Bonjour tous le monde ! On se retrouve après deux semaines !
Merci pour vos reviews.
Je tiens tout particulièrement à remercier et à répondre à Maneeya pour éclaircir quelques petits points qui ont l'air confus : Jeremiah est capable de transformer quelqu'un en vampire alors que c'est un loup parce qu'il est à la fois un loup et un vampire (son grand père est un vampire, son père est un loup-garou) : deux races qui se repoussent comme des aimants, à l'intérieur d'une même personne; c'est inévitable. Il est bien entendu qu'il ne se transforme pas en vampire lui-même en se mordant la langue; parce qu'il a déjà un quart de sang vampire en lui : il ne peut pas se transformer en ce qu'il est déjà, c'est comme s'il avait été vacciné. En revanche, si Renesmée ne peut pas transformer quelqu'un avec sa morsure, son fils le peut (vois ça comme un saut de génération; comme les taches de rousseurs chez les humains par exemple). J'espère que c'est plus clair. Ensuite, oui, et je te remercie de l'avoir souligné, Catherine se soucie de ce que les gens (et par extension les lecteurs) pensent d'elle : ce n'est pas sa description qui est artificielle, c'est elle-même. Enfin, les personnages sont bien entendus amenés à s'exprimer par eux-mêmes à travers cette fiction et à se libérer de l'étiquette que leur colle la narratrice : un peu de patience. J'espère que la suite te plaira !
Lorsque je rentre à la maison, les triplés sur mes talons, ça sent les cookies aux amandes et au chocolat dans toute la maison. Uh, oh. Si Maman nous a fait de la pâtisserie, il y a quelque chose qui cloche.
« Bonjour mes enfants ! », nous accueille Maman avec un énorme sourire.
Honnêtement, ma mère est la plus belle des femmes. Je suis peut-être légèrement partiale dans mon jugement, mais sérieux. Elle est bien plus petite que moi, avec des cheveux absolument extraordinaires, blonds comme de l'or, coupés au carré. Elle n'a pas un carré strict, mais de grosses ondulations sur les pointes, comme si elle faisait un brushing tous les matins. En réalité, ces incurvations lui sont venues quand elle a coupé ses cheveux. Je m'en souviens : j'avais 10 ans.
Ma mère est légèrement ronde : suffisamment fine pour qu'on admire ses jambes quand elle met des jupes (c'est-à-dire tous les jours), mais suffisamment voluptueuse pour avoir de belles formes que je lui envie quand nous sommes habillées pareil. Elle a de beaux yeux noisettes (marrons, avec du vert dedans), et une peau laiteuse, lumineuse, magnifique. Et quand elle sourit, elle me donne envie de courir dans ses bras. Et ses cookies sont à mourir. En 18 ans je n'ai pas réussi à m'en lasser.
Mais Maman n'est pas le cliché de la mère au foyer dévouée. Elle travaille d'arrache-pied — elle est maître de conférence de littérature française comparée à Berkeley et pète des câbles quand nous marchons en chaussettes blanches dans la maison. Non, sérieusement. Si nos chaussettes blanches arrivent avec le dessous noir à la lessive, c'est nous qui devons la faire. Maman déteste les tâches ménagères, et, par contagion, nous aussi, même si j'ai conscience que je vais devoir tout faire toute seule dans mon nouvel appartement à la rentrée.
« Hey Mom », on dit en choeur, par habitude.
Charles se rue à la cuisine, tandis qu'Eric regarde Maman avec un air suspicieux. L'éternel enquêteur de la bande a senti le problème, comme moi. Matthew monte dans sa chambre, quatre à quatre.
Ils ont chacun une chambre à l'étage, et j'ai la plus grande, au fond.
« Maman », dit Eric avec les yeux plissés « Est-ce qu'il se passe quelque chose dont je devrais m'inquiéter ? »
Elle rit.
« Non, chéri », répond-elle, un grand sourire pendu aux lèvres. « Je voulais juste faire passer la pilule pour ta soeur ».
Je regarde Maman, et elle me confirme dans une grimace :
« On va à La Push. Jeremiah sera là. Je sais que c'est pas l'amour fou entre vous, alors je vous ai fait des petites cookies. »
Ok, peut-être que ma mauvaise humeur est en train de céder. Quelqu'un a une Maman aussi adorable ? Sérieusement.
