Coucou, nouveau chapitre,
merci à Fairytailfan-couple et Soiz pour leurs reviews.
Donc merci pour la motivation.
Bonne lecture...
Le blizzard chaud
Evergreen, Evergreen, Evergreen,
Fuit son cœur.
Deux semaines, deux semaines… depuis le premier jour de l'année, depuis leur… baiser, Evergreen l'avait giflé tout de suite après et était partie seule en le laissant au milieu de la rue. Ils n'en avaient pas parlé. En réalité, leur relation s'était nettement refroidi depuis. Evergreen, surtout, prenait ses distances, elle l'ignorait ou lui disait le strict minimum. Elle ne daignait même pas le regarder. Il l'avait donc accompagné dans cette atmosphère glaciale, ne sachant plus s'il devait oui ou non rester. Bien sûr, il n'avait rien dit à ses sœurs et cela le travaillait d'autant plus. Evergreen…Cette femme était d'un compliqué, il ne comprenait rien et tout cela le dépassait. Cependant il avait tellement de mal à se résigner à l'abandonner… Car c'était l'impression que cela lui donnait, abandonner. Un homme n'abandonne pas ses devoirs… Car la sécurité de la jeune était devenue une question d'honneur à ses yeux.
En ce nouveau week-end de janvier, Ivan avait invité Evergreen dans sa maison de campagne, située à deux heures aux nord de Chicago. Elfman dut l'y emmener, il resta donc dans cette maison ancienne, du style vieil anglait en pierres taillés, une vaste demeure avec un grand salon décoré de boiserie, de meubles imposants et tape à l'œil. Il faisait extrêmement froid ces derniers jours, pas question de sortir, bien que le blanc s'était promené durant ce premier jour de fin de semaine, histoire de se changer les idées. Un vaste terrain entourait la maison, nul doute qu'ils étaient tranquilles. Une tranquillité multipliée par la neige au manteau isolateur, pas de bruit, même les animaux ne sortaient pas.
La nuit tomba vite et la neige voltigeait doucement, se déposant sur le sol délicatement. Elfman s'isola à l'écart de la fée, d'Ivan ainsi que ses hommes qu'il ne supportait pas, pas la peine d'imposer sa présence. Il resta dans la chambre qu'on lui avait fournie, pas bien plus réchauffer que l'extérieur, une chambre de bonne tout en haut de la maison. Il prit de son sac un pot de cirage, le dévissant, il sortit une brosse. Il ramassa une de ses chaussures et la brossa méticuleusement. Quand il y pensait, ces chaussures… Elle lui avait offert. Il continua de nettoyer, brossant vigoureusement, nourrissant le cuir, afin qu'il ne s'éteignît pas.
Des phares éclairèrent sa chambre accompagnés d'un bruit de moteur. Curieux, il se leva et zieuta par sa petite fenêtre. Une Chevrolet blanche se garait devant la maison, le moteur coupé, son chauffeur ouvrit sa portière. Manteau blanc, chapeau de la même couleur, écharpe mauve… Strauss reconnut Cobras, il portait une mallette… Il allait devoir se payer cette pourriture en plus alors, un séjour parfait.
Le jeune homme s'assit de nouveau sur son lit et reprit son activité. Cependant il avait beau s'occuper, il n'arrivait pas à sortir le souvenir de cette nuit de sa tête. La chaleur, la douceur de ses lèvres, son goût d'amande, son parfum capiteux… Il devenait dingue… Il envisageait vraiment de… d'être avec Evergreen. Qu'est-ce qui lui prenait ?
Il se laissa tomber dans son vieux lit dure… cette femme est une garce, terrifiante, narcissique, égoïste, odieuse… Il mit les mains sur la figure, alors pourquoi il pensait à elle comme il le faisait… Il croyait vraiment qu'il était masochiste.
Il ferma les yeux essayant de faire le vide une bonne fois… Il entendit des voix s'élever au rez-de-chaussée, il discerna nettement celle de la fée verte. Il se leva, descendant de son lit, puis il se rhabilla, chaussure, veste. Il entama alors sa descente… Dans les escaliers, il comprenait mieux ce qu'il se disait, nul doute qu'il s'agit d'une dispute…
- Je suis venue ici de Chicago et tu crois que je vais plier bagage, maintenant. Pourquoi ? Ragea Evergreen.
- Tsss… Désolée, ma poupée, mais on a des choses à faire, expliqua, nonchalamment, Cobras.
