendre. Je fermai instantanément les yeux, feignant ainsi de dormir. Draco glissa délicatement ses doigts sur ma nuque, son pouce caressant ma joue en y formant de petits cercles. Il retira sa main bien trop rapidement à mon goût, puis resta là, debout devant mon lit. Enfin il s'en alla en murmurant :
-Bonne nuit, bella mia.
HGDM/HGDM
Le lendemain, cela ne fut qu'un souvenir brumeux. Je n'y accordais pas vraiment d'importance. Après tout, cela n'était peut-être qu'un rêve.
Hum, comme dirait ma bêta adorée, cette chère Lissoue (que je ne remercierais jamais assez) il se passe beaucoup de choses dans ce chapitre ^^
Alors, vos impressions de lecture ? =)