« Ho mais Mommy », je dis, foutue pour foutue, dans un rare et inattendu accès de tendresse. « T'es trop gentille »
Elle me fait 'pff' en balayant ma remarque d'une main légère, alors que je sais qu'au fond d'elle, elle est soulagée. Sa manoeuvre a parfaitement réussi. Elle est sournoise. Elle est géniale.
Je me dirige dans ma chambre avec des tas de cookies et pas mal de boulot. Je ne compte pas passer mon week-end à bosser si on va chez Tante Nessie, d'autant plus qu'à mon avis on va faire pas mal de shopping. J'ai donc intérêt à m'y mettre sérieusement ce soir si je veux me débarrasser d'un maximum de boulot avant demain.
« On part à six heures ce soir ! » nous hurle maman du rez-de-chaussée.
J'ai quatre heures devant moi. Je divise mentalement ça en trois heures de boulot et le reste en rangement, bagage et grignotage. Ma chambre ressemble à Bagdad, donc ça ne sert à rien d'y passer cinquante ans, j'y arriverai pas. Je pose mon sac sur le sol, lance un coup d'oeil circulaire autour de ce taudis, et je commence à rassembler les affaires nécessaires au voyage.
Mes parents conduisent souvent de nuit. Enfin, quand je dis mes parents, c'est surtout mon père, Matt et moi. Papa, parce qu'il préfère avoir le contrôle, et Matt et moi parce qu'on est insomniaques. Je dors très peu la nuit : quatre ou cinq heures, pas plus. C'est pour ça que je suis si bonne en classe : que faire d'autre que bosser, à cinq heure du matin, quand on a plus sommeil ?
Matt a aussi hérité de ce problème, et nous alternons habituellement la conduite sur les longues distances. Pour aller à La Push, on met quatorze heures. Oui, quatorze. C'est-à-dire qu'on arrivera samedi matin …
Mes parents ne sont pas du genre à payer six billets d'avion pour deux jours, même si on ne voit jamais les Black.
Et on va probablement tous sécher les cours lundi tellement on sera morts de fatigue. Tous sauf Maman, qui a une conférence dans l'après-midi.
En préparant mes affaires, ma bonne humeur ne disparaît pas. Ça fait longtemps que je ne me suis pas retrouvée en famille, avec mes frères et mes parents, et je suis contente de partir à l'aventure avec eux avant de vivre seule l'an prochain. Le voyage s'annonce donc fort sympathique. Sauf qu'au bout, il y a ce boulet de Jeremiah. Uargh.
Puis je me mets à bosser, doucement mais sûrement. Je fais mon commentaire de texte de français, des équations, j'avance dans mon bouquin de Toni Morrison, je fais ma valise en choisissant consciencieusement mes vêtements, et je remplis mon sac à main de livres du XIXe, (parce que je suis dans ma phase Thomas Hardy en ce moment), avant de me présenter comme une fleur avec mon énorme valise devant mon père qui m'engueule parce que j'ai du retard. Il est dix-huit heure dix, et c'est lui qui commence par conduire.
Matt essaye tant bien que mal de dormir, alors que Maman sombre dans le sommeil au bout de quelques minutes, sur le fauteuil passager. J'ouvre un bouquin de Hardy en levant les yeux au ciel. Je vous fais une confidence : c'est un petit secret que mes frères gardent pour moi au lycée. Si je passe ma vie à snober les gens, c'est en partie parce qu'il n'y a rien que je n'aime plus faire (a part l'amour) que lire, et que les gens incultes qui n'y connaissent rien à la littérature, ils me trouent le cul. Je suis d'avis que la littérature est à la base de tout, que c'est l'origine et la fin, et que ceux qui ne s'y intéressent pas sont dans le brouillard le plus complet.
Je lis de tout : des bouquins d'histoire (j'en ai fini un sur la démolition de la Bastille la semaine dernière, c'était pas trop mal; un peu court, mais la problématisation était interessante), des romans, de la philosophie, du théâtre, des nouvelles, des BD, des romans d'amour à la con… bref. J'adore ça.
Je suis en train de finir mon troisième roman de Thomas Hardy, The Well-Beloved, que j'ai dévoré en quelques heures, à l'aide de ma lampe frontale (si quelqu'un du lycée me voyait ainsi, il se dirait qu'il y a erreur sur la personne) quand Matt me demande de conduire. Il est quelque chose comme trois heures du matin, et j'ai une pêche d'enfer. Papa dort à l'arrière, et Matt propose de me tenir compagnie avec de la musique (qu'on partage, chacun avec un écouteur) pour que je ne sois pas toute seule. Eric et Charles ronflent comme des sonneurs derrière.
