Bonjour !
La suite donc, et rappelez-vous : on ne lynche pas l'auteur ^^
Harry Potter appartient à JK Rowling.
Chapitre seize : Secrets de chambres
Le monde se trainait autour d'eux, les jours s'assombrissaient et les tempêtes de neige grondaient, et pourtant ça n'avait aucune importance pour Harry et Ginny.
Ils étaient ridicules mais explosifs, et Harry tournoyait jusqu'à s'en rendre malade, Ginny aussi enthousiaste que lui. D'un commun accord, il avait été décidé que le premier amour ne passe qu'une fois, et qu'ils se devaient de le vivre comme dans une tragédie shakespearienne. C'était ce qui leur convenait le mieux, il leur semblait, et ils ne se contenteraient de rien de moins que ça.
Harry retrouvait son rouge à lèvre et des cheveux flamboyants dans ses cols de chemises. Ginny lui rendait au petit déjeuner la cravate verte qui s'était logée dans son sac. Ils ne savaient plus non plus exactement où commençait son parfum et où finissait son eau de cologne.
Il avait maintenant un pull Weasley aussi doux que le sien. Les fils des deux confections se défaisaient et s'entremêlaient, alors même que dans sa chambre du square Grimmauld pendant les vacances d'hiver, Ginny tentait en riant de faire passer sa tête au travers du trou pendant qu'il se pinçait maladroitement les doigts dans l'attache de son soutien-gorge tout neuf.
Tout le reste était lointain et assourdi, comme la neige qui tombait dans le jardin. Ils avaient mis une raclée à Céphéus et Sirius sur le terrain de Quidditch des Black, avaient visité le zoo où Harry avait rencontré autrefois un boa, s'étaient disputés pour quelque chose. Elle était repartie chez elle dans un nuage de fumée verte. Au désespoir, il avait envoyé ses gnomes de jardin lui chanter une sérénade. Elle était revenue, éperdue, pour échapper au son affreux et il l'attendait avec un pique-nique aux chandelles. Les gnomes avaient été récupérés par Fred et George pour Percy.
Ils avaient parcouru tous les passages secrets, s'étaient aventurés sur les toits de Poudlard, après s'être enfuis de la soirée de Noël de Griffondor. Au bal de Saint Valentin, ils avaient échangé leurs chaussures un instant avant qu'Harry ne capitule et ne la porte pour descendre les escaliers. Elle avait jeté les maudits talons en l'air sur le coup de minuit, et le brun en avait gardé juste un. Le lendemain, elle l'avait retrouvé sous son oreiller, une fleur sous la bride et un « je t'aime » calligraphié à l'intérieur. Le pied gauche, son « moi aussi » sous la semelle, pendait de la tringle de son baldaquin quand il rejoignit son dortoir le jour suivant.
Draco avait l'impression de regarder deux étoiles filantes zigzaguer entre les murs. Il n'avait jamais vu Harry comme cela. Parfois, il les entendait rire en fermant les yeux, se souvenait de leurs deux corps nichés l'un contre l'autre sur un sofa en feuilletant un magazine, alors qu'Harry relevait la tête de temps à autre pour lui demander son avis et lui adresser un sourire.
D'autre fois, il croisait Harry, la mine dévastée, les yeux sombres. Ca ne durait en générale que quelques heures, avant que l'un des deux amoureux ne craque et n'aille se jeter au cou de l'autre qui l'accueillait à bras ouverts. Leur émotions montaient dans les extrêmes, et il avait l'impression qu'Harry ne vivait plus tout à fait avec eux. Comment aurait-il fait sinon pour ne pas étouffer sous la tension ambiante, qui écrasait toute leur maison comme une chape de plomb ?
Pourtant les donjons semblaient briller trois fois plus qu'auparavant ces temps-ci. Les élèves parlaient plus fort, on riait souvent, on trinquait, les soirées se multipliaient pour un rien, et tous tourbillonnaient constamment. Le tout Serpentard s'abrutissait de lumière artificielle.
