Bonjour !

Pour une fois, ce n'est pas de ma faute. Ce chapitre croupis dans mon ordinateur depuis maintenant 4 semaines, complètement inaccessible, parce que ledit ordinateur avait décidé qu'il en avait marre et qu'il était temps de faire une panne. Je l'ai récupéré il y a deux jours, et choses promises choses dues, voilà le chapitre !


Harry Potter appartient à JK Rowling.


Chapitre quinze : Baves de serpents


Hermione n'arrivait pas à le croire. Les strangulots se reproduisaient comme des hippocampes ! Elle en était certaine, même si l'auteur, sorcier pur souche, n'avait pas fait le lien avec les petits animaux aquatiques. Le processus décrit dans le grimoire était presque identique. Après la reproduction, la mère pondait mais c'était le père qui transportait les œufs jusqu'à l'éclosion, dans une sorte de poche couverte d'une membrane, extrêmement solide et possédant de nombreuses qualités magiques dans le cas des strangulots, pour les protéger des prédateurs et garantir la continuité de l'espèce. Hippocampes et strangulots devaient tous deux descendre vraisemblablement d'un ancêtre commun. L'esprit hyperactif d'Hermione continua à s'enfoncer dans le raisonnement, et sur les infinies possibilités de recherche qu'elle voyait s'ouvrir devant elle. Au moins, ça la distrayait du procès. Aujourd'hui devait être le grand jour.

« Hermione ?

-Hum hum... Une seconde Blaise, je finis ma page...

-C'est bon ?

-Hum, oui, tu voulais me dire quelque chose ?

-C'est tout à fait cela. Epouse-moi, s'il te plait.

Elle nota distraitement, que, en toutes circonstances, Blaise se comportait avec la politesse blasée d'un parfait gentleman. So very English. Qu'à cela ne tienne, elle entra dans le jeu. Merlin, il était déjà onze heures ? Elle avait besoin d'un thé.

- Hum, Blaise. On ne saute pas un peu les étapes là ? Tu as besoin d'un mariage blanc avec une Né-moldue pour quitter le pays, ou quelque chose comme cela ?

- Tu as si peu confiance en moi. Non, pas du tout, mais tu sais peut-être que par chez nous, on a tendance à fiancer tout le monde avant la fin de leurs études. Les parents poules s'inquiètent pour l'avenir de leurs enfants autrement... »

Hermione repensa à tout ce qu'elle avait entendu de la mère du Serpentard, et ce n'était pas l'image d'une volaille qui lui revenait.

« ...et donc pour épargner de longues et fastidieuses recherches pour une candidate idéale à ma chère mère, et pour éviter qu'on ne me passe la corde au coup, j'ai décidé de prendre les devants. Si j'ai quelqu'un à lui présenter lorsqu'elle me posera la question, je n'aurai pas à subir des tonnes de rendez-vous arrangés. Donc, voudrais-tu bien m'épouser ?

- Ah, je comprends mieux. Tu as besoin d'une sorte d'alibi, en fait ? Des fiançailles en blanc, plutôt ?

Elle admira un instant le raisonnement, et fit semblant de réfléchir pour cacher son sourire. C'était logique. Et elle ne pouvait pas vraiment l'envoyer sur les roses, il l'avait aidée tellement souvent ces derniers mois. C'était presque une dette morale de le sortir de son impasse, et ça ne lui couterait rien. Quelques moments de plus en sa compagnie, mais elle ne s'en plaignait pas vraiment. Blaise acquiesça.

- Des fiançailles avec un horizon lointain, dirons-nous.

- Bon, bien, d'accord. »

Blaise sentit qu'il se mettait un peu à flotter sur sa chaise. Il la laisserait croire encore un peu qu'il y avait quoique ce soit de « blanc », « d'alibi » ou de faux-semblant dans toute cette histoire. Mais sans doute plus très longtemps, se dit Blaise. Elle retourna à son livre, les joues rouges. Il exhala enfin, le plus doucement possible, pour calmer les battements de son cœur, et attendit que ses mains cessent de trembler pour sortir ses affaires.

Dans l'absolu, elle avait quand même un peu dit oui, après tout. Il y arrivait petit à petit.

Son cerveau finit par se remettre en marche. Il faudrait qu'il écrive à sa mère pour la prévenir et qu'elle ne démente pas par accident son histoire inventée de toute pièce de menaces de fiançailles. Et qu'elle l'aide à choisir une bague. Le plus tôt serait le mieux, après tout, ça écarterait au moins Weasley. Hermione interrompit son triomphe une minute.

