Il suivit les empreintes sur quelques kilomètres, avant de découvrir une sorte de village.

« Etrange, pensa-t-il, aucune forme de vie n'a été détectée sur les radars. »

Harlock se faufila comme une ombre entre deux constructions en briques rouges, qui devaient être des habitations, et réussit à avoir une vue plus ou moins dégagée sur la place centrale, où se tenait une petite fête. C'est là que la vision d'horreur commençait :

Des créatures d'environ deux mètres se dressaient sur la place, autours d'un feu précaire, et jouaient à une sorte de jeu de balle. De loin, on n'y voyait pas bien, mais le capitaine en vit une rouler à quelques mètres de lui, et constata qu'il s'agissait d'une tête. Les yeux étaient massifs et dardaient de tous bords comme des mouches, tandis que la bouche affichait constamment un affreux sourire qui touchait les deux côtés du visage. On aurait dit que la chair de la tête avait la couleur et la consistance d'un vieux fromage moisi.

A cette vue, le pirate se plaqua contre le mur, pour ne pas être repéré par les yeux brillants de la tête. La chose qui vint récupérer la « balle » n'était qu'un corps, et dirigea la sphère à l'aide d'un fouet. Et quel fouet : il s'agissait d'une colonne vertébrale.

C'est là qu'il repéra Kei : attachée à un mât au fond de l'esplanade, bâillonnée et ligotée, tremblant de dégoût.

Soudain, une main s'abattit sur son visage, le ceintura, et lui entailla le côté. Puis d'un coup, il se retrouva trempé. Harlock saisit son arme, et tira dans ce qui l'avait attaqué : son assaillant se retrancha à l'ombre d'un mur.

Le pirate le tenait en joue, et remarqua que le liquide avec lequel il avait été aspergé n'était autre que du sang. La créature portait sa tête sous son axillaire, et attendait, sans bouger. Hélas, la déflagration n'avait pas été discrète, et avait attiré une bonne partie du village.

L'un d'entre eux se détacha du groupe, et s'avança vers notre pirate :

- Qui es-tu, humain, et que viens-tu faire sur les terres des Dullahan ?

Le capitaine rangea son arme, et leur montra qu'il souhaitait juste discuter.

- Je suis le Captain Harlock, et je viens pour libérer mon amie, que vous avez capturée.

- Nous ne vous la rendrons pas, lui répondit-il de sa voix rauque et gutturale.

- Qu'allez-vous faire d'elle ?

- Nous allons la sacrifier pour l'accession à la majorité de l'un des nôtres.

Harlock comprenait maintenant pourquoi personne n'avait jamais mis le pied sur Leonis : tous ceux qui avaient essayé s'étaient trouvés morts en très peu de temps.

- Que pouvons-nous vous donner en échange de sa libération ? négocia-t-il.

- La vie de l'un des vôtres, à moins que vous ayez un fouet comme celui-ci (il leva son propre filin osseux pour le montrer au pirate) à votre disposition.

- Pas à ma connaissance, mais voulez-vous de l'eau, de l'alcool, des médicaments, des tissus, ou tout autre chose que nous pourrions posséder ?

Il était à court d'idée, là. Une colonne vertébrale, et puis quoi encore ?

- Ou alors, sacrifiez-vous pour votre amie, suggéra un Dullahan plus jeune, dont la tête sous son bras souriait cruellement.

Il n'avait pas d'autre choix : et puis, autant libérer Kei, et se tirer d'affaire après.

- Très bien, dit-il en levant les mains en signe de reddition. Libérez-la, et sacrifiez-moi à sa place.

A ces mots, trois des cavaliers vêtus de noir vinrent lui bloquer les bras, et lui demandèrent de se désarmer de son plein gré.

Le capitaine jeta ses armes à terre, légèrement répugné à l'idée d'approcher ces créatures (dont la tête versatile n'avait pas que l'apparence du fromage moisi). Il réalisa qu'à côté d'eux, une bonne assiette de céleri-rave n'était pas si terrible, après tout.

Mains attachées derrière le dos, il fut départit de sa cape, qu'on jeta sans ménagement dans les bras de Kei, qu'on venait de libérer.

- Dernière volonté ? demanda-t-on au commandant de l'Arcadia.

- J'aimerais m'entretenir seul avec mon amie.

- Cinq minutes.

Tous les Dullahan s'écartèrent, et laissèrent la jeune femme blonde s'approcher du pirate.