Le monde était complètement détraqué, et eux aussi. Théo finissait toutes ses nuits dans le lit de Rinata pour calmer ses cauchemars de l'imperius, laissant l'accès libre à ses cigarettes à Draco qui les fumait sur le rebord des fenêtres et voyait des fragments d'Harry se dessiner dans la vapeur, après avoir quitté le lit de sa conquête de la semaine.
Peut-être que Justinian avait eu raison. Ils avaient tout chamboulés, et n'avaient aucune idée de quoi faire maintenant. L'héritier déchu s'était fait fantôme, n'allait plus en cours et disparaissait dans le château. Leur roi s'était désincarné, et son successeur était trop absorbé par une paire d'yeux verts pour imposer une nouvelle règle.
Ils allaient dans le mur, mais personne ne savait quoi faire. Personne n'avait vraiment envie de s'en occuper non plus. Et le mur était une chose floue, indiscernable devant eux. Les disputes avec les autres maisons avaient repris de plus belle, les conflits entre eux également, leurs notes avaient baissées, leurs points aussi. Draco et Théo se limitaient à une discipline désillusionnée. L'ambiance était déplorable. C'était comme si aucun d'eux ne savait quoi faire maintenant qu'ils n'avaient plus à danser autour d'un tyran. Alors ils dansaient juste, ensemble ou seuls.
En un sens, Harry montrait un exemple, et certains semblaient avoir décidé de l'imiter. Les couples se faisaient et se défaisaient dans une ambiance de fin de règne. Ils se brulaient tous un peu plus les ailes. Ces semaines folles accéléraient toujours, et leur maison n'était plus qu'une gigantesque comète, fonçant avec insouciance vers on ne savait quoi.
Les lumières dansaient sur les murs de la pièce, éclairant tout et rien à la fois, les faisceaux mordorés se braquant sur tout le monde ni personne. Draco s'amusait à évoluer lentement, en restant dans l'ombre le plus souvent possible. Les visages et les silhouettes se découpaient sans rime ni raison devant lui, puis retombaient dans l'obscurité.
Dans cette mosaïque décousue, il croisa un regard par inadvertance, et le laissa retomber sans plus y faire attention, cherchant avec masochisme quelqu'un d'autre des yeux. Un adolescent aux cheveux noirs, enroulé autour d'une belle rousse, sans doute en train de rire aux éclats.
Mais aucun fragment du brun ne basculait dans le visible, alors il abandonna la poursuite. Il ne savait plus s'il devrait être soulagé ou déçu de ne pas pouvoir constater la réalité, amère, une fois de plus.
Le même regard revint, timide, presque surpris. Draco cligna des paupières, et il avait disparu.
Puis la lumière se fixa plus longtemps, et lui montra un visage doux, le nez un peu aplati, des pommettes hautes et une bouche pleine, trop large pour être celle d'une fille. Une ombre de barbe courrait sous la mâchoire, qui se contracta quand son inconnu déglutit, le cherchant à son tour.
Draco avança d'un pas dans une tâche de lumière, un sourcil levé en signe d'interrogation. Confus, le garçon en face semblait ne savoir que faire de son attention. Il avait l'air plus âgé pourtant, pourquoi serait-il intimidé par un cinquième année ? Il n'était même pas de sa maison. Faisait-il si peur ? Draco se prit à sourire.
Les yeux bruns s'assombrir d'un coup.
Ah. C'était donc de cela qu'il s'agissait, se dit le serpentard. Il ne savait pas qu'il récoltait des admirateurs aussi loin. L'autre sembla prendre une décision, mais l'obscurité l'engloutit avant que Draco n'en sache plus. Déçu, il fit quelques pas, cherchant une fille avec qui danser.
Une demi-heure plus tard, il faisait tournoyer sa cavalière, quand il capta à nouveau ce visage, déçu et triste. Sincèrement triste, et Draco se sentit d'humeur taquine. Il fit un clin d'œil, provoqua chez l'autre – un serdaigle, à son insigne - un sourire hésitant, mais, cruel, accepta la prochaine danse qu'une Poufsoufle lui demanda.