« Mais tu sais, « s'il-te-plait, sors avec moi », c'est plus banal mais ça marche aussi... »

Hermione lui sourit au-dessus de sa page, et Blaise se racla la gorge. Puis se pencha au-dessus de la table pour lui voler un baiser, comme s'il ne venait pas d'être pris en flagrant délit.

« Ne te formalise pas, c'est pour notre couverture ».

Elle acquiesça, consciente qu'il n'y avait personne autour, et le ramena à elle par sa cravate.

« Juste pour info. Si on en arrive vraiment là, le diamant aura intérêt à être vrai, lui.

- Je savais que tu restais pour ma fortune. »


La salle était beaucoup trop remplie par rapport aux proportions de l'affaire, ou alors bien trop peu si on mesurait plutôt à l'importance des enjeux. Les bookmakers illégaux prenaient à présent les paris au-delà de Poudlard, et arpentaient presque à découvert l'Allée des Embrumes. L'évènement était affublé de tous les titres les plus extravagants, « le duel Nott – vs – Malfoy », « la bataille de Poudlard », « l'affrontement final », j'en passe et des meilleures... Les Aurors avaient été mobilisés, car on craignait les actions désespérée d'individus isolés. Le climat d'ébullition était propre à toutes les démesures.

Le procès, public, décevait pourtant plus d'un spectateur jusqu'à présent. Les deux avocats échangeaient d'obscures références à la loi sorcière et des piques savantes, le tout concernant surtout le droit des animaux. Les ajournements succédaient aux reports, si bien que personne ne voyait vraiment où est-ce qu'on allait en venir. Jusqu'ici, Draco et Hermione étaient ravis : ils gagnaient du temps, même si eux-mêmes se perdaient dans ces eaux troubles d'adultes et de magistrature, mais à balais donné on ne regarde pas la paille. Les Nott semblaient eux persuadés que toutes ces tentatives pour différer le jour du jugement étaient faites pour donner à Nagini le temps de s'enfuir. Elle avait donc été mise sous la garde d'Hagrid, contrôlée quotidiennement par un employé du ministère.

Les palabres et les remarques tout à fait perfides et tout à fait oiseuses s'étiraient donc. Les élèves de Poudlard se relayaient dans la salle pour regarder le drame absurde de la cour, qui avait l'air de profiter de tous ces nouveaux, jeunes et impressionnables spectateurs pour déployer le plus de détails possible. Même Lord Nott avait été obligé de porter une perruque.

Discrets, en haut des gradins, Draco fixait ses ongles, et Harry tapait nerveusement du pied sur le plancher. Ils avaient fait comme d'habitude et n'étaient venu qu'à deux, pour ne pas donner l'alerte. Hermione était restée à Poudlard aujourd'hui, et compilait des fiches de révision à distribuer à tout leur groupe pour les prochains examens. Elle s'était adjoint Zabini, qui, étonnamment bon élève, et avec un an de plus, lui donnait les questions des années passées et ses propres remarques.

Les deux garçons attendaient. Ils avaient promis de mettre le souvenir de ce moment dans la pensine pour les autres. Ils regardaient Lord Nott, tellement obnubilé par ce fameux procès qu'il avait délaissé la législation sur les peuples magiques qu'il disputait à Lucius dans un autre hémicycle. Il l'avait simplement déléguée à un collaborateur, qui n'avait pas du tout mesuré la portée des amendements et des concessions apportées par le Malfoy. Le résultat, un compromis apparemment décevant pour les deux camps, avait été voté la semaine dernière et entrait en application aujourd'hui même.

Enfin, Draco repéra le moment où leur avocat allait, enfin, lancer sa dernière stratégie.

« Prépare ton pop-corn », souffla-t-il au brun. Celui-ci, cabotin, agita malicieusement sa baguette. Une boule de maïs s'en envola pour tomber juste à l'arrière de la perruque du magistrat le plus proche, provoquant un fin sourire sur les lèvres du blond.

Le patriarche Nott choisit ce moment pour lever les yeux, et leur lancer un regard méprisant. Quelques secondes plus tard, il se hérissait sur son siège devant la réaction du jeune homme : Draco bailla avec superbe et distinction, puis se détourna. Il se cala dans son siège inconfortable, croisa les jambes et anticipa les différentes réactions.

C'était à leur tour de parler.

Dix minutes plus tard, la cour était perdue et l'on se demandait si cet homme de loi n'était pas stupide.