- Capitaine, ne faites pas ça, le supplia-t-elle.

- Kei, pars vers le nord, et va réveiller l'équipage le plus rapidement possible. Les réparations sont presque finies : essayez de bricoler quelque chose qui tiendra deux heures, le temps qu'on aille sur Kirvas. Nous terminerons là-bas. Cours sans t'arrêter, et je vous rejoindrai dès que possible. Il faudra que vous vous teniez prêt à toutes éventualités, et parés à décoller n'importe quand, et qu'importe le niveau d'avancée des travaux. Tu m'as compris ?

- Oui Capitaine.

Elle se retourna, prête à fuir le village des créatures macabres.

- Une dernière chose … la retint Harlock.

- Oui ?

- N'abime pas ma cape.

- Bien Capitaine.

Elle partit en courant, après avoir salué la menaçante assemblée de Dullahan.


S'ensuivirent pléthore de danses et de jeux macabres, qui rythmèrent une bonne partie de la nuit. Tous semblaient avoir oublié le pirate, qui rongeait tant bien que mal ses liens contre les aspérités du mât. Ce n'était pas efficace, il fallait se l'avouer, mais il n'avait que ça.

Il commençait à fatiguer, et sa blessure lui avait fait perdre du sang.


Les autochtones finirent, au lever du soleil, par passer à l'étape finale : le sacrifice. Ils détachèrent Harlock, et l'amenèrent au centre de la place. Il était plein de sang (le sien, et celui d'un autre), et vraiment épuisé. Il n'avait toujours rien trouvé qui lui permettrait de s'échapper, et commençait vraiment à perdre espoir.

Ce fut l'astre qui lui sauva la mise : l'un des pâles rayons lumineux, vint nonchalamment se poser sur la boucle de ceinture plaquée or du capitaine.

Quand le prêtre devant le sacrifier reçu le reflet dans l'œil, il fut intrigué par l'éclat brillant que reflétait la boucle ornée d'un crâne. Il s'approcha, puis s'écarta d'un bond.

- De l'or ! hurla-t-il.

Tous les Dullahan s'éloignèrent, et terrifiés, restèrent figés.

Le pirate, encore partiellement conscient, et réalisant qu'il possédait la source de leur crainte, attrapa le couteau de rituel en vitesse, finit de ronger les derniers filaments de ses liens, et libéra ses poignets. Il détacha sa ceinture, et la brandit au nez des autochtones, qui s'écartèrent en criant.

Profitant de la panique générale, Harlock puisa dans ses dernières forces pour courir jusqu'à l'une des montures brumeuses, et lança le cheval qu'il montait à pleine vitesse, en direction de l'Arcadia.

Suivit par une armée de Dullahan en colère, le capitaine fut remarqué par son équipage alors qu'il approchait au galop du campement pirate.

Ses hommes entrèrent dans l'immense vaisseau, firent vrombir les moteurs, et commencèrent les procédures de décollage.

L'appareil se détachait du sol sablonneux quand Harlock arriva à sa hauteur : il bondit de son cheval et se rattrapa de justesse à la porte au mouvement azimutal en train de se refermer. Yattaran, son premier officier, l'aida à monter à bord, et le traîna jusqu'à l'intérieur.

Pour tenter d'apaiser la colère des Dullahan, le pirate ouvrit la vanne des réserves de céleri : tous les légumes se déversèrent au sol, et ç'eut le mérite de fonctionner. Les moteurs avaient braisés les plantes, et l'odeur eut l'air de bien plaire aux habitants de Leonis.

- Vous voulez passer à l'infirmerie, Capitaine ? lui demanda Yattaran.

- Non, je vais bien.

Puis le flibustier, à bout de souffle, perdit connaissance.


Quand il reprit ses esprits, il était allongé dans son lit.

A côté de lui, se trouvaient Kei, Miimé et le docteur Zero.

- Il revient à lui ! s'exclama la jeune femme.

- Mff … gémit le capitaine.

Il lui fallut quelques instants pour se remettre, mais il se fit vite gronder.

- Tu nous en auras fichu une frousse, mon gars ! le réprimanda le médecin. C'est la cinquième fois en un mois que t'as un pépin, et la troisième fois que je te dis de venir me voir quand ça ne vas pas. T'as bien vu que tu ne tenais qu'à peine sur tes guibolles !

- Mais non, je vais très bien !

- C'est ça, capitaine anémié, capitaine en bonne santé ! renchérit Miimé. On va te croire.

