Merci à YuuKyun pour la relecture !
Harry Potter appartient à JK Rowling
Chapitre dix : Le train sifflera 3 fois
Harry regardait par la fenêtre, le paysage défilait rapidement et les campagnes étaient remplacées par l'agglomération londonienne. Le Poudlard Express allait bientôt arriver.
Hermione était déjà partie chercher sa valise dans le compartiment à bagages, prête à se ruer hors du train dès que le marchepied toucherait le quai, pour attraper sa correspondance moldue et rentrer chez elle. Lui n'était pas si pressé. Il allait falloir retrouver Dudley, et la tante Pétunia, et l'oncle Vernon... Les années précédentes, cela ne le gênait pas tant que cela, il n'y avait pas un grand écart entre son quotidien à Poudlard et celui de Privet Drive. C'était alors presque comique, la ressemblance entre les insultes de Dolohov et celles des Dursley.
Cette année avait été particulière, et Harry ne savait pas encore si c'était une bonne ou une mauvaise chose. Il se retint de jeter un coup d'œil à Draco. Dans quelques minutes il serait à nouveau tout seul, isolé pour deux mois qui lui semblaient déjà interminables. Il ne voulait pas penser à tout ce qu'il laissait derrière lui. Il espérait les retrouver tous l'année suivante, pourtant, il ne pouvait pas s'empêcher d'imaginer que tout s'évanouirait en poussière pendant l'été, pour être balayé par le vent d'ici septembre.
Regardant toujours obstinément dans le vague, Harry sursauta quand une main se posa sur son épaule. Draco le regardait avec agacement. C'était souvent le cas depuis deux semaines. Leurs conversations s'étaient épuisées. Lui-même restait vague à propos de ses vacances, ne faisant que laisser le jeune aristocrate à parler des siennes sans offrir aucune information de son côté, et sans encourager le dialogue. Le blond n'avait plus su quoi faire, sans comprendre pourquoi il lui refusait leur familiarité précédente. Il lui en voulait aussi maintenant. Ils faisaient mine de s'ignorer mutuellement. Merlin savait pourquoi ils avaient tout de même décidé de partager un compartiment. Enfin, Draco s'était sûrement dit que s'asseoir en face de lui sans se soucier de son existence montrerait encore mieux son mécontentement, pensa Harry. Il était caractériel comme cela de temps en temps. Mais c'était toujours passionnant en soi, de voir le masque de glace se fracturer par à coup, jusqu'au geyser final.
« Le train a sifflé, on est en gare.
- Ah, on peut déjà descendre alors. »
Ils restèrent assis encore un peu, juste pour s'ignorer un peu plus longtemps. Harry n'avait jamais envisagé de raconter le problème de ses vacances et des Dursley à quiconque, mais peut-être aurait-il pu dire quelque chose... Inventer un mensonge, une excuse pour son silence. Mais il laissa passer l'occasion de trouver une histoire convaincante, et Draco finit par en avoir assez. Le blond expédia ses adieux avec résignation et sortit du compartiment : il ne serait pas celui qui resterait assis en dernier. Harry le suivit des yeux par la fenêtre, une silhouette droite et austère dans la foule des sorciers, alors qu'il se dirigeait sans détour vers ses parents. L'on s'écartait déjà sur son passage, nota son ami avec une pointe d'amusement, avant d'être rattrapé par ses propres problèmes.
Théo finit par sortir du compartiment à bagages, et descendit le marchepied du train après tous les autres, s'aventurant prudemment sur le quai de la gare. Heureusement que la voie 9 ¾ était encore noire de monde. Il se fondit dans la masse des capes et des chapeaux pointus, pour reculer encore de quelques minutes le moment où son père l'apercevrait et refermerait sa poigne sur son épaule. Il lui avait écrit, la veille même. Pour la première fois depuis son entrée à Poudlard. Pour la première fois tout court, en fait. Et la lecture de la missive l'avait glacé jusqu'à la moelle, alors même qu'il était assis au milieu de l'animation de la grande salle, entouré de pancakes et de jus de citrouille.
Mon fils,
J'ai conscience de t'avoir donné l'impression que je te négligeais. Il n'en est rien, mais j'ai décidé de t'accorder davantage de mon temps et de mon attention à ton retour, ce que peut-être tu recherchais à travers tes actions des derniers mois. Je vais prendre plus à cœur ton éducation, tu as montré que tu le méritais. Tu as ma parole. A bientôt,
Lord Nott.
Théo tremblait à nouveau. Il n'avait pas de certitude, certes, mais il avait ses doutes sur la façon dont son père avait « pris à cœur » l'éducation de son aîné, baguette à la main. Théo se souvenait de son frère se brisant un os, petit, et déclarant qu'un Nott ne craignait rien, et surtout pas la douleur. On félicitait seulement Justinian sur la trempe de son caractère, sans se soucier de la façon dont il avait été modelé, ou plutôt en préférant l'ignorer. Cependant, lorsqu'un de ces éloges envers le premier fils se faisait entendre, sa mère cherchait nerveusement le second du regard et l'attirait dans ses bras, dérobant Théo aux yeux de son époux. C'était dans ces instants, rares, qu'il cessait d'éprouver l'injustice dont on les accablait, pour plaindre son frère et remercier Merlin qu'on le juge trop insignifiant pour s'occuper de lui. Mais il était allé trop loin maintenant, pour qu'on l'ignore plus longtemps. Il était devenu le fils récalcitrant qu'il fallait remettre dans le droit chemin.