Nott riait à gorge déployée, et ses partisans se moquaient ouvertement de cette nouvelle stratégie, vouée à l'échec bien sûr. Fudge soupira et donna un coup pour rétablir le silence. Il se souvenait en gros d'avoir signé cette nouvelle loi, qui autorisait les Goblins et les Centaures à venir témoigner à leur procès, et les autres peuples magiques. Mais voilà maintenant que l'avocat leur sortait des témoins et des statistiques pour prouver que l'intelligence de Nagini lui permettait d'être classée parmi celles-ci. C'était bien beau, mais que ferait-on d'un serpent à la barre ? Qu'est-ce que l'huissier pourrait bien écrire sur sa feuille pour retranscrire ?

Lassés, les magistrats accordèrent cette nouvelle lubie, persuadé que ça n'irait pas bien loin et que c'était une tactique de distraction. Même Lord Nott ironisa et vota pour, convaincue du ridicule de cette distinction. Qu'importe si la bestiole venait siffler en personne ? Lui avait trois témoins qui assureraient en anglais qu'elle était dangereuse. La lignée des Gaunt était éteinte depuis belle lurette, et les Fourchelangues avaient disparu. Il ne put résister à l'envie d'apostropher le jeune Malfoy et de l'écraser un peu plus en l'absence de ses parents. Le blondinet devait être mort de honte.

Mais du haut de son siège, l'adolescent se pencha à peine en avant et se contenta de joindre calmement les mains. Le regard droit sur son ennemi, il sourit lentement et découvrit ses dents. Tandis qu'Harry, nerveux, plantait ses ongles dans la jambe de son voisin, la légère douleur ne fit qu'augmenter son air carnassier.

Leur avocat enchaina sous les yeux fatigués de Fudge, et leur présenta le dernier Fourchelangue d'Angleterre.

Une demi-heure après, le ministre agitait son marteau comme un hochet et tentait en vain de rétablir le silence, et annonçait que le reste serait reporté à la session de l'après-midi. Des Aurors entourèrent Harry et lui alors qu'ils rejoignaient le couple Malfoy qui les attendait dans le couloir.


Hermione ne fit pas un bruit quand on l'attrapa par le col et qu'elle sentit son omoplate rencontrer douloureusement le mur de pierre d'une alcôve. Les autres élèves étaient presque déjà tous dans la Grande Salle pour le déjeuner. Sa baguette s'enfonçait dans la jugulaire de son assaillant quand un rire sinistre la coupa et qu'une main bloqua son poignet, lui interdisant tout mouvement pour jeter un sort.

« Bon réflexes, Sang-de-bourbe. C'est Harry qui t'a appris ?

Hermione n'hésita pas et remonta son genou aussi fort que possible, enchaina avec un coup de poing au côté sans lâcher sa baguette de son autre main, et ajouta un hurlement de toute la force de ses poumons avant que Justinian ne lui cogne la tête en arrière. Elle répondit quand les lutins eurent fini de danser devant ses yeux.

- Ma mère, en fait.

Elle l'avait vu exhaler de douleur, mais sa poigne ne s'était pas défaite. Elle parcourait son répertoire de sortilèges et se concentrait déjà pour en lancer un silencieusement avant qu'il ne pense à la désarmer.

- Maintenant dis-moi, c'est toi, n'est-ce pas ? La pétasse qui a mis sur pied leur stratégie ? C'est toi ou Malfoy ?

Hermione se dit qu'il valait mieux ne pas répondre. Elle y était presque, mais sa concentration se brisa quand il la gifla. Refusant de se laisser complètement terrifiée, elle hocha la tête, priant pour qu'on l'ait entendu, et recommença son sort.

- Ca sentait son Granger, toutes les subtilités de miss-je-sais-tout sur les règlements...

- Je connais parfaitement l'incantation pour la castration, alors tu la lâches. Maintenant.

C'était Pansy, et Hermione, si elle avait jamais eu des doutes sur son intérêt pour autre chose que son dressing, les aurait aussitôt perdus. Pansy aiguisait sans doute ses ongles avant de les vernir. Elle-même n'était d'habitude pas en reste, mais la serpentarde était une inspiration sur ce coup-là. Comme leur aîné tardait à exécuter son ordre, elle ajouta :

- Et je ne connais que la cautérisation pour refermer. Enfin, si je décide que tu ne serais pas mieux dans une flaque de ton propre sang sur le sol.

Enfin, il recula, tranquillement.

