Désolée du manque de nouvelles ! Merci pour vos reviews, j'espère que ce nouveau chapitre vous plaira. J'ai hâte d'entendre vos théories sur l'impact que Shikamaru et Sakura auront sur les événements qui approchent.

Les noms et techniques utilisés ici sont tous véridiques et vous pouvez les consulter sur le wikia de Naruto.

Disclaimer : Je ne possède pas Naruto. Par contre, je possède un verni à ongle orange fluo que je ne porte qu'aux pieds, parce que j'ai quand même un peu de dignité.


Un cri étranglé s'arracha de sa gorge sèche. Réveillée dans l'instant, Sakura se redressa en sursaut sur son lit. Elle haletait, des larmes brûlantes coulant librement sur ses joues enfantines. Une nausée traîtresse lui noua l'estomac et elle se précipita hors de son futon vers la bassine posée près de la porte coulissante. Lorsque seule la bile passa la barrière de ses lèvres, elle s'assit contre la paroi de bambou et fit de son mieux pour reprendre le contrôle de sa respiration.

Le tumulte d'une chute fit écho dans le couloir sur lequel donnait sa chambre. Puis, plus un bruit. Quelques secondes plus tard, on gratta sur le papier de riz, lui tirant un hoquet de surprise. La porte coulissante s'ouvrit doucement derrière elle et Shikamaru entra dans la pièce. Il s'agenouilla près d'elle avec une grâce conférée par son éducation clanique.

Sakura fixa un moment le yukata léger qu'il portait, d'un bleu profond orné de grues blanches et grises. Son propre yukata était un cadeau de Yoshino, la mère de Shikamaru, et arborait un vert jade et des cerisiers printaniers. Elle avait été mise dans la confidence, autant pour son statut dans le clan que parce qu'il paraissait impossible à Shikaku et Shikamaru de lui mentir de façon convaincante. La chuunin était terrifiante, même dans son rôle de femme au foyer.

Elle n'avait pas parue dérangée par l'apparition de Sakura dans leur vie et le présent en était la preuve. On n'offrait pas un yukata d'une si belle facture à une petite fille agaçante. À une capitaine jounin dont on était l'hôte ? C'était une toute autre histoire. Sakura n'avait pu s'empêcher de remarquer la moue satisfaite de son ami en voyant l'acceptation de sa mère.

La kunoichi savait que la mort de ses parents était un point sensible pour Shikamaru qui, après avoir perdu son père, n'arrivait pas à concevoir que Sakura puisse être aussi à l'aise avec leur décès. La voir acceptée dans son clan était sa façon de lui montrer son amitié et son soutien, dans cette situation si étrange.

Le shinobi l'avait d'ailleurs laissée l'observer tout son saoul, sans qu'une remarque ne franchisse ses lèvres concernant ses terreurs nocturnes. Il en avait son propre lot et savait que les platitudes n'amélioraient en rien le sentiment de complète impuissance et de dégoût envers soi-même qu'elles provoquaient, une fois la peur disparue. Mais ce n'était pas ce que ressentait Sakura. Un sourire éblouissant faisait lentement son apparition, réchauffant son expression d'une façon qui était devenue étrangère aux ninjas combattant dans la guerre.

« Shikamaru... il revient !

—Pardon ?

—Mon chakra, Shika ! Je le sens ! et son sourire ne s'en fit que plus brillant.

—Tu veux dire-

—Il n'avait pas complètement disparu, bien sûr, mais mes réserves étaient de retour à leur niveau genin. C'est la même chose pour toi, non ?

—Oui, je n'ai accès qu'à la quantité que j'avais à cet âge. Mais, tu te sens bien ? demanda-t-il en haussant un sourcil. »

Sakura eut une moue amusée et pencha la tête en direction de la bassine. Shikamaru grimaça une excuse, se sentant rougir face à la bêtise de question. Tout être vivant, toute créature naissait avec un chakra proportionnel à sa taille. C'était ce qui maintenant en vie. Les humains en avaient plus ou moins, mais la différence résidait majoritairement dans leur capacité à le contrôler. Un contrôle, même sommaire, signifiait pouvoir devenir ninja. Sans contrôle, seul la vie de civil convenait.

Les réserves de chakra augmentaient avec l'entraînement et la croissance, bien qu'il était connu que la puberté commençait très tardivement chez les ninjas. Naruto avait toujours la voix enfantine, du haut de ses dix-huit ans, et Sakura avait eu ses premières règles peu avant la guerre. Le corps subissait trop de stimulation sportive pour se développer au même rythme que chez les civils.

