Coucou, désolée encore pour l'attente,
oui je sais je mets du temps,
j'en suis vraiment désolée.
J'espère que la suite vous plaira...
Un chant de noël
Evergreen, Evergreen, Evergreen,
Garde tous pour elle…
- Comment tu le trouves Elfman ? Tu crois qu'il peut lui plaire ?
Mirajane tendait un énième bijoux à son frère, examinant dans tout les sens tous ceux qui l'avaient interpelée. Celui-ci était un gros collier en perle de nacre, est-ce qu'il lui plaira ? Comment peut-il le savoir ? Le balafrais ignorait totalement ce qui pourrait plaire à cette femme. Lui sauver la vie et être sauvé en retour ne lui permettait pas de lire dans ses pensées. Mais ses deux sœurs avaient insisté en cette veille de noël, elle voulait offrir quelque chose pour remercier la jeune femme. Résultat, ils arpentaient les bijouteries. Le grand blanc afficha une moue, montrant à la fois son ignorance et son désintérêt…
- Nichan ! Tu devrais faire un effort, tout de même ! Rabroua Lisanna.
Elfman se mit à sourire et frotta vivement le crâne de sa petite sœur, celle-ci protesta vivement. L'ainée des Strauss ne pouvait qu'avoir le cœur léger en assistant à ce spectacle. Cependant, la vue des blessures de son frère sur le visage, elle ressentit un pincement. Il aurait pu mourir, hier… Il n'en avait pas réellement parlé, il avait juste dit qu'Evergreen l'avait sorti d'un mauvais pas. Il avait passé des heures durant la nuit à nettoyer ses vêtements et ses chaussures pleins de sang. Mira l'avait soigné, jamais elle n'aurait supporté de le perdre, pour cette raison, elle tenait absolument à remercier celle à qui elle devait ce bonheur. Mirajane prenait cet acte comme un cadeau de noël, le plus beau. Elle regarda à nouveau le collier qu'elle tenait, non il était beaucoup trop cher pour eux, malheureusement. Elle le rendit délicatement au bijoutier, le remerciant.
Les trois Strauss sortirent, ils descendirent la rue, chacun emmitouflé dans leurs manteaux et autres vêtements d'hivers. Les deux filles marchaient en tête et soupiraient sur leur échec. Elles ne pouvaient pas non plus chercher éternellement, la journée avançait vite et il fallait qu'elles s'affairent pour le dîner du réveillon. Noël était une affaire d'État chez les Strauss, avec stratégie et commandaux. Elles commençaient à fantasmer sur le repas du soir, les saveurs et ce que chacun devait faire. Devisant sur la manière la plus sûre de cuire la volaille, l'accompagnement. Ordinairement, Mirajane s'en chargeait, mais Lisanna tenait absolument à la préparer cette année.
- Comme d'habitude tu feras le Christollen*, Elfman ? S'assura Mirajane.
Elle attendit confirmation…mais rien, les deux jeunes filles, interloquées, se retournèrent alors. Leur frère était un peu plus haut dans la rue, depuis quand il ne les suivait plus ? Elles l'ignoraient. Il restait immobile devant une vitrine. Elles le rejoignirent assez vite. Chacune d'un côté de leur frère, elles regardèrent ce qui captait son attention ainsi. Un objet particulier, les belles sourirent en le voyant.
- C'est parfait ! S'exclama la cadette des Strauss. Bravo Elf-nichan, tu as trouvé !
Elfman avait fini la préparation de son gâteau, puis il fut poussé dehors par ses deux sœurs, d'abord, parce qu'elles ne tenaient pas à avoir leur frère sur le dos, puis parce qu'elles souhaitaient qu'Evergreen reçoive son cadeaux dès ce soir, pour l'ouvrir demain. Le jeune homme n'y tenait pas trop en réalité, pas qu'il avait épié la danseuse, mais il lui semblait qu'elle passerait la soirée avec Ivan. Et il n'appréciait pas Ivan. Il le payait, certes, mais quelque chose ne lui revenait pas cher lui.
