Hello tout le monde, y'a du nouveau ici !
Ce chapitre est bien plus long que celui posté hier et contient même un petit début de lemon.
J'espère qu'il vous plaira, on se retrouve en bas :)
Trois semaines plus tard
POV Hermione
Trahison : Cesser d'être fidèle à quelqu'un, à un groupe, à une cause, les abandonner. J'avais trahi Dean. Je l'avais abandonné. C'était ce que j'avais fait. Il avait raison, j'étais une trainée, je ne le méritais pas. Je ne méritais pas tout ce qu'il m'avait apporté. Son écoute, son empathie, son rire, sa tendresse, son affection. Son amour. Son amour, que je n'avais pas su lui rendre. Que je n'avais pas mesuré à sa juste valeur. Que je n'avais pas pris tel qu'il était. Innocent. Insouciant. Pur. Je l'avais trahi.
Je sentais vaguement une caresse sur ma joue. Sûrement une larme égarée. J'avais cessé de pleurer à présent. Depuis combien de temps, je ne le savais pas.
-… mal… Hermione ? me demande-t-on.
J'entendais cette voix, au loin. Impossible de la reconnaître. Il y avait beaucoup de choses que je ne distinguais plus. Le temps, l'espace, les bruits, les gens, les sensations, les sentiments. Tout cela avait été recouvert par une brume grisâtre, un voile s'était déposé sur mes yeux, m'empêchant de distinguer les couleurs, les personnes. Un bourdonnement assourdissant avait trouvé refuge dans mes oreilles, me permettant de capter des sons, des paroles dans un brouhaha incompréhensible. Je n'avais plus conscience de mon corps, en avais-je encore un ? Tout cela était confus depuis que je l'avais trahi. Je perçus au loin une main qui bougait devant mes yeux.
-Hé oh ! La Terre … Hermione !
-… inquiétant … dodeliner de la tête.
-… possédée.
-Laissez la tranquille, tous.
Cette voix. Cette voix chaude et masculine. Je l'entendais plus clairement. Plus souvent aussi. Et je savais qu'elle me faisait du bien. Une sensation de chaleur.
-Ne les écoute pas, carina, me murmura cette voix. Tu es parfaite.
Une parfaite traîtresse. Je tentai de le dire, de rétorquer, de hurler cela. Mais je ne le pus. Trop faible. Lasse. Fatiguée. Impuissante. Vide.
Vide : sentiment de manque, de privation dû à l'absence, au départ de quelqu'un. Il n'était plus là. Il était parti. Je le savais. Je ne sentais plus sa présence autour de moi. Parce que je l'avais trahi. Des images fugaces me revinrent. Des traits déformés par la trahison subie. Une baguette qui s'élevait. Cela m'arrivait souvent. Au début je tentais de comprendre ses visions, mais elles semblaient flotter au-dessus de moi, et dès que j'essayais de les attraper, elles s'éloignaient et disparaissaient. Et le bourdonnement dans mes oreilles revenait. Alors je laissais ces images venir à moi, et repartir. Cette scène-là resta. La baguette s'élevait. Un éclair. Je me sentais courir. Une douleur indescriptible. Un dernier regard. Ce visage. La finesse de ce visage. Tout ce qu'il représente pour moi. Ses yeux gris se dirigeaient vers moi, au ralenti. Comme dans un film. Je tombai. Le noir. Complet. L'image était partie. Seul ce visage reste devant mes yeux.
Ses images m'avaient épuisée. J'entendis des bruits de pas qui s'éloignaient. Le visage, maintenant brouillon, aux traits confus, était en face de moi. Il s'approcha, je sentis quelque chose sur mon front, puis il repartit. Et me laissant seule. Non, je n'étais pas seule. La chaleur était revenue. Je sombrai.
