Le Normandy faisait l'objet d'un contrôle par un amiral. Ce qui en soit, était bien loin d'inquiéter Shepard, son vaisseau était parfaitement en règle et pour les quelques relations qui étaient contraire à l'éthique de l'Alliance, son statut de Spectre garantissait l'immunité à ce sujet. Cela expliquait donc qu'elle soit à attendre l'amiral sur le pont principal, les bras croisés sur la poitrine, dans une posture détendue.

A l'instant où l'amiral posa le pied en dehors de l'ascenseur, elle salua, attendant patiemment que celui-ci l'autorise à prendre une posture moins… raide. Ce qui arriva somme toute rapidement. Tout comme les reproches. Et la crispation de la machoire du Commandant. Ca avait commencé avec une remarque désobligeante sur la présence de Garrus à bord et de son rôle. Shepard l'avait donc corrigé avec la diplomatie dont elle savait faire preuve en temps normal, prenant en compte la tendance de beaucoup de militaires ayant connu la guerre du premier contact à un racisme envers les turiens. Et ce n'est pas la trahison de Saren qui avait aidé les choses pour eux.

L'amiral était rapidement passé à un autre sujet lui déplaisant à bord. Qui étrangement se trouvait être la présence de Tali. En entendant cela, Shepard du faire un énorme travail de self contrôle pour ne pas se pincer l'arête du nez, serrer les poings ou commencer à hurler sur l'amiral. Elle se contenta de corriger une nouvelle fois l'amiral, mettant l'accent sur les compétences technologiques que Tali avait apporté à bord… Et sur les compliments qu'Adams n'avait de cesse de faire à son égard.

C'était de toute évidence la mauvaise chose à faire puisqu'il enchaîna sur un point beaucoup plus délicat, la présence de Liara à bord. Et les termes employés étaient très loin d'être du goût de Shepard qui cette fois-ci n'arriva pas à ne pas serrer les poings. Sa mâchoire était si crispée qu'elle savait qu'elle allait en avoir des crampes, ce qu'elle savait aussi c'est que l'asari en question se trouvait derrière l'amiral et pouvait entendre absolument tout ce qu'il était en train de dire. Et bien entendu, cette fois-ci, l'amiral – qui semblait avoir compris que l'avis de Shepard était totalement opposé au sien – ne lui laissa pas le temps de le contredire, enchaînant sur le fait que Shepard était la honte de l'Alliance – et de l'humanité. Et autres compliments sur sa personne et sa façon de tenir son vaisseau.

Si Shepard n'appréciait pas davantage ce sujet, elle n'était pas mécontente d'être la cible du venin de l'officier plutôt que sa petite amie. Ce qui ne semblait pas du tout du goût de Liara, l'asari commença par froncer les sourcils avant de s'éclaircir la gorge, d'abord doucement – et alors totalement ignorée – puis suffisamment fort pour que l'amiral se tourne dans sa direction, de toute évidence, extrêmement agacé.

- Excusez-moi mais… seriez-vous un Spectre ? Avez-vous été choisis par le Conseil pour protéger la galaxie ? Je ne pense pas, le Commandant Shepard ne peut donc pas être soumise à votre inspection et par conséquent, votre seule présence ici est en réalité, dû à la – bien trop importante – courtoisie du Commandant. En d'autres termes, si ce que vous voyez ici ne vous plaît pas, vous savez où se trouve la sortie.

Shepard manqua de ricaner à cela, il fallait qu'elle se rappelle de remercier l'asari comme il se devait, peut-être même prendre le risque de l'inviter à dîner en dehors du vaisseau – parce qu'il est bien connu qu'elle ne pouvait pas sortir sans se faire tirer dessus. Elle réussi pourtant à se contenir et l'amiral grogna quelque chose de l'ordre de « Et incapable de garder ses subordonnés à leur place en plus ». Avant que l'amiral ne parte… Et qu'elle n'embrasse passionément l'asari.