Il montait sans grand enthousiasme les marches des escaliers menant à l'appartement de la fée verte. Devant la porte, il toqua… Il entendait des pas sur le parquet, une bruit bien trop forte pour être ceux de la jeune femme. En effet, avec surprise, il constata que un des hommes de main lui ouvrit. Vêtu d'un costume blanc et d'un chapeau de la même couleur, l'homme fixait de son seul œil Elfman avec un air méprisant et amusé. Cobras, on l'appelait Cobras, un homme dangereux sans nul doute. Il ne le salua pas, il lui fit juste signe de rentrer de la tête. En entrant, Elfman vit qu'Ivan était bien là, seulement, il se préparait pour partir. Enfilant un grand manteau noir, il considérait à peine la jeune femme qui s'était habillé avec la robe qu'elle avait acheté la veille. Les cheveux relevés, de longs gants en satin, elle était élégante et belle. Une beautés gâchées par la marque rouge sur sa joue… une gifle en déduisit Elfman en voyant très clairement la trace d'une main.
- Je ne tiens pas à me répéter, dit sévèrement Dreyar.
Sur ses mots, il approcha de l'entrée, il avisa du regard le blanc.
- Je suis juste venu déposer un paquet, répondit simplement Elfman.
Ne se préoccupant pas plus de sa présence, Ivan sortit dans le hall. Alors que le blanc fixait le lieu de sa disparition, pensif, il fut tiré de ses songes par un rire sifflant. Cobras riait…
- Eunuque du harem et livreur, tu cumules, dit-il, moqueur.
- C'est marrant je croyais que les petits toutous restaient toujours collés à leur maître, rétorqua Elfman, énervé par la remarque.
Cobras se crispa…
- Fais attention Strauss, rien ne peut m'échapper, une connerie et je te promets que tu ne t'en relèveras plus, menaça le rouge avant de sortir à son tour. Déjà que t'as laisser la gourde mentir pour toi, hier, ajouta-t'il en fermant la porte.
Alors c'était à cause des événements de la veille qu'il l'avait giflée. Elfman savait qu'il ne devrait pas ce mettre cet homme à doux, mais jamais il ne plierait l'échine devant quelqu'un comme lui. Pour lui, aucun n'homme ne devait ce soumettre à un autre. Il remarqua qu'Evergreen avait quitté le couloir, il entendait distinctement renifler. Il la retrouva dans le salon assis sur son canapé, elle cachait sa marque de la main et sanglotait. Sur le sol des bris de verre s'étalaient un peu partout. Se souvenant de la dernière fois qu'il l'avait vu dans cet état le jeune homme ignorait ce qu'il devait faire. Il avait deux sœurs, il était habituer à vivre avec deux femmes, mais Evergreen ne ressemblait en rien à ses deux sœurs. Il tâtait machinalement le petit paquet qu'il avait dans sa poche, se demandant, s'il ne devait pas juste le déposer et puis partir… Non, il n'avait pas été élevé ainsi, un homme ne fuit pas les problèmes, ni ses responsabilités. Il suivit donc son instinct, il retira son manteau et alla à la cuisine pour préparer une poche de glace. Il s'assit à côté d'elle.
- Qu'est-ce que tu veux ? Ragea-t'elle.
- T'aider, encore, répondit-il d'une voix douce.
- Tsss… siffla-t'elle sans pour autant refuser son aide.
Elle le laissa poser la glace sur la joue, gémissant de douleur à cause du froid.
- C'est de ma faute, affirma Elfman d'un ton désolée au bout de quelque seconde de silence.
La jeune femme hoqueta, elle n'avait jamais rencontré un homme s'excusant devant elle.
- Ma mission était de te protéger, je t'ai causé plus de problèmes, ajouta-t'il. Ce n'est pas digne d'un homme d'échouer ainsi…
Éberluée, la fée le considéra un instant, puis elle se mit à rire aux éclats, effaçant ses larmes, jusqu'au moment où la douleur lança à nouveau. Interdit, le blanc haussa les sourcil, ne comprenant la réaction de la châtain. Cette dernière se reprit…
- Tu es vraiment étrange Strauss, rit-elle. Puis elle sembla tristement pensive. Il aurait trouvé autre chose de toute façon.