HGDM/HGDM
Je perçus un changement mais ne parvins pas à l'identifier. Je ne cherchai pas à l'identifier. Le visage, les yeux gris étaient revenus. La chaleur aussi. Elle me quittait de temps en temps mais elle revenait, elle aussi. C'était comme se réchauffer près d'un feu de cheminée en plein hiver, une tasse de chocolat fumant entre les mains, une couverture posée sur les jambes. Et ce visage qui continuait de flotter devant moi. Soudain je réalisai. Le bourdonnement était parti. J'appréciai le silence complet. Une quiétude s'empara de moi. Le silence est presque complet. J'entends mon cœur battre. L'entendais-je ou le sentais-je ? Etait-ce réellement le mien ? Oserai-je bouger la main ? Avais-je encore une main ? Un corps ? Essayer de remuer. Juste du bout des doigts. Juste un peu. Là. Je sentis une étoffe douce. De la soie, peut-être. Je sentis brusquement l'air remplir mes poumons. J'avais un corps. Je montai ma main contre ma poitrine. Je sentis mon cœur battre. Le visage était toujours là, les contours plus flous. Il souriait à présent. La brume se dissipait lentement mais je ne voyais toujours rien. Le silence était presque complet. J'entendis une voix. Non. Sa voix. Je murmurai alors :
-Draco.
Le visage était parti. Ce n'était pas grave. J'étais vivante.
Vivant : qui a les caractéristiques de la vie, par opposition à ce qui est inanimé, inerte.
Je redécouvrais mon corps, sollicitant le moindre muscle, la moindre articulation. Mes mains parcoururent chaque parcelle de ma peau. Je sentis alors un renflement, comme une cicatrice sur mon ventre, une autre sur ma joue. Je constatai aussi que j'avais maigri, sentant plus facilement mes os sous ma peau. Mes cheveux étaient emmêlés mais semblaient propres au toucher. Je tendis subitement l'oreille. Draco parlait à nouveau. Je n'avais pas rêvé, il était là. Je tentai de me lever du lit, de son lit, eut du mal à tenir debout. Je me sentis vaciller et me rattrapai au mur. Je parcourus difficilement les quelques mètres qui me séparaient de la porte et resta figée, soudain prise de vertiges, de nausées. L'air devint chaud, moite. Je commençai à paniquer, pour une raison confuse. Je tournai la tête, cherchant désespérément une solution et mon regard s'arrêta sur son portrait, posé sur son bureau. Je dévisageai son visage, qui me sourit. Alors j'ouvris la porte et la lumière me surprit. La brume était partie.
HGDM/HGDM
Quelques heures plus tard
Assise dans le canapé du salon, je fixai ma tasse de thé. Je ne réfléchissais à rien, je voulais juste éviter son regard qui, je le savais, était posé sur moi. Il ne m'avait pas quitté des yeux une seule seconde. Même quand il avait demandé à nos amis de nous laisser un peu d'intimité, après qu'ils m'eussent tous pris dans leurs bras pour exprimer leur joie et leur soulagement. Même quand il avait tenu la porte de la salle de bain. Même quand je lui avais assuré être capable de prendre ma douche seule. Quand Rogue et Dumbledore avaient examiné mes signes vitaux. Quand il avait demandé à un elfe de maison de nous apporter un repas. J'évitais son regard. Je me sentais idiote. J'avais pourtant rêvé de pouvoir observer son visage, lui, le vrai, pas celui qui se manifestait dans mon esprit. Et maintenant je fuyais. Lâche.
-Hermione, tout va bien ? s'enquit-il.
-Mh ? Oui, je pense.
Je l'entendis se lever et vis ses jambes, du coin de l'œil, se diriger vers moi. Il prit place dans le canapé et me prit mon visage en coupe. Je fermai les yeux alors qu'il dirigeait mon visage vers le sien.
-Regarde-moi, Hermione.
-Je ne le mérite pas.
-Pourquoi cela ?
Je demeurai silencieuse. Ce que je ressentais était tellement fort, tellement intense que je ne pouvais l'exprimer. Il se rapprocha alors de moi, l'une de ses mains caressant ma nuque tandis qu'il effectuait des petits cercles sur ma joue avec le pouce de l'autre main. Je soupirai d'aise en laissant aller ma tête contre son torse et chuchota alors :
-Merci.
-De quoi ? Je n'ai rien fait, répondit-il sur le même ton.
-Je sais que j'ai reçu le maléfice de Dean, et c'est grâce à toi que je suis sortie de mon coma.