- Je ne suis pas ta poupée, rétorqua la châtain, en fusillant du regard l'homme de main de son fiancé. Je ne pars pas.
- Je crois que l'on ne s'est pas compris, dit Ivan, d'un calme inquiétant.
Elfman entendit des pas, puis un petit cri étouffé de la jeune femme.
- Tu pars d'ici, immédiatement ! Cria Drear.
Strauss décida d'entrer à cette pièce à ce moment, Ivan empoignait Evergreen fermement par le cou avec une de ses mains, elle tenait sur la pointe des pieds, ses deux mains posées sur le poignet de l'homme, ses lunettes au sol. Visiblement, elle n'arrivait quasiment plus à respirer… Elfman, furieux, serrant les poings, commença à avancer dans le but de l'arrêter, sans réfléchir. Seulement Cobras se plaça devant lui, montrant distinctement l'arme qu'il portait sous sa veste :
- Tu tombes bien le clébard, dit-il avec un sourire sournois.
Ivan lâchant la jeune femme, la laissa choir sur le parquet. Elle mit une main sur son cou et toussa, des larmes coulant sur ses joues. Elle… Si fière, était en piteuse état. Une vision terrible pour le jeune homme qui devait rester sans bouger, quel genre d'homme était-il pour être incapable de protéger la femme qu'il… se devait de protéger.
- Ramène-la à Chicago, ordonna Ivan avant de partir dans une autre pièce suivit de Cobras tenant sa mallette.
Elfman se précipita auprès d'elle, il s'accroupit… soulevant un peu ses cheveux, il remarqua un trace violette autour du cou de la jeune femme. Il tenta de l'aider à se relever, mais la danseuse le repoussa…
- Laisse-moi, grogna-t'elle d'une voix tremblante.
Elle se mit debout, toutes seule, puis elle alla rejoindre sa chambre afin de préparer ses affaires.
Dehors, Elfman rangeait les bagages dans le coffre de la Bentley. Il regarda le ciel, inquiet, un blizzard était annoncé pour cette nuit, mais il était hors de question de rester ici. Il mit la dernière valise et ferma le coffre. Evergreen, emmitouflée dans son manteau d'hermine, sortit de la maison. Elle alla directement vers la voiture, n'osant pas la regarder, Elfman se contenta de lui ouvrit la porte. Enfin il prit place sur le siège conducteur, démarra la voiture et partit de ce lieu. Durant la route, il zieuté de temps à autre dans son rétroviseur, voyant le visage fermé de la jeune femme.
La maison se situait dans un coin reculé de la campagne illinoise, la neige avait déjà bien envahi le paysage. Le vent commençait à souffler de plus en plus fort… Au bout d'une heure de route environ, un blizzard puissant avait pris place… Elfman ne voyait plus rien devant lui. Il continua à rouler quelque temps, mais le niveau de la neige montait vite sur une route déjà gelée. Ce qui devait arriver, arriva… la voiture se retrouva coincée.
- Pourquoi on avance plus ? S'énerva la jeune femme.
- La neige, répondit simplement le blanc avant de sortir de la voiture.
Le froid l'agressa immédiatement, il rejoignit le coffre péniblement, dedans il y prit une pelle. Durant près d'une heure, il tenta de dégager le véhicule. Cependant dès qu'il retirait de la neige, le blizzard en rapportait deux fois plus. Il abandonna… rangeant l'outil dans la voiture, sortant sa valise. Enfin, il retourna sur son siège, posant sa valise à côté de lui.
- On est bloqué, il faut attendre la fin du blizzard, annonça-t'il.
- Quoi ?! S'énerva Evergreen. On ne va pas rester là toute la nuit.
- J'ai pas le pouvoir de mettre fin à une tempête, rétorqua le jeune homme.
La jeune femme bouda, mais ne trouva rien à y redire. Elfman ouvrit sa valise, il retira son chapeau, son manteau, ses chaussures, puis il sécha ses cheveux avec une serviette…
- Tu vas avoir froid, constata-t'elle.
- J'ai pas d'autre manteau, dit-il.
La fée verte se retourna pour atteindre le coffre, elle ouvrit une de ses valises dont elle sortit un manteau de vison. Elle lui lança sans rien dire. Il le prit.
- Merci, sourit-il.
La châtain ne releva pas, elle ferma les yeux pour signifier qu'elle cherchait à s'endormir, prenant ainsi son mal en patience.