L'objet de son attention finit par lui échapper quand un de ses amis vint l'entrainer dans une conversation quelconque. Draco fronça les sourcils, avant de se rapprocher.
Le septième année de Serdaigle devant lui n'avait pas l'air trop éméché. Il n'avait pas non plus l'air de s'amuser beaucoup. Draco connaissait son nom, bien sûr. Il le replaça, en un instant fugace de concentration, dans le réseau de connaissances et de relations du petit monde de l'aristocratie sorcière. Juste le temps d'établir qu'il était plutôt pro-né moldus, de bonne famille à la réputation exemplaire, une fiancée en France. D'ailleurs, il était invité au mariage, dans moins d'un mois.
La raison de la mauvaise humeur de sa nouvelle connaissance, ou bien plutôt la raison de sa présence dans une soirée qui n'était clairement pas son truc ? Un peu comme un adieu au monde avant la bague fatale, une dernière occasion d'oser ce dont il rêvait en secret...
A partir de là, le blond n'hésita qu'une seule seconde. Il effleura son coude juste par inadvertance. Sa proie sursauta, comme électrocutée, et Draco aurait pu jurer qu'il avait vu son cœur manquer un battement.
Il s'excusa à peine et s'éloigna à nouveau. Cinq minutes plus tard, on lui tapait sur l'épaule en lui tendant un verre. Le jeune homme arborait un sourire trop charmeur pour être sincère, comme s'il ne savait trop comment il allait le prendre. Il tenait son propre gobelet, à moitié vide pour se donner du courage.
Draco hocha la tête et se laissa approcher. Quand il fut assez près, il se pencha vers l'autre un peu plus que nécessaire pour attraper le verre, lui soufflant à l'oreille au passage :
« Je crois que j'ai déjà assez bu, mais merci. »
Son prétendant avait l'air de ne plus savoir où se mettre, et Draco décida l'épargner. Le garçon face à lui avait l'air de tenter le tout pour le tout, avant que son anneau de mariage ne lui en gâche la possibilité. Pas la peine qu'il renonce trop vite.
« Après tout, ce serait dommage que je ne sois pas en pleine possession de mes esprits, non ? On danse ? »
Il l'attira dans un coin sombre de la piste, et entama une de ces conversations mondaines qu'il pourrait mener dans son sommeil, tout en détaillant son partenaire. Définitivement à son goût.
Draco ferma les yeux une minute, inspirant profondément, et quand il les rouvrit, il n'y avait plus que ce presque inconnu et la nuit devant eux. Il avait perdu le fil de la conversation. Sans hésiter plus longtemps, il passa la main dans la chevelure châtain et n'attendit pas plus avant de l'embrasser à pleine bouche. L'autre ne se fit pas prier, trop heureux d'avoir osé faire le premier pas après l'avoir observé de loin depuis des semaines.
Lorsque plus tard, sur l'oreiller, le Serdaigle serrait son ange blond contre lui et murmurait des mots d'amour de circonstances, il lui confia le temps perdu à le regarder, l'admiration, ses yeux gris et ses cheveux blond, le désir et l'impuissance sans pouvoir cesser d'espérer. Une nuit, cela lui suffisait. Il n'avait même pas imaginé si peu. Draco ne disait rien.
Quand son amant s'endormit, finalement, Draco se releva sur un coude et le regarda longtemps, un air compréhensif sur le visage. Il décida de rester la nuit, et sombra à son tour, avec l'impression qu'une plaie invisible venait d'être guérie quelque part.
A l'aube, il passa une dernière fois la main dans les mèches caramel, le réveilla juste assez pour lui adresser ses meilleurs vœux de bonheur. Il quitta le lit sous le regard encore un peu émerveillé de son hôte, le soleil un halo autour de sa silhouette pendant qu'il se rhabillait.
Le château était différent au petit matin, Draco se fit la réflexion en passant à travers les corridors. Il prit juste la direction du lac pour regarder son reflet dans l'eau.