Il me repoussa gentiment mais fermement et me tint par les épaules.
-Tu n'étais pas plongée dans un coma, Hermione.
Je levai instinctivement les yeux vers lui, choquée de l'annonce qu'il venait de faire.
-Mais si ! Je ne me souviens quasiment plus de rien, j'ai eu des flashbacks, des images de ce qui s'est produit cette nuit-là. Je me rappelle m'être interposée et j'ai clairement entendu « Sectumsempra ». Que dis… Pourquoi dis… Draco ?
Je perdais contenance, voyant que son expression se durcissait au fur à mesure que je parlais.
-Draco… Si je n'étais pas dans un coma profond… alors… comment se fait-il que je ne me souvienne plus de rien ? Quel… Quel jour sommes-nous ?
-Vendredi, dit-il, placide.
-La date, Draco !
-Vendredi 5 juin.
Je me levai subitement. Le vertige, les nausées, la panique revenaient. Je haletai, sentant le manque d'air dans mes poumons.
-Hermione, par pitié, calme-toi.
-Que je me calme ?! Il me manque trois semaines de ma mémoire, Draco, trois semaines ! et tu me dis que je ne dormais pas, que s'est-il passé, nom d'un chien ?
Il prit l'arête de son nez entre ses doigts et prononça d'une voix lente et profonde :
-Granger, deux choix s'imposent à toi. Tu te calmes et je raconte tout, ou alors je te jure que je t'envoie faire une longue, très longue sieste.
Voyant ses prunelles s'assombrir, je pris ses menaces au sérieux et m'exhortai au calme, m'imposant de longues respirations, contrôlant les tremblements qui parcouraient mon corps. Je me rassis à côté de lui, pris une gorgée de thé et restai silencieuse pendant un long moment. Il patientait. Je levai la tête, me tournant vers lui. Il continuait de me fixer, mais ses yeux avaient retrouvé leur couleur habituelle.
-Raconte-moi.
-D'accord, mais tu dois m'écouter jusqu'à la fin, sans m'interrompre.
Je promis. Il prit une grande inspiration.
-Après que tu aies été…blessée, commença-t-il lentement, j'ai voulu m'en prendre à ce…à Thomas, et… ne regarde pas comme ça, j'ai dit voulu, je ne lui ai malheureusement rien fait, Blaise m'en a empêché. Je me suis donc concentrée sur toi. Tu saignais. Beaucoup. Et tu étais inconsciente. Je t'ai donc portée jusqu'au bureau de Rogue, qui t'a soignée. Dumbledore, que Rogue avait prévenu, est arrivé. Je lui ai raconté ce que j'avais vu. Bien évidemment il me manquait une partie de l'histoire car, à mon arrivée tu étais déjà meurtrie. Je sais qu'il a ensuite convoqué Thomas, je ne connais pas tous les détails de leur discussion mais le fait est qu'il est parti. Définitivement.
Il fit une pause, guettant ma réaction. Je restai impassible et l'intima de continuer. Il reprit :
-Tu es restée inconsciente pendant deux jours et grâce à Rogue, tu as pu te rétablir rapidement. Et c'est là que… Non, je suis navré Hermione, je ne peux pas.
-Pourquoi ? C'est là que quoi ? Dis-le-moi, tu me l'as promis.
-C'est trop… difficile, je ne peux pas, c'est tout.
-Mais qu'ai-je fait qui soit si répréhensible que tu ne puisses pas me le dire ? m'énervai-je, torturée.
Il se leva d'un bond et me prit par la main.
-Suis-moi.
Il m'emmena à l'extérieur de nos appartements. Il marchait si vite que j'eus du mal à le suivre. J'avais la tête emplie de questions, redoutant le pire. Il s'arrêta subitement et je heurtai son dos, tandis qu'il énonçait le mot de passe du bureau du professeur Dumbledore. La gargouille s'écarta et nous gravîmes prestement les marches menant au bureau du directeur. Avant qu'il n'eût le temps de frapper à la porte, celle-ci s'ouvrit d'elle-même. Le vieil homme est assis derrière son bureau, la tête baissée, griffonnant quelques mots sur un parchemin.
