Bonjour tout le monde, merci encore pour les reviews, ça motive toujours ! Alors pour vous appâter un peu plus je vais vous dire que Bael n'est pas du tout Harry ;) C'est un peu plus compliqué que ça. Mais vous serez tout bientôt. Promis ^^
Ensuite, je commence enfin la deuxième année de nos trois amis et je tiens à vous avertir que je ne me lancerait pas dans une description acharnée de la bataille contre le basilic. C'est long et peu interressant. Par rapport au livre en tout cas, la défaite du basilic sera la même. Mon but est d'arriver assez vite à la troisième année où déjà l'histoire va commencer à changer largement par rapport aux livres. C'est dans cette année là que je tiens à introduire Harry. Enfin, je pense que se sera assez surprenant pour que chaque évènement vous surprenne.
Finalement, je vous souhaite une bonne lecture ;)
N'oubliez pas de laisser un petit commentaire ou de favorite et de follow la fic. ça fait extremement plaisir !
L'été 1992 était un été particulièrement chaud. Il n'avait pas fait aussi chaud depuis des années en Angleterre. C'est ce que ce dit en tout cas Baelfyre Black. Alors qu'il sortait de la gare en transplanage d'accompagnement, il avait senti la forte chaleur du dehors l'étouffer. Cependant ce n'est pas la température qui le dérangea. Non, comme dit précédemment il avait transplané en dehors de la gare. Cependant contrairement à tous les élèves de sorcellerie de Poudlard, ce n'était pas ses parents qui étaient venus le chercher. Simplement son oncle et sa tante, les Malefoy qui se trouvaient être des gens très conservateurs. Et lui ne l'était pas du tout. Ensuite il y avait son cher cousin qu'il détestait tout particulièrement et encore plus à ce moment même qui posait un problème. Drago Malefoy était en train de raconter tout naturellement ce qu'il avait fait à Poudlard. Ah oui, sans oublier ce qu'il appelait les « écarts de son cousin ». Oui, vraiment Bael bouillonnait et pas à cause de la température ambiante qui devait se rapprocher fortement des 35°C. Son cousin tant détesté racontait tout ce qu'il ne fallait pas raconter comme les fois où il avait été collé pour telle ou telle raison ou encore quand il avait détruit la salle des Serpentards à coups répétitifs de bombabouses et de freezbi à dents. Et surtout sa répartition à Gryffondor. Bael avait été blessé dans sa fierté. Il n'avait même pas pu raconter tout lui-même. Il semblait prendre d'ailleurs un grand plaisir à raconter son histoire le petit Drago. Et Bael soupçonnait que c'était une manœuvre pour le l'intimider, surtout qu'il avait déjà dû tout raconter à ses parents par lettre donc vraiment il n'avait aucunement besoin de tout redire. Ou peut-être que l'imbécile n'avait pas fait la liaison entre la disparition de Xerxès Lestrange et l'apparition d'un autre Black et n'avait donc rien raconté à ses parents. Quoiqu'il fallait être particulièrement stupide pour rater ce détail. Ça avait fait le tour du collège en moins d'une demi-journée.
« Quel imbécile ! » pensa amèrement Bael.
Il sentait dans son dos les regards presque meurtriers de son oncle. Quant à sa tante, elle gardait une expression de froide indifférence. Bael pensait qu'au fond, elle le savait déjà. Elle était d'ailleurs la seule de la famille à ne pas lui avoir souhaité bonne chance pour rentrer à Serpentard, comme si elle savait déjà qu'il n'aurait jamais pu être placé là-bas. Or, manque de chance, le Choixpeau lui avait clairement dit qu'il avait un gros potentiel pour entrer dans la maison des serpents. Seul son déni de rentrer et de suivre la tradition de sa famille l'avait arrêté et l'avait emmené tout droit vers Gryffondor. Bael eut un petit rictus. Il était fier de sa maison.
« Plus pour très longtemps » se remémora le jeune homme.
Les couleurs rouges et or de sa maison allaient jurer gravement avec les tapisseries, les murs et les sols verts et argents du Manoir. Surtout que ses parents n'avaient pas redis un mot sur son placement. Pourtant il savait et avait entendu que sa mère avait fait une crise de rage rien qu'à voir les couleurs sur son uniforme quand il était à l'infirmerie vers Halloween. Il n'avait pas hâte de rentrer. Et en plus, ses parents avaient des nouvelles à lui annoncer. Rien de bon en somme.
Quand les Malefoy arrivèrent à leur manoir, ils ne laissèrent que leurs affaires et se dirigèrent ensuite vers la cheminée où chacun pris un peu de poudre de cheminette. Là toute l'horreur de la situation frappa Bael de plein fouet. Les Malefoy venaient à la maison.
Il avait voulu courir et crier de tous ses poumons que jamais il ne ferait un autre dîner en famille (il y serait probablement insulté comme à chaque repas de famille. Il laissa ensuite son esprit vagabonder et penser à Sirius et Andromeda qui n'étaient jamais venu à ces dîners …) et puis il s'était ravisé. Il ne voulait pas ressembler à un enfant pourri gâté comme son cousin. Alors très vite (en à peine une demi seconde) il avait refait son masque et bientôt on ne put plus rien lire sur son visage. Il se dirigea donc très lentement vers la poudre de cheminette et pris une grosse poignée. Il observa la poudre comme si elle lui faisait terriblement mal et finalement il se plaça dans l'âtre et cria :
« Manoir Lestrange ! »
Un torrent de flammes vertes jaillirent et l'avalèrent tout de suite. Bael sentit ensuite qu'il se faisait emporter à la vitesse de l'éclair vers sa maison. Il atterrit brutalement sur le sol. Comme à son habitude il perdit l'équilibre.
« Belle entrée, fils. Mais on ne pouvait pas s'attendre à mieux de ta part. »
« Bonjour Père. » répondit machinalement Bael sans prendre en compte la gentillesse de son père. Il ne voulait pas commencer à s'énerver. Il se releva donc très vite juste à temps pour voir Drago arriver suivi de près par ses parents.
Alors que les Malefoy entraient dans le manoir, Bael chercha sa mère. Etrangement elle n'était pas encore arrivée ou descendue de l'endroit où elle croupissait. Bael plissa les yeux et observa ses alentours méticuleusement. Elle n'oserait pas l'attaquer quand même …
« Elle en est tout à fait capable … »
Une goutte de sueur perla au creux de son dos. Le fait que sa mère ne soit pas là pour accueillirent sa famille et son neveu « adoré » le mettait mal à l'aise. Quelque chose n'allait pas.
