Coucou tout le monde !
Je crois que je suis encore en retard cette semaine... Mais bon, tant pis ^^
Ce chapitre n'était PAS SU TOUT prévu. Je voulais faire un truc du point de vue de Miranda à la base...
Mais voilà, j'ai découvert cette chanson, la dernière en date de Lara Fabian. C'est une déclaration, et j'ai choisi d'en faire une déclaration d'amitié, de Santana à Blaine, mais aussi de moi à ma meilleure amie, à qui est dédiée cette histoire... Je t'aime :3
LA FORMULE CHIMIQUE DE L'AMOUR
Ma vie dans la tienne
D'aussi loin qu'elle s'en souvienne, Santana avait toujours été agressive. Certains diraient que c'était son sang de bomba latina. D'autres, qu'elle était juste une profonde salope arrogante, pour qui la seule manière de s'élever était d'écraser les autres. Mais la vraie raison de sa colère et de toute cette méchanceté gratuite distribuée à tout va, c'était la peur. La peur du monde, la peur de la douleur. Et pour ne plus avoir peur, il avait fallut qu'elle trouve une carapace. Son milieu de vie avait fait qu'elle avait trouvé la route de la colère. Et cette dernière était devenue son rempart. Sa meilleure amie.
Ferme la porte et pose ton manteau juste là
Assieds-toi près de moi
Jusqu'à… Jusqu'à Brittany. La seule à n'avoir jamais pu la voir sans ce masque, en dehors de son abuelita (Ndla : « grand-mère » de manière affectueuse, traduisible par : « ma petite grand-mère »). Mais cette dernière l'ayant rejetée à cause de son homophobie, il ne lui restait plus que le Glee Club et Brittany.
Santana avait toujours su que Brittany était différente. Incomprise parce que trop intelligente, la jolie blonde aux yeux bleus avait immédiatement retenu l'attention de Santana. Son innocence et sa planète, à des années lumière du monde réel, avaient sur l'instant donné l'envie à la brune de la protéger de tout ce que le monde pourrait lui faire subir. Ce monde trop cruel, qui risquait à chaque instant de faire s'éteindre la flamme brillant au fond des yeux bleus de Brittany.
Et alors, elle avait étendu son mur. Elle avait abrité Brittany derrière son arrogance et son venin, lui offrant la bénéfique protection de son sillage de fiel.
Mais, à cause de toute cette arrogance, elle avait faillit perdre sa blonde excentrique. Son refus d'assumer cet amour anormal et différent l'avait éloignée de Brittany, l'éloignant même d'elle, afin de ne pas être confrontée à la tentation. Et cette flamme, cette lueur qu'elle s'était échinée à sauvegarder, elle l'avait détruite elle-même. Et lorsqu'elle avait vu l'obscurité gagner le regard de la jeune maitresse de Lord Tubbington, elle n'avait plue eu qu'un seul objectif : la chasser, afin de faire peigner de nouveau cette luminosité aussi douce et rassurante qu'un câlin devant un feu de cheminée.
Et une seule personne l'avait aidée, soutenue et percée de nouveau.
Blaine Anderson.
Ce que j'ai à te dire
Je ne le dirai qu'une seule fois
Je ne le dirai qu'à toi
Ce Warbler dont la consommation de gel devait équivaloir son poids chaque année, avait - impossible de savoir comment - réussit à voir au-delà de sa carapace.
Contrairement à Brittany, elle ne l'avait pas laissé faire. Mais il s'était battu, pour la blonde d'abord, malheureuse sans sa jumelle maléfique, puis pour Santana elle-même, quand il avait appris à la connaître.
Il lui avait fait la morale pendant des heures, supportant son mauvais poil et ses remarques cyniques et blessantes, afin de la pousser vers Brittany.
Il lui avait raconté - et elle savait qu'elle était la seule à connaître l'histoire dans son entièreté - comment il avait fait son coming out, au lycée d'abord, puis face à sa famille ensuite. Il lui avait raconté la douleur, la difficulté et la souffrance du regard des autres portés sur lui.
Et il avait eu raison.
Si j'avais su les torrents dévaler
Sur ma terre
Elle n'avait jamais rien eu à faire de si difficile. Rien.
Personne ne sait ce que l'on ressent dans ces cas-là, si il ne l'a pas vécu. La peur, l'angoisse, la terreur même. Mais aussi le courage, l'amour, et la force qu'il apporte. Et enfin, le soulagement. Le poids, jusque là présent même si invisible, qui s'envole de vos épaules.
Avant de s'y reloger immédiatement.
Face aux regards. Face aux mots, flèches trempées dans de l'acide et pointées en direction de son coeur. Face au coups, qu'elle n'avait pas manqué d'essuyer.