A présent, Théo cherchait en vain une issue à ce qui l'attendait sans nul doute, dans le bureau suintant la magie noire de son père. Non loin, sans qu'il l'aperçoive, Rinata le fixait d'un air inquiet, tandis que Justinian était déjà parti. Elle savait elle aussi, quoique confusément, que quelque chose n'allait pas. Il était rare pour son ami d'enfance de se montrer aussi pâle, et sur le qui-vive. Mais il était révolu, le temps où le petit garçon aux boucles châtain, déjà trop fier pour pleurer, venait tout de même prendre part à sa dînette pour se laisser réconforter. Passées aussi, depuis leur dispute, les fois où elle pouvait l'attraper au détour d'un couloir pour qu'il lui parle, ou parce qu'elle avait besoin qu'il la fasse sourire.
Mais déjà Lord Nott avait vu son fils, et se dirigeait vers lui, un sourire chaleureux sur son visage. Théo ne voyait plus que ce sourire, sans pouvoir se détourner, insensible à la foule autour de lui, à Rinata et à la personne dissimulée par une voilette. Cette dernière faisait pourtant beaucoup de remous à sa droite, se dirigeant vers lui à toute allure. L'homme n'était plus qu'à quelques mètres, lorsque la fiancée de son fils lui barra la route pour le saluer. Elle engagea la conversation, toute en dignité et en innocence, et son interlocuteur ne put que répondre à sa politesse un peu raide. Théo sortit de l'immobilité dans laquelle l'avait emprisonné sa terreur, et se recula vivement, cherchant à profiter du temps que Rinata lui avait gagné. Une main gantée de daim, d'un rose passé, s'empara de la sienne, et il croisa les yeux de sa mère derrière la voilette de l'inconnue.
« Attrape ta valise, Théo, vite !
- Maman ? Qu'est-ce que tu fais là ?
Sa mère le prit dans ses bras, et lui chuchota d'un air ravi :
- Nous fuguons ! Quelle aventure, n'est-ce pas mon chéri ? »
Mère et fils jetèrent un dernier regard, de défi à l'homme qu'ils reniaient dans leur fuite, et de reconnaissance à la jeune fille sombre encore à ses côtés. Puis ils transplanèrent. Rinata s'écarta naïvement du chemin du Lord alors que celui-ci se précipitait en éructant de rage à l'endroit où sa femme et son cadet se tenaient il y avait à peine quelques instants.
« Ah, ma chérie, tu t'es brossée les dents ? Au fait, un paquet est arrivé pour toi. Tu sais, par la poste sorcière.
- Okay, merci maman.
- J'ai donné un pancake au hibou, j'ai bien fait ? Il avait une de ces allures... Ah ça, ça n'était pas comme la chouette de ton ami roux, tu sais, la boule de plumes qui s'était pris la vitre ? Enfin bref, le hibou attend dans le jardin. Je pense qu'il veut une réponse... Dis-moi, est-ce que son propriétaire est un jeune homme ?
- Maman ! J'ai même pas encore ouvert... oh, c'est un livre...
- Il y a un mot avec. L'affaire Black, par C. Diggory ? Jamais entendu parler. Tiens, regarde, le jeune homme sur la couverture te fait un clin d'œil. Oh, ça me rappelle quand j'ai rencontré ton père, il avait une moto de ce genre lui aussi.
- Lui c'est Sirius Black, le héros du livre. C'est une photo en noir et blanc, il doit être vieux et hirsute maintenant. Je monte lire dans ma chambre, d'accord ?
- Je t'appelle pour dîner. Et tu me raconteras qui est ce Blaise qui t'envoie des livres. Au moins, il a compris comment s'y prendre avec toi... »
« Bella ! Quelle surprise de te croiser ici !
La brune se retourna et dévisagea l'homme qui venait de l'interpeller, appuyé contre la barrière du numéro 10 de la rue Grimmaud. Il portait un simple jean et une veste, un peu trop grande pour lui, il avait dû la conjurer. Des lunettes noires lui donnaient un look de touriste, complété par le bronzage et la valise couverte d'autocollants d'avion. Ses cheveux, trop longs et attachés en catogan, semblaient propres. Il était rasé de près, mais une petite marque sous l'oreille montrait qu'il avait sans doute perdu l'habitude d'utiliser un rasoir régulièrement. Elle ne s'attendait pas à ce qu'il ait pris autant de rides, on lui aurait donné plus de quarante ans au lieu d'à peine trente-cinq.
« Ah, c'est toi.
- Dis donc, ma chère cousine, on dirait que tu n'es pas contente de me voir. Avec toute l'énergie que vous avez dépensée pour me faire rentrer, je m'attendais à mieux...
- T'as pris ton temps !
