Salut les coupins !

Sorry, I'm late... Mais hier, j'étais crevée, les yeux éclatés, alors je n'ai pas eu le courage de relire mon texte, et je n'avais pas envie non plus de vous livrer un travail baclé..

Donc voilà, le premier chapitre hors prologue de la formule chimique de l'amour.

Je ne vous ai pas prévenus au départ, mais je prends pleiiins de libertés avec les personnages et la timeline de "Grey's Anatomy", parce que je kiffe certains personnages et que, merde, on est dans une fiction, et que donc je fais ce que je veux xD. Oh, et j'ai décidé qu'Owen serait un Marine, un peu à la Gibbs ;)

Enjoy !


LA FORMULE CHIMIQUE DE L'AMOUR

Tel n'était pas ton destin

« Le destin c'est l'excuse de ceux qui ne veulent pas être responsables de leur vie. »

- Guillaume Musso

Le bloc opératoire est semblable à une scène, dont l'opération serait le spectacle, la pièce de théâtre, le ballet. Bip. Chacun y a sa place, sait ce qu'il doit faire, et connait son rôle par coeur, jusque dans les moindres détails. Bip. Mais ce rôle est à double tranchant. Bip. Bip. À la moindre erreur, au moindre faux pas, toute la chorégraphie s'effondre, tel un chateau de carte balayé par une bourrasque de mistral méditerranéen.

Bip. Bip, bip, bip. Biiiiiiiiiiip.

Merde, on le perd !

Mais parfois… Parfois, ce n'est pas ne erreur. Parfois, c'est la fatalité. La malchance ou la mauvaise fortune. Le destin. Et c'est là, c'est cet instant précis, qui définit ce qui fait de vous ce que vous êtes. Un chorégraphe, un acteur, un danseur, un peintre. Un artiste. Un médecin.

Parce que la théorie, tout le monde la connait. Clamper, aspirer, suturer, éponger, déplacer. Choquer, encore et encore. Jusqu'à ce que le coeur se remette à battre. Jusqu'à ce qu'il s'arrête à jamais.

Chargez à 200 ! Dégagez !

Biiiiiiiiiiiiiiiiiip.

Seulement, en pratique, c'est une autre paire de manches. Le infirmières s'agitent. Les machines bipent, font un bruit infernal, déconcentrent. Mais le pire ennemi du chirurgien, celui qu'il doit contrôler plus que tout le reste, parce qu'il peut malgré tout devenir son meilleur allié… C'est lui-même. Le stress, la colère, la frustration, la tristesse aussi. Tous ces sentiments qui font d'un homme un homme. Qui provoquent le mauvais geste, la seconde de retard, le tremblement imperceptible mias tellement, tellement significatif. Mais qui, une fois contrôlés, se transforment, se muent et s'assemblent, pour ne plus devenir qu'une seule et même identité : le culot. Parce qu'un chirurgien n'est pas doué. Il est culotté. Il ose, tente, expérimente. Tout le temps, chaque heure, chaque minute, chaque seconde. Il analyse, devine, cherche.

Et trouve.

Reste avec moi ! Allez, repars ! Respire, je t'en prie ! Chargez à 250, 10 millilitres d'adrénaline ! Dégagez !

Bip. Bip. Bip.

Un chirurgien est un artiste. Le corps humain, son oeuvre d'art. La peur, sa némésis. Et le culot, sa muse.


Lorsque le brancard avait franchit les portes de la Mine, Owen eu peur. L'espace d'une seconde, d'une micro-seconde, il leva les yeux au ciel, pensant y apercevoir un homme lumineux, brun, barbu, souriant, auréolé de lumière et habillé d'une robe blanche comme les blouses médicales.

Cependant, un cri le ramena bien vite à la réalité.

- Owen ! On a besoin de toi !

Au son de la voix de Bailey, Owen secoua la tête et se leva d'un bond. Il couru à a suite du brancard, pendant que l'irascible chirurgienne décrivait la situation.