-Je me demandais à quel moment vous alliez arriver, monsieur Malfoy. Entrez-donc, jeunes gens, et prenez place, fit-il en désignant les fauteuils près de la table basse. Je vais chercher la Pensine.
Nous obéîmes tandis que le directeur s'éloigna. Il revint rapidement et posa l'objet sur la table.
-Professeur, comment… commença Draco.
-Jeune homme, vous me connaissez suffisamment aujourd'hui pour être conscient de ma capacité à tout savoir dans ce château, répondit-il d'un air sévère.
-Je vous prie d'excuser ma…
-Et, continua Dumbledore, les yeux pétillants de malice. Disons que je garde toujours un œil sur mes élèves préférés. Maintenant Draco, je vous invite à procéder à l'extraction de vos pensées. Je pense ne pas me tromper en disant que Mademoiselle Granger a, et aura besoin de repos durant les prochains jours.
Draco hocha la tête et porta sa baguette à sa tempe. Un mince filament argenté s'accrocha au bois.
-Très bien, Draco, félicita le vieil homme en frappant dans ses mains. Maintenant dépose ceci dans la Pensine.
Le blond s'exécuta et se tourna vers moi. Il n'avait pas lâché ma main.
-Voilà, maintenant tu sauras tout.
Je m'approchai alors du récipient et me sentis aspirer.
HGDM/HGDM
POV Externe
-Hermione, fit Draco en entrant dans le bureau de Rogue. Tu es enfin réveillée.
Il se précipita vers le lit sur lequel elle reposait et enlaça tendrement sa dulcinée, couvrant son visage de baisers.
-Draco ? Que s'est-il passé ? demanda-t-elle, désorientée.
Il s'éloigna et caressa son visage, lui murmurant que tout était fini, que tout allait très bien, qu'elle était rétablie, et qu'elle n'aurait pas de séquelles. Il se trompait.
-Des séquelles ? Mais à quoi seraient dues ces séquelles ?
-Hermione, Thomas m'a attaqué et tu t'es interposée, tu ne t'en souviens pas ?
Le blond leva les yeux vers son parrain, de l'autre côté de la pièce. Le professeur Rogue avait une expression indéchiffrable.
-Pourquoi m'a-t-il… articula-t-elle lentement.
Ses yeux étaient dans le vague. Puis elle s'anima :
-Oh Merlin ! Il a tout découvert ! Il… Il était en colère et il… m'en voulait !
-Mione, calme-toi s'il te plait.
Elle agrippa le col de sa chemise, le fixant de ses yeux fous.
-Tu ne comprends pas, nous l'avons fait souffrir ! Je l'ai fait souffrir ! Comment ai-je pu ! Je suis un monstre, Draco, UN MONSTRE !
Elle continua à hurler un moment, face à un Draco impuissant, puis elle se mit à pleurer à chaudes larmes. Draco s'installa alors près d'elle, la serra dans ses bras et attendit que les larmes tarissent, regardant le soleil se lever à travers la fenêtre.
Il faisait nuit à présent. Les larmes ne s'étaient toujours pas arrêtées.
HGDM/HGDM
Parc de Poudlard
Draco était de plus en plus morose, de plus en plus absent. Ses meilleurs amis s'inquiétaient de son état. Ils avaient réussi à le faire quitter le château. Il avait besoin de prendre l'air. Depuis deux semaines et quelques jours, il passait son temps à jongler entre les cours, les obligations de Préfet-En-Chef, et prendre soin d'Hermione. Surtout prendre soin d'elle. A présent, il ne pouvait s'empêcher de jeter des coups d'œil fréquents vers la bâtisse.
-Dray, elle va bien, elle est avec tout le monde, fit Théodore.
Draco reporta son attention sur son ami et haussa les épaules.
-Je ne suis pas certain que « bien » soit le mot le plus approprié pour décrire son état actuel.
-Cela ne change rien au fait que tu doives prendre un peu de temps pour toi.
-Elle a besoin de moi, Théo.