Qu'est-ce que dirait Harry, s'il lui disait qu'il avait passé la nuit avec un garçon ? Et s'il lui disait que comme son Serdaigle, lui aussi avait les yeux rivés sur un jeune homme apparemment hors d'atteinte ? Et si...
Il soupira. Une fois, deux fois. Un canard le rappela à l'ordre. Il trempa sa main dans l'eau et s'en jeta juste un peu à la figure pour se réveiller. Ne pas penser à Harry tout de suite. Pour l'instant, il allait aller se chercher un café, et profiter de la matinée de quelqu'un qui a passé une très, très bonne nuit.
Harry le croisa au coin d'un couloir. Justinan n'avait pas changé physiquement, toujours aussi beau, mais il y avait autre chose qu'Harry reconnut aussitôt. La chose qui ravageait ses yeux et qui vidait progressivement ses entrailles, jusqu'à ce qu'il ne reste rien qu'un gouffre, c'est elle qui interpella le plus jeune. C'était la même que celle qu'il avait laissé dans un placard sombre sous un escalier.
Cela leur faisait un air de famille, bien plus que ses cheveux noirs et ceux de Céphéus, ou bien le menton des Nott. Une sorte de fraternité des orphelins abandonnés, ceux qui ne voient qu'un gouffre noir, interminable et bourbeux quand ils ferment les yeux et essaient d'imaginer des jours meilleurs. Harry lui attrapa le bras. Justinian fit un geste pour se défendre, mais rabaissa sa baguette en le voyant. Sans plus attendre, le né-moldu le mena aux cuisines pour les installer dans un coin, par terre.
Il avait deviné juste, à la manière dont Justinian dévora ce que les elfes déposèrent devant lui.
« Depuis quand est-ce que tu n'avais rien mangé ?
Justinian finit sa bouché et s'essuya la bouche, toute sa distinction retrouvée, assis en tailleur, avant de répondre :
- Aucune idée, honnêtement.
Harry hocha la tête, glissant davantage le long du mur jusqu'à s'appuyer contre son préfet. Il réprima le frisson à l'idée de découvrir son flanc en face de lui et de laisser tant d'ouverture aux possibles attaques.
Justinian se figea lui aussi, avant de laisser échapper un rire rauque. Il ne cessa pas, et partit dans un fou-rire colossal, s'accrochant aux épaules du brun pour le tirer un peu plus vers lui, son menton sur son épaule. Il hoqueta.
« Pathétique... Regarde nous.
Sa main se leva, et en un geste si rapide qu'il était flou, il fit apparaitre une surface métallique devant eux. Un miroir, mais grotesque et déformant. Harry leva le bras à son tour et agita les doigts, pour voir les lignes onduler et s'allonger.
Les yeux fixés sur le miroir, il se figea comme un gibier pris au piège quand il crut voir le poing de Justinian se rapprocher. Celui-ci continua à rire, et souffla.
- Tu n'apprends jamais, Harry. Je pourrais tellement facilement te tuer, là tout de suite, et pourtant tu me ramasse encore dans les couloirs. Tu es mort de trouille, et pourtant tu n'abandonnes pas.
- C'est un peu l'hôpital qui se moque de la charité, là.
Justinian eut une grimace de dégoût à l'expression moldue. Harry continua.
- On ne peut pas dire que tu abandonnes non plus. Qu'est-ce que tu fais de tes journées, d'ailleurs ?
- Tu sais, jouer au fantôme, terrifier des premières années en sortant la tête par-ci par-là, explorer le château, chercher des passages secrets, lire des romans...
Il y eut une pause.
- Tu devrais te réconcilier avec Théo.
Les bras se serrèrent autour de sa taille en signe d'avertissement. Le plus jeune des deux Serpentards continua malgré tout.
- Vous pourriez être imbattable à deux, toi-même tu le sais. Vous avez chacun un côté de la famille, et vous êtes aussi bon à ce jeu l'un que l'autre. Vous pourrez mater tous ces oncles et tantes.