« Peut-être qu'elle est gravement malade et qu'elle n'en a plus pour longtemps ! » pensa joyeusement Bael avec un grand sourire.
« Bella nous rejoindra plus tard. Elle est occupée en ce moment. » informa Rodolphus à ses invités sans un regard pour son fils. Bael sentit son espoir s'envoler littéralement.
Rodolphus dirigea ensuite ses trois invités dans le salon en prenant le soin de laisser Bael seul. Celui-ci soupira. Ce n'était pas la première fois que son père l'ignorait, donc à priori la situation n'était pas gravissime.
Il appela ensuite l'elfe de maison pour qu'elle l'aide à monter ses valises jusqu'à sa chambre.
« Poena ! »
Crac ! Un elfe de maison apparut. Il était tout sale et portait une taie d'oreiller en guise de vêtement. « Le jeune maître m'a appelé, maître ? »
« Oui, j'ai besoin que tu m'aides à monter mes valises dans ma chambre. »
Tout à coup l'elfe de maison se tortilla sur place.
« Monsieur et Madame m'ont interdit de vous aider dans toute les tâches manuelles ont-ils dit » bégaya l'elfe.
Bael se figea. Alors c'était ça que ses parents avaient prévue de lui infliger. Ignorance et solitude.
« Bien. Merci quand même Poena. » dit doucement le garçon.
Poena inclina la tête et partit dans un craquement sonore. Sans doute que son père riait déjà de son infortune. Bael regarda ensuite les escaliers qui menaient à sa chambre …
« Pourquoi a-t-il fallut que ma chambre se trouve au fond du Manoir … ah oui, pour éviter les ondes néfastes de mes parents. Je ne sais pas si c'était une si bonne idée finalement. »
Il arriva cependant jusqu'à sa chambre en sueur mais avec ses bagages. Et juste avant d'ouvrir sa porte il vérifia qu'aucuns mauvais sorts n'avaient été placés. Heureusement pour lui, il avait pu détecter un sort de lévitation et d'un coup de baguette il le détruit.
« C'est bien pratique de vivre dans une maison sorcier avec des parents qui se foutent bien de ce que je fais de ma baguette »
Bael entra finalement dans sa chambre et découvrit avec horreur que tout était bien ordonné et rangé. Poena avait dû faire le tri sur l'ordre de ses parents.
« Noooon … C'était mon bazar organisé » désespéra Bael.
Son grand lit double (vert) était parfaitement fait. Les murs (verts) étaient parfaitement dénudés de toute les feuilles et posters qu'il avait accroché. Le sol (noir et argent) était parfaitement propre et les meubles (noirs) étaient rangés. Immédiatement, Bael sortit sa baguette et voulu changer la couleur des murs et du sol et de son mobilier. Tout ce vert le rendait malade. Lui qui était habitué aux couleurs chaudes de Gryffondor … Seulement il avait oublié un détail. Il ne savait pas changer la couleur des surfaces. A son plus grand désespoir, il se rendit compte qu'il allait devoir refaire toute la décoration de sa chambre à la main.
Crac !
« Je vous informe que vos parents vous attende dans la salle à manger dans une heure, jeune maître. »
« Merci Poena … oh attends, tu pourrais me fournir de la peinture ? »
« Je ne sais pas si ce n'est pas contre les ordres, jeune maître »
« Non non pas du tout. Trouve-moi juste de la peinture rouge jaune et or. Et un peu de noir aussi … avec des pinceaux et des rouleaux moldus. »
« Bien jeune maître »
« Merci Poena »
En attendant que Poena revienne (elle en aurait pour un petit bout de temps quand même) se dit Bael, il choisit de ranger ses affaires et de se rafraichir. Si ses parents l'attendaient pour dîner, mieux valait avoir une tenue irréprochable. Sans surprise la salle de bain aussi avait été redécorée des couleurs de serpentard comme si ses parents avaient prévu de le narguer de son placement à Gryffondor tout l'été et tous les prochains moments de sa vie ici. Néanmoins il prit sa douche et s'appliqua à ressembler à Xerxès Lestrange le plus possible. C'est-à-dire que ses cheveux devaient être bien bouclés, noirs et soyeux et ses yeux gris-clair. Sa peau devait aussi être lisse. Bon, jusque-là pas de problème. Il ouvrit ensuite sa garde-robe et remarqua que la aussi les couleurs avaient changées depuis la dernière fois qu'il avait été dans sa chambre.
« Ils m'en veulent vraiment … Je sens que l'été va être agréablement long » soupira Bael en sortant une des nombreuses tenues noires en grimaçant. Il avait horreur des tenues de cérémonie que ses parents lui imposaient à chaque fois qu'il fallait manger avec des membres honorables de sa famille. Evidemment, les Malefoy faisaient partis des membres de sa famille honorable. Finalement il mis l'ensemble noir requis et descendit juste à l'heure pour le dîner.
Sa tenue irréprochable dû surprendre tous les invités qui étaient très peu habitué à le voir comme ça. Sa mère n'était pas encore descendue remarqua aussi Bael.
« Xerxès. Joins toi donc à nous. » ordonna son père.
Rodolphus Lestrange, toujours l'homme pragmatique, n'avait même pas daigné tourner la tête pour le voir arriver. Lucius et Drago le regardait avec appréhension et Narcissa gardait son regard rivé sur les escaliers. Il avait vraiment l'impression d'être une proie vulnérable. Il détestait cette impression de faible.
Soudain, alors que les personnes dans la salle allaient se mettre à table (en prenant bien soin de laisser un bout de la table à Bellatrix. Les malheureux qui furent désignés pour se trouver à côté d'elle devinrent quelque peu livides, bien évidemment ce furent Drago et Bael) des bruits de pas résonnèrent dans l'immense hall.
« Ha, Bella, nous t'attendions justement » dit sincèrement Rodolphus
« Oh Bella tu es … ! » s'exclama Narcissa avant de se taire, coupée dans son élan par on ne sait trop quoi.