- Jeune homme, environ 17 ans. Accident de voiture, il était passager arrière, c'est le seul survivant. Trauma crânien, nombreuses hémorragies, fractures, notamment aux niveau du bras droit et des côtes. Sa jambe est restée coincée un long moment par la portière.

La liste semblait infinie aux oreille d'Owen. Pauvre gosse… L'ex-militaire observa un instant le visage inconscient à ses côtés. Crispé de douleur, même dans le sommeil, le jeune homme semblait souffrir le martyr. Mais Owen savait… Il savait que la douleur physique, toute cette souffrance qu'il ressentait, ne serait plus rien lorsqu'il se réveillerait, et que la psychologie reprendrait ses droits.

Alors, Owen se fit la promesse de tout faire pour aider ce jeune homme, quoi qu'il arrive.

Il ne savait pas pourquoi il s'y attachait de cette façon. Peut-être voyait-il en lui tous les blessés de guerre qu'il n'avait pas pu soigner, certain n'étant pas plus âgés que ce garçon. Peut-être avait-il besoin d'une cause, de quelque chose qui l'occupe et le fasse vivre, lui qui, depuis plusieurs mois, se trainait avec apathie dans son appartement. Alors voilà. Ce jeune homme serait son protégé. Il serait sa raison de vivre. Ce pourquoi il se lèverait le matin. Celui pour qui il s'inquièterait lors de ses gardes de nuit. Son pupille.

- Comment s'appelle-t-il ? demanda Owen à une infirmière.

- D'après ses papiers, il se nomme Blaine Anderson.

Dans le sas de désinfection, le chirurgien ne détourna pas une seule seconde le regard de cet adolescent couché au milieu de la pièce stérile.

Blaine Anderson. Je te fais la promesse de tout mettre en oeuvre pour te sortir de là. Parole de Marine.


L'opération fut éprouvante. Jamais, de toute sa vie, Owen n'avait vu un coeur s'arrêter autant de fois et se remettre à battre ensuite.

Mais la plus grosse frayeur du chef de chirurgie fut lorsque le visage de Callie se décomposa. ce qu'il redoutait le plus était en train de se passer.

- Callie, non !

Le regard chocolat que la jeune femme leva sur lui, lui fendit le coeur.

- Je suis désolée Owen, je…

- Callie, tu n'amputeras pas ce garçon !

Son éclat provoqua l'arrêt de toute activité dans le bloc numéro 6. Chacun était tourné vers le duel visuel que se disputaient les deux chirurgiens, et d'où naissait une tension si lourde qu'elle en devenait palpable.

- Tu es le meilleur chirurgien orthopédique du monde, Callie. Tu as créé des prothèses intelligentes qui se relient au corps des amputés pour leur assurer une cohésion parfaite, le tout sans la moindre once de douleur. Alors tu vas te pencher sur sa jambe, refaire circuler le sang correctement, retirer les tissus nécrosés s'il le faut, quitte à lui faire une greffe de peau ensuite. Mais je refuse que l'on prive ce garçon de la moindre parcelle de ce qui lui reste. Et, à l'heure actuelle, tout ce qu'il possède actuellement, c'est son corps. Je ne sais pas qui est réellement Blaine. Faisait-il du football ? Du volley ? Du hockey ? Je ne sais pas non plus si, malgré tout nos efforts, il pourra de nouveau marcher, au vu du nombre de fragments d'os qui se baladent dans son corps. Mais ce que je sais, c'est que quand ce gamin se réveillera, je veux pouvoir le regarder dans les yeux, et lui dire sans lui mentir que nous avons tenté tout ce que nous avons pu.

Clap. Clap. Clap, clap, clap…

Owen se retourna vers l'origine du bruit qu'il entendait. C'était Rosie, l'infirmière de bloc la plus ancienne de l'hôpital. Si Bailey était la maman dragon de tous les médecins, Rosie, elle, était la personnification même d'un énorme câlin et d'une part de votre gâteau préféré après une chute à vélo, ou la main, douce et rassurante, qui restait collée à votre front lorsque vous étiez malade et que vous vomissiez tripes et boyaux, peu importe à quel point son chemisier était neuf et chic.

