Bonjour !
I did it !
Merci à YuuKyun pour la relecture !
Harry Potter appartient à JK Rowling.
Chapitre douze : Fils
« Au fait, Potter, tu as répondu à Rita Skeeter ?
Ne pas lever les yeux, et faire comme s'il n'y avait rien de louche. Harry répondit le plus tranquillement du monde, à peine gêné :
- Ah non, j'ai oublié. Il faut que je le fasse ce soir.
Il se replongea dans son livre, ignorant les diverses réactions, de part et d'autres du dortoir des Serpentards. La majorité de ses amis ne remarqua rien, Pansy se contenta de lever les yeux en commentant sur sa distraction. Seul Draco le prit un peu moins bien. Il commençait à s'agacer de sa désinvolture, Harry ne comprenait-il pas à quel point c'était important ?
- Ça fait une semaine que tu répètes ça. Il faut battre le fer quand le dragon vient de souffler. Allez, tu ne fais rien là. Prends un parchemin et viens, on va l'écrire. »
Harry sentit les battements de son cœur accélérer nerveusement. Le blond ne pouvait pas se douter qu'Harry n'avait aucune intention de répondre, n'est-ce pas ? Nagini posa sa tête sur son bras pour le rassurer d'un sifflement, le pensant mal à l'aise à l'idée de parler à une inconnue.
« Ne t'inquiète pas, je ssssserai là sssi tu veux. Et puis çsssa te donnera l'air très Sssserpentard ssur les photos sssi on pose ensssemble.
- Tu veux jusste pouvoir battre des ailes et montrer tes plumes dans le journal, je te connais.
- Et est-csse que tu me lussstreras les écailles avant pour que la lumière sssoit plus belle ? »
Harry rit doucement, entre sifflement et voix humaine. Malgré toute son ancienneté, Nagini restait d'une vanité de jeune fille en fleur. Il demanderait peut-être à Pansy de l'emmener dans les sources de son manoir en guise de cadeau de Noël, quelques jours à se laisser pomponner par des elfes de maisons lui plairaient sans doute.
Sentant qu'il ne pouvait y échapper, Harry se leva pour rejoindre Draco sur son lit, attrapant plume et parchemin. Draco fit presque tout le travail, tellement absorbé par ses formulations qu'il ne pensa pas au manque d'entrain de son ami. Lorsqu'ils eurent fini, pourtant, Harry se leva aussitôt, l'air plus enthousiaste :
« Tu sais quoi, je vais l'envoyer tout de suite, pour ne pas que ça traîne plus longtemps !
Draco fit un mouvement pour se lever, réticent à l'idée de tous les escaliers qu'il allait devoir monter :
- Il sera l'heure de dîner dans une heure, tu ne veux pas y aller à ce moment-là ?
- J'ai besoin de me dégourdir les jambes. Mais ne bouge pas, je vais demander à Nagini. »
L'intéressée siffla son accord et la paire sortit sans plus attendre des cachots.
Une fois en haut de la volière, Harry attendit, faisant mine de chercher une chouette convenable. Nagini, comme à son habitude, s'envola par une des ouvertures pour se distraire le temps qu'il finisse, sans aller trop loin. Lorsqu'il fut certain qu'il était hors de son champ de vision, l'adolescent sortit prestement sa baguette et mit le feu à la lettre dans sa main, celle que Draco avait passé une demi-heure à rédiger. Il n'avait pas le choix de toute façon, et ce que Draco ne savait pas ne lui faisait pas de mal. Il cria au serpent qu'il avait fini, et les deux retournèrent aux cachots.
Le sujet revint tout de même. Une semaine plus tard, Draco enrageait de ne pas avoir eu de réponse à sa lettre. Elle n'était pas assez bien peut-être ? Harry faisait de son mieux pour le distraire et le faire patienter, mais finit par adopter la tactique de la sourde oreille en attendant que tout se tasse. Draco s'irritait de son flegme dans cette affaire.
Il s'irrita tant et si bien que le problème attira l'attention de Justinian à la table du dîner. Harry eut un haut-le-cœur lorsqu'il vit un sourire moqueur se dessiner sur les lèvres du plus âgé. L'autre avait compris en un quart de seconde. Il savait très bien pourquoi une journaliste s'intéressant à la vie d'Harry était problématique. C'était une occasion en or pour lui.
Harry était foutu. Il se força à marcher pour sortir de la Grande Salle au lieu de prendre ses jambes à son cou.
Justinian attendait les trois coups à la porte de sa chambre. Harry entra seul : le préfet sourit à son audace, avant de se rappeler que son visiteur n'avait personne à amener. C'était un secret qu'il voulait garder entre eux deux, après tout. Il considéra un instant le Sang-de-Bourbe. Curieusement, la vague de colère qu'il attendait ne vint pas. C'était sa faute pourtant... Cependant Harry ne l'avait pas poignardé dans le dos, pas encore du moins. Il ne pouvait pas vraiment lui en vouloir de tenter ce qu'il pouvait pour remonter son statut. Il n'était pas déjà en haut de la chaîne alimentaire comme Malfoy, et il n'était pas supposé lui être loyal comme Théo, puis Blaise, puis Rinata, et toutes ses autres connaissances qui basculaient de l'autre côté...