- Pardon ? Le Magenmagot m'a blanchit il y a même pas deux jours ! Il fallait bien que je m'arrête prendre une douche en chemin, j'allais pas arriver plein de puces... Et puis je t'ai rapporté un souvenir.
- Et depuis tu attends devant la porte ?
Sirius grimaça :
- Mes parents ont adapté les sortilèges. Je ne peux pas voir la maison... Pourquoi tu crois que je poireaute là en attendant que quelqu'un passe ?
Bellatrix ricana, puis sauta lestement sur le palier en traînant son cousin par la main.
- Allez viens, on va prévenir le portrait de ta mère du retour du fils prodigue...
- J'ai hâte. Si seulement elle était encore vivante. Elle aurait refait un infarctus.
- Mais penses-y, maintenant que c'est une peinture, on va pouvoir la torturer sans fin... Cela dit, ton fils a déjà bien commencé. Ce petit est prometteur. »
« Eh, le monstre ! Refais-moi des œufs et du bacon, j'ai faim ! Et plus vite que ça !
- Et bien, tu attends quoi ? Dudley t'as dit qu'il avait faim ! »
Draco referma violemment la fenêtre. Toujours pas de hiboux avec une lettre, une carte postale... Son regard tomba sur les mots qu'il avait commencé à écrire la veille, dépité, pour exiger une réponse. Est-ce que Potter s'amusait tellement avec ses amis moldus, sans lui, qu'il le snobait ? On dirait le monde à l'envers ! C'était sans doute pour ça qu'il avait la tête ailleurs en juin. Il était tellement impatient de les revoir que sa compagnie ne l'intéressait plus ? Ses longs doigts se crispèrent sur le rebord. Que faire s'il avait perdu toute l'attention d'Harry, qu'il avait eu déjà tellement de mal à attraper ?
Il ne se reconnaissait plus. Ou non, il ne se reconnaissait que trop : voilà que toutes les pensées et son obsession pour Potter, d'ordinaire complètement enfouies dans les tréfonds de son esprit et de ses tripes, remontaient à la surface de son visage. Il était misérable, capricieux et blessant, parce qu'il n'avait pas eu sa dose depuis trois semaines.
Tout ça, parce qu'un garçon décoiffé et affectueux comme un scrout à pétard ne répondait pas à ses lettres. Un ami, et encore. Et encore.
C'était l'inverse, qu'il réponde, qui aurait été étrange en réalité. Draco ne savait pas pourquoi cela l'étonnait. Après tout, c'était vrai qu'il passait toujours après Granger dans l'esprit d'Harry, par exemple. Pourquoi n'y en aurait-il pas d'autres avant lui ? Potter s'était passé de lui pendant des années, et leur amitié reposait sur un pacte, en tout cas pour l'un d'eux. L'autre ne serait jamais venu vers lui s'il ne lui avait pas proposé. Il aurait pu continuer sa route sans jamais prendre la peine de le connaître s'il n'avait pas fait le premier pas. Draco devait être un peu au même niveau dans la hiérarchie que les Weasley, et encore...
Pris d'une soudaine résolution, il déchira le parchemin. Puisque c'était comme ça. Le problème n'existait que pour lui, il était temps de le faire disparaitre entièrement et de le renvoyer dans ce recoin sombre et verrouillé d'où il avait débordé. Il croyait qu'il s'en irait. Forcément.
En attendant, il devait garder la face. Un Malfoy ne se morfond pas. Les fragments s'enflammèrent, brûlant bleu. Draco repassa devant la glace, changea de chemise. Lunettes de soleil et chapeau sur la tête, il adressa un clin d'œil à la réceptionniste en sortant pour aller à la plage. Pas vraiment son caractère, d'habitude il était plus froid que cela, mais s'il fallait qu'il se mette dans l'ambiance, il était temps de s'appliquer un peu. Il prit le chemin de la côte. Apparemment, si on allait suffisamment au large, on pouvait voir passer les serpents de mer. C'était en tout cas ce que lui avait dit cette fille, la jolie brune qui résidait à l'hôtel avec ses cousins, qui cherchaient d'ailleurs un dernier joueur pour le tournoi de Quidditch de la plage.
Draco repensa aux mots qui étaient partis en fumée dans sa chambre. Il ne soupirerait pas. S'il ne pouvait pas arrêter son ... – il ne savait pas exactement ce que c'était, mais il ne voulait pas tirer les conclusions nécessaires – envers Potter, alors la moindre des choses était de faire en sorte d'avoir des histoires fabuleuses à raconter à la rentrée pour exiger son attention.
Avant de partir pour King's Cross, Hermione ne put s'empêcher de relire une dernière fois le contenu de la pochette en carton avant de la glisser dans son sac. Les coupures de journaux et les extraits de l'autobiographie de Sirius Black se recoupaient parfaitement, pour raconter la même histoire. Le couple moldu n'était nommé qu'une seule fois dans le livre, à la dernière page, celle des remerciements. Aucun journaliste ou critique littéraire n'avait fait le lien avec le nom d'Harry, et pourtant...
Elle pourrait au moins dire la vérité à Harry sur ses parents, et son parrain.
Merlin, elle allait décidément devoir remercier Blaise. Qu'est-ce que le Serpentard allait bien vouloir en retour...