- En plus de votre blessure, Capitaine, on a remarqué que vous manquiez beaucoup de fer. On ne se nourrit pas d'alcool, vous savez, lui fit remarquer Kei.

- Mais Miimé … tenta-t-il de se défendre.

- Ce n'est pas une référence et … lâchez cette bouteille ! lui cria la jeune femme quand elle remarqua qu'il ne l'écoutait plus, au profit d'une bouteille de gin.

- S'pèce d'alcolo va, rajouta Miimé, en lui retirant la bouteille des gants pour se l'enfiler elle-même.

- Tu manges les repas ? lui demanda le docteur.

- Mais oui ! se défendit le pirate.

- Oui, bien sûr, l'enfonça la Nibelung. On sait bien que tu ne manges pas le céleri de Masu.

Et merde, il était grillé.

- Bon, d'accord, je n'aime pas le céleri.

- Bon, passe pour cette fois, même si on n'a plus rien dans nos réserves. Masu va te donner un bon bifteck bien saignant. Et t'as intérêt de le manger ! T'es déjà pas bien gros, alors si en plus tu nous vires anorexique, bonjour les dégâts !

Miimé et le médecin se montrèrent intraitables, et sortirent de la pièce en chuchotant.

- Tellement irresponsable, ce gosse, souffla la Nibelung.

- Suis pas un gosse ! cria le pirate en jetant un coussin au travers de la pièce.

Kei était resté à côté de lui, et s'approcha du lit.

- Merci de m'avoir sauvé, Capitaine. Reprenez vite des forces.

Elle déposa un baiser sur son front, mais en voulant se redresser, la main de la jeune femme frôla la hanche intacte du pirate, qui se plia en deux.

- Qu'est-ce que j'ai fait ? Vous allez bien ?

Il se révéla que le Capitaine de l'Arcadia était chatouilleux. Il lui fallut deux bonnes minutes pour se calmer de sa crise de rire, et Kei préféra s'enfuir au lieu de risquer de recevoir un coussin dans le visage.


Quelques jours plus tard, quand l'Arcadia et son capitaine furent réparés, tout avait repris son cours.

Le pirate était dans sa salle de bain, et se rasait, quand soudain, Tadashi bondit derrière lui en appuyant sous ses côtes :

- Alors c'est vrai qu'vous êtes chatouilleux !

- DÉGAGE !

Le gamin manqua d'être éborgné par un tube de savon, mais s'enfuit en riant. Saleté de gosse …

Quand le pirate redressa le visage face à son miroir, il aperçut une grande et profonde coupure, qui mangeait sa joue de la pommette droite jusqu'à son lobe d'oreille gauche.

- TADASHIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIII !

Et voilà comment le grand pirate gagna sa célèbre balafre.


Voilà voilà ! Au final, voici comment démystifier un personnage badass.

Il suffit d'avoir une bonne conversation par SMS avec quelqu'un, de prendre un verre avec Miimé, ou tout autre méthode pour vous retrouver à parler de choses décousues.

Et de pirates.

Bonnes fêtes de Pâques, n'abusez pas sur le chocolat (vous pouvez, tant que vous n'êtes pas malade en fait. Ce serait dommage de rester chez vous à lire des fanfictions au lieu d'être au travail ou en cours, non ?)

Le bouton review est juste en dessous, et j'offre des céleris braisés aux gentils gens qui appuieront dessus ! Non, je ne vous soudoie pas !

Merci encore !

Yase14


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Vraiment désolée TuT Cet URL est méga-long

N'hésitez pas à aller voir l'affiche pour le prochain film de Aramaki avec Harlock : L'invasion des céleris maléfiques !

HARLOCK : Il est hors de question que je participe à cette daube.

MOI : C'est fait, mec, il passe dans quelques mois au cinéma, juste le temps de faire le montage.

HARLOCK : (imitant Dark Vader) NOOOOOOOOOOOOOOOOOONNNNNNNNNNNN !

MOI : Et dans les bonus, tu es déguisé en berger. (véridique, allez voir le blog)

HARLOCK : Une corde et un tabouret !

MOI : T'as un cosmodragon.

HARLOCK : Ah oui, c'est vrai. *dégaine*

MOI : Mais va faire ça plus loin, tu risquerais de saloper ma moquette. ... Baisse ce flingue le gothique ! Pas vers moi, non !

Avoir des hallucinations ... ça me réussit pas. Ou j'ai mis mes cachets, moi ... ?

Merci à tous !

Yase14