Bael regarda sa tante bizarrement. Qu'est-ce que sa mère avait fait pour recevoir une telle réaction de sa tante. Il observa les personnes attablées encore une fois et remarqua que son père souriait (chose rare pour le personnage, Bael le pensait bien incapable de sourire comme ça), Lucius avait le regard fixé sur sa mère (qui se trouvait derrière lui, il ne pouvait donc pas la voir et il n'avait pas envie de se retourner vers elle pour le découvrir) et Drago pâlissait et se dandinait sur place. Qu'est-ce que cela voulait dire ? Finalement, comme aucune autre réaction ne parvint aux yeux de Bael, il se retourna. Lentement, il sentait que sa mère n'attendait que ça, qu'il se retourne et la regarde. Dès qu'il fut retourné, les deux personnes se fixèrent dans les yeux un bon moment. Puis sa mère brisa le silence.
« Xerxès ! Que je suis heureuse de te revoir ! »
Bael plissa les yeux, non que ce soit le nom qui le dérange. Après tout, Xerxès était son prénom et presque toute sa vie sauf à Poudlard on l'avait appelé comme ça. Non mais le fait que sa mère dise qu'elle était heureuse de le revoir, en revanche, le mettait très mal à l'aise. Aux dernières nouvelles elle semblait plus intéressé de se débarrasser de lui que de le retrouver. Elle cachait quelque chose de visiblement assez gros pour surprendre son oncle et sa tante. De toute évidence, Drago lui n'avait rien compris et était juste effrayé par sa mère.
« Bien fait pour lui ! » rigola Bael.
« Mère. Bien le bonjour. J'espère que vous allez bien »
Un sourire sincère lui répondit. Cela déstabilisa grandement Bael Il ne l'avait plus vu comme ça depuis quelques années déjà. Lorsqu'ils s'entrainaient un peu ensemble au duel de sorcier. Un étrange sentiment s'empara de Bael et serra son cœur très fort. Il sentit les larmes lui monter aux yeux.
« C'est pas le moment d'être émotif. » se réprimanda Bael.
Puis, juste avant de finir de gravir les dernières marches de l'escalier, Bellatrix ouvrit grand ses bras. Elle attendait que son fils vienne l'embrasser. Bael sentit sa gorge se serrer encore plus. Visiblement, sa mère avait énormément changé, mais il ne savait pas trop quoi. Néanmoins il se réfugia dans les bras de sa mère avec un léger sourire. Oui, il y avait bien longtemps qu'elle ne l'avait pas entourée de ses bras et cela plaisait beaucoup à Bael.
« Allons donc dîner. »
Le dîner se passa sans trop de problème, ce qui en devenait suspicieux. Bael sentait les regards curieux de Lucius et Drago qui se demandaient ce qu'il se passait et pourquoi il n'avait encore rien fait exploser ou disparaître. Ou encore pourquoi personne ne l'insultait ou le dégradait. Et sa tante semblait attendre quelque chose de lui mais il aurait bien été incapable de dire ce qu'elle attendait. Et elle n'allait certainement pas le lui dire non plus.
Finalement la conversation tourna autour de Poudlard là sans surprise, il entendit les pires insultes possibles sur Dumbledore, McGonagall et Hagrid. Pas que cela le surprenne mais il avait choisi de ne rien dire à ce moment-là. Bien sur Drago choisit aussi ce moment-là pour redire qu'il avait été envoyé à Gryffondor. Bael se renfrogna et eut une forte envie de frapper son cousin. Violemment.
La conversation se brisa.
« Gryffondor, oui. » annonça Bellatrix. Bael sentit un nœud se former dans sa gorge, « Bien sur je me rends compte que tu n'as fait que suivre nos recommandations. » Bael leva la tête vers sa mère, surpris, et l'observa en attendant ce qu'elle allait dire « Tu as délibérément choisi d'être placé à Gryffondor pour pouvoir être plus proche de l'ennemi. » Bael sentit son cœur se glacer. Il venait de comprendre où sa mère allait en venir. « Afin de pouvoir tromper Londubat, tu as demandé une Substitution et choisit la place des lions. Oh, comme je me rends compte que cela a dû être dur de perdre ton nom de famille. Et avec ton père nous ne comprenions pas. Je suis terriblement désolée mais à présent nous te comprenons et approuvons ton sacrifice. »
Bael était figé comme une statue de marbre. Sa mère et son père manifestement pensaient qu'il était un espion ou quelque chose comme ça. Face aux regards scrutateurs des personnes présentes, Bael joua le jeu bien que son cœur tambourinait violemment dans sa poitrine. Il n'aimait pas le sujet de conversation.
« Oh oui ça a été très dur. Au début, je ne pouvais pas dire que j'étais un membre de notre honorable famille. Mais j'ai finalement réussi là où Drago a échoué. » Et hop, une méchanceté facile pour son cousin, « Londubat n'est vraiment pas comme on le pensait. »
« Comment il est ? » demanda avidement Bellatrix
« Médiocre. Si ce n'est pas moins bien. Même les sangs-de-bourbe font mieux que lui » Une grimace traversa les visages de tout le monde. « Et j'ai essayé de reconduire Weasley sur le bon chemin. Après tout ce n'est que la faute de ses parents s'il est comme ça. Mais j'ai bon espoir de lui faire voir la vérité. »
« Bien dit filston » tonna Rodolphus.
La conversation continua et Bael cru qu'il allait défaillir. Il ne savait plus où se mettre et tout ce qu'il racontait n'était qu'un énorme tissu de mensonges. Le pire ? Ses parents le croyaient et ignoraient bien évidemment tous les indices qui montraient qu'il ne jouait en aucun cas son rôle de meilleur ami du Survivant. Comme les fois où il avait sauvé Neville ou encore le fait qu'il avait été placé à Gryffondor avant même de savoir où serait placé Neville et Ron. Il soupira. Il sentait la fièvre lui monter.
« J'espère que tu as remarqué la nouvelle décoration de ta chambre ? »
Le changement soudain de conversation le prit au dépourvu. Le fait qu'on s'adresse à lui à table lui était un concept étranger. Il préférait se faire insulter que d'avoir à répondre aux questions fourbes de ses parents. C'est comme s'il y avait un deuxième sens dans chaque phrase, cachée mais pas trop non plus afin que les plus bêtes comprennent aussi.
« Hein ? Euh, oui, oui. J'ai vu quelques différences par rapport à mon ancienne chambre. »
« Ça t'as fait plaisir ? »
« Merveilleusement plaisir. »
« Bien. Les couleurs de Gryffondor doivent t'assommer à force. »
« Oui, mère. C'était terrible. »
Et le dîner continua. Dès qu'il le put, Bael se retira et sortit du Manoir pour prendre l'air. C'était déjà le soir et la brise d'été caressait doucement son visage. Il se sentait plus à l'aise dehors qu'à l'intérieur. Les murs verts du Manoir l'oppressaient terriblement et ses mensonges le rendaient malade. Seulement il ne pouvait pas leur dire la vérité. Il aurait bien trop mal. Bael ferma les yeux et se concentra sur sa respiration.