En revanche, malgré la préparation intense que tous les ninjas enduraient, une quantité de chakra inadaptée au corps l'accueillant pouvait causer de sévères dommages aux circuits lui permettant de circuler dans les muscles et les organes. D'où la réaction de Sakura, bien que le cauchemar y ait aussi sûrement été pour quelque chose. Sous les yeux amusés – et teintés d'une calme admiration – de Shikamaru, un halo de chakra bleu entoura la main de la kunoichi, avant de se teinter du vert médical qui avait fait sa renommée sur le champ de bataille.

« Qu'en penses-tu ? dit-elle en levant sa paume.

— J'en dis que je peux quand même te battre au bras de fer.

— Oh, que tu crois. Envoie la sauce. »

Il réprima un gloussement et se pencha bizarrement pour poser son coude sur le tatami. Sakura l'imita, mais ne se gêna pas pour rire de leur position complètement tordue. Une fois sa main fermement sécurisée autour de celle de Shikamaru, elle appela la force légendaire que lui avait enseigné Tsunade-shishou. L'héritier Nara eut à peine le temps d'écarquiller les yeux qu'elle avait déjà écrasé son bras contre le sol. L'épaule enfoncée dans le tatami, il la regarda avec un plaisir évident dans son regard châtain.

« Plaisanterie à part, tu es sûre que ton corps peut le supporter ?

— Ça reste à voir, soupira-t-elle en haussant les épaules. Ceci dit, ce n'est pas comme si j'avais un cas médical auquel me comparer.

— Sans rire. Et moi qui croyaient que tu croisais des voyageurs temporels tous les quatre matins.

— Hilarant, génie. Et toi, rien du tout ? s'enquit Sakura.

— Non, toujours le même niveau. Mais je ne vois pas pourquoi ça ne pourrait pas m'arriver aussi. Après tout, il est possible qu'on ait ramené nos corps du futur, mais qu'ils aient simplement rajeunis. Auquel cas, ce n'est qu'une question de temps avant qu'on récupère l'ensemble de nos capacités.

— C'est ta théorie ? Je penchais plutôt sur un transfert mémoriel dans nos anciens corps, mais c'est vrai qu'avec ce qui vient de m'arriver, ça parait peu probable.

— Exactement, acquiesça-t-il. Ce qui m'amène à penser qu'on retrouvera aussi l'intégralité de nos jutsus.

— Hum, intéressant. Dans ce cas, est-ce que ton contrat d'invocation est toujours valable ?

— Aucune idée. Il n'y a qu'une façon de le savoir. »

Sur ces mots, Shikamaru mordit son pouce et plaqua sa paume au sol, tirant dans ses réserves la quasi-totalité de son chakra. Il grimaça sous l'inconfort provoqué par l'invocation. Ça n'avait jamais été aussi dur auparavant. Dans un nuage de fumée, un petit faon apparut devant lui et le détailla avec prudence.

« Invocateur ?

— C'est moi, Koji, soupira le jounin.

— Mais... attendez. Il y a quelque chose d'étrange avec cet endroit, murmura le jeune faon. Je reviens ! »

Et il disparut, laissant à nouveau de la fumée derrière lui. Sakura lui adressa un regard perplexe et Shikamaru se contenta de hausser les épaules. Ses invocations avaient le caractère blasé et paresseux du clan Nara, mais Kojika était une exception dont le zèle et l'enthousiasme épuisaient moralement l'héritier.

Un moment plus tard, alors que le silence s'étirait dans la pièce baignée dans la lumière lunaire, une nouvelle invocation fit son apparition. Immédiatement, Shikamaru se redressa et afficha une façade respectueuse. Sakura, en remarquant son attitude, s'empressa de s'agenouiller correctement et placer ses mains à plat sur ses cuisses, bien visibles. Pour tirer une telle réaction de son ami, le cerf qui se tenait devant eux devait être le chef de ses invocations et il n'était pas bon d'insulter une créature d'un tel pouvoir.

« Tsuno-san, salua l'héritier Nara.

— Shika-san, répondit le cerf en inclinant son cou puissant. L'enfant m'a rapporté ta condition.

— Mes excuses. Je ne pensais pas qu'il vous ferait venir, dit Shikamaru en baissant les yeux.

— Oublie ça. Tu te trouves dans une drôle de situation. Mais tu pourrais être bien plus mal accompagné.

— Tsuno-sama, répondit Sakura en reconnaissant le salut pour ce qu'il était.

— Ta situation a beau être étrange, elle ne nous concerne pas. Si tu as besoin de notre aide, n'hésite cependant pas. Je vois que ton chakra n'est plus ce qu'il était. Nous aiderons tes invocations pour que Kojika-chan ne soit pas le seul que tu puisses appeler.

— J'en suis reconnaissant.

— Oui, oui. Salutations, Shika-san. »

À peine le mot avait-il résonné dans la pièce que le cerf disparaissait. La tension se dissipa visiblement des épaules de Shikamaru et Sakura s'émerveilla encore une fois de voir le visage de genin de l'homme qu'elle connaissait. Leurs attitudes étaient si semblables qu'elle en oubliait parfois les traits de l'enfant pour retrouver ceux du commandant jounin auquel elle était habituée.

