Bonsoir à tous !

Navrée pour ce retard, mais bon... Ce chapitre était très dur à écrire, je ne savais pas par où commencer, et j'avoue avoir hâte de commencer à traiter des relations entre les personnages, parce que la chirurgie est dure à écrire, et manque un peu de sentiments à mon goût... En plus, je ne suis que très rarement satisfaite, étant donné que je n'arrive pas à me mettre dans la peau de mes personnages médicaux quand ils sont en intervention ^^

Comme toujours, une petite dédicace à ma Minimoi04 d'amour qui me harcèle pour que je poste :3


LA FORMULE CHIMIQUE DE L'AMOUR

Neuro-orthopédie

Amélia Shepherd n'avait pas eu une vie facile. Éternelle seconde, elle n'avait jamais cessé d'être comparée à son frère, le grand et magnifique neuro-chirurgien Derek Shepherd. Les mauvaises langues auraient probablement dit qu'elle l'avait bien cherché, étant donné qu'elle avait choisi le même métier que lui, d'autres qu'elle n'avait aucune ambition hormis suivre les traces de son frère. Ça avait probablement été vrai à un moment donné. Derek et elle avaient une relation particulière, et elle l'avait toujours admiré.

Mais désormais, elle savait qu'elle aimait profondément son métier, et connaissait sa valeur. Elle n'était plus la soeur du Dr Shepherd. Elle était le Dr Shepherd.

Et aujourd'hui, elle avait une vie entre ses mains.

Devoir opérer quelqu'un en danger de mort n'était pas un danger en soi pour la neurochirurgienne.

Mais devoir opérer quelqu'un en danger de mort qu'elle aimait, même depuis une poignée de minutes, était une autre paire de manches. Littéralement.

Fixant les images du scanner avec horreur, elle sursauta à l'ouverture de la porte.

- Alors ? demanda une voix qu'elle identifia comme celle de son frère.

- Regarde par toi-même… soupira-t-elle en se détournant de cette vison cauchemardesque.

- Oh merde…

Sur le plastique en noir et blanc, la silhouette d'un crâne se détachait telle un fantôme, sur le fond couleur de nuit. Ce cerveau était en bonne santé, si l'on exceptait l'hématome sous-dural qui compressait une partie de l'organe céphalique.

Sans attendre plus de réaction de la part de Derek, Amélia se précipita vers le bloc opératoire. Elle n'avait que trop tardé, et il n'était plus temps de s'apitoyer sur le sort de Blaine, mais plutôt d'essayer de le sauver.

Devant la porte, elle ferma un instant les yeux, et inspira profondément avant de souffler. Elle entra, et se lava minutieusement les mains. D'abord les paumes, puis le dessus, avant de se brosser les ongles avec précision. Ensuite, une infirmière lui enfila sa blouse, et par dessus les manches, une paire de gants en latex.

Afin de rester concentrée, elle refit dans sa tête tout le schéma de l'opération.

Ouvrir. Percer. Poser le drain. Ligaturer les vaisseaux endommagés. Nettoyer les caillots. Refermer. Suturer.

Poussant la porte avec son dos, elle pénétra dans l'espace aseptisé aux allures de champ de bataille. Owen, Cristina, Callie et Bailey avaient les yeux rivés sur Blaine, jetant des compresses sanglantes au sol, et hurlant des ordres aux infirmières de bloc. Ces dernières semblaient graviter autour du brancard, telles des lunes médicales autour d'une terre sur le point d'exploser, ramassant, exécutant, nettoyant, vérifiant, plus ou moins calmement selon le rythme des machines.

Rapidement, elle s'approcha de celui qui n'était désormais plus que son patient. Hors de question de mêler travail et sentiments lors d'une opération avec un risque de si grande ampleur. En chemin, elle croisa Owen, qui jetait sa blouse dans le conteneur à linge sale.

- Alors ? se renseigna-t-elle.

Le Marine soupira.

- Il a fait plusieurs arrêts cardiaques, et nous ne sommes pas passés loin de l'amputation. Mais, j'ai réussi à le stabiliser pour l'instant… Et toi, qu'est-ce que tu fais là ?

- Les scans ont révélé un hématome sous-rural au niveau du lobe frontal… Probablement provoqué par le siège qui était devant lui lors de l'arrêt brutal de la voiture. Je vais devoir poser un drain, stopper l'hémorragie et enlever les caillots qui ont dû se former.

Un pli soucieux se forma sur le front d'Owen, alors que ses sourcils se rejoignaient.

- Tu en auras pour longtemps ? Je ne sais pas si son corps va pouvoir le supporter…

- Trois heures maximum. Et je peux le faire pendant que Callie opère la jambe, et Bailey peut aussi faire ce qu'elle doit faire.

- Bien.

Ils se détournèrent en même temps, mais l'inquiétude dans leurs yeux avait pris une ampleur considérable… Blaine survivrait-il au traumatisme d'une telle importance ?