-Et surtout, tu dois arrêter de ressentir cette culpabilité. Cela te ronge de l'intérieur. Ce n'est pas toi qui l'as mis dans cet état quasi-végétatif.
-Si, souffla-t-il. Je suis l'unique responsable. J'aurais dû la laisser tranquille. Elle ne voulait pas et je l'ai persuadée que c'était la meilleure chose à faire. Je n'ai pensé qu'à moi, encore une fois. Elle aurait pu être heureuse avec lui, il ne l'aurait jamais mise dans cet état. Je ne peux pas la rendre heureuse. Je n'ai pas appris à rendre quelqu'un heureux. Je ne sais que causer de la souffrance. Voilà ce que je suis, un tortionnaire meurtrier qui causera sa perte.
Draco ne vit pas le coup arriver. Il sentit juste une douleur croissante au niveau de sa mâchoire.
-Tu mérites ce coup de poing et tu le sais, dit simplement Théodore, la voix et les yeux froids comme la mort. Comme tu le disais, elle a besoin de toi, et ce n'est pas avec ce genre d'attitude qu'elle ira mieux.
-Je ne veux pas la perdre…
Les yeux de Draco s'emplirent de larmes. Son meilleur ami se rapprocha alors de lui et passa un bras amical autour de lui. Draco lâcha prise.
HGDM/HGDM
Alors qu'ils se dirigeaient vers les appartements des préfets, Draco lança :
-Au fait, Nott, amuse-toi à me frapper une nouvelle fois, et je te tue.
-Ce ne sera que la cent-dixième fois que tu me menaces dans ce cas. Une de plus, une de moins…
Les deux amis se firent face et le cœur de Théodore fit un bond lorsqu'il vit un sourire sincère s'épanouir sur le visage du blond. Il n'avait pas souri depuis si longtemps.
Alors qu'ils entraient dans la salle commune, ils assistèrent à une scène qui fendit l'âme de Draco. Ginny tentait de faire prendre son repas à Hermione.
-Je t'en prie, Hermione, il faut que tu manges. Prends tes couverts, s'il te plait.
Devant le manque de réactivité de son amie, la rousse poussa un énième soupir. Cela faisait une heure qu'Hermione était assise devant son assiette, le même air inexpressif sur le visage. Une coquille vide. Elle respirait, se déplaçait, assistait aux cours, il n'en demeurait pas moins que son esprit était ailleurs. Ginny aurait obtenu le même résultat en parlant à un mur. Tout le monde avait essayé, en vain. Ron avait parlé, Pansy s'était énervée, Luna avait raconté une histoire dont elle seule comprenait le sens, et Harry… Harry n'avait même pas tenté. Il était préoccupé comme à son habitude. Il avait surtout guetté le retour de son ancien petit ami, l'estomac noué, et s'était préparé à s'éclipser lorsque le brun apparaîtrait. Blaise avait fait une plaisanterie douteuse, qui n'avait déridé personne. Plus personne ne riait vraiment ici.
-Laisse, Ginny, je m'en occupe.
Ginny tressaillit en entendant la voix de Draco et lui jeta un regard plein de reconnaissance, puis culpabilisa d'être reconnaissante quand lui montrait autant de détermination à animer Hermione. Le blond se rendit compte de son malaise mais ne s'en formalisa pas. Il prit place aux côtés de sa belle, non sans avoir auparavant embrassé son front. Il la vit frissonner au contact de ses lèvres. Comme toujours. Et comme toujours, il lui caressa les cheveux et commença à lui parler d'une voix douce. Il lui parla longtemps, sans jamais montrer de signe d'impatience. Elle tourna la tête vers lui, donnant presque l'impression de le regarder et de l'écouter. Mais elle ne le regardait pas, pas vraiment, ne l'écoutait pas non plus. Ayant obtenu un signe de vie de sa part, Draco se servit un plat, tout en lui parlant et commença à manger. Voyant qu'elle ne réagissait pas, il lui intima de prendre ses couverts et de partager le repas avec lui. Comme une marionnette, elle obéit et mangea. Draco se tourna vers ses amis, leur fit un signe de tête, leur indiquant qu'ils pouvaient partir. Draco ne pouvait pas leur parler, il lui parlait à elle.