Harry se glissa dans le train juste au moment où le sifflement retentit. Il empoigna sa malle et retint le gémissement de douleur qui autrement aurait accompagné le crac de son épaule gauche. Le compartiment des Serpentards, où devait se trouver Draco et les autres, était le dernier du train. Harry remonta le couloir dans la direction opposée, jusqu'à ce qu'il trouve un compartiment vide juste après la locomotive. Personne ne s'asseyait jamais par ici, le fracas des mécaniques à charbon était assourdissant. Harry sortit le petit sachet en plastique, décoré du logo de la pharmacie devant la gare. Il avait économisé tout l'été sur l'argent des courses. La tante Pétunia devait se douter de quelque chose, mais elle n'avait rien dit. Il devait rester un soupçon de culpabilité, tout au fond de ce pruneau séché qui lui servait de cœur.
Harry dévissa soigneusement le tube d'arnica et en étala un peu sur son poignet. Il allait retirer son T-shirt quand la porte grinça. Le tissu retomba aussitôt et la crème disparut derrière son sac, remplacée dans sa main par sa baguette.
« Relax, Harry, ce n'est que moi. »
Les deux élèves se mesurèrent du regard, puis le Né-moldu rangea sa baguette tandis que Justinian Nott se laissait tomber sur la banquette en-face et se calait contre la fenêtre, puis lançait un sortilège contre le bruit.
« Alors, tes vacances ?, s'enquit Harry alors qu'ils sortaient enfin de Londres.
- Une horreur. Le monde sorcier continue à s'entre-déchirer, et toutes les familles de Sang-purs s'en donnent à cœur joie. C'est tellement laid à voir, quand on pense que ça fait des années qu'on va danser ensemble et prendre le thé... Et figure-toi que Théo et sa mère ont déserté. C'était une tempête médiatique, une vraie curie. Père est de l'humeur d'un magyar à pointe. Il a incendié ce vautour de Rita Skeeter, quelque chose de beau.
Justinian resta pensif un instant.
- Théo, je ne l'aurais jamais cru capable de faire ça. Mon propre frère... nous a abandonnés. Il ne devait vraiment rien en avoir à faire de nous. Il m'a toujours détesté, pas vrai ?
Harry ne détourna pas le regard, mais ne répondit pas non plus.
- Quel petit con. Il s'en mordra les doigts. Nous trahir pour défendre les droits des Sang-de-bourbes, qu'est-ce qu'il s'imagine ? Que les moldus sont mieux ? Il n'y a qu'à te voir. La seule différence, c'est la magie dans nos veines, et il veut le renier ? Qu'est-ce qu'il serait sans son sang, et son nom ? C'est ça d'être un Nott !
Justinian avait craché les derniers mots, puis il était retombé contre son dossier, l'air las.
- Tu te rends compte, on m'a hué sur le Chemin de traverse. Moi. J'allais chercher mes robes et une mandragore de bonne femme a commencé à m'insulter, et tout le monde l'a suivie. Franchement, je ne sais pas comment tu fais.
Harry eut un sourire sans joie :
- Par correspondance.
Justinian éclata de rire, le premier sans doute depuis plusieurs semaines.
- Et toi, fais voir tes vacances.
Harry hésita, mais l'autre ne le laissa pas le temps de se décider. D'un geste vif, il avait pointé sa baguette. Le maquillage autour de son œil coula et s'évapora.
- Faut que je fasse pareil avec ton T-shirt ? C'est pas comme si tu pouvais étaler la crème toi-même sur ton dos, tu sais, celle que tu as cachée quand je suis entré ? Et puis je peux me permettre de faire de la magie hors de Poudlard moi, personne ne viendra rien me dire.
Harry baissa les yeux, et retira son haut. Justinian évalua les dégâts d'un œil de connaisseur. Le plus jeune sursauta quand il tâta ses côtes pour vérifier qu'aucune n'était cassée, et cela le fit ricaner.
- Allons Harry, depuis le temps, tu sais bien que je ne m'intéresse qu'à la gente féminine.
- Ce n'est pas ça.
- On fait ça tous les ans, tu devrais avoir pris l'habitude.
- C'est vrai, ça ferait moche si je mourrais de mes blessures dès que Dolohov me cogne, n'est-ce pas ?
- Tout à fait. Tourne-toi.
Harry se laissa faire, et tenta de réprimer ses tressaillements de crainte dès qu'un sortilège était lancé. Le jeu ne commençait qu'une fois à Poudlard, donc techniquement il ne risquait rien... Mais c'était lui qui avait chamboulé les règles, et il ne savait plus à quoi se fier. Harry se demanda soudain ce que faisait Draco en ce moment.
Harry repassait son col quand un paquet de Chocogrenouille lui tomba sur la tête. Un deuxième suivi. D'un mouvement du poignet, il attrapa le troisième au vol, et le renvoya à Justinian qui l'attrapa d'un air goguenard.
- Tu as été sage, prends donc un bonbon.
Harry secoua la tête.
- C'est moi qui te le donne, c'est pas comme si tu devrais avoir le moindre scrupule à me le prendre.