La liste des déserteurs semblait s'allonger toutes les semaines. Rien qu'à y penser, Justinian n'en pouvait plus, il avait l'impression qu'un jour il s'embraserait de l'intérieur et brûlerait tout le château avec. Il laissa ce doux rêve passer sur sa figure, juste de quoi faire trembler Harry.
Pourtant l'adolescent devant lui ne s'enfuit pas en courant, malgré sa minceur et la tête de moins que lui qu'il arborait. Il avait des tripes. Après tout, c'était lui-même qui avait pris un soin particulier à former son caractère avec le Jeu. Dommage, ils auraient pu bien s'entendre, si les choses avaient été différentes. Justinian supposait qu'il resterait avec cet unique regret. Mais vraiment, ils avaient toujours su qu'ils ne pouvaient pas être vraiment amis.
Pas de quartier. Justinian se reconcentra, au lieu de se perdre dans ses réflexions douloureuses. Harry n'avait pas encore parlé, mais ce n'était pas vraiment nécessaire. Il lui coupa l'herbe sous le pied.
« C'est non. Tu peux ravaler ta salive, Sang-de-bourbe. »
Les yeux verts se remplirent de peur. Cela faisait longtemps qu'il ne lui avait pas fait cet effet, se dit le préfet. Le bon vieux temps, quand le brun le croisait et qu'il tremblait, sans pouvoir rompre leur pacte et sans aucune échappatoire... Il pourrait éventuellement renégocier un accord, en échange de son silence ? Non. Ce n'était plus le moment de céder à ses propres caprices. Si la noble famille des Nott faisait la une depuis des mois et qu'il perdait toute dignité, ce n'était que justice qu'Harry se retrouve dans la même situation. Voir ses faiblesses imprimées noires sur blanc, commentées sans aucune délicatesse, sa vie avec les Sang-de-Bourbes révélée à tous. Justinian ne le laisserait pas fuir. Ils étaient dedans jusqu'au cou et il ne se noierait pas tout seul. C'était une question d'honneur, de plus en plus, à mesure que les jours passaient et que rien n'allait mieux. Il ne lui resterait bientôt plus que cela, de toute façon, en tant qu'héritier des Nott. L'honneur et la vengeance.
Harry sentit la panique affluer dans son sang. Il voyait bien ce que Justinian voulait, il aurait même sans doute fait pareil à sa place. Il se laissa tomber à genoux, sans un mot. Il n'avait plus d'autre idée sur le moment. Le Sang-pur le toisa avec supériorité. Harry ne voulait pas penser à ce qu'il était en train de faire, ça le révoltait, mais il ne pouvait pas laisser l'autre aller tout raconter à Skeeter. Il supplia.
« S'il te plaît... Ne rend pas cette histoire plus personnelle qu'elle ne l'est déjà. On pourrait se contenter de laisser les adultes se débrouiller entre eux, comme on fait depuis le début de l'année, on n'a pas à y être mêler plus que cela.
Justinian le releva avec fureur, une main sous la mâchoire.
- Je rêve ! C'est maintenant que tu te rends compte de ce que t'as lancé et que tu commences à avoir peur, Potter ? C'est trop tard ! Tu n'as qu'à t'en prendre qu'à toi-même, pour avoir écouté Malfoy ! Je ne vais pas te laisser te défiler maintenant, tu vas aller jusqu'au bout, crois-moi !
Le préfet continua, le visage déformé par l'amertume :
- Tu penses que ça n'était pas assez personnel pour moi, jusqu'ici ? Mon trône, ma crédibilité, mes amis, ma fiancée, mon frère ! Qu'est-ce qu'il te faut de plus ? Je ne vais certainement pas laisser passer la chance de traîner ta réputation dans la boue cette fois-ci ! Je vois déjà la une : Potter, délinquant qui mérite une correction ou pauvre petite chose battue par les méchants moldus ? L'hypocrisie, quand on pense qu'il veut faire croire à tous les sorciers que le monde non-magique est tout rose ! »
Il laissa retomber Harry, qui resta prostré un instant sur le sol. Il ne savait pas quoi dire pour le faire renoncer. Evidemment que Justinian voyait les choses comme ça, il aurait dû réfléchir avant de parler. Il ne trouvait pas... Son côté Serpentard lui souffla la solution. C'était sans doute la seule, mais Harry la repoussa avec dégoût. Il ne pouvait pas faire ça. Il ne voulait pas. L'autre interrompit son cas de conscience.
« Dégage maintenant. J'ai une lettre à écrire à la Gazette.
Harry se sentit malade en pensant à ce qu'il allait faire, tandis qu'il sortait sa baguette et se rapprochait de la porte pour préparer sa retraite.