Chassant les doutes de son esprit, Amélia s'approcha du crâne de son patient. Une nouvelle fois elle inspira, et se bénit d'être maintenant sevrée. Elle s'en serait voulu d'avoir tremblé.

Le calme prit possession de son corps, et c'est d'une voix posée qu'elle ordonna :

- Scalpel.

Une infirmière - probablement Rosie - le lui tendit.

- Incision.

Elle planta fermement le scalpel dans la peau de la tête, préalablement rasé et imbibé d'antiseptique, afin que plus tard, la cicatrice soit la plus minime possible. Délicatement, elle souleva la peau, et accéda enfin à l'os.

- Perceuse de 10*.

Un petit trou. Une simple pression de la gâchette.

- Drain.

Aussitôt le train posé, du sang commença à jaillir, réduisant progressivement la pression intra-crânienne.

Fil. Aiguille. Clamps.

Le moment le plus délicat : suturer les vaisseaux endommagés.

- Merde, merde, merde ! Les vaisseaux sont trop friables ! Il me faut de la colle** !

Bip. Bip bip. Bip bip bip bip biiiiiiiiiiiip !

Bip.

Bip.

Bip.

Soupir général.

- Bon, on reprend. Aspiration.

- Fil et aiguille. Je vais recoudre moi-même, autant ne pas prendre de risques supplémentaires.

Et Amélia reprit, faussement sure d'elle, faisant des croix les plus petites et régulières possible sur le crâne partiellement chauve de son patient.

Plusieurs minutes plus tard, elle sortait.

Lorsqu'elle ouvrit la porte du sas sanitaire, elle eu à peine le temps de prendre une grande inspiration, que Owen lui sautait déjà dessus.

- Alors ? Ça va aller ?

- Écoute Owen… Tu étais en haut, n'est-ce pas ? J'ai pu endiguer les écoulements, mais il y a toujours des risques d'ischémie locale, qui pourrait alors déclencher une cascade de coagulation… Owen, les prochaines 24h vont être décisive, et sa vie est encore en danger. D'autant plus qu'après tout ce qu'il a subit, je ne sais pas combien de chocs son corps va pouvoir subir.

À l'air atterré de son ami, Amélia su qu'elle devait dire autre chose. Elle le serra dans ses bras et, la bouche contre son oreille, murmura :

- Ce garçon a survécu à plus de chocs cardiaques que ce qu'un corps peu supporter. Il est fort, et déterminé à vivre. Il n'y a aucune raison pour qu'il baisse les bras maintenant.

Alors, Owen referma les bras autour de la taille de la jeune femme et la serra à lui en briser les côtes. Inspirant fortement l'odeur de ses cheveux, il ferma les cheveux et chuchota :

- Merci, Amy.


- Callie, je ne te comprends plus… Un coup tu… Callie, tu m'écoutes ?

Lorsque Callie vit un brancard passer derrière Arizona, une nuée de médecins grouillant autour, elle décrocha immédiatement de la conversation vide qu'elle avait avec Arizona. Mais le meilleur fut lorsque Owen se retourna et l'appela.

Cependant, tout en se précipitant vers le bloc, une faille dans la voix de l'ex-militaire la fit se tendre.

Elle pénétra dans la pièce stérile, et le bruit et l'agitation lui sautèrent au visage.

Elle s'approcha alors de Rosie, la chef des infirmières de bloc, et demanda :

- Que s'est-il passé ?

- Accident de voiture. Un mec complètement bourré a percuté la voiture d'une famille qui arrivait en vacances. Cet adolescent est le seul survivant. Son bras et sa jambe droite se sont retrouvés coincés par la portière, enfoncée au moment du choc.

Alors qu'elle s'approchait de la table, Rosie la rattrapa par le bras:

- Docteur Torres, je crois que le Docteur Hunt est particulièrement touché par l'accident d cet adolescent.

Elle hocha la tête, et avança de nouveau. Alors qu'elle arrivait à la hauteur du brancard, le visage qui se révéla à elle la fit se tendre.

- Comment s'appelle-t-il ? demanda-t-elle.

Pris dans l'agitation, personne ne lui répondit. Mais, face à ce visage, il lui était impossible de se taire.

- COMMENT S'APPELLE-T-IL ?

Cette fois, Une infirmière s'approcha de lui et annonça :

- D'après ses papiers, il s'appellerait Blaine Anderson.

Le monde de Callie s'arrêta alors de tourner. Vue brouillée, souffle coupé, elle resta en état de choc face à cet adolescent qu'elle avait déjà vu en photo, et dont elle avait tant entendu parler.

- Je dois passer un appel. Owen, occupe-toi des saignements, il est hors de question que le meilleur ami de ma cousine meurt.

Une fois hors du bloc, elle se jeta sur son téléphone portable et composa un numéro qu'elle connaissait désormais par coeur.

- Santana ? C'est Callie… Je… C'est toi qui m'avait parlé d'un certain Blaine Anderson ?