« Quel merveilleux courage … Je ne mérite même pas à place à Gryffondor. »
Bael fit naturellement une promenade dans le parc du Manoir en attendant que les Malefoy partent et que ses parents aillent se coucher. Visiblement, ils n'avaient que faire de ce qu'il faisait tant qu'il écoutait les ordres de ses parents.
Arriva enfin le moment tant attendu par Bael : les Malefoy partaient chez eux.
« Bon débarras. »
Lorsque les flammes vertes engloutirent les trois personnes et les firent disparaître, le silence régna de nouveau en maître sur le Manoir. On entendait les respirations de chacun.
« Je t'ai informé dans ma dernière lettre que ta mère et moi avions une nouvelle importante à t'annoncer. » commença Rodolphus.
Ah oui. Il l'avait oublié celle-là. Entre les reproches des Malefoy et sa famille qui l'encourageait à « espionner » les traitres à leur sang, vraiment, il ne pensait plus à ces nouvelles. Et puis il pensait qu'ils allaient l'ignorer cet été. Après tout quand il était arrivé au Manoir, personne ne l'avait accueilli.
« Je vous écoute » dis Bael en regardant ses parents. Ils se posèrent sur les luxueux canapés du salon. Poena apporta des rafraichissements pour tout le monde.
« D'abord, je veux que tu saches que nous sommes très déçus de toi. » Bael leva un sourcil en interrogeant son père du regard. Il avait cru comprendre que justement ils étaient fiers de lui pour avoir bravé la tradition familiale et s'être approché de leur ennemi. « Tu ne nous as jamais renseigné dans tes lettres de ton plan. C'est pourquoi, il va y avoir une sanction. » Bael attendit « Poena ne t'aidera pas cet été dans tous les travaux que ta mère et moi jugeons faciles. » Bael baissa la tête en signe de compréhension et de soumission. Son père enchaîna, « Cependant, Xerxès, ce n'est pas la grande nouvelle. Bella ? Si tu veux bien … »
« Xerxès, je suis enceinte. » enchaîna Bellatrix
Bael se figea. Une rage terrible venait de se soulever et de balayer toute ses protections mentales. Son contrôle quasi permanent sur ses capacités de métamorphage se brisa aussi sec et ses cheveux prirent une teinte rouge vif immédiate. Curieusement ses parents ne dirent pas un mot. Soit ils s'attendaient à cette réaction soit ils ne trouvaient rien à dire sur la couleur de ses cheveux (bien que Bael en douta fortement).
« Un remplacement. Je ne suis plus assez bien. » siffla Bael. Aucunes réponses ne lui parvint. Ses yeux s'embuèrent et il voulut partir aussitôt mais son père avait dégainé sa baguette plus vite qu'il n'avait pu partir. Il l'avait donc cloué sur place.
« Ce n'est pas ce que tu crois. Bien que si jamais il ne te traverse l'esprit de devenir l'allié de Dumbledore, tu seras réellement déshérité. » intervint son père.
« Tu n'es pas content Xerxès ? De devenir grand frère ? »
La question de sa mère le pris au dépourvu mais il regagna tous ses sens quand même. Ses cheveux reprirent leur apparence normale et il se calma.
« Non. Je suis absolument émerveillé. »
En vérité, Bael avait très peur de plusieurs choses. D'abord que ses parents ne montrent plus d'attention au futur nouveau-né que ce qu'ils avaient fait pour lui. La jalousie était un vilain défaut mais il sentait qu'il allait la ressentir plus que jamais. Ensuite, il avait peur que son prochain frère ou sa prochaine sœur devienne une arme contre lui. Parce qu'il savait qu'au fond de lui, il allait aimer passionnément son frère ou sa sœur. Ensuite, il avait peur que son frère ou sa sœur devienne exactement comme ses parents. Et encore après, il ne voulait pas être déshérité. Donc vraiment cette nouvelle ne le remplissait que très peu de joie. Et puis il avait cru que la passion entre ses parents, si elle avait jamais existé, s'était éteinte depuis longtemps. Il savait que de nombreux sorciers pensaient que Bellatrix n'avait épousé Rodolphus que pour la pureté de son sang. Il entendait aussi des rumeurs comme quoi sa mère avait été secrètement amoureuse de Lord Voldemort d'où sa réputation (bien qu'infondée officiellement) d'avoir été sa plus fidèle servante (il l'avait pourtant souvent entendue dire ces propos quand les caméras n'étaient pas là et qu'ils combattaient ensemble dans la salle de duel : « J'ai été et je reste la plus loyale servante du Maître des Ténèbres. C'est lui qui m'a appris à maîtriser les forces du Mal et je connais des sortilèges d'une telle puissance que tu ne seras jamais de taille à rivaliser contre moi. » Après quoi elle essayait de démolir le mur derrière lui comme pour lui prouver ses dires. Et encore après elle essayait de lui apprendre quelques sortilèges noirs « à sa portée ».)Pourtant les dires de Bael semblèrent suffire à sa mère et elle continua :
« Il ou elle devrait arriver aux environs de janvier. »
Bael hocha simplement la tête. Il voulait partir se cacher et pleurer sans que personne ne s'en aperçoive. Après une interminable conversation sur ce qu'il faudrait faire ou ne pas faire, Bael fut enfin libre de partir. Il se réfugia donc aussitôt dans sa chambre. Il remarqua au passage que des pots de peinture avaient été posé sur le côté avec du matériel pour peindre les murs de sa chambre. Bael eût un demi-sourire et remercia dans sa tête Poena. Il regarda sa chambre et cria de rage dedans. Ses parents ne pouvaient pas l'entendre de là. Dans sa rage, il remit à plus tard ses projets de décoration et se mit à son bureau dans l'optique de faire ses devoirs. Il devait se changer les idées. Repenser à sa famille tordue lui faisait plus de mal que de bien.
« Rien de plus déprimant » se dit Bael. A peine était-il sorti de Poudlard qu'il se mettait à repenser à la rentrée et aux cours. Il sortit donc tout son matériel de cours et entreprit de terminer les essais de potions et de sortilèges aussi vite que possible. Malheureusement il prit un plaisir fou à mettre tout ce qu'il connaissait dans chacun de ses essais. Il se retrouvait donc avec des parchemins plus longs que prévu mais de son point de vu absolument passionnant. Il termina de la même manière les autres devoirs qu'on lui avait imposés. Seul restait sur sa table le devoir de métamorphose, inachevé avec de l'encre qui coulait sur le côté.