- Si tu fais ça, j'écrirais aussi à Skeeter. Un reportage sur les enfants battus, autant dans le monde moldu que sorcier, ça te dit ? ça te dit, pas vrai, qu'on la partage, la une ? Ou peut-être que ce serait plus percutant si c'était mon oncle et ton père, côte-à-côte sur la couverture ? »
Nott resta un moment interdit, refusant de voir où il voulait en venir. Puis tous les objets de la pièce explosèrent en même temps, se heurtant au bouclier de Harry. Du sang commença à couler le long de la joue entaillée de Justinian, frappé par un éclat du bois du lit. Le Sang-pur rugit de colère :
« Espèce de sale petit Sang-de-bourbe ! Comment oses-tu ? Mettre mon père sur le même plan que ta vermine d'oncle ? Tu crois qu'on se ressemble ? Ça n'a rien à voir ! »
Justinain n'était plus qu'à quelques centimètres de son visage.
« Tu m'écoutes, pas vrai ? »
Harry resta tétanisé devant l'air dément de son aîné, ne pouvant que hocher la tête mécaniquement.
« Très bien. Alors voilà, Harry. Je ne sais pas ce qu'on t'a dit. C'est sans doute Théo, à vrai dire. Sa mère l'influence et elle est tellement niaise qu'elle n'a jamais su voir ce qu'elle avait sous les yeux. Mais n'en doute jamais : mon père m'aime. Il m'adore. Ils m'adorent tous, dans cette famille, à part quelques hurluberlus. Tu comprends, n'est-ce pas ? Ce que la jalousie fait dire à Théo ? Alors ne te fais pas d'illusion : tu es le seul ici à être pathétique. A être incapable d'attirer l'amour des gens. Même ta famille t'a détesté alors que tu étais encore bébé.
Justinian rit doucement puis reprit, son ton dangereusement persuasif.
« C'est toujours le cas en fait. Tu es devenu un moyen au service d'une fin, alors Malfoy s'est allié à toi. Vous n'êtes pas vraiment amis, tu le sais, hein ? Il ne te traite pas comme il traite Théo, même moi je le vois. Tu n'es pas toujours à l'aise avec lui, et il ne te dit pas tout ce qu'il pense, hein ? Ces moments, ou il pense clairement à autre chose et refuse de te regarder dans les yeux parce que tu le dégoûtes... Ne dis pas non, Harry, je sais que tu les a remarqué aussi et que tu as du mal à faire comme si ça ne faisait pas mal. Tu le sais, au fond. Tu n'es rien pour lui et il préférerait être ailleurs, ou plutôt, que toi tu ne sois pas là. Et les autres, c'est pareil. On te tolère parce que tu es utile. Une image du parfait petit Sang-de-Bourbe. C'est toi qui ne sais pas comment te rapprocher des gens... »
Harry, hypnotisé, hochait toujours la tête en retenant ses larmes. Justinian continua, passant en revue toutes ses connaissances. Sirius ne voulait le connaître que parce qu'il cherchait ses parents en lui, et par devoir envers ses amis. Céphéus n'était intéressé que parce qu'il y avait Nagini et le Quiddtch. Hermione était tellement maternelle qu'elle avait besoin d'un exutoire à toutes ses pulsions.
« Et regarde-toi maintenant : tu serais prêt à n'importe quoi pour que les gens ne sachent pas à quel point tu es pathétique. »
Harry tituba vers la sortie. Il s'appuya lourdement contre la porte avant de l'ouvrir, et se retourna vers son aîné.
« Ma menace tient toujours. »
Il avait failli céder, il devait l'avouer. Il n'eut pas la force de dire autre chose au roi déchu qu'il laissait derrière. Il ne voulait pas penser non plus. Justinian pâlit et eut un sourire tordu : il l'avait vraiment bien formé.
Draco cherchait Harry. Il fallait qu'ils parlent, il y avait quelque chose qui ne tournait pas rond ces derniers temps. Son instinct lui disait que cela avait à voir avec l'interview de Skeeter. Il ne lui avait pas semblé pourtant que sa soudaine célébrité lui était si pénible. C'était plutôt lui qui commençait à en avoir ras le chaudron. Il avait beau supporter les Weasley pour Harry, il n'était pas ravi de voir la petite dernière se ramener à chaque fois qu'ils étaient tranquilles. Il y avait un temps pour juste eux, et un temps pour les filles. Est-ce que lui répondait à toutes celles qui lui envoyaient des lettres ? Non, il se concentrait sur Harry et leur petite révolution. Heureusement, parce que son si précieux allié était complètement ailleurs en ce moment, alors s'il devait compter sur lui...
Mais où était-il passé ? Il n'était pas rentré au dortoir, il n'était pas avec les Griffondors. Là Draco savait qu'il y avait vraiment un problème, pour que le brun reprenne cette fâcheuse habitude de disparaître. Il avait pourtant progressivement arrêté depuis qu'ils étaient amis... Draco n'aimait pas l'admettre, mais qu'il se cache au lieu de lui dire ce qu'il se passait le fâchait autant que cela l'angoissait. Il ricana doucement : il se transformait bien en un croisement dégoûtant de Poufsouffle et de Griffondor quand il s'agissait d'Harry. Si on lui avait dit à onze ans qu'il pouvait être capable de cela, il aurait sans aucun doute giflé l'insolent ou piqué un caprice. Et pourtant il était là, arpentant les couloirs au milieu de la nuit et abusant de ses privilèges de préfet, à la recherche d'un Potter évanoui dans la nature. Il devrait peut-être s'interroger sur le fait qu'il aille si loin pour l'autre garçon, mais Harry avait toujours été spécial. Il n'alla pas chercher plus loin dans son raisonnement, il avait besoin de voir Potter alors il le chercherait autant qu'il le faudrait.