- Ta gueule, Parkinson, qui parle de meurtre ici ? »

Il tourna les talons et allait disparaitre au bout du couloir, mais pas avant un dernier mot :

« Au fait, Parkinson, dis à Théo qu'il est demandé dans le bureau de Rogue. »


« Imagine-toi que c'est un shot de Gringott's Express Ride : tu l'avales cul-sec et tu t'assoies. »

Le dernier conseil de Draco, droit et impassible avec sa cravate, fit flotter un sourire sur les lèvres d'Harry alors qu'il carrait ses épaules anguleuses du mieux qu'il pouvait et s'avançait devant la cour. Il attrapa le veritaserum et rejoignit sa place aux côtés de Nagini, qui se prélassait sur le siège des condamnés avec un confort discret. Les Aurors avaient bien essayé de lui passer les chaînes et les menottes associées à cette fameuse chaise. Les anneaux pendaient inutilement dans une des boucles écailleuses que formait sa queue, et elle les fit s'entrechoquer comme des castagnettes en voyant arriver Harry.

« Bien. Vous vous apprêtez tous deux à témoigner, contraints à dire la vérité. Tout est clair ? Monsieur Potter, si vous voulez bien... Administrez le veritaserum à l'accusée et prenez-le vous-même, je vous prie...

Harry tendit la coupelle contenant sa part au serpent, et levait son propre verre en direction de Draco quand un sort les lui arracha et les envoya se briser au sol. Le patriarche Nott, absent au début de la séance, entra avec douze minutes de retard mais l'air triomphant.

- Une minute ! J'ai la preuve que ceci n'est qu'une supercherie, grossièrement orchestrée par Lucius Malfoy ! »

Il jubilait, et Harry ne voyait pas pourquoi. La seule chose qu'il voyait, c'est l'air qu'aurait l'homme la bouche et le nez en sang et un cocard ornemental sur l'œil droit. Il ne se rendit même pas compte qu'il avait fait deux pas en avant, jusqu'à ce qu'un bras en travers de son torse ne le retienne. A cet instant, il aurait pu jurer que dans cette salle souterraine en marbre et en granit, la poitrine de Draco contre son dos était la chose la plus froide de la pièce. Le voile rouge devant ses yeux se dissipa au frisson qui le parcourut. Draco les fit reculer jusqu'aux marches des gradins qu'il venait d'enjamber pour le rejoindre. Ils étaient aux premières loges quand Lord Nott fit un signe.

Théo, un peu pâle mais décidé, alla prendre place sur le siège et avala le flacon de potion de vérité qui lui était tendu à son tour. Puis il commença à débiter une longue liste d'occasions où il avait pu constater que Nagini était dangereuse. Ensuite, il expliqua comment Draco avait ordonné à Harry de demander à la bête de mordre Justinian. Enfin, il décrivit les réunions dans la salle sur demande, où Granger et Draco, sur les conseils de Rogue, concevaient un breuvage pouvant passer pour du veritaserum, tandis que Lucius Malfoy corrompait un huissier pour substituer les deux potions.

Il allait terminer sur l'implication des Weasley dans la supercherie et de Dumbledore, quand on l'interrompit.

Une voix polie s'élevait des gradins.

« Excusez-moi, j'ai...

- Shhh ! rétorqua une femme en rose près du ministre.

Mais la voix l'ignora avec l'assurance des grandes dames et un signe de main, et une silhouette en noir se leva du haut des gradins pour les descendre élégamment jusqu'à la tribune.

- J'aimerais m'adresser à la cour, dit Rinata Lestrange.

Interloqué, Fudge réagit vivement :

- Mais quoi maintenant ?! Et bien, allez-y, Mademoiselle !

Une ombre traversa le beau visage avant qu'elle ne réponde, une peine étrange perceptible derrière ses paroles.

- J'accuse Théodore Nott de faux témoignage.

- Mais qu'est-ce donc, encore ! Mademoiselle, il a pris la potion !

Le brouhaha dans la salle accompagnait les protestations condescendantes du ministre et l'éruption de Lord Nott. Rinata claqua sèchement du talon pour reprendre la parole, et son air austère lui garantit une fois de plus le silence.

- Permettez... Je l'accuse de témoigner sous impérius, et de tromper ainsi le veritaserum

Au simple mot d'imperius, les Aurors étaient sur leurs pieds, et le chaos envahit encore une fois l'hémicycle, gradins et tribunes.

« Catin ! Fille de catin ! » hurlait Lord Nott.