Elle haussa les épaules comme pour dire c'est comme ça un point c'est tout. Tout en la fixant, Elfman ignorait s'il devait plaindre la jeune femme ou bien admirer son courage. Cependant beaucoup de chose lui échappait sur elle, plus il la connaissait plus il s'en rendait compte. Elle finit par prendre elle-même la poche de glace, touchant la main du jeune homme. Elle lui indiqua du regard qu'elle était capable de se débrouiller seule, rapidement et avec gène, il retira sa main. A nouveau un silence s'installa entre eux, se connaissant peu, ils n'avaient pas réellement de sujet de conversation.
- Tu as un paquet ? S'enquit la jeune femme finalement avec une légère rudesse.
- Euh oui, bredouilla-t'il en sortant un petit paquet de sa poche de manteau. C'est pour noël…
Evergreen examina le paquet qui paraissait minuscule dans la main du géant. Enveloppé d'un papier vert brillant, il n'était cependant pas bien gros. Surprise, elle tendit sa main pour le prendre. Puis elle l'analysa entre ses deux mains.
- Tu ne l'ouvres pas ? S'enquit le blanc.
- Je ne m'y connais pas trop, mais je crois que noël, c'est demain, répondit-elle, amusée.
Cette phrase demandait plus d'information, mais le jeune homme se retint en voyant une larme couler sur sa joue. A nouveau tant de tristesse… Elfman prit donc une décision, peut-être allait-il se recevoir à nouveau une claque, mais il fallait qu'il lui demande…
Mirajane et Lisanna étaient fin prêtes, elles attendaient leur frère. Elles avaient décorés la table de bougies, de houx et de guirlande. Il mettait du temps à revenir. Elles s'impatientaient et étaient quelque peu inquiètes. Enfin la porte claqua au grand soulagement des deux jeunes femmes. Elles partirent à sa rencontre dans le petit hall d'entrée de la maison. Leur frère était bien là, mais quelqu'un l'accompagnait. Evergreen portant toujours sa jolie robe verte était derrière, elle avisa les deux femmes. Ce fut Mira qui réagit en première, la belle à la longue chevelure nacrée s'approcha avec un immense sourire aux lèvres. Chaleureuse, elle prit l'autre danseuse dans ses bras avec toute la bienveillance du monde. La fée surprise se raidissait d'embarras.
- Je suis contente que tu fêtes noël avec nous, accueilli l'ainée des Strauss.
Le repas fut sublime, l'oie cuite avec des raisins n'était pas trop sèche, elle fut un régal. Une chose était sûre, les sœur Strauss savaient animer un repas. Ils avaient ri de bon cœur et ils s'étaient régalés avec plaisir. Minuit arriva et Lisanna insistait pour ouvrir les cadeaux. Mira reçut une écharpe bordeaux tricotée par sa sœur et une paire de boucle d'oreilles en argent par son frère. Les deux Strauss offrirent une robe en satin pour Lisanna. Puis Elfman avait eu une très belle montre de la part de ses sœurs. Evergreen ne se sentit pas réellement à sa place, elle n'avait pas de cadeaux pour ses hôtes. Fière, elle ne montrait pas ce malaise. Elle regarda son petit paquet avec une certaine appréhension, cela pouvait paraître étrange… Stupide… Se disait-elle. Elle l'ouvrit, son cœur rata un battement quand elle vit l'objet. Une broche en argent incrustée d'olivine en forme de fée, cela lui correspondait tellement. Elle en resta muette…
- Cela te plait ? S'enquit Lisanna.
Ever regarda la jeune fille qui lui souriait face à elle.
- Euh… oui… Beaucoup, mais je n'ai rien pour vous, elle n'arrivait plus à contenir sa gène sous le coup de l'émotion.
- Ne t'en fais pas, tu nous as offert beaucoup, dit Mira.