Si j'avais vu les brûlures
Me ravager la chair
Il lui avait beaucoup parlé de l'amour. Ce sentiment indescriptible. Pas éternel, les contes son ce qu'ils sont : des contes. Mais présent.
Il lui avait parlé de Kurt. De son ignorance au début. De son bonheur ensuite. Incommensurable. Cet amour, ces ailes, greffées dans son dos, qui lui avaient conféré le courage nécessaire pour avancer. Mettre un pieds devant l'autre, chaque jour.
Mais il lui avait aussi parlé de l'amitié. Ce lien si, bien construit, devenait peu à peu indestructible.
Cette présence, toujours à vos côtés, dans les meilleurs moments comme dans les pires.
Si j'avais su tout ça
Ces impossibles allers-retours
De l'amour
Et il avait eu raison. Sur toute la ligne.
Brittany avait été comme un baume sur ses blessures. Ses mots, ses cheveux, son odeur, son sourire… Le bleu, de nouveau lumineux, de ses yeux.
Ses baisers… Son corps, mince, pâle, gracile, presque fait pour se serrer contre le sien.
Et Blaine… Blaine aussi avait été là. Il avait pansé ses blessures, aussi bien physiques que psychologiques.
Il l'avait inscrite à des cours de self-défense et de sport de combat. Il avait passé des heures au téléphone avec elle, écoutant ses pleurs et ses cris de colère face à l'injustice du monde. Il l'avait recueillie chez lui, quand ses parents l'avaient mise à la porte. Ils avaient passé des soirées, des nuits entières, devant de vieux films en espagnols parce que, même si lui n'en comprenait pas un traitre mot, ça lui faisait du bien à elle. Alors, il supportait, prétextant qu'après tout, « il y avait tout de même les images »…
J'aurais mis ma vie dans la tienne
Comme on mélange le sang des veines
Je serais restée près de toi
Crois-moi
- Santana ? C'est Callie… Je… C'est toi qui m'avait parlé d'un certain Blaine Anderson ?
- Oui, pourquoi ?
- Il… Il est au Seattle Grace Santy…
- Quoi ? Mais… Mais il va bien ? Callie, je t'en supplie ! Dis-moi qu'il va bien !
- Non Santana… Il ne va pas bien… Et, même si physiquement nous faisons tout notre possible, je ne crois pas qu'il puisse s'en sortir psychologiquement… Ses deux parents sont morts, Santy… Il ne pourra peut-être plus jamais marcher, même si j'ai pu éviter l'amputation. Et quand bien même il tiendrait de nouveau sur ses jambes, il ne courra plus jamais, et je ne te parle pas de danser. Sa coordination va être défectueuse à jamais, et il aura de grandes difficultés à jouer le moindre instrument de musique… Alors… Alors si c'es bien le Blaine dont tu m'as parlé, il va avoir besoin de toi Santana.
Des éléments qui se déchaînent
Tu m'aurais protégée de moi
Mon âme sœur, ma reine
C'est ce jour-là que j'ai cassé mon téléphone. C'était toi qui me l'avait offert…
Tant de temps que je t'aime
Je me rappelle aussi que tous mes souvenirs de toi se sont mis à défiler. Pas seulement des images, mais tout ce dont je me rappelait de toi.
Donne-moi ta main
Je t'en prie ne la retire pas
La peau douce, chaude et ferme de ta main dans la mienne. L'assurance de notre première poignée de main. La douleur dans mon bras, quand tu m'as tirée vers l'amphi, où je me suis réconciliée avec Britt. La force de ta poigne quand je tombais la boxe, pour me relever, encore et encore.
Ce qui nous lie est au-delà
Organique, minéral, karmique
Indéfinissable…
Le son de ta voix, m'enjoignant encore et encore de me battre. La douceur de ta voix quand tu chante, et le son franc et joyeux de ton rire, que j'aimerais tant entendre, encore et encore…
Ce qui m'attache à toi
Va au-delà
Le gout de tes larmes quand, cette fois-là, cette seule fois, nous nous sommes consolés. La bière que nous avions bue avant, noyée sous une tonne de pop corn. Et le petit déjeuner le plus normal du monde, le lendemain matin. Céréales, café et bonne humeur. Pas comme s'il ne s'était rien passé, mais comme si une étape avait été franchie dans notre amitié.