Hermione était capable de prendre sa douche seule, mais il tenait à être avec elle. Il prépara donc son bain, sans jamais cesser de lui parler, puis l'intima d'entrer dans la baignoire. Il resta à l'extérieur et la savonna, d'une façon douce, chaste. Pure. Puis il lui tendit son peignoir à lui, et elle l'enfila docilement, les yeux rivés vers un horizon lointain. Il l'installait alors dans ses draps de soie gris, l'encerclait de ses bras fermes et caressait ses cheveux. Il continua de lui parler jusqu'à ce ses yeux fussent clos.
Comme tous les soirs, il fuma une cigarette, les bras appuyés sur la rambarde de la terrasse, prit rapidement sa douche, puis s'installa dans le canapé et se servit un verre de Whisky Pur Feu qu'il avala d'une traite. Enfin, comme tous les soirs, il prit sa tête entre ses mains et pleura doucement, en implorant Merlin, le ciel ou qui que ce fusse d'autre de lui pardonner et de lui rendre son Hermione.
HGDM/HGDM
POV Hermione
J'étais de retour dans le bureau de Dumbledore. Draco n'était plus à mes côtés. Il était maintenant installé devant le bureau du directeur. Ce dernier se tourna vers moi.
-Hermione, vous êtes de retour parmi nous, c'est très bien. Venez-vous asseoir, je sens que vous avez d'innombrables questions qui se bousculent dans votre tête.
-Si vous voulez bien m'excuser, professeur, je souhaiterais patienter dans le couloir.
-Bien sûr Draco, faites donc.
Draco passa devant moi et ferma la porte. Je pris place sur l'une des chaises tandis que le vieil homme me scrutait, un léger sourire aux lèvres. J'avais l'impression qu'il lisait en moi comme dans un livre ouvert.
-A dire vrai, je n'ai qu'une question, professeur.
-Vous voulez comprendre ce qui vous est arrivé, Hermione. Faisons simple : vous êtes une personne pleine de qualités. Vous êtes en effet brillante, intellectuelle, forte, vous avez l'esprit vif et beaucoup de courage. Mais, fit-il en levant la main alors que j'ouvrais la bouche, la plus grande qualité que vous possédez est votre empathie. Réfléchissez, Hermione, d'après vous, pourquoi vous ai-je demandé d'être l'interlocuteur de monsieur Malfoy lorsqu'il espionnait au sein du camp de Voldemort ? Pourquoi n'ai-je pas confié cette mission à Harry, ou Ronald ?
-Parce qu'ils n'auraient pas pu mettre de côté tout leur ressentiment et n'auraient pas pu collaborer avec lui.
-C'est tout à fait cela, Hermione. Draco vous a fait vivre un calvaire pendant toute votre scolarité et pourtant vous avez su être là pour lui durant la guerre. Vous avez su ouvrir votre esprit et votre âme et accepter sa souffrance lorsque par exemple, il revenait d'une mission imposée par Lord Voldemort. Vous vous êtes mise à sa place, et c'est cela qui vous a permis de sympathiser avec lui, de le considérer comme une personne. Croyez-moi quand je vous affirme que vous avez une grande empathie.
-Mais professeur …
-C'est cette qualité qui vous a infligé tous ces dégâts, Hermione. Vous avez souffert de voir le mal que vous aviez fait à monsieur Thomas parce que vous ne supportez pas voir les gens souffrir injustement. La douleur était tellement immense qu'elle a provoqué en vous un choc psychologique. La magie intensifie toujours les émotions. Votre corps, votre subconscient, appelez cela comme vous le voudrez, a agi ainsi pour vous protéger. Tout simplement. Lorsque Severus m'a informé de votre état, j'ai proposé de vous faire admettre à Sainte-Mangouste mais monsieur Malfoy s'y est fermement opposé. Je dois dire qu'il avait raison de vous garder près de lui.