- Oui, pourquoi ?

- Il… Il est au Seattle Grace Santy…

- Quoi ? Mais… Mais il va bien ? Callie, je t'en supplie ! Dis-moi qu'il va bien !

- Non Santana… Il ne va pas bien… Et, même si physiquement nous faisons tout notre possible, je ne crois pas qu'il puisse s'en sortir psychologiquement… Ses deux parents sont morts, Santy… Il ne pourra peut-être plus jamais marcher, même si j'ai pu éviter l'amputation. Et quand bien même il tiendrait de nouveau sur ses jambes, il ne courra plus jamais, et je ne te parle pas de danser. Sa coordination va être défectueuse à jamais, et il aura de grandes difficultés à jouer le moindre instrument de musique… Alors… Alors si c'est bien le Blaine dont tu m'as parlé, il va avoir besoin de toi Santana.

Elle devina plus qu'elle n'entendit le souffle de la jeune hispanique se couper. De ce qu'elle en savait, Blaine et Santana avaient une relation ambigüe, à la limite du passionnel.

Elle raccrocha et repartit au bloc. Quelqu'un avait besoin d'aide.

Lorsqu'elle se retrouva face à la jambe, elle su que la partie était loin d'être gagnée. Elle occulta tout ce qui n'était pas cette jambe de son esprit. Oublié Blaine. Oubliée Santana. Oubliée Arizona. Plus rien ne comptait que la survie de son patient.

Elle écarta, sutura, cautérisa, perça, vissa… Mais rien n'y faisait. Elle ne parvenait pas à localiser l'origine des épanchement de sang, et la jambe, probablement trop longtemps comprimée par la portière, commençait déjà à exposer des signes de nécrose.

Elle sentit son visage se décomposer.

- Callie, non !

- Elle ne pu que fixer les yeux bleus face à elle, désespérée.

- Je suis désolée Owen, je…

- Callie, tu n'amputeras pas ce garçon !

Son éclat provoqua l'arrêt de toute activité dans le bloc numéro 6. Chacun était tourné vers le duel visuel que se disputaient les deux chirurgiens, et d'où naissait une tension si lourde qu'elle en devenait palpable.

- Tu es le meilleur chirurgien orthopédique du monde, Callie. Tu as créé des prothèses intelligentes qui se relient au corps des amputés pour leur assurer une cohésion parfaite, le tout sans la moindre once de douleur. Alors tu vas te pencher sur sa jambe, refaire circuler le sang correctement, retirer les tissus nécrosés s'il le faut, quitte à lui faire une greffe de peau ensuite. Mais je refuse que l'on prive ce garçon de la moindre parcelle de ce qui lui reste. Et, à l'heure actuelle, tout ce qu'il possède actuellement, c'est son corps. Je ne sais pas qui est réellement Blaine. Faisait-il du football ? Du volley ? Du hockey ? Je ne sais pas non plus si, malgré tout nos efforts, il pourra de nouveau marcher, au vu du nombre de fragments d'os qui se baladent dans son corps. Mais ce que je sais, c'est que quand ce gamin se réveillera, je veux pouvoir le regarder dans les yeux, et lui dire sans lui mentir que nous avons tenté tout ce que nous avons pu.

Le courage que lui apporta cette tirade, ainsi que la clameur qui suivit le discours d'Owen, rendit de la sureté à ses gestes, et elle se replongea dans son travail.

Elle ne s'aperçu pas de échange entre Amélia et Owen, pas plus qu'elle ne réagit à l'agitation autour d'elle. Tout ce qui importait, c'était sauver Blaine et sa jambe.

Elle pu recoudre le membre de longues heures plus tard, soulagée de pouvoir enfin souffler, et d'avoir permis au jeune homme de garder sa jambe, même si elle doutait qu'il puisse de nouveau danser un jour…

Malheureusement pour elle, elle n'eu pas une seconde pour souffler, on l'appelait déjà pour lui annoncer l'arrivée de Santana.

À la tête que faisait l'interne qui venait de l'informer, elle su que le plus dur était à venir.


* « Perceuse de 10 » : 10 millimètres hein xD Je n'y connais rien en perceuses médicales, mais j'ai tout de même un minimum de jugeote…

** « Il me faut de la colle » : Je sais qu'il y a des sortes de colles qui servent à refermer certaines plaies, au lieu de les recoudre. Je pars du principe qu'il en existe aussi en interne xD


Voilà !

J'espère que ça vous a plu...

J'y ai pensé en l'écrivant, parce que certains passages se croisaient avec les chapitres précédents, donc si jamais il m'arrive de faire des incohérences, dites-le-moi ;)

Question du jour : quel(s) couple(s) souhaiteriez-vous voir apparaitre/disparaitre ? (Non, je ne suis absolument pas en quête de reviews... bon, si j'admets, je suis devenue accro, et là, je suis en manque... xD).

Bisouxxxxxxx !

Tymara