- Ça va, j'ai pas faim.
- Je t'ai vu sans tes fringues tu sais. Ou plutôt j'ai vu tes côtes.
- Tu as croisé Molly Weasley récemment ? »
Justinian l'avait tiré hors de son siège en un instant et lui balançait son poing. Harry se tordit hors de la trajectoire et esquiva les coups suivants tout aussi vivement. Sa jambe se plia et se détendit d'elle-même, renvoyant Justinian sur son siège. Essoufflés, ils se regardèrent en chiens de faïence, leur baguettes tendues l'une parallèle à l'autre. Le Sang-pur baissa la sienne d'abord, conscient qu'Harry ne l'attaquerait pas le premier. Il remarqua avec mélancolie, en observant l'hématome se former rapidement sur son estomac :
« On ne joue plus, à ce que je vois.
- Non, ou plus le même jeu, en tout cas.
- Alors tu aurais dû me lancer un sort. Tu perdras, Potter, si tu ne fais pas mieux que ça. Vous allez devoir vous en prendre à moi un jour ou l'autre et qui est-ce qui osera ?
- Pourquoi on s'en prendrait à toi personnellement ? Ca ne te suffit pas, ton nom dans les journaux ? On pourrait juste continuer comme on a fait jusqu'ici, et tout le monde se range de nôtre coté petit à petit. Même ton propre frère ! Tu pourrais juste rester en retrait et laisser faire !
Ils criaient maintenant, faisaient des gestes.
- Tu crois qu'on va abandonner comme ça ? Que je vais juste regarder pendant qu'on me méprise et qu'on me dit que j'ai tort comme si j'avais cinq ans et que j'étais incapable de voir le vrai du faux ? Les moldus sont de la vermine, et vous mettre vous autres Sang de bourbe sur un rang d'égalité avec les Sangs purs, c'est nier cela, et toute la supériorité du monde sorcier, toute son élite. Nous sommes plus magiques que vous. Les sociétés sont inégales, il y a une raison à ça et vous êtes naïfs et stupides de croire autre chose, et je ne vais certainement pas laisser ma place à des boursouflets dans votre genre ! Qu'est que tu crois qu'il se passera si votre révolution ridicule aboutit ? Tu ne le vois pas déjà ? Tout le monde est là, « oui, la culture moldue est merveilleuse, faisons comme eux, allons chez eux ». Tout ce qui va arriver, c'est que notre monde va finir par se fondre dans le leur et s'écrouler de l'intérieur. Et les Sang-de-bourbes seront bien contents, parce que c'est tout ce qu'ils connaissent, et qu'ils n'ont aucune idée de quoi était fait le monde sorcier quand il était pur !
- Et toi t'es resté coincé au Moyen Âge, aux paysans et à leur nobles, et aux chasses aux sorcières ! C'est possible, maintenant, les droits, le multiculturalisme, tout ça, et c'est même positif ! Tu es bloqué dans un monde en train de finir et tu ne le vois même pas !
- Que tu penses comme ça, d'accord, tu n'as rien à perdre. Mais mes voisins, ma classe, ma maison, mon propre frère sont en train de détruire tout ce qu'on représentait ensemble et tu veux que je les laisse faire ça ? Tu dis que c'est moi qui suis bloqué dans le passé ? Peut-être. Mais dis-moi comment eux peuvent trahir tout ce qu'on avait en commun et se détourner, tout mettre au rebus, à cause d'une nouvelle mode des moldus ?
- Mais tu ne peux rien faire comme ça, bordel ! Le mieux serait que tu les rejoignes pour être sûr de préserver le maximum !
- Et les encourager dans leur voie ? Tu as une idée de l'image que ça donnerait si je passais de l'autre côté ? Il est hors de question que j'abjure quoique ce soit. Ce sont tous des traîtres à leur sang et je n'oublierai pas, même quand ils reviendront ramper en réalisant tout ce qu'ils ont perdu ! »
Harry secoua la tête, incapable de trouver autre chose à dire. Il reconnaissait les signes, après avoir écouté les nombreuses tirades de Draco : il n'arriverait pas à le faire changer d'avis. Justinian était trop sûr de lui pour son propre bien, trop habitué à une soumission, sinon une loyauté totale, et tellement brillant qu'il ne pouvait pas voir son erreur. Une telle conviction le détruirait si jamais il se rendait compte un jour qu'il avait eu tort. Draco lui ressemblait sur ce point, tout en étant convaincu de l'exact inverse. L'un des deux allait tomber de haut, et l'autre prendrait le pouvoir du perdant.
Mais lui avait fait son choix, et il savait au côté duquel il se tenait. Harry se leva et récupéra son bagage. Il allait sortir quand Justinian reprit la parole :
« Je t'échange ta crème contre les chocogrenouilles.
Harry ne sut quoi répondre, pris de court.
- Encore des scrupules, Potter ?
Il regarda son ainé avec un sourire triste.
- Deal. »
Le bruit pétaradant d'une moto déchira la nuit.