Voyant que je ne réagissais pas, il reprit en se penchant vers moi :
-Arrêtez de vous fustiger, mademoiselle Granger. Les sentiments que vous éprouvez pour monsieur Malfoy ne font pas de vous quelqu'un de mauvais. Acceptez-le et vous vous en porterez bien mieux. De plus, je vous recommande vivement de ne pas vous blâmer. Certes ce que vous avez vu dans ses souvenirs est loin d'être plaisant, toutefois, acceptez ces actes comme ils le sont réellement : une preuve d'amour. Et l'amour, mademoiselle Granger, est la plus grande magie qu'il puisse exister. Maintenant, je vous invite à rejoindre votre colocataire afin que vous puissiez tous les deux vous reposer.
Je me levai prestement et m'excusai de l'avoir mêlé à des histoires d'étudiants.
-Depuis que le Seigneur des Ténèbres est parti, j'avoue qu'un peu de distractions n'est pas de refus, rétorqua-t-il en me lançant un clin d'œil. Et puis, quelque chose me dit que cela ne fait que commencer. Bonne nuit, Hermione.
-Bonne nuit, professeur Dumbledore.
Je sortis du bureau et descendit tranquillement les marches. Alors que j'ouvrai le passage secret, je vis Draco faire les cent pas dans le couloir, l'air anxieux. Il s'arrêta en constatant ma présence. Il me toisa, tentant d'évaluer mon état.
-Alors ? dit-il, une pointe d'appréhension dans la voix.
Je m'approchai de lui lentement, sereine, le regardant droit dans les yeux, me délectant de son trouble face à ce changement de comportement, et lui dit :
-Alors, joyeux anniversaire, Draco.
Je m'écartai alors de lui, hilare. Il fut troublé un instant puis son visage s'illumina et éclata d'un rire franc, libérant ses épaules d'un poids que je savais immense.
HGDM/HGDM
Salle commune des Préfets-En-Chef
Je fixais de nouveau ma tasse de thé. Je n'évitais pas son regard cette fois-ci. Je patientai. J'entendis un long soupir de mécontentement. Cela faisait une heure que nous étions rentrés et j'avais refusé de lui dire ce qui s'était passé dans le bureau. Après tout, il avait décidé de partir. Je refusais aussi de lui dire ce qui me mettait d'aussi bonne humeur. Pas maintenant. Plus tard. Il avait dû se contenter de cette réponse évasive et avait commencé à bouder. Le voir ronchonner dans son coin m'amusait. Il n'allait pas être déçu. Réprimant mon sourire, je levai les yeux vers lui, avenante :
-Un problème ?
-Tu as le regard vide, encore, maugréa-t-il. Et je n'aime pas cela.
-Alors peut-être que je pourrais faire autre chose. Tiens, je vais aller prendre ma douche. Je rêve d'une douche !
Encore un long soupir.
-Tu en as pris une quand tu t'es… tout à l'heure.
J'ignorai la remarque et filai vers la salle de bain. Je jetai un coup œil rapide à ma tenue suspendue au portant et souris. Il allait me détester après cela mais je m'en moquais. Après ces semaines « d'absence », je me doutais bien qu'il ne rêvait que de moments complices, à deux. J'en avais décidé autrement. Je regardai ma montre et constatai qu'il ne me restait que quelques minutes et ensuite… J'enfilai prestement ma robe, jetai un sort à mes cheveux et sorti de mon antre, confiante, souriante, amoureuse. Il se trouvait sur la terrasse, allumant une cigarette d'un air rageur. J'exultai. Je le rejoignis.
-Tu partages ?
-Si tu veux, fit-il en me tendant le bâton allumé, les yeux obstinément rivés sur le lac.
J'écrasai discrètement la cigarette et patientai. Il tendit la main pour la récupérer et constatant qu'elle ne vint pas, il se tourna vers moi. Il me dévisagea, confus.
-Pourquoi ?
Je me rapprochai de lui et souris.
-Parce que c'est ton anniversaire et que j'ai deux cadeaux pour toi. Premièrement, pendant que tu avais le dos tourné, j'ai invité nos amis à célébrer tous ces évènements. Ils vont arriver d'ici quelques instants et j'avais envie d'être belle pour cette occasion, pour toi. Quant à mon deuxième cadeau, le voilà.