Draco soupira et ralenti ses foulées. Il n'y arriverait pas comme ça. Harry avait un don pour dénicher les cachettes les plus introuvables, un véritable instinct. Même lui en restait pantois parfois. Qu'à cela ne tienne, il n'était pas à Serpentard pour rien : la triche ne lui posait pas de problème. Il se concentra sur son souvenir, deux yeux verts pétillant se matérialisant presque devant lui :
« Expecto Patronum »
Un serpent se dressa devant lui, sa tête fine et intelligente penchée sur le côté. Il siffla avec douceur devant son maître. Tellement cliché pour un Malfoy, disaient certains, mais Draco préférait qu'ils croient à cette explication de la forme de son patronus plutôt qu'une autre.
« Mène-moi à Harry Potter. »
Les grands yeux émeraudes, trop humains pour un reptile, le considérèrent une seconde, puis le reptile argenté se mit en route, glissant dans l'air et brillant sous la lumière de la lune.
Draco trouva Harry rapidement après cela. Ils étaient près du lac gelé, de nuit, en décembre et sous la neige. Son fuyard n'avait allumé aucune lumière, se contentant de sa cape et d'un sortilège pour se protéger du froid et des flocons. Il s'amusait à construire des petites architectures de neige avec sa baguette, qui s'écroulaient dès que leur poids devenait trop important. Il avait l'air du Harry qui se concentre pour ne pas penser à autre chose, selon Draco. Son patronus s'enroula affectueusement autour de celui qu'il cherchait depuis des heures, lui confiant son reste de chaleur avant de disparaître dans une brise pailletée.
Harry releva la tête, mais ne sourit pas en le voyant approcher. Draco nettoya un peu de neige au sol, et se laissa tomber contre son dos. Harry se tendit quand il le toucha. Draco choisit de ne pas montrer à quel point cela le vexa. Visiblement ils avaient d'autres problèmes que son propre agacement actuellement. Harry prit la parole, en continuant consciencieusement son petit jeu avec la neige.
« Justinian connaît un secret, et il aimerait bien l'utiliser contre moi. Je l'ai fait taire en lui faisant du chantage, mais je ne sais pas pendant combien de temps ça va suffire. »
Draco ne se retourna pas. Il ne s'imaginait pas qu'il savait tout du Né-moldu, mais que Justinian sache quelque chose qui semblait d'une importance aussi capitale l'irritait.
« Il voulait raconter son histoire à Skeeter. Je l'ai fait renoncer en le menaçant d'aller raconter à tout le monde que son père le battait. Théo nous aurait sans doute aidés.
- Tu as bien fait. Parfois je me demande si on ne devrait pas tout raconter quand même, juste pour que Nott Senior passe en justice pour ce qu'il a fait.
- Tu as entendu Théo, il n'a pas de preuve tangible et il pourrait argumenter que son père était simplement très strict.
- Et qu'est-ce que Nott voulait raconter ?
Harry resta silencieux un long moment, mais Draco ne bougea pas.
- Je ne peux pas laisser Skeeter faire son reportage, et Justinian sait pourquoi.
Harry se mit enfin à parler, sans s'arrêter, comme toujours quand il avait une confession à faire. Il préférait tout sortir d'une traite. Sa voix était nette, précise, comme si de cette façon son auditoire ne remarquerait pas les nombreux euphémismes dans ce qu'il était en train d'avouer. Draco ne l'interrompit pas, le blond était certain qu'il n'aurait pas trouvé sa voix même s'il l'avait voulu. Il écouta jusqu'au bout. Comment était-il censé réagir à ça ? Il voulait crier, faire souffrir quelqu'un, autant qu'Harry avait souffert. Les Dursleys ? Les autres adultes, qui n'avaient rien vu ? Lui-même, incapable de se rendre compte que quelque chose n'allait pas et de tirer les conclusions correctes ?
Draco céda à la tentation et rejoua toutes ses conversations avec Harry de juin dernier. Son absence de réponse à ses lettres de l'été. Le brun était dans un placard, pendant que lui s'amusait à flirter et à jouer au Quidditch. Il rentrait le soir pour trouver sa mère et lui raconter sa journée. Il eut soudain le désir irrationnel de courir écrire une lettre de remerciement à ses propres parents.
Merlin, mais qu'est-ce qu'il pouvait faire ?
Harry s'était tut depuis un certain temps déjà. Il laissait à Draco un peu de temps pour digérer. Théo aurait sans doute été pris moins au dépourvu, mais il savait que le blond, héritier chéri, ne pouvait que tomber des nues. Il ne pouvait pas comprendre, et il ne lui avait pas dit la vérité pour qu'il le fasse, dans tous les cas. Il l'avait fait parce qu'il avait besoin d'aide concernant Skeeter et Nott. Justinian avait raison, une révélation pareille détruirait tout le travail des derniers mois pour apaiser les tensions.