Un jeune homme, lui-même, filait bien au-delà des limitations de vitesse et des feux de signalisation à travers la campagne. Il fallait absolument qu'il les prévienne. La retraite du jeune couple, au milieu des champs, avait été découverte. Voldemort avait été informé des projets de Lily, Sirius ignorait encore comment, mais ils étaient tous en danger. Enfin, lui pouvait toujours se défendre, ce n'était pas un mafieux moldu qui lui faisait peur, mais ses amis n'avaient pas de pouvoir magique, eux. Heureusement qu'il avait donné sa cape d'invisibilité à James lors de leur planques, alors qu'ils surveillaient le réseau qu'on leur avait indiqué. Ils avaient eu du mal à rassembler les preuves pour que Lily puisse écrire son papier. Lord Jedusor, respectable député et directeur de banque, ou Voldemort comme il se faisait appeler dans le milieu, était un paranoïaque – avec raison, vu ce dans quoi il trempait. Traffic de drogue auprès du gratin londonien, de la City aux Chambres du Parlement, rien que cela. C'était ce type, celui qui ressemblait à un rat, un ami d'école devenu trader, qui avait tuyauté Lily sur l'affaire. La jeune journaliste et son photographe de mari s'étaient lancés dans l'enquête, après la découverte de plusieurs morts suspectes qui sentaient la corruption à plein nez, et Sirius n'avait pu qu'aider ses amis. Il s'était jeté à corps perdu dans cette quête de vérité et de justice, pour se prouver qu'il avait fait le bon choix en coupant les ponts avec sa famille, et que la morale était toujours de son côté à lui, quoiqu'ils en disent.
Et maintenant, Voldemort était à leurs trousses. Le lord avait tout à perdre : il ne se relèverait jamais du scandale si les Potter publiaient ce qu'ils savaient. Il était sans doute prêt à tout. Heureusement, le cottage où ses amis s'étaient retirés était enfin en vue, juste aux abords du petit village de Godric's Hollow. Il arrêta sa moto et se précipita vers la porte, baguette à la main. Tout était silencieux, et pourtant les lumières étaient allumées. Il approcha encore, et une ombre s'écarta rapidement de la fenêtre. Son souffle se bloqua et il se jeta sur le côté sans réfléchir, se métamorphosant en chien sur le coup, caché à présent par la nuit et les buissons. Un homme de main ouvrit la porte, scrutant l'obscurité sans le distinguer. Il cria en direction de l'intérieur, et un visage familier apparu derrière son épaule. Ce traître de Pettigrow, qui s'était accroché aux jupes de Lily en suppliant qu'on le protège ! Il était maintenant en train de fouiller les tiroirs, sans prendre gare au sang qui tâchait sa chemise mal coupée. Tellement de sang, lui disait son odorat... Ses réflexes canins prirent le pas sur la pensée humaine, incapable de comprendre ce que cela voulait dire. Sirius hurla à la lune. Il était arrivé trop tard ! Il abandonna toute idée de précaution, il voulait se jeter sur eux et déchiqueter leur gorge. Il surgit au milieu du chemin en grondant, et allait reprendre forme humaine, quand tous les personnages se figèrent, Pettigrow et son acolyte braquant leur revolver sur la bête sinistre. Un pleur d'enfant résonnait dans la maison.
Le cri se fit entendre une seconde fois. Sirius croisa les yeux écarquillés et vides de son meilleur ami et son épouse, entrelacés au sol dans une mare de sang, tandis que leur orphelin appelait de toute la force de ses poumons, emmailloté dans la cape d'invisibilité.
Il sursauta, surprit de se trouver sous sa forme humaine, et encore plus en se voyant assis dans un compartiment du Poudlard Express. Il était seul, au moins. Il laissa sa tête tomber lourdement en arrière. Ses fantômes revenaient aux moments les plus inopportuns. Il allait vraiment falloir qu'il fasse quelque chose Peut-être que Severus pourrait lui apprendre l'occlumencie ? Ils ne s'étaient pas vraiment quittés en très bon termes, mais c'était il y a vingt ans... Le Serpentard avait essayé de l'empêcher de faire le mur pour sortir dans le monde moldu retrouver James, un soir juste après leurs examens. Ah, le bon vieux temps... Il regarda sa vieille montre, celle que Régulus lui avait offerte depuis que les flics moldus lui avaient confisquée en le mettant en prison. Il avait été plus facile de s'échapper – le gardien n'avait jamais compris comment son détenu avait été remplacé par un chien, ni quel pouvait être le message du gang caché derrière cet évènement – que de la récupérer dans le bon casier.
L'heure l'affola. Le train avait déjà parcouru la moitié du chemin. Merlin, il avait le trac... Ils allaient tous le fixer quand il se présenterait pendant le banquet, en se demandant ce que c'était que ce cours en plus, « Etudes des moldus ». Et s'il était un très mauvais professeur ? Si les autres se moquaient de Céphéus à cause de lui ? Sa nervosité s'interrompit à cette idée. Il leur ferait manger leur chapeau, nom d'un Sinistros ! Il se rappela du conseil de son fils, un peu maladroit et hésitant tandis alors qu'il essayait de faire une recommandation à cette nouvelle figure paternelle dans sa vie :
« Oui mais Sirius, pense à toutes les farces que tu vas pouvoir faire... Tu aimais faire des farces, c'est bien ça ? »
Il ricana dans sa barbe en pensant à la tête de ce bon vieux Rusard quand il le reverrait.