Bael leva la tête un instant pour regarder la lune à travers sa fenêtre. Elle était très brillante ce soir avait pensé Bael. Il se dit aussi qu'il devait être bien tard, peut être une ou deux heures du matin. Bael soupira et se frotta la tête. Il avait besoin de faire autre chose et surtout il n'avait pas sommeil. Alors il prit un livre de son coffre, celui qui traitait des animagus et se mit à le relire une énième fois.
Soudain sa porte de chambre s'ouvrit et laissa passer sa mère avec sa baguette allumée.
« Tu ne dors pas » constata-t-elle. Bael ne répondit pas et la fixa.
Finalement, Bellatrix entra entièrement dans la chambre de son fils et examina les lieux. Elle ne sembla pas surprise par les pots de peinture rouge et jaune, sans doute qu'elle pensait qu'il avait prévu de les utiliser pour une quelconque blague. Elle s'approcha ensuite du bureau et remarqua la pile de rouleaux fermés et celui de métamorphose inachevé. Elle s'empara d'un des rouleaux fermés et commença à le lire. Entre temps, Bael avait cessé de la fixer et s'était remis dans sa lecture. Après tout, si sa mère voulait lire ses devoirs, qu'elle le fasse.
« Tu as besoin d'aide ? » La voix de sa mère retentit dans la chambre de Bael. Ce dernier manqua de s'étrangler. Il s'était plutôt attendu à une remarque du style Va au lit ! mais de toute évidence ce ne fut pas le cas. Il leva la tête et observa sa mère. Il leva un sourcil pour l'interroger et elle continua de bonne grâce.
« Je vois que tu as finis presque tous tes devoirs. Il ne reste plus que celui de métamorphose. »
Bael fit non de la tête. Il n'avait juste pas envie de finir le devoir de métamorphose maintenant. Sa mère sembla comprendre son refus mais elle s'avança vers son lit.
« Qu'est-ce que tu lis ? »
« Un livre sur les animagus. »
Sa mère sembla surprise.
« Ça t'intéresse ? »
« … Oui … »
« Je peux te montrer, ce sera plus intéressant que ce livre que tu dois connaitre par cœur à présent. »
Une flamme s'alluma dans les yeux de Bael. Il ne savait même pas que sa mère était une Animagus. Elle était probablement non enregistrée. Pas étonnant.
« Tu te transforme en quoi ? » demanda avidement Bael tout de suite excité par l'idée que sa propre mère allait lui montrer sa forme animagus. Il n'avait jamais vu que McGonagall faire ça et il s'était mis en tête l'idée de devenir lui aussi un Animagus.
Un sourire illumina les traits de sa mère. Un sourire un peu carnassier.
« Ce n'est pas très légal pour un sorcier aussi jeune d'apprendre à devenir Animagus. »
Bael rougit et répondit sur la défensive : « Je n'ai jamais dit que je cherchais à le devenir. »
« Xerxès, ne me ment pas. » répondit froidement Bellatrix.
Bael baissa la tête.
« Mais toi t'es pas enregistrée sur le registre du Ministère. »
Bellarix éclata d'un rire sinistre.
« Ne jamais t'inscrire sur ce registre. C'est une perte de temps et d'atouts. Viens suis moi, je vais t'apprendre. »
Le fait que sa mère lui apprenne sans faire de crise lui paraissait suspicieux. Et puis enfin tout s'éclaira quand sa mère reparla.
« Tu en auras besoin si tu veux mieux espionner les gryffondors et ce vieux fou de Dumbledore » dit elle avec mépris. Oui, tout de suite, ça avait plus de sens. Même si de son avis, si sa forme animagus était un énorme ours, cela ne serait pas très utile.
Bellatrix emmena donc son fils dehors et lui demanda ce qu'il savait sur les Animagus exactement.
« Ce sont des sorciers qui peuvent changer de forme quand ils veulent. Ils ont qu'une seule apparence mais pour pouvoir devenir Animagus, il faut passer par le stade de la méditation afin de mieux connaitre sa forme Animagus. Parce qu'on ne la choisit pas. Ah oui, et aussi l'animal dont on prend l'apparence ne peut pas être un animal magique. »
« Très bien. Mais si tu sais tout ça pourquoi ne pas avoir commençé déjà à devenir un Animagus ? »
« J'ai pas les ingrédients qu'il faut pour faire la potion … »
Bellatrix sourit et lui répondit simplement par :
« Comme tu sembles être très réveillé, on va commencer la potion maintenant. »
Bael plissa les yeux. Pourquoi donc étaient-ils dehors ? Sa mère le conduisit à travers le mini parc et se stoppa devant un arbre quelconque. Là elle prononça une formule et les racines de l'arbre s'écartèrent pour laisser passer un passage. Tiens, il ne le connaissait pas ce passage se dit Bael. Il sourit et descendit les marches qui venaient d'apparaitre avec sa mère. Lorsqu'il fut enfin en bas de la salle dans laquelle il venait d'arriver, la lumière de la baguette de sa mère se dispersa et des torches s'allumèrent. Là, Bael fut estomaqué. Un laboratoire de potion se dressait.
« Depuis quand vous faites des potions ? »
« Euh … On n'en fait pas en fait. Mais avant, c'était un des repaires de Rogue lorsque le Seigneur des Ténèbres avait besoin d'une potion. Depuis Sa Chute, personne n'a utilisé encore ce laboratoire. Bref, tu connais les ingrédients qu'il faut ? Et bien cherche les et commence la potion. » dit sèchement Bellatrix.
Ah là, il retrouvait sa charmante mère. Bael s'efforça donc de prendre tous les ingrédients qu'il fallait pour pouvoir créer la potion d'Animagus. Il monta donc sur une échelle pour pouvoir prendre la plume d'oiseau de Sibérie, il se traina au sol pour prendre un bocal qui avait roulé sous une étagère et il sortit surtout tout le matériel. Au fond, la potion n'était vraiment pas compliquée à faire. Un élève de première année comme Neville pouvait la faire sans faire de bêtises.
A y réfléchir une deuxième fois, peut être que Neville en aurait été incapable. Il était pas très ordonné et adroit avec ses mains.
Sa mère le regardait dans un coin de la pièce et le surveillait. Elle n'intervint jamais.