« Tu ne retourneras plus là-bas. »
Harry soupira. Il se doutait qu'on en viendrait à ça.
« Si. Je ne peux pas d'un côté entamer une procédure pour maltraitance, et de l'autre essayer de cacher toute l'affaire aux reporters. De toute façon, j'y ai déjà réfléchi depuis des années, crois-moi, et un foyer ou un orphelinat ne seraient pas mieux. Il ne me reste que deux ans et je foutrai le camp. Quatre mois, au total, à passer chez eux. Je peux le faire, ce ne sera pas si horrible... »
La neige autour d'eux explosa en geysers. La magie de Draco s'éleva autour d'eux, furieuse et impuissante, ne pouvant que tournoyer sans but, les laissant au cœur de la tornade. Harry recula instinctivement, mais le dos de son ami n'était plus là pour le retenir et il bascula en arrière. L'autre adolescent s'asseyait déjà sur ses cuisses, l'empêchant de se relever et le gardant allongé au sol. Ses mains, pourtant habituellement étrangères à tout mouvement brusque, agrippèrent rudement l'une sa hanche et l'autre son épaule. Le blond le retourna sur le ventre sans trop d'efforts, Harry était trop surpris pour penser à se débattre. Il esquissa quand même un mouvement lorsqu'il comprit où Draco voulait en venir. Mais déjà sa chemise et son pull étaient relevés, et il traçait du doigt les cicatrices sur son dos. Il ne se déshabillait pas souvent devant les gens, mais parfois c'était inévitable, et il savait que Draco était au courant. Il avait seulement mal attribuées les traces pâles qui parsemaient son dos...
« Lesquelles sont des maléfices de Justinian, et lesquelles viennent des punitions de ton oncle ?
Harry hésita et son ami le sentit. Sa magie se concentra inconsciemment sur le brun, l'enveloppant dans un cocon de chaleur, de douceur et de persuasion.
- Ne me mens pas, Harry, murmura-t-il à son oreille.
- Justinian n'a laissé presque aucune cicatrice. »
Draco l'écrasait soudain, ses bras s'enroulant autant que possible autour de ses épaules, et roula sur le côté sans le lâcher.
« Il y a une solution. Forcément. Tu me prends pour qui, Potter ? Comme si je te laisserai retourner là-bas. J'accompagnerais moi-même Bellatrix s'il le faut pour convaincre ces ordures de te laisser passer les vacances avec nous. »
Honnêtement, comment était-il supposé résister à un espoir pareil ? Harry capitula, se retourna et serra Draco dans ses bras aussi fort que possible. Il chassa de son esprit le reste des paroles de Justinian. Draco ne lui mentait pas maintenant. Le blond rendit l'étreinte, ne s'éloignant que pour conjurer une petite tente magique autour d'eux.
« On va avoir des courbatures terribles si on reste-là. On devrait sans doute rentrer...
Harry n'avait pas l'air convaincu, et Draco n'avait envie de croiser personne non plus.
- On extorquera des potions à Severus demain matin si besoin. »
La neige continua à tomber doucement, son bruissement assourdit sur la toile seulement couvert par les chuchotements des deux adolescents, revenus à ce qu'ils faisaient le mieux, comme les Serpentards qu'ils restaient : comploter pour trouver la meilleure solution au problème. Un petit Lumos éclairait leur cocon, et ils restèrent là jusqu'au petit matin, protégés par l'obscurité et la sensation que rien ne pouvait enlever Harry de ce havre improvisé.
Sirius s'inquiétait, Harry n'était pas venu à son dernier cours, il y avait de cela trois jours. Draco non plus. Il avait demandé à Severus s'il avait des nouvelles, mais celui-ci n'avait fait qu'entrapercevoir les deux Serpentards, alors qu'ils venaient lui demander des potions contre ce qui semblaient être une mauvaise grippe. C'était aussi la version de leurs amis et de Céphéus. Cloués au lit depuis cinq jours. Pourtant, ils avaient choisi de rester dans leur dortoir, plutôt qu'aller à l'infirmerie. Mais il n'était plus né de la dernière pluie, il savait quand même voir quand son fils lui mentait. Sirius aurait juré les avoir aperçu une fois près de la volière, et dans la bibliothèque, pourtant. Mais quand il s'était approché, il n'y avait personne, et il était au rayon « Coutume et droit sorciers ». Un des rayons les plus barbants, uniquement visité par des Serdaigles ambitieux qui visaient le département de la justice magique une fois sortis de Poudlard. Il avait toujours su que la bibliothèque avait son propre fantôme, voire même une goule...
Mais que faisaient Harry et Draco ? Il espérait que le blond n'avait pas entraîné son filleul dans une bêtise, mais c'était peu probable. Harry, malgré ses apparences sages et agréables à vivre, était parfaitement capable soit d'envoyer promener son camarade, soit d'inventer ses propres conneries. Et puis c'étaient des Serpentards, ils ne se feraient sans doute pas prendre.