Il pleuvait, évidemment. C'était Londres, même si les trois Serpentards l'avaient presque oublié dans les entrailles glaciales du département de la justice. Dehors sur le pavé boueux, le bruit de la pluie était une couverture constante et vaguement rassurante. Même lorsque votre père vous lance un sortilège impardonnable, il continue à faire mauvais. Un constat déprimant, et pourtant c'était la première chose familière à laquelle Théodore arrivait à se raccrocher. Le procès était gagné, Nagini était rentrée à Poudlard, Nott Senior passait la nuit dans une cellule, et le trio s'était éclipsé dès qu'il l'avait pu. Le prochain chef du clan Nott tira une bouffée de sa cigarette, les mains encore un peu tremblantes, et expira comme si le visage de son père était en face.

Draco, appuyé contre le mur, complètement indifférent à l'eau qui lui dégoulinait sur le visage, regardait la fumée de Théo se débattre contre les gouttes dans son ascension.

« Ca vous dit, McDo – billard ? Vous savez jouer au billard ? »

Les deux sang-purs tournèrent la tête vers Harry, et secouèrent la tête. Harry soupira, et les gouttes dans ses cheveux accrochèrent la lumière du réverbère.

« Je ne sais pas vous, mais je suis un peu dégoûté du monde magique, là tout de suite. Je dirais, on ne rentre pas à Poudlard, on prévient juste les parents de Draco, et on passe du côté moldu jusque demain matin ?

Les deux autres se regardèrent.

- J'en suis, déclara Théo. C'est pas comme si mon père allait me retenir. J'envoie juste un hibou à ma mère. Je suis sûr qu'elle préfère savoir que je suis en train de me gaver de frites plutôt que de m'éclater les poumons.

Draco attrapa la clope en question et l'écrasa sous sa chaussure. Il haussa les épaules.

- J'approuve. J'ai pas envie de passer la soirée avec toi si tu fumes comme un pompier. Un cheeseburger ressemble à une bonne idée. Mais c'est quoi billard ?

Harry sourit.

- Un jeu, dans les pubs moldus, je vous apprendrai. D'abord, on va aller trouver des jeans.

- On peut rentrer en douce dans le manoir, Père et Mère seront encore au ministère, et on repart. J'ai assez de fringues pour trois. »


Dobby leur ouvrit lorsqu'ils toquèrent à la porte de la cuisine du manoir Malfoy, vers six heures trente. Ils avaient trébuchés jusqu'à la chambre et au lit de Draco et s'y étaient effondrés à trois, plus épuisés que saouls.

Théo s'était roulé en boule, resserré sur lui-même. Le blond avait oublié l'avoir vu l'air si jeune avant que ses souvenirs d'enfance ne lui sautent à la gorge. Sans demander l'avis de personne, Harry s'était couché contre lui, les genoux remontés contre la poitrine de l'autre. Le propriétaire des lieux les avait regardés, sans entendre précisément ce qu'ils se chuchotaient l'un à l'autre, mais Théo avait l'air d'écouter.

Il ne savait plus combien de temps il les avait contemplés, recouverts par la lumière givrée de l'aube de novembre. En revenant à lui, il était allé tirer les rideaux, et s'était juste étendu derrière Harry, un bras en travers de sa taille, bercé par les bruits de son souffle dans sa poitrine. Il dormait déjà, alors que les deux autres parlaient jusqu'à ce que les oiseaux chantent dans le parc, avant de déposer les armes à leur tour.

Ils réapparurent en fin d'après-midi à Poudlard, et arrivèrent à leur salle commune sans croiser grand monde. En quelques minutes ils étaient entourés et on leur sautait au coup comme s'ils étaient des héros. Les questions, les félicitations et les Bièraubeurres fusaient de toutes parts. Pansy était en train de leur passer un savon pour l'avoir fait attendre toute la nuit dernière, quand Hermione déboula, Blaise à son bras, et sauta au coup d'Harry. Le groupe de Griffondors qui la suivait s'engouffra dans l'ouverture. Même Ron mit une grande accolade dans le dos de Draco. Quant à la suite, dans la cohue, le blond aurait presque pu passer à côté. Cependant, l'éclair de silence qui traversa la salle capta son attention. Il regarda quelques secondes, se débrouilla pour produire une mimique réjouie, et s'écarta un peu.

« J'ai besoin d'une de tes cigarettes. »

Théo la lui tendit avec un sourire compréhensif. A deux pas d'eux, Harry, son innocence et sa joie retrouvée, riait et embrassait passionnément Ginny Weasley.


Au... Aller, le 4 ou le 5 novembre (oui, réjouissez-vous !) (et puis comme celui là était très en retard, je vais me rattraper sur le prochain, ça vous en feras 2 d'un coup !)