Draco leva les yeux quand la porte s'ouvrit. Enfin. Il commençait à se demander s'il n'allait pas devoir faire tout le train pendant sa ronde de préfet, pour le ramener de force parmi eux. Harry se tenait là, l'air embarrassé, un paquet de Chocogrenouilles brandi devant lui. Il ne put s'empêcher de sourire, et ne se rappela de sa colère à son encontre qu'après s'être poussé pour lui faire de la place sur la banquette. Tant pis... Il s'était étonné et agacé de ne pas ne pas le voir. Son silence de l'été et son absence l'avaient vaguement inquiété, il l'avouait. Vaguement. Il ricana intérieurement. Même si les distractions des vacances avaient étouffé la part de lui-même qui se sentait un peu seul sans son meilleur allié, celle-ci s'était manifestée aussitôt rentré. Draco ne put s'empêcher, malgré toutes ses bonnes résolutions, de se demander fugitivement si lui aussi lui avait manqué. Il ne fallait pas qu'il pense comme ça, ce n'était pas comme cela que ça lui passerait.
Céphéus engageait déjà la conversation :
« Alors Harry, comment tu te sens pour les sélections ? »
Harry s'installa plus confortablement, son épaule s'appuyant plus fortement contre la sienne, pour répondre à l'interrogatoire de Céphéus. Le brun semblait moins distrait qu'avant les vacances. Il avait l'air content de les voir, et ne fit pas du tout allusion à son courrier. Peut-être que la poste sorcière n'avait pas trouvé son adresse moldue ? C'était possible. Il avait bien fait de ne pas envoyer son cadeau d'anniversaire par hibou.
Draco garda son masque en repensant à la rencontre inattendue avec la tribu Weasley chez Fleury&Bott. Ils l'avaient encerclé dans un rayon et s'étaient tous mis à chuchoter avec excitation, avant que Ronald ne mette le holà et lui explique clairement leurs intentions concernant l'anniversaire d' « un ami commun ». En quelques mots, la fête de l'année, dans la salle sur demande, le week-end suivant.
Une coopération Griffondor-Serpentard, pour la première fois depuis une décennie au moins, s'était extasié le roux. Les possibilités qui s'ouvraient... Pansy, associée à la paire de terreurs qu'étaient les jumeaux Weasley ? Ça allait être grandiose. Il se rappela vaguement une soirée sur la plage avec une jolie brune, et se demanda s'il pourrait retrouver la recette du punch... Le visage de la jeune fille s'imposa brièvement à lui. Draco se sentit un instant coupable de la vitesse à laquelle son amourette était passée au second plan dans son esprit. Mais après tout, ils avaient tous les deux su à quoi s'en tenir dès le début. Ils avaient voulu une parenthèse, en espérant sans trop y croire que ça finirait par devenir plus sérieux, ou qu'au moins, cela leur ferait passer autre chose. Il avait fini par la consoler, ce soir-là, alors qu'elle pleurait sur leurs échecs respectifs. L'amour est un ingrat, lui avait soupiré Draco. Elle avait acquiescé, et s'était resservit du fameux punch jusqu'à ce qu'elle puisse prétendre qu'il avait trois ans de plus, les yeux bruns et plutôt blond vénitien, avant de se couler contre lui pour un slow. Draco avait passé la main dans ses cheveux sombres, les agitant et les décoiffant un peu, avant de les voir se soumettre à la gravité et retomber, eux.
L'amertume monta d'un cran. Il se leva un peu brusquement, délogeant Harry.
« Je vais faire ma ronde. »
Les yeux verts le fixèrent sans reproche et l'autre ne fit que hocher la tête. Vaincu, il ne put s'empêcher de replacer machinalement les lunettes en déséquilibre sur le nez du brun, qui le remercia d'un sourire.
Le train siffla et freina en gare de Pré-au-lard. Sirius, penché par la fenêtre, cherchait Cephéus des yeux parmi les élèves qui descendaient. Ah, il était là, dans un groupe d'élèves pourtant plus grands que lui, mais tous à Serpentard. Draco était aussi au centre, c'était sans doute des cinquièmes années. Il allait leur faire signe quand l'interlocuteur du blond se tourna. Il aurait reconnu ce profil entre mille. Les mêmes cheveux, les mêmes lunettes.
On eut dit que James s'était réincarné sur le quai, lui qui pensait que Sir Nicolas serait le premier fantôme qu'il reverrait.
La Grande Salle était décorée pour le banquet de début d'année. Sous la lumière des bougies, le sourcil de Severus Rogue frémit, prit son élan, et s'élança enfin vers son front, tentant d'atteindre la racine des cheveux dans un enthousiasme intrépide. Une fois au sommet, il y resta de longues minutes tandis que son propriétaire détaillait la table de Serpentard avec un étonnement teinté de satisfaction. Encore une fois, le maître de potion ne prêtait qu'une attention modique à la cérémonie de la répartition.