Perdu dans ses pensées, le professeur délaissa les devoirs qu'il était supposé noter. Il leur avait demandé la meilleure stratégie pour aller de Pré-au-lard, sans magie, jusqu'à Sydney. La consigne « sans magie » n'avait visiblement pas été comprise par tous : se promener à dos d'hippogriffe n'était pas un transport moldu. Il se demandait comment noter « demander à un centaure de nous prendre en stop ». Il y avait de l'idée, pour quitter le village magique, et la référence était clairement moldue, mais le centaure... Il était aussi si absorbé qu'il n'entendit pas les trois coups impatients contre la porte de son bureau. Ni le rythme saccadé que se mit à jouer ensuite son visiteur pour qu'on lui ouvre. Il fut bien obligé de lever la tête quand sa porte explosa littéralement, dans un fracas monstrueux et un nuage de sciure.
Au milieu des copeaux et des dépris, Bellatrix époussetait négligemment sa robe, un air de revanche satisfaite sur le visage.
« Eh bien, cousin, on n'ouvre pas à la famille ?
- Bella ? Qu'est-ce que tu fais là ? Il se remit de sa surprise, et remarqua avec compassion le groupe de pauvres premières années dans le couloir, leurs yeux grands ouverts derrière les mains qu'ils avaient levées pour protéger leurs visages des explosions.
La brune entra sans se soucier de son public, et répara la porte d'un coup de baguette pour s'assurer l'intimité dont ils allaient avoir besoin. Elle s'assit sans plus attendre, et entra dans le vif du sujet.
« Sirius. Qu'est-ce que tu penses de ton filleul ? »
Vaste question. Il se doutait que sa cousine n'attendait pas qu'il mette son cœur à nu, là, tout de suite. Le gamin l'avait d'abord perturbé, avec sa ressemblance à James et Lily. Mais si les yeux de Lily avaient véritablement été des fenêtres sur l'âme – heureusement pour James, dont les capacités de perception n'auraient surement pas suffit autrement pour la séduire -, ceux d'Harry plongeait l'observateur dans leur profondeur pour le noyer sans réponse. La teinte était pourtant presque la même, mais Sirius était bien en peine de voir quoique ce soit au-delà.
A côté de cela, il lui semblait un peu trop sage pour son âge, pas un signe de la bouffonnerie adolescente qu'il voyait de temps en temps à Poudlard, et dont il se rappelait lui-même. Au début, Sirius n'osait pas le chahuter trop, il lui semblait qu'il le briserait un peu trop facilement, avec sa silhouette d'oiseau. Et puis il était certain que ses amis le vengeraient vicieusement s'il essayait. De toute façon, il était tellement discret et facile à vivre qu'il aurait eu du mal à lui refuser une faveur, personnellement. Il avait toujours l'impression de ne pas en faire assez, que le gamin manquait de quelque chose ou n'était pas à l'aise, mais Harry ne lui laissait pas beaucoup d'ouverture pour se rapprocher un peu. Et les rares fois où cela arrivait, il n'osait pas se précipiter comme un bourrin comme il l'aurait fait avec James, de peur de la réaction. Il avait moins de mal avec Céphéus, c'était dire. Quand, parfois, il provoquait un éclat de rire, le son était si soudain et inattendu que Sirius était bien en peine de savoir ce qui l'avait déclenché, et se contentait de remercier Merlin du miracle.
Mais Sirius était tombé des nues la première fois qu'il l'avait vu voler. Lui-même était un casse-cou, et son fils tenait visiblement ça de lui. Mais Harry... C'était autre chose. Ce n'était pas le goût du risque en soi, la joie de sentir la peur et passer outre. Harry n'avait pas peur ; l'on n'est en danger que si l'on ne maîtrise pas son balai ou ses membres. Harry savait voler, savait quand remonter, par instinct. Sirius l'avait entendu dire au jeune Malfoy, un jour, pour le convaincre de le laisser faire à sa guise, qu'il était plus sûr de ses mouvements en l'air que sur la terre ferme.
Et si les adultes avaient eu l'impression qu'il avait besoin de protection et était d'un naturel plutôt doux, c'était avant qu'il ne le voit supporter un entraînement de Zabini sans broncher, et mieux que des montagnes de muscles de septième année. Sirius comprenait l'admiration de Céphéus. Le brun volait comme un démon, sans aucune concession pour le rythme cardiaque de ceux qui le regardait. Il n'était peut-être pas aussi féroce que ses coéquipiers, sans que ça ne l'empêche de dépasser systématiquement l'attrapeur adverse. Il voyait mieux comment il avait pu s'inclure dans le groupe du petit Malfoy. Il lui rappelait presque Bella de temps en temps. La folie en moins, naturellement.
Sirius croyait totalement en lui, et il était fier comme un hippogriffe du garçon. Il était curieux, Harry était vraiment un petit gars passionnant, il ferait de grandes choses s'il le décidait. Bien que selon lui, Harry choisirait plutôt de faire tranquillement sa vie. Il n'avait pas l'air d'avoir l'ambition d'une carrière ou d'une trace à laisser, comme la plupart des Serpentards. C'était inhabituel pour sa Maison, mais personnellement, il comprenait. Etre heureux était une ambition en soi, quoiqu'on la rencontre surtout chez ceux qui avaient déjà trop vécu. Oui, trop sage, dans tous les sens du terme.