- C'est Elf-nichan qui l'a choisit ! S'exclama la cadette des Strauss.
Sur le coup, Elfman rosit légèrement sous le regard badin de la fée assise à côté de lui.
- Donc tu peux avoir du goût… Se moqua-t'elle.
- Je… Je vais débarrasser, bredouilla le blanc en se levant pour aller dans la cuisine.
Songeuse, Evergreen afficha un léger sourire avec la réaction du jeune homme. Puis elle sortit de sa rêverie…
- Mira, tu nous chantes un chant de noël ? Supplia Lisanna.
- Evergreen risque de s'ennuyer, je ne connais que des chants en allemand, s'excusa Mirajane.
- Ce n'est pas grave, je comprends un peu l'allemand, assura la fée verte.
- Vraiment ! S'extasia la cadette. Mais comment…
- C'est une longue histoire, interrompit la châtain avec une légère tristesse dans la voix.
- Très bien, fit Mira…
Stille Nacht! Heilige Nacht!
Alles schläft. Eynsam wacht
Nur das traute heilige Paar.
Holder Knab' im lockigten Haar,
|: Schlafe in himmlischer Ruh! :|
Stille Nacht! Heilige Nacht!
Gottes Sohn! O! wie lacht
Lieb' aus deinem göttlichen Mund,
Da uns schlägt die rettende Stund'.
|: Jesus! in deiner Geburt! :|*
…
Elfman, appuyé à l'encadrement de la porte séparant la cuisine et le salon, regardait avec une certaine mélancolie sa sœur chanter de sa douce voix suave. Sa petite sœur était aux anges. Puis ses yeux se posèrent sur son invitée, celle-ci semblait ailleurs comme si cette chanson l'emportait dans un coin de sa vie qu'elle avait enfouie au fond d'elle. Encore une fois, une larme roula sur sa joue, elle l'essuya discrètement. Seul le jeune homme l'avait remarqué, les questions envahirent à nouveau sa tête. Il se souvint du mot qu'elle avait répété « Abba »…
Ils marchaient tout les deux en cette nuit de noël, Elfman avait insisté pour raccompagner Ever chez elle. La nuit était froide, mais magnifique, la fée voulait marcher pour digérer le repas de fête des Strauss.
- C'est rare un homme qui sait cuisiner, dit-elle sur un ton taquin en repensant au gâteau du dessert.
- Un homme doit savoir tout faire, répondit simplement le blanc.
- Toi et tes principes d'homme bizarres, rit-elle. Merci, de m'avoir proposé de venir.
Étonné, il la regarda en écarquillant les yeux.
- Quoi ? Pourquoi tu me regardes comme un abruti ? Demanda-t'elle, vexée.
Pour la première fois, ce fut lui qui se mit à rire.
- Juste que je ne pensais pas que tu étais du genre à remercier quelqu'un, je m'attendais plutôt à recevoir une claque quand je te l'ai demandé, avoua-t'il.
- Je n'ai pas un si mauvais caractère, s'agaça la châtain.
- Un peu, rétorqua Elfman.
- Pas du tout ! Ragea-t'elle en tapant un talon sur le trottoir.
- De toute façon c'est à moi de te remercier, dit-il. Pour hier…
Evrgreen se calma, les remerciement la touchait réellement et elle estimait qu'elle les avaient mérités, non ? Le jeune homme s'arrêta, elle l'avisa du regard tout en stoppant elle aussi sa marche.
- Je n'aurais jamais eu une idée aussi sournoise, taquina-t'il en lui appuyant le bout du nez avec le doigt.
- Sournoise ? S'offusqua-t'elle.
Evergreen gonfla les joues… D'où il se permettait de faire cela ?
Evergreen, Evergreen, Evergreen,
A un nouvel ami…
*Gâteau allemand à base de fruits secs traditionnellement servit en dessert.
* Extrait de Douce nuit.
Merci à : Fairytail-fan couples, Lise, Kureo89 pour leurs reviews
à bientôt, j'espère…