Son cœur manqua de s'échapper de sa poitrine quand Shikaku apparut soudainement devant eux, des feuilles voletant autour de lui. Son pouls affolé refusait de reconnaître qu'il n'y avait pas d'attaque et elle sentit l'adrénaline courir dans ses veines. Les muscles bandés de Shikamaru sous son yukata lui apprirent qu'il avait autant de mal qu'elle à identifier la situation comme ne faisait pas partie d'un champ de bataille.

Le chef du clan Nara ne parut pas un instant déphasé par le shunshin qu'il venait d'effectuer. Le déplacement instantané était pourtant une technique demandant un niveau de contrôle du chakra tout simplement hallucinant. Sakura ne réussissait que deux shunshin sur trois et se blessait occasionnellement en le réalisant. Mais Shikaku avait un air alerte sur le visage et un kunai dans la main.

« Tout va bien ?

— Papa ?

— J'ai senti un chakra étranger. Qu'est-ce qui s'est passé ?

— Galère... désolé de t'avoir réveillé, soupira Shikamaru.

— Shika, menaça son père sur un ton désapprobateur.

— C'est ma faute, Nara-san, intervint Sakura. Je me suis réveillée quand mon chakra est revenu et ça a réveillé Shikamaru a son tour. Il a voulu vérifier s'il pouvait toujours utiliser son contrat d'invocation.

— Tu as un contrat ? demanda Shikaku avec une œillade surprise envers son fils.

— C'est un cadeau de Temari, marmonna le jeune garçon. Ce sont des cerfs d'Iwa. Suna leur a volé le contrat pendant la Deuxième Grande Guerre. »

Sakura grimaça ostensiblement et le chef de clan se garda de faire le moindre commentaire, retenant tout de même l'information. Si Suna avait récupéré un contrat d'invocation à Iwa, qui sait ce qu'ils avaient volé d'autre ? Après la tentative d'invasion qui avait eu lieu pendant l'examen chuunin, les pourparlers avaient été ouverts entre Konoha et Suna, mais la situation était tendue.

Son fils et la kunoichi aux cheveux roses n'avaient pas l'air inquiets de l'avenir de leurs relations avec le Pays du Vent, mais on n'était jamais trop prudent et surtout, on n'avait jamais trop d'informations sur l'ennemi. Même si l'ennemi était visiblement proche de Shikamaru dans le futur. Temari sonnait beaucoup comme le prénom de la fille aînée du quatrième Kazekage, assassiné juste avant l'invasion et remplacé par Orochimaru. Il creuserait ça plus tard.

« Si vous en avez fini avec tout ça pour cette nuit, je vous suggère de retourner vous coucher. Vous retrouvez vos équipes demain, ne l'oublier pas. Je pense que ni Kakashi ni Asuma ne seront ravis de voir leurs élèves traîner des cernes et une mine épuisée jusqu'aux terrains d'entraînement.

— Comme si Kakashi-sempai en avait quelque chose à foutre, grogna Sakura à mi-voix, tirant une moue surprise à Shikaku.

— Tu ne crois pas qu'on devrait lui dire ? demanda Shikamaru.

— Il est vraiment proche des événements, répondit la kunoichi. Je pense pas que ce soit une bonne idée avant qu'on ait une vision plus claire de ce que notre présence va changer. Et crois-moi, il a bien mérité que je profite un peu de la situation.

— Tu parles de ton Hokage, jeune fille, la sermonna Shikaku.

— Mon- ahaha ! Oh, Nara-san, le jour où je considérerai Kakashi-sempai comme mon Hokage hors du champ de bataille n'est pas arrivé. Et il s'est comporté comme un crétin fini avec moi quand l'équipe 7 s'est formée. Il me doit bien ça. »

Sur ces paroles amusées, mais amères, elle se leva et invita élégamment les deux hommes à sortir de la pièce. Malgré son apparence actuelle et l'air innocent, elle était encore Haruno Sakura, capitaine jounin de la Quatrième Grande Guerre Shinobi. Et il était hors de question qu'elle aille se coucher avec eux dans la pièce. Ses cicatrices avaient peut-être disparues avec le retour dans le passé, mais elle ne cesserait jamais de considérer son corps comme une arme tâchée de sang.


Kojika veut dire faon

Tsuno vient de Shika no Tsuno (鹿の角) ou Edatsuno (枝角) qui signifient bois de cerf, ramure.

Si vous êtes curieux, il y a plein d'infos sur les noms sur le wikia. Saviez-vous que le préfixe Shika- dans les noms des Nara veut dire cerf ? Et que Shikaku a une deuxième signification, qui est assassin ?