La potion de Bael fut enfin prête après deux bonnes heures de préparation. Elle avait une couleur argentée absolument magique et il y avait assez de quantité qu'il pourrait en subtiliser pour garder une dose pour ses amis et deux ou trois autres personnes. Parfait. Il avait donc pris une flasque et avait versé le contenu dedans et avait ensuite bu juste une dose pour lui. Sa mère n'avait pas bougé et l'observait toujours cloitrée dans un coin.
Comme il avait bu la potion et que rien ne se passait, Bael se retourna vers sa mère.
« Pourquoi ça ne marche pas ? »
Un sourire carnassier lui répondit et elle s'avança doucement vers lui. Soudain Bael eut très peur et voulut reculer mais son corps ne lui répondait pas. Il se sentit tomber et sombra dans l'inconscience.
Quand Bael se réveilla il faisait jour. Et il était dans une prairie.
Dès qu'il s'en rendit compte il fut sur ses gardes. La dernière chose dont il se rappelait, c'était d'être tombé dans les pommes. Peut être que sa mère avait fini par l'empoisonner.
Il ne se laissa pas défaire pour autant. Il se releva et observa ses alentours. Il remarqua que l'herbe était partout autour de lui à des kilomètres à la ronde. Il n'essaya même pas de marcher dans une direction car il savait au fond de lui que rien ne se trouverait si ce n'est de l'herbe. Comment ? Il n'en avait aucune idée. C'était seulement une certitude tout comme se dire qu'un couteau pouvait vous tuer si vous l'enfonciez dans votre cœur. Donc vraiment, Bael ne savait pas quoi faire. Alors il attendit bien sagement sur place dans l'herbe haute. Il observa les environs et sourit face à ce paysage enchanté. Là-bas on voyait des petites fleurs rouges et jaunes, de l'autre côté une fine brise de vent et d'en haut des nuages et des rayons de soleil. Peu importe où il était, il trouvait le paysage très relaxant. Puis, tout à coup, il entendit un bruissement de feuilles. Quelque chose se déplaçait dans l'herbe.
Bael se redressa et chercha la source du bruit mais il se retrouva ébloui par une tâche blanche. Il lui sembla même que cette tâche blanche lui fonçait dessus. Son premier réflexe fut de chercher sa baguette magique dans son veston mais il ne la trouva pas. La panique s'instaura dans son esprit.
« Vite : Fais quelque chose ! »
Mais rien ne lui vient à l'esprit et il se trouva renversé par cette tâche blanche qui pesait décidemment très lourd. Bael, qui avait fermé les yeux à cause de la peur, les rouvrit quand il se rendit compte que rien ne se passait. Juste qu'une masse se trouvait sur lui et ne semblait pas décidé à partir de là où il était.
« Je ne suis pas un jouet » pensa énervé Bael.
Il rouvrit donc les yeux et ce qu'il vit le cloua le bec. Allongé sur lui se trouvait un magnifique léopard blanc. Bien qu'encore jeune, il avait ses taches bien prononcées sur son pelage argenté et des yeux gris bleus magnifiques. Le léopard regardait d'ailleurs Bael comme si c'était un objet curieux et il posait sa patte sur son visage comme pour vérifier si la chose sous lui était vivante ou pas. Bael réagit presque immédiatement mais il se rendit vite compte qu'il ne pouvait pas bouger. Il devina alors qu'il était devenu le jouet de la bête. Jusqu'à ce qu'elle se lasse de lui et le dévore. Qui sait ?
Puis tout à coup, Bael comprit. Sa mère ne l'avait pas empoisonné et laissé à l'abandon dans une clairière comme celle-ci (il douta qu'elle en connaisse une de toute manière). Non, c'est sa potion qui avait fait effet ! Il était dans son monde intérieur et le léopard était sa forme Animagus !
pris d'un élan de plaisir il serra le félin dans ses bras. Ce dernier feula et l'attrapa aussi. Et puis juste après Bael se senti aspiré en dehors de son monde intérieur.
« Non ! Je veux rester ! »
Il tendait ses bras vers le félin et celui-ci le regardait, assis et content. Il se léchait une patte.
Bael se relava en sursaut et en criant. Il se retrouva nez à nez avec sa mère.
« Alors ? Tu l'as rencontré ? Il t'a accepté ? »
Bael regarda sa mère et acquiesça.
« C'était … c'était incroyable ! »
« Il faut que tu t'entraines à te métamorphoser maintenant. Cela peut prendre pas mal de temps mais compte tenu que tu es un métamorphomage je ne serais pas surprise que tu saches te transformer en deux semaines. »
Bael re-acquiesca ne sachant pas quoi dire d'autre.
« Et toi ? Tu ne m'as toujours pas dit e quel animal tu te transformais. »
« Un aigle noir. Je te montrerai ma forme lorsque tu réussiras à te transformer entièrement. »
La discussion fut clause à partir de ce moment-là. Sa mère lui avait dit d'aller se recoucher et il avait bien l'intention de le faire. Il était très fatigué maintenant. Secrètement, il avait aimé l'intervention de sa mère.
« Et père ? Il sait lui aussi se transformer ? »
« Ton père ? Non. Il en est bien incapable. » grimaça Bellatrix en le raccompagnant dans sa chambre.
Oui, il retrouvait là le grand amour que sa mère portait à son père. Et son sarcasme singulier.
Bael mis plusieurs semaines avant de pouvoir se transformer entièrement. Plus exactement 3 semaines entières. Lorsqu'il l'avait dit à sa mère tout joyeux, elle s'était empressée de le faire se transformer dans le jardin. Elle avait fait de même et lui avait couru dans le parc tandis qu'elle volait. Vraiment il avait adoré ce moment. Il dû aussi couper toutes les communications avec ses amis. Il savait que ses parents se méfieraient s'il envoyait des lettres à ses amis.
C'est donc lors de la troisième semaine de juillet, alors qu'il commençait à prendre goût au manoir pour la première fois depuis bien longtemps, que la douche froide arriva. Ce matin-là, il s'était réveillé normalement avec le soleil (il était très matinal) et s'était attelé à son devoir de métamorphose. Il l'avait finis très rapidement et avait vite refermée sa valise contenant ses affaires pour Poudlard. Maintenant que la corvée de travail était finie, il avait un temps infini de temps libre. Il choisit donc tout naturellement de partir en direction de la librairie puisque son père était parti travailler et que sa mère se reposait (donc pas de duel ou autre activités violentes pensa Bael). Alors qu'il lisait un manuel traitant des objets magiques ancestraux, il entendit des bruits de pas feutrés.