Si j'avais cru qu'il fallait ne pas y croire
Dommage…
L'odeur de ton after shave. Celle de ton shampoing, mélangée à ton déodorant, ton parfum, ton gel… Et toi. Cette indéfinissable odeur de liberté et de réconfort, de courage aussi. J'ai toujours cette écharpe, tu sais… La orange, avec laquelle tu avais dormi pendant des semaines, pour qu'elle ne perde jamais ton odeur, que je t'avais avoué adorer après l'une de nos trop nombreuses beuveries…
Les oasis du désert ne sont jamais
Que des mirages
Si j'avais su tout ça
Tes cheveux bouclés, libres de toute substance, probablement illicite en de telles quantités… Tes yeux, de ce noisette si particulier, mélange parfait d'or et de vert… Ton sourire et tes fossettes…
Les grandes promesses qui tournent court
En amour
Toi, tout simplement. Si plein de vie, marié à la vie, que je ne t'imagine pas inerte, couché sur un lit aussi blanc que toi, déprimé et apathique…
J'aurais mis ma vie dans la tienne
Comme on mélange le sang des veines
Je serais restée près de toi
Crois-moi
Le vol me semble durer des heures. Brittany, à coté de moi, me serre la main si fort que je suis proche de perdre mes doigts. Mais qu'importe… Que sont quelques fibres de mon corps, contre ta présence auprès de moi ?
Des éléments qui se déchaînent
Tu m'aurais protégée de moi
Mon âme sœur, ma reine
Le tarmac glisse, mais je m'en contrefiche. Je cours, entrainant mon amour dans mon sillage. Je cours, comme jamais je n'ai couru. Je cours vers ma cousine, que je hais pour l'avoir annoncé cette terrible nouvelle, mais que j'adore pour la même raison… Parce que sans elle, je ne serais pas en train d eme rapprocher de toi.
La prochaine fois
Peut-être dans mille ans
Je sais déjà
Que dans un autre monde
Le Seattle Grace est en vue. Les gyrophares annoncent notre arrivée. Mais après tous, nous sommes réellement des blessées… Blessées du coeur.
Tu mettras ta vie dans la mienne
On ira où nos cœurs nous mènent
Tu resteras là près de moi
Les couloirs sont interminables. Blancs, tristes, ternes… Ils se ressemblent et se succèdent. Mais je connais cet endroit comme ma poche. J'y ai passé de nombreuses heures alors que, sensée être en vacances chez Callie, elle était appelée pour une urgence.
Alors je cours, encore et encore.
De tes espoirs, tes joies, tes peines
Je te protégerai de toi
Je souffle, mes poumons crient, ils brulent. Mais tant pis, je continue à courir. Un pied devant l'autre, n'est-ce pas ?
Et je te jure, Blaine Anderson, que tu ne mourras pas aujourd'hui.
Je te l'interdis.
Tu mettras ta vie dans la mienne
On ira où nos cœurs nous mènent
Tu resteras là près de moi
Crois-moi !
On essaye de me bloquer le passage. Comment ça, les civils e sont pas habilités à entrer ? Ils vont voir à qui ils ont affaire !
J'entends vaguement Callie me sommer d'arrêter, que si elle avait su, elle ne m'aurait jamais prévenue…
Mais elle n'est personne. Personne, comparée à toi.
Alors, j'enfonce la porte, et je passe.
De tes espoirs, tes joies, tes peines
Je te protégerai de toi
Mon âme sœur, ma reine
Tu es là. Dernière cette vitre, en contrebas. Je me colle au verre, le visage et les mains aplatis contre la surface froide. Mon regard rivé sur toi.
Quand ton coeur s'arrête, le mien est sur le point de sortir de ma poitrine.
Mais il repart.
Tant de temps que je t'aime
Brittany me sert contre elle. Elle essaye de me tirer, en douceur, en me chuchotant que des bébés licorne m'attendent dehors.
Je souris vaguement entre mes larmes, mais ne quitte pas la vitre, comme une arapède collée à son précieux caillou.
Tant de temps que je t'aime
Ma vue est tellement brouillée, que tu n'es plus qu'une masse beige, rouge et blanche, couchée sur la table d'opération. Je ne vois pas les médecins qui gravitent autour de toi, tels des abeilles autour d'un gigantesque pot de miel.
Tant de temps, de temps, de temps que je t'aime
Je ne sais pas combien de temps je reste là, vissée à la surface en verre. Des heures probablement.
Mes jambes doivent me faire mal. Celles de Britt aussi, puisqu'elle ne m' pas lâchée.
Et enfin, enfin, après des heures et des heures de charcuterie, ils te sortent de cette foutu salle.
Je me tourne vers Brittany. Ses yeux, plongés dans les miens, ne me quittent pas. Je me précipite dans ses bras, le nez plongé dans son coup, dans l'espoir que cette cécité provisoire me protège du reste du monde.
Parce que ses yeux ont perdu leur lumière. Et cette fois, je ne peux rien y changer.
Tant de temps, de temps, de temps que je t'aime
A la semaine prochaine !
XOXO Tymara