« Euh... Je l'aime beaucoup ?
- Et tu te sens une certaine responsabilité envers lui, pour qu'il soit aussi heureux que possible ?
- Bien sûr !
- Et si je te disais qu'il a besoin d'être adopté dans les plus brefs délais parce que sa famille ne s'en est jamais occupée correctement, bien au contraire ? »
Quand elle avait reçu la lettre de Draco, deux jours auparavant, Bellatrix en avait aussitôt vérifié le contenu en rendant une visite discrète aux moldus en question. Cette expérience lui avait presque fait regretter les siècles où leur chasse était légale, pour ces gens en particuliers tout du moins. Elle avait contacté ses connaissances dans les deux ministères, sorcier et anglais tout court, concernant le droit familial. Il ne manquait que l'accord de Sirius, et la signature de toutes les parties. Elle donna les explications nécessaires à Sirius.
« Pourquoi Harry n'est pas avec toi ?
- Il avait peur que tu n'oses pas refuser s'il était en face de toi. »
Sirius, sérieux comme une tombe, hocha la tête. Il allait dire oui, évidemment, mais il fallait qu'il en parle à Céphéus d'abord. Le connaissant, son fils - légalement son neveu – sauterait de joie, mais il voulait tout de même le rassurer. Il eut un soupir fatigué : on dirait qu'il s'était transformé en adulte responsable quelque part pendant ces dix dernières années, James et Lily auraient été fiers de lui. Et Regulus, Merlin, Régulus allait lui en reparler pendant des années. Le jour où Sirius Black avait atteint l'âge de raison.
Severus lança un regard dégouté autour de lui. Les petites maisons, toutes identiques, blanchies avec soin, la pelouse verte et tondue, les voitures rutilantes, et les passants avec leurs chiens : l'ensemble produisait l'effet de perfection proprette et conformiste des banlieues périurbaines. Lui savait bien que les images étaient trompeuses pourtant, surtout quand elles semblaient aussi paisibles et heureuses. Il se maudit une fois de plus pour ne rien avoir remarqué dans le comportement du jeune Potter avant. Pourtant, il aurait dût voir les signes, il les connaissait mieux que personne...
Narcissa tira sur la manche de la veste moldue qu'il portait pour l'occasion.
« Suffit, Severus. Tu ne pouvais pas savoir, peu importe ton passé. Merlin sait que les Serpentards sont doués pour cacher ce genre de chose. Maintenant, il s'agit d'aider Harry pour qu'il n'ait jamais à revoir ces affreux individus. »
Le maître de potion hocha la tête devant l'air pincé de Narcissa. Il connaissait assez bien sa compagne pour se rendre compte que derrière son masque, elle n'avait qu'une envie : réduire en cendre la maison devant laquelle ils se trouvaient à présent, et tous ses habitants avec. Elle sonna sans hésitation, et un pas lourd se fit entendre. L'homme qui lui ouvrit, rougeaud et balourd, était bien plus banal que ce qu'elle s'était représentée. On ne pouvait vraiment jamais savoir.
« Monsieur Dursley, c'est bien cela ? »
L'homme cligna bêtement des yeux, ne semblant pas croire qu'une femme pareille le cherche, lui. Il se répandit en salutations, un peu refroidi quand il aperçut Severus, mais les fit entrer sans souci et les installa dans le salon, appelant sa femme pour une collation. Celle-ci arriva bientôt, et Severus se retourna pour jeter un regard à la créature qui demanderait à un enfant de faire les tâches ménagères à sa place. Il mit quelques secondes avant de la reconnaître.
« Pétunia Evans ?! »
Cette physionomie pour le moins particulière, il la replaça aussitôt dans son contexte. Sa maison d'enfance, et les deux voisines d'en face avec lesquelles il avait joué pendant des années avant Poudlard. Il l'avait vaguement croisé, plus tard, à l'enterrement de sa mère. Il n'avait pas mis les pieds à celui de son père. La vieille fille de la voisine, qui vivait chez ses parents, toujours dans la maison d'en face. Il ignorait qu'elle s'était mariée. Il lui avait demandé des nouvelles de sa petite sœur, Lily, tellement plus adorable quand elle courait partout, petite fille rousse et intrépide. Il regrettait encore la façon dont ils s'étaient quittés, lui l'abandonnant sur le trottoir, alors qu'il partait pour la première et la dernière fois et montait dans le bus pour King's Cross.
L'épiphanie le laissa sans voix. Si c'était Pétunia, l'horrible tante de Potter... Le visage de son élève se leva devant lui, ses cheveux changeant de teinte, à présent assez long pour onduler dans le vent. Le temps avait estompé les traits de la petite fille, mais ils revenaient comme des évidences maintenant que le lien était fait. Son regret et sa peine doublèrent d'un coup : non seulement il ne reverrait plus jamais Lily, mais il n'avait pas su voir que le fils de son premier amour avait besoin d'aide.