« Tiens, c'est bizarre, d'habitude personne n'essaye d'être discret dans cette maison. Sauf moi. »
Bael se releva de sa chaise et reposa son livre. Il marqua la page tout de même. On sait jamais. Peut être qu'il reviendrait dessus. Il sorti de la bibliothèque et suivit les bruits de pas. Il vit d'ailleurs que ces bruits de pas appartenaient à Lucius Malefoy.
« Mais qu'est-ce qu'il fait donc ici ? »
La réponse lui vint très vite. Il s'était arrêté à l'étage devant la chambre de sa mère. Il toqua deux fois et rentra sans plus de cérémonies. Bael suspicieux s'avança et colla son oreille à la porte pour écouter la conversation de son oncle et de sa mère.
« Alors tu vas vraiment le faire ? » demanda Bellatrix sur une voix menaçante
« Il faut absolument qu'il revienne, Bella. On ne peut plus attendre … » suppliait Lucius.
« Non ! Tu fais une grave erreur. Moi je l'ai laissé dans ma voûte, en sécurité ! Jamais je ne trahirais sa confiance ! » aboya Bellatrix.
Bael pensa que Lucius devait avoir reculé, du moins il l'imagina pour son propre plaisir. La conversation reprit.
« C'est un risque que je suis prêt à prendre. Son âme repose en »
« Lucius ! » cria Bellatrix.
« Le journal doit »
Mais Bael n'entendit plus grand-chose après, les voix s'étant largement baissées. Bael se surprit à vouloir en savoir plus. Pour que sa mère se mette dans un état pareil, il fallait que ça ait attrait à Voldemort.
Puis soudain les voix devinrent plus claires.
« Et ton fils ? »
« Il revient sur le droit chemin. J'ai eue peur qu'il ne se soit allié à Dumbledore mais de toute évidence il n'a jamais éprouvé le moindre sentiment vers ce vieux fou. Il ne reste plus qu'à lui faire comprendre notre supériorité sur ces autres gens et il deviendra un serviteur très fidèle au Seigneur des Ténèbres. Oui, j'ai prévue de grandes choses pour lui. »
« Fais attention alors, Bella. Je ne pense pas qu'il soit comme tu le penses. »
« Qu'est-ce que t'oses insinuer, Lucius » menaça Bellatrix, « il deviendra un merveilleux mangemort, comme moi et suivra mes traces. Il sera tout aussi dévoué au Maître que personne ne l'a jamais été ! Je lui en ai déjà parlé et Il n'attends que de le voir.»
La conversation repris et Bael retint un sanglot d'effroi. Sa mère voulait qu'il devienne un mangemort comme elle. Et surtout, elle avait parlé à Voldemort de lui. Pour qu'il devienne un autre de ses soldats. Bael voulait pleurer. Il savait que ses parents avaient toujours voulu le présenter à Voldemort une fois qu'il serait revenu mais il savait aussi que Lucius et Narcissa attendaient sagement et cherchaient à cacher Drago du sombre Seigneur. De toute évidence, ils voulaient cacher la cruauté de Voldemort à leur fils. Sa mère, elle, ne l'avait jamais cachée et même elle avait ventée ses mérites auprès de son fils de nombreuses fois. Mais Bael se sentait trahis et surtout en danger. Le fait que Voldemort, peu importe sous quelle forme il se trouvait, veuille le rencontrer un jour ne lui plaisait pas du tout. Il sentait qu'il ne ressortirait jamais de cette rencontrer intact. Et le fait que sa mère ne soucis qu'aussi peu de lui, lui faisait très mal. Il ne put retenir le torrent de larmes qui coulaient abondamment de ses yeux. Il se refugia dans sa chambre et pleura encore un peu. Il passa même la fin de la soirée dans sa chambre et refusa de sortir lorsqu'il fallut manger.
Finalement, il se décida. Si un jour il devrait se confronter à Voldemort (c'est-à-dire lorsqu'il reviendrait, il n'avait aucun doute que Voldemort viendrait au manoir pour quelques temps) alors il devait profiter de tous les moments qu'il avait encore sans lui. Il sécha ses larmes et sortit de sa chambre. Il croisa son père au détour d'un couloir et annonça sans entourloupe sa pensée.
« Je veux sortir. »
La demande prit au dépourvu son père qui ne s'attendait visiblement pas à cette demande. Il se tut et regarda son fils. Finalement il accepta d'un simple geste de la tête. Il lui donna quand même un portoloin.
« Ceci te permettra de rentrer au manoir lorsque tu prononceras le mot portus. En attendant tu peux vagabonder où tu veux. Tu te débrouilles. Je ne veux pas t'entendre. »
Il était parti juste après. Bael observa son père et pour une fois remercia le ciel d'avoir des parents qui ne se souciaient pas de lui. Ou peut être qu'ils penseraient qu'il devenait enfin indépendant. Il était libre de faire ce qu'il voulait et ils ne sauraient jamais ce qu'il allait faire.
« Tant mieux »
Il s'empara du portoloin (qui se voulait être une chaîne de mauvais goût duquel pendait un vilain serpent) et sortit en trombe du manoir. Il avait juste prit de l'argent et sa baguette. Du reste il avait l'intention d'appeler le magicobus pour se rendre à Londres et faire absolument tout ce qu'il lui plaisait. Il avait quand même opté de visiter Londres incognito. Du coup, il avait changé son apparence de façon spectaculaire et s'était transformé en un jeune homme d'une vingtaine d'années très banal, un peu petit, des cheveux noirs avec des yeux noirs et la peau blanche. On ne pouvait certainement pas reconnaitre Xerxès ni Baelfyre sous cette apparence.
« Très bien ! »
Il appela ensuite le magicobus et s'arrêta au chaudron baveur quelques instants plus tard. Il paya sa part et sortit du bus avec une légère nausée (qui conduisait normalement comme ça ? C'était inhumain). Il s'installa ensuite au bar et commanda un jus de citrouille.
L'été de Bael se finit donc de cette manière : il finissait très tard, sortait dans des bars, faisaient toutes sortes d'attractions moldues (entre les parcs d'attractions et les boites de nuit, Bael avait adoré) et il rentrait au manoir épuisé. Plusieurs fois ses parents lui avaient demandé ce qu'il faisait et il leur avait mentit effrontément.