Au bout d'une demi-heure, la voiture était recouverte de neige. Evergreen tremblait de froid…
- J'ai tellement froid, se plaignit-elle en claquant des dents.
Elfman tourna la tête pour la considérer. La fumée sortant de sa bouche, elle restait raide, légèrement recroquevillée sur son siège. Il décida alors de la rejoindre.
- Qu'est-ce que tu fais ? S'offusqua la jeune femme.
Il s'assit à côté d'elle, prit le manteau qui le couvrait. Ensuite, il mit un bras derrière la taille de la fée. Avant qu'elle ne disait quoique ce fut, il lui expliqua.
- Le premier logement de mes parents n'avait pas de chauffage, durant l'hivers, ma mère nous serrait contre elle sous les couvertures avec mes sœurs.
- J'ai pas envie d'être contre toi, râla-t'elle.
- C'est ça ou le froid, dit-il.
Elle abdiqua et se blottit contre lui. Ce-dernier posa le manteau sur eux, frottant énergiquement l'épaule de la jeune femme pour la réchauffer.
- Je voulais le tuer, dit-il, songeur.
Elle le considéra… et baissa la tête à nouveau.
- Tu te serais fait tué, rétorqua-t'elle.
Il arrêta les frottements, laissant sa grande main sur son épaule.
- Je ne veux plus qu'il te fasse du mal, ajouta-t'il, gravement.
- Ne dis pas ce genre de chose, interdit la fée.
Tournant la tête, il la regarda.
- Pourtant, je ne pourrai pas tenir plus longtemps, ajouta le jeune homme le plus sérieusement du monde.
Elle ancra son regard dans le sien.
- Tu ne comprends pas, je suis sérieuse, tu te ferais tué, dès que tu tenterais quelque chose, tu te ferais tué, s'il apprenait que…
Elle ne finit pas sa phrase, refugiant sa bouche dans le manteau. Alors il lui souleva délicatement le menton.
- Que l'on s'est embrassé, finit-il, un léger sourire aux lèvres.
Elle détourna le regard.
- ça n'a rien de drôle, grogna-t'elle.
- Alors tout ça, c'est parce que tu es inquiète pour moi ? Demanda-t'il.
- Pas du tout, bouda la jeune femme. Je ne suis pas inquiète…
Elle prit presque un ton de petite fille en disant cette phrase. Le blanc, flatté, rosit et la serra un peu plus contre lui. Elle le laissa faire, mais elle refuser de le regarder.
- Pourquoi tu restes avec lui ? Demanda Elfman, doucement.
- Je… Je n'ai pas le choix, répondit-elle.
- Par rapport à ton rêve, comprit-il.
- Il faut que tu oublies, dit-elle presque suppliante. Que tu m'oublies.
Il approcha sa bouche du creux de son oreille.
- ça, je n'y arriverai jamais, Natasha, confia-t'il.
Elle se retourna, lui faisant face. Leurs souffles se mêlait réchauffant les chaires roses bleuis légèrement par le froid. Une chaleur, si attirante… enivrant, un foyer réconfortant… Ils approchèrent se penchant leurs têtes, puis ils cédèrent à nouveau à ce désir qui les possédait tous les deux. S'embrassant, ils collaient leur corps l'un contre l'autre, attirés par la chaleur que dégageait l'autre.
Elfman se délectait de son goût, devenant de plus en plus accro à chacun de ses baisers… Peu importe ce qu'il risquait, en réalité, il avait déjà été condamné à partir du moment où il avait posé les yeux sur elle. Cherchant la chaleur, elle s'assit confortablement sur lui, se blottissant, tandis qu'il l'encerclait de ses bras puissant… Ainsi installés, ni l'un, ni l'autre, n'avaient froid en cet instant.
- J'espère que je me recevrai pas une nouvelle claque après ça ? S'enquit-il.
Détendue, elle posa sa tête contre son cou.
- ça dépend… Répondit-elle mystérieuse.
- ça dépend de quoi ? Demanda-t'il, quelque peu inquiet.
- De ta conduite, dit-elle. Reste un Gentleman.
Rassuré, le jeune homme ferma les yeux, se laissant bercé par l'odeur, la chaleur et le son de la respiration de la belle. Ils s'endormirent, ainsi, sur l'idée que demain serait totalement un nouveau jour…
Evergreen, Evergreen, Evergreen,
Se laisse bercer par ses battement.