Pétunia Dursley se félicitait de sa mémoire des visages. Elle n'oubliait personne. Une fois, elle avait même reconnu une obscure star de la télévision au supermarché et avait pu appeler son magazine favori pour passer l'information. Un journaliste l'avait même citée dans son article. Qu'importe si c'était anonyme et que le torchon en question se spécialisait dans les peoples.
Ainsi, elle reconnut aussi Severus Rogue. Elle n'avait pas vraiment de bons souvenirs, de ce garçon toujours sombre, puis du jeune homme en deuil, bourru et frisant l'impolitesse, qui lui avait à peine serré la main lors de ce triste enterrement, il y avait des années. A présent, sur son visage, la surprise laissa place au dégoût et à la colère.
Merlin merci, Narcissa profita de ce moment pour prendre la conversation en main, et Severus n'eut qu'à intervenir pour sortir sa baguette alors que Vernon sautait sur ses pieds, rouge comme un poivron. Après des menaces froides, concises et d'autant plus crédibles, les Dursley signèrent le transfert de tutelle sans plus de souci.
« Harry ! Joyeux Noël ! »
Céphéus avait hésité, avant d'entrer dans le dortoir de cinquième année et de sauter comme un possédé sur le lit de sa cible. Si, vraiment. Pendant approximativement trois secondes avant de pousser la porte, il s'était demandé si c'était correct de les réveiller à une heure pareille. Et s'il n'allait pas perdre toute sa réputation de Serpentard auprès de ses aînés. Mais aujourd'hui était un jour spécial, même si ce n'était pas vraiment Noël. Et après aujourd'hui, Harry ne pourrait plus se débarrasser de lui, même s'il ne se comportait pas toujours avec classe et dignité. Il refit un bond sur le matelas pour consolider ce fait et utilisa le nouveau sort qu'il avait appris pour faire apparaître des banderoles aux armoiries de la famille Black partout. Nagini eut un sifflement irrité et se relocalisa sur le lit de Théo. Harry, quant à lui, ouvrait difficilement les yeux. Céphéus lui balançait un rouleau de parchemin enrubanné sous le nez. Le plus jeune souriait de toutes ses dents, ses fossettes menaçant de laisser des traces permanentes dans ses joues. En attendant que Céphéus grandisse et que ses traits se distinguent, ils pourraient passer pour frères de sang.
En effet, à minuit cette nuit, Harry avait officiellement été inscrit dans le registre familial des Black. Sirius n'était pas à Poudlard, il passait quelques jours à Londres pour régler les derniers détails. Céphéus savait que cela incluait informer leurs cousins et parents des changements, et il s'en félicitait. Sirius était beaucoup moins diplomate que son frère, et personne n'allait être épargné s'il osait la moindre insulte envers leur nouveau membre.
« Bonjour cousin ! »
Harry se redressa d'un coup, manquant de le faire tomber du lit. Il relut trois fois le parchemin, sans même essayer de se dégager de Céphéus qui lui faisait tant bien que mal un câlin et en profitait pour vérifier si ses cheveux étaient vraiment si indomptables que ce que disait la rumeur, en s'amusant avec. Effectivement. Immobile sous lui, l'adolescent le laissait faire. Il recommença à babiller sur les prochaines vacances, qu'Harry pourrait passer avec eux, et tout ce qu'ils allaient faire, quand il se rendit compte qu'Harry ne l'écoutait toujours pas. Il eut un doute : peut-être que pour Harry, ce n'était pas si important que cela de devenir pratiquement frères, qu'il s'agissait surtout de se libérer des Dursley. Il eut honte de son affection et son enthousiasme, et se recula pour regarder le brun.
Aussitôt, l'autre détourna la tête et la cacha dans ses mains, mais pas avant que Céphéus n'ait pu voir une larme de soulagement de chaque côté.
« Harry ? Harry, je suis désolé, je ne voulais pas te faire plaisir à ce point, enfin si, mais... Et si on se concentrait plutôt sur la chambre que tu vas choisir, hein ?
- Céphéus », soupira une autre voix. Le petit brun, totalement focalisé sur Harry, n'avait même pas regardé si les autres étaient levés. « Regarde ce que t'as fait. Bouge. »
Draco Malfoy se leva pour prendre sa place sur le lit d'Harry, relevant délicatement son menton pour le regarder dans les yeux et faisant comme s'il n'y avait aucune goutte salée sur ses joues.
« C'est fini, Potter. »
Harry hocha lentement la tête. Un sourire se dessina peu à peu sur ses joues, qu'il cacha prestement dans l'épaule de son ami. Draco, satisfait, proclama :
« Tu vois, que je te disais que c'était possible. Ça t'apprendra à ne pas m'écouter ».
Céphéus lui balança un édredon. On ne se moquait pas impunément des Black. Malheureusement, le blond tenait toujours le dernier en date de leurs membres. Le Malfoy sans foi ni loi n'hésita pas à s'en servir de bouclier humain.
Allez, tentons le diable...Le prochain le 2 mars ?
Bonne journée !