Et elle l'applaudissait. Lentement, les yeux brillant de fierté.

Clap, clap, clap…

Fred, l'anesthésiste, avait suivit le mouvement. De même que toutes les infirmières et tous les autres médecins qui n'avaient pas les mains positionnées à un endroit stratégique du patient.

Clap, clap, clap…

Le bruit de l'interphone résonna dans le bloc et d'autres mains vinrent s'ajouter à celles déjà en mouvement. Tous les internes et médecins présents dans la cabine d'observation l'applaudissaient aussi, souriant et rayonnant de voir leur chef de nouveau sur pieds, prêt à se battre pour ses opinions.

Bip. Bip. Biiiiiiiiiiiip.

- Merde, on le perd !

Subitement, tout ce qui n'était pas Blaine s'effaça des esprits, et un pli soucieux reprit place sur le visage de toutes les personnes présentes. Pour une raison ou une autre, Owen s'était attaché au jeune homme meurtri. Alors, tous avaient accepté dans la grand famille qu'était l'hôpital, ce nouvel orphelin dont la vie s'annonçait difficile, alors même qu'il venait juste de l'entamer.

Le chariot de réanimation ne fut jamais cheminé aussi vite que ce jour-là.

- Chargez à 200 ! Dégagez !

Biiiiiiiiiiiiiiiiiip.

Il était à deux doigts d'abandonner. Mais ne s'appelle pas Owen Hunt qui veut. Il fixa un instant son regard dans le vague, lorsque une image furtive lui repassa devant les yeux. Celle d'une blouse médicale. Blanche. Owen n'était pas du genre égocentrique. Mais cette blouse se superposa à l'image du Christ qui lui était apparu, quelques minutes, quelques heures plus tôt, alors qu'au moment où Blaine pénétrait dans l'hôpital, il se demandait si les miracles n'existaient pas finalement. Non, Owen n'était décidément pas quelqu'un d'égocentrique. Mais, s'il y avait bien un jour où il devait le devenir, c'était celui-là. Alors, il décida que, pour cette fois-ci, il serait Dieu. Et il accorderait la vie à ce jeune homme, même si elle tentait désespérément de le quitter.

- Reste avec moi ! Allez, repars ! Respire, je t'en prie ! Chargez à 250, 10 millilitres d'adrénaline ! Dégagez !

Bip.

Bip.

Bip. Bip. Bip.

Un soupir de soulagement retentit dans la salle, comme s'il n'avait été poussé que par un seul et même homme.

Callie se re-pencha sur la jambe de son nouveau casse-tête médical.

Owen détacha sa blouse en se dirigeant vers la sortie, laissant à Bailey le soin de gérer la situation. Lui était épuisé. Épuisé, mais extrêmement satisfait.

La suite des événements ne serait pas facile, loin de là. Blaine était l'homme le plus accidenté que l'ex-Marine n'avait jamais vu, et probablement un chirurgien de chaque service allait devoir s'occuper de lui. L'opération durerait des heures, des jours même peut-être.

Mais, oui, il était satisfait. Parce qu'enfin, enfin, il réintégrait sa place dans l'équipe, après des mois de déambulation fantomatique dans les couloirs du Seattle Grace.

Et surtout, surtout, il n'avait pas tiqué une seule seconde, alors qu'il avait passé l'après-midi au bloc, juste en face de Cristina, qui avait décidé de surveiller le coeur du patient au bout de trois arrêts cardiaques.

Oui, Owen était satisfait.

Mais Blaine, lui, souffrait encore sur la table d'opération. Et ce n'était que le début.


Ps : Je suis une inconditionnelle du cliffhanger... Mais vous m'aimez quand même ! :3

Kissouilles, Tymara