« Il y a des fêtes pour les Sangs-Pur à Londres. Alors comme j'y suis invité … »
Ils n'en demandèrent pas plus, visiblement ravis de sa réponse. Bael ne savait même pas si ces fêtes Sangs-Purs existaient mais il n'en avait absolument rien à faire. Moins il voyait ses parents mieux il se portait.
Fin août approchait et Bael avait décidé d'essayer un alcool moldu. La personne qui lui avait conseillé n'était pas une personne très nette mais Bael n'avait pas écouté son instinct et avait bu son verre cul sec. Résultat il avait été ivre dès le premier verre et ne s'était pas souvenu du reste de la soirée. Il s'était réveillé dans une chambre d'hôtel et était sorti en vitesse avant que quelqu'un ne le voit. Il avait débouché sur une des rues qui longeait la Tamise et s'était rendu en courant vers le chaudron baveur. Ensuite il avait remarqué l'heure, 9h37, et avait violemment juré. Sa mère devait être en train de le chercher. Ou peut être son père. Enfin un des deux. Il n'était pas rentré pour la nuit.
« Je suis dans la bouse d'hyppogriffe sévère là ! » s'était dit Bael.
Et juste après sa journée s'était illuminée : même avec l'impression que sa tête allait exploser à tout moment, il avait reconnu les Weasley, les Londubat et les Potter qui sortaient de la cheminée du bar.
Au même moment, Ron et Neville avait reconnu leur ami. Il s'était retransformé juste sous leurs yeux et ils s'étaient tout de suite élancés sur lui.
« Bael ! t'es vivant ! »
« Merci, Ron … »
« T'as pas donné de nouvelles aussi »
« J'avais pas trop le choix … »
« Enfin ce qui compte c'est que tu sois là ! » avait dit Neville, « Tes parents sont là ? » avaient alors demandé tout doucement Neville.
« Nan ! »
« Mais alors qu'est-ce que tu fais là ? »
« Bah j'ai décidé de me promener. »
« Seul ? »
« Oui. »
« Et tes parents ont accepté ? »
« Plus ou moins. »
« Comment ça plus ou moins ! Y a pas de plus ou moins ! Tu sais que ma mère va refuser de te laisser partir si jamais elle apprend que » Ron s'arrêta net. Sa mère arrivait justement vers lui.
« Ah, Baelfyre ! Ron m'a parlé de toi si souvent mais il n'avait pas dit que tu allais venir aujourd'hui. Tu es tout seul ? » demanda alors scandalisée Madame Weasley.
Bael déglutit.
« Euh, bonjour Madame Weasley » commença le garçon, « Bael suffira … »
Mais il savait que la matronne voulait une réponse à sa question.
« Oui, je suis tout seul »
Le bruit d'horreur qui s'échappa de sa gorge fut monstrueux. Immédiatement elle intégra Bael à son groupe d'enfants (« on ne laisse pas des petits enfants sans surveillance, franchement ! ») et lui demanda s'il venait faire les courses de rentrée. Il répondit par l'affirmative et se retrouva donc emmené par les Weasley à travers le Chemin de Traverse. En somme Bael s'amusa beaucoup, surtout avec Ron et Neville et pu encore une fois parler avec Sirius et James. Il découvrit aussi que Maureen Potter était une fille aussi farceuse que son père et il lui promis de lui faire visiter le château. La petite troupe s'était ensuite dirigée vers le magasin de quidditch au bonheur de presque tout le monde. Ron et Bael admiraient les nouveaux balais (« Waouh ! Un nimbus 2001 ! ») et espéraient un jour avoir un balai de la sorte Après tout, ils avaient comme projet de se retrouver dans l'équipe de Poudlard. Malheureusement la journée ne pouvait pas continuer sur une si bonne note.
Alors que tous les enfants se dirigeaient vers la librairie pour acheter les livres du nouveau professeur de défense contre les forces du mal (Gilderoy Lockhart), Bael aperçu les Malefoy. Il se figea. C'était bien son jour. Il se cacha très vite dans la foule et acheta ses livres sans même prêter attention aux autres. Sirius remarqua son attitude et l'interrogea du regard. Pour toute réponse, Bael lui indiqua les Malefoy. Sirius comprit et entreprit de le cacher avec James. Malheureusement ce fut peine perdu. Au milieu du chahut dans la boutique, Neville venait de se faire photographier avec Gilderoy Lockhart et apprenait la triste nouvelle qu'il serait le nouveau professeur de DCFM et les Weasley semblaient être pris dans une autre altercation avec les Malefoy. Evidemment Sirius et James volèrent à la rescousse d'Arthur qui avait failli frapper Lucius et laissèrent donc à découvert Bael. Ce dernier reprit très vite sa respiration en espérant qu'ils l'ignoraient. Ce ne fut pas le cas.
« Tiens tiens. Qui voilà ? Xerxès Lestrange. » apostropha Lucius
« Mon oncle »
« Que fais tu ici ? » dit il en lançant un regard plein de méchanceté envers la bande de Weasley et vers Sirius et James.
« Je fais les courses pour la rentrée » répondit très vite Bael
Lucius plissa les yeux.
« Bizarre j'étais sous l'impression que ta mère te cherchait. »
Bael ne fit qu'un sourire détendu et partit avec les Weasley sans plus de cérémonies. Il s'excusa alors de la petite troupe et affirma qu'il devait rentrer chez lui.
« Mais enfin, comment tu vas faire ? » demanda Madame Weasley
« J'ai un portoloin. » répondit Bael
Lily Potter qui ne s'était jusque là pas manifesté le regarda intensément.
« Et comment peut on être sur que tu arriveras bien chez toi ? »
Bael continua de sourire et prononça quelques mots avant de prendre son portoloin en main et de dire bien fort portus !
Il disparut sous les exclamations des personnes devant lui avec ses affaires.
« Xerxès Baelfyre Lestrange, j'exige des explications »
La voix de sa mère retentit dans le Manoir et Bael sentit son courage défaillir un moment. Oui, il savait qu'il avait fait n'importe quoi mais il ne regrettait absolument rien.
« Il est temps d'affronter ma mère … » pensa tristement Bael. Il se dirigea lentement vers le salon en sachant parfaitement que ses parents l'attendaient. Bael sentait la sueur lui goutter. La guillotine semblait être toute proche …
Il fut puni pour le reste de l'été jusqu'à la rentrée. C'est-à-dire trois jours. Pas de sortie : rester dans sa chambre.
Bael n'avait plus qu'une hâte : le 1er septembre et la rentrée.