On n'avait jamais vu auparavant Harry Potter – ou le Né-moldu de Serpentard, comme tout le monde l'appelait sans connaître son nom – à un banquet. Et pourtant, il était à présent, assis entre Draco et Milicent Bulstrode, l'air un peu rigide, triturant son assiette. Les autres Serpentards ne lui prêtaient aucune attention, et même Justinian s'était contenté d'une grimace de défi, apparemment plus intéressé par son demi-frère et sa mine bronzée après deux mois à l'étranger.
De l'autre côté de la salle, la table de Griffondor envoyait des clins d'œil peu discrets mais encourageant à leur ami, et Granger le couvait des yeux à distance, oubliant de manger. Harry finit par lui faire signe de retourner à son assiette et aux conversations de sa Maison, la rassurant sur son sort. Théo s'esclaffa derrière sa serviette en voyant la mine contrite de la jeune fille, qui lui retourna un de ses fameux regards noirs. Il lui répondit par un garde-à-vous narquois. Blaise Zabini suivait l'échange avec attention.
Draco racontait à présent à Harry la vieille légende de la Chambre des Secrets, et à côté le petit Black tendait l'oreille le plus discrètement possible pour ne pas perdre une miette du récit. Les deux auraient pu être cousins. Ils partageaient la même expression, entre doute, dégoût et fascination.
Severus, lui, se rejoua en pensée la scène qui avait eu lieu quelques minutes auparavant, juste avant qu'on ne commence la répartition. Un moment pareil valait qu'on le revive depuis le début. Il le garderait dans sa pensine, enfin, surtout la deuxième partie. Il avait d'abord entendu le grincement de la porte qui allait s'ouvrir, et vu Dumbledore amorcer son mouvement pour se lever avant le reste de la grande salle. Sirius Black, accompagné de ce vieux Slughorn, avait alors remonté les rangées vers la table des professeurs d'un pas conquérant. Les élèves l'avaient reconnu rapidement, et bientôt les trois quarts d'entre eux applaudissaient le revenant. Severus s'était contenté de claquer ses mains l'une contre l'autre une fois, en faisant le moins de bruit possible, d'un air fataliste. Dumbledore avait commencé son annonce : « Mesdames, Messieurs... » Il avait essayé d'envoyer un regard noir à Black, mais celui-ci fixait étrangement Potter.
« Poudlard ouvrira donc dès cet année un cours d'étude des moldus, pris en charge par Monsieur Black. Quant aux cours de défense contre les forces du mal... »
Severus ferma un instant les yeux pour savourer son moment de gloire, encore une fois, dans son esprit.
Le silence lui fit ouvrir les yeux, avec une sensation de déjà-vu. Camille Finch-Fletchey, chuchota Flitwick sans même qu'il ait à le demander. Toute la salle retenait son souffle. Severus vit la main de Harry chercher celle de son filleul, et les deux désormais accrochées l'une à l'autre disparurent sous la nappe. Le Choixpeau était penché en avant, vers le visage de la nouvelle élève, qui hocha finalement la tête d'un air résolu.
La moitié de la Grande Salle avait bondi sur ses pieds et applaudissait à tout rompre avant même que le Choixpeau n'ait fini d'énoncer : "SERPENTARD !" Draco leva triomphalement leurs poings toujours serrés vers le ciel, les jointures de leurs doigts blanchies attrapant la lumière des bougies, avant qu'ils ne se mettent tous deux à battre des mains avec les autres. Justin Flinch Fletchey, à qui ses camarades tapaient sur l'épaule, regardait sa petite sœur avec fierté, rassuré par la réaction autour de lui.
Un bruit aigu de porcelaine et de verre rétablit le silence. Sans un mot, Justinian Nott avait fracassé toute la vaisselle de la table des Vert et Argent. Il se leva, suivi par un bon tiers de sa maison, et quitta la Grande Salle. D'autres Serpentards, qui ne s'étaient eux non plus pas levés pour applaudir, restèrent assis à nouveau. Un coup de tonnerre retentit avant que la porte ne se referme derrière eux.
Voilà !
J'ai profité de l'heure supplémentaire qu'on gagne ce WE pour sortir enfin ce chapitre des tréfonds de mes documents. Milles excuses pour le retard.
Une remarque, pour les lunettes d'Harry. C'est vrai qu'il pourrait les enlever et mettre des lentilles, mais je connais plein de gens qui préfèrent les lunettes. Et puis si la magie soignait les yeux, pourquoi James Potter en portait aussi ? Enfin bref, dans les livres elles ont aussi l'air de marcher correctement, alors je m'en tiens là... J'avoue que je focalise pas vraiment là dessus ^^.
Pour ce qui est du laxisme de Dumbledore... Oui. Mais il m'a jamais parut fondamentalement autoritaire non plus, limite irresponsable, soyons d'accord ! (y a plein de petites BD sur le net avec des mini-dialogues Rogue Dumbledore sur le sujet, c'est plutôt drôle =D)
Et je suis désolée d'avoir écrasé tous les espoirs de Valdermore fondés sur l'orientation de Justinian ^^.
Et c'est vrai, j'avais pas pensé en enlevant le prologue que ça ferait des problèmes pour les reviews. Désolée...
A bientôt !