- Arrête, Potter.
- Mais qu'est-ce que tu vas faire, sinon !
Harry céda à l'envie de lui crier dessus. Justinian le regardait juste, assis par terre comme un môme épouvantable, pendant qu'il vidait ses poumons. Lorsqu'il eut finit, en vain, le sang-pur balaya toutes ses remontrances d'un signe de la main, tranquille maintenant, mais toujours intraitable.
- Tu sais très bien ce que je pense de ce ramassis de traîtres.
La pointe d'acier chauffée à blanc dans son ton le fit frissonner. Encore une fois, son instinct lui hurlait de s'écarter du danger aigüe qu'il percevait devant lui. C'était comme être devant un volcan, sentir la terre trembler et rester là.
Pourtant Justinian était un volcan éteint maintenant, sans lave à cracher. Il lui restait quand même du venin.
- Laisse-moi tranquille, Potter, et va donc te mêler des gnomes de quelqu'un d'autre. Tu pourrais, je ne sais pas, moi, aller gambader avec l'être répugnant qui te sert de copine, ou bien, plus intéressant, si tu demandais à ton cher Draco ce qu'il fait de ses nuits ? »
Il le planta là, lui mettant sa tasse de thé dans la main et lui tapotant l'épaule avec condescendance.
« Tu ne pourras pas dire que je ne t'avais pas prévenu, quand je t'ai dit que tu finirais seul si tu t'engageais là-dedans. Mais non, il a fallu que tu t'entêtes, et maintenant, on va tracer chacun notre route en solitaire... »
Harry fixait les dalles, et essaya de ne pas laisser l'acide familier lui ronger le ventre encore une fois.
Il était un peu distrait, il l'avouait. Ginny le lui avait fait remarquer. Il ne savait pas trop comment il devait le prendre. Sois normal, Harry. Normal. Il ne se passe rien, au fond. Draco faisait ce qu'il voulait, un peu comme toujours, d'ailleurs. Lui n'avait qu'à suivre quand ça lui chantait. C'était comme ça que c'était passé leur amitié, après tout, mais ils restaient tous les deux indépendants comme des Serpentards.
Une semaine plus tard, il rentrait dans sa salle commune, un peu égaré, et se roulait en boule dans son lit. Draco le trouva là deux heures plus tard, plissant méticuleusement son drap en lignes géométriques maniaques.
« Ginevra te cherche. »
Le brun sursauta et jura, avant de se pencher précipitamment pour attraper ses chaussures et ne pas croiser le regard du blond.
Il releva un tout petit peu le front, encore à l'abri de ses boucles noires, et entraperçut deux chaussures vernis élégamment croisées un peu à sa droite, signe que son ami s'était assis en l'attendant.
« Quelque chose ne va pas ?
La voix lui sembla différente de d'habitude, et il se rendit compte qu'il ne l'avait pas entendu depuis plusieurs jours en réalité. Ses doigts s'emmêlaient dans ses lacets, tout d'un coup maladroits, et il défit le nœud raté de ses baskets pour le recommencer avec un soupir de frustration.
Le bout vernis de tout à l'heure se posa sur ses mains, l'empêchant de voir ce qu'il faisait et bloquant ses mouvements.
- C'est à propos de la Weaslette, c'est ça ?
- Oui, c'est ça.
Il avait admis trop vite, il s'en rendit compte immédiatement et Draco aussi. Le blond s'accroupit à son tour à son niveau.
- Des secrets, Harry ?
- On en a tous, non ?
- Qu'est-ce que c'est censé vouloir dire ?
Il se releva et recula vers le miroir, se passa la main dans les cheveux, avant de finir par faire face.
- C'est plutôt à propos d'un de tes secrets, en fait, cette fois.
Son camarade se contenta de lever un sourcil.
- Justinian pense avoir quelque chose sur tes occupations nocturnes.
- Mes occupations nocturnes ?
Le blond se tendit, et Harry se dépêcha d'expliquer.