J'avançais encore, le corps à présent appuyé contre le sien. Je n'étais pas nerveuse, juste détendue. En paix. Je pris tout mon temps, caressant sa joue, me délectant de son expression de plaisir due à ce contact. J'inspirai profondément.
-Je t'aime, Draco.
Il ne prit pas la peine de me répondre. C'était inutile. Il souleva doucement mon visage et m'embrassa avec douceur. Une douceur infinie. Alors que j'approfondissais notre baiser, des cris de joie et des applaudissements nous parvinrent de l'entrée de la terrasse. Les lèvres de Draco glissèrent jusque mon oreille et il me chuchota :
-Rappelle-toi que tout ceci est entièrement de ta faute.
Je n'eus pas la chance de protester car nous fumes bientôt submergés par des accolades, des baisers, des larmes, des rires. Du bonheur.
HGDM/HGDM
Je me réveillai ce matin-là, le sourire aux lèvres. Mon sourire s'étira d'autant plus lorsque je vis Draco m'observer d'un air attendri, une main sous la tête. Il posa un baiser fugace sur mes lèvres et me prit dans ses bras. Sa main traça une ligne invisible partant de ma nuque, s'égarant sur mes seins, ma taille, mon dos. La caresse était agréable et douce. Je me laissai aller contre lui, comblée. Il changea alors sa position et je me retrouvai sur lui, à califourchon. Ses mains se firent plus pressantes, plus insistantes alors qu'elles se promenaient sur mes fesses.
-Oh non, Draco, tu ne m'auras pas comme cela.
-De quoi parles-tu, bella mia ? répondit-il en se composant un air faussement angélique.
-Je sais très bien ce que tu veux. Et tu ne l'obtiendras pas, je dois rattraper mon retard scolaire.
-Et moi je dois rattraper mon retard sexuel.
Pour appuyer ses dires, il souleva mes hanches et posa mes cuisses de part et d'autre de sa tête. Ses mains bloquaient mes fesses juste au-dessus de son visage et un sourire calculateur étirai ses lèvres.
-Je te propose un compromis. Tu me laisses te donner du plaisir et je te laisserai ensuite travailler. Qu'en dis-tu ?
-J'en dis que j'ai déjà accepté cette proposition il y a de cela une heure et voilà que tu recommences.
-Dans ce cas, je te fais une autre proposition.
Il posa un baiser sur mon intimité, provoquant ainsi une sensation de chaleur dans mon bas-ventre. Résiste Hermione.
-Pas d'autre propositions, Malfoy.
Il retint mes fesses d'une main (Merlin, j'avais oublié à quel point il était musclé !) tandis que l'autre caressa mon entrejambe. Il continua sa torture, en apparence indifférent à mes gémissements et reprit :
-Voilà, c'est bien, gentille petite chose. Maintenant tu es plus calme et plus disposée à m'écouter. Je te laisse travailler. Sur le champ si tu le souhaites.
-Mais…réussis-je à articuler.
-Mais, je veux que tu sois nue toute la journée. Pendant que tu travailles dans le salon. Et tu me laisses m'occuper de toi, cela va de soi.
Je me libérai de sa douce torture et sautai du lit.
-Tu as perdu la tête ! Ces appartements sont devenus un véritable moulin. Tôt ou tard quelqu'un viendra forcément nous voir et nous surprendra.
-Et alors ? Si cela te gêne vraiment, nous n'avons qu'à changer le mot de passe !
Tandis que je traversai le salon, il lança sa dernière tentative :
-Allez quoi, je te laisse bouquiner en même temps si tu veux !
J'actionnai l'eau froide de la douche, et repensai à la nuit dernière. Draco était heureux. Il ne me l'avait pas clairement exprimé mais ce n'était pas nécessaire. Ses yeux parlaient pour lui. A dire vrai, tout le monde était heureux. Tout était revenu à la normale. Sauf…
Je laissai l'eau ruisseler sur moi, tandis que je réalisai.
…Harry ne m'avait pas adressé un seul mot.
Me revoilà ! N'hésitez pas à réagir sur ce chapitre juste en dessous !
Au plaisir de vous retrouver :)