- Je ne sais pas exactement de quoi il s'agit, mais je l'ai croisé et il avait l'air de sous-entendre que tu cachais quelque chose au sujet de tes nuits, et je sais que tu sors beaucoup en ce moment, mais je ne voulais pas...
- Je ne fais rien de mal, rassure-toi, le coupa Draco. Justinian n'a rien de compromettant. Il voulait juste mettre le bordel, comme d'habitude. Mais je ne vois pas en quoi ça pourrait poser problème.
Draco se laissa retomber sur son lit, redressé sur les coudes. Il ne lui laissa pas le temps de le questionner davantage, et répondit avec un haussement d'épaules.
- J'ai passé la nuit de jeudi avec le préfet de Serdaigle. Je pense que c'est à ça qu'il faisait allusion.
Harry le regarda enchainer, le ton léger
- Théoriquement, Thomas – c'est le préfet, septième année, châtain, tu vois ? – doit se marier dans un mois. Ca pourrait sans doute faire quelque remous si ça se savait, mais la fiancée est française, et c'est un mariage arrangé tout ce qu'il y a de plus pragmatique. Il m'a dit qu'elle était au courant et qu'ils avaient un accord, d'ailleurs, d'après ce que j'ai compris, il ne lui demande pas d'être une nonne non plus... J'en discuterai avec Théo, ne t'inquiète pas.
Voyant qu'il ne réagissait pas, Draco se redressa complètement.
- Quoi encore, Potter ?
- Harry, il corrigea mécaniquement.
- Harry. Tu as quelque chose à ajouter ?
- Non, non. Juste surpris.
Draco éclata de rire, et ce n'était pas non plus un son qu'il reconnut. Il sentait qu'il y avait quelque chose derrière qui lui échappait.
- Tu seras bien le seul, lâcha-t-il, avec une sorte d'affection à la fois amusée et résignée. Harry avait l'impression de ne plus savoir le lire, et il se demanda quand est-ce que la distance s'était installée. Ca ne lui plaisait pas. Il le poussa de l'épaule pour combler la distance. C'est quand Draco lui passa la main dans les cheveux et les ébouriffa en retour qu'il prit conscience qu'à un moment, ils avaient cessés de se toucher aussi. Il se laissa faire et se pencha un peu dans le creux de cette main.
- Ca ne me gêne pas, tu sais. Tu fais bien ce que tu veux, lui dit-il pour le rassurer.
- Oh non, je fais plutôt mal ce que je veux, mais ne nous engageons pas là-dedans. Allez, tu es attendu, Casanova.
Harry lui lança un regard de reproche pour ses paroles énigmatiques, mais sortit quand même du dortoir en se sentant soulagé.
Ca ne leur explosa pas à la figure de la façon à laquelle s'attendait Draco. Personne ne s'y attendait, en réalité. Rétrospectivement, ça aurait dû leur sembler évident.
Mais ils n'avaient justement pas de recul quand, un soir, ils tournèrent au détour d'un couloir et qu'un bruit mouillé attira leur attention. Ils rentraient du dîner, pour une fois presque tous au complet, et quand Pansy et Théo pilèrent net, le reste du groupe les entoura aussitôt pour voir ce qui les avait arrêtés.
Un poulet était suspendu au plafond, et ce qu'il restait de son sang goutait lentement sur le sol. C'est le message au mur qui leur glaça surtout l'échine.
SANG-DE-BOURBES ET ENNEMIS DE L'HERITIER,
PRENEZ GARDE,
OU COMME ELLE,
VOTRE CORPS REPOSERA A TOUT JAMAIS DANS LA CHAMBRE DES SECRETS.
Harry avait saisi Blaise par le col avant que Draco ne comprenne ce qu'il se passait. Son capitaine allait se défendre, quand le Né-moldu lui souffla au visage, entre la supplique et la menace :
« Dis-moi que tu sais où est Hermione. »
Au 2 décembre ! - LE chapitre que j'attends et que je redoute depuis le début de cette fic, et on y est presque...