Je conduis donc pendant quatre bonnes heures, avec la musique groove et un peu underground de Matt. On parle rarement, mais je savoure le moment que je préfère de la journée, en général, où le soleil se lève sur notre droite, et l'horizon est chatoyant de couleurs roses et dorées. J'en profite en mangeant des muffins tout chauds que Matt est sorti acheter rien que pour nous. La smala se réveille petit-à-petit, et je suis en train de swinger sur une chanson de Dean Martin quand nous arrivons à La Push.
J'avais oublié à quel point cet endroit était beau. C'est le début de l'été, et même si le soleil est déjà en train de filer dans les nuages, les couleurs diaprées du matin scintillent encore un peu.
« En forme, Cathy ? » me demande mon père, en se frottant les yeux.
La vérité ? Je ne suis pas plus enchantée de voir Jeremiah que je ne l'étais hier. Et même le ciel irisé d'orange et de rose ne me le fait pas oublier. En plus, je pue, je ne me suis pas lavée depuis hier matin et j'ai transpiré froid cette nuit.
À vous je peux le dire, mais si vous vous avisez de le répéter, je vous étripe et vous étrangle avec votre propre intestin grêle. Si, si, je suis comme ça. Toute stylée et géniale que je suis, il y a un truc pas très glamour que je n'assume pas : je transpire comme un porc. Rien d'inquiétant, je vous rassure, mais pour une fille aussi populaire et cool que moi, c'est pas la grande classe. Je fais beaucoup de sport, ça doit être pour ça.
Mais ne vous méprenez pas : je ne suis pas le stéréotype de la fille sage en plein dans le mood « healty » qui tourne sur internet depuis quelques années. Le « healty », un comportement alimentaire et sportif sain, si vous préférez, ce n'est pas une attitude passagère pour moi : c'est un mode de vie dans lequel j'ai toujours vécu et duquel je n'ai aucune envie de m'éloigner. Je ne fais pas la chiffe molle dans une salle de sport et mes frères non plus : on va courir dans la nature ou nager à la piscine (le Pacifique est excessivement froid, surtout à La Push). Enfin, il s'agit plus de nager que de courir, en ce qui me concerne, parce que clairement n'allez même pas imaginer les litres de sueur sur mon corps après 10km de course. Bonjour et bon appétit…
Quoi qu'il en soit, je nage beaucoup, je mange sainement et vais au hammam au moins une fois par mois. En revanche, n'allez pas croire non plus que je bouffe des graines toutes la journée. Je ne suis pas un putain d'oiseau. Je vais manger des tomates bio et cueillies la veille ou l'avant-veille, de la viande labellisée et des oeufs de poules qui ne sont pas déjà à moitié mortes lors de la ponte. Manger sain c'est un luxe pour moi, pas une manie paranoïaque et passagère. Appelez-moi bobo si vous voulez, j'en ai rien à foutre.
Toujours est-il que j'ai soif, que je pue et que je n'ai pas envie qu'on me voit comme ça. Je suis Cathy Clearwater, je suis censée être parfaite en toute circonstance.
« Hmm » je marmonne, sèchement.
Matthew à côté de moi doit sourire, parce que que vois ses pommettes et ses tempes se plisser, près de ses yeux. Tous les deux, on a pas dormi de la nuit, on va être exécrables toute la journée. Enfin, surtout moi. Matt va simplement demeurer muet jusqu'à demain.
Ah, je songe, en me garant dans l'allée de la maison des Black, qui n'a pas changé depuis six ans. J'ai hâte de faire chier le monde.
Papa sort de la voiture, mes frères et lui prennent les valises (c'est l'avantage d'avoir trois frères) et on se dirige vers la maison. Tante Renesmée en sort, tout sourire, avec ses jolies fossettes et ses cheveux presque roux, et elle est si belle et si jeune par rapport à ma mère que j'en ai presque un choc.
Elle salue tout le monde avec effusion, et ses yeux se posent sur moi.
« Ma Cathy, mais que tu es devenue jolie ! »
Elle s'approche de moi, et on se prend dans les bras.
« Bonjour Tatie », je dis avec un sourire.
Comme je l'ai dit, mes parents m'ont empêchée de la voir pendant ma puberté pour ne pas que je me transforme en loup. Aujourd'hui j'ai 18 ans, mais papa m'a confié dans la voiture qu'il avait beaucoup tergiversé avec maman, avant de décider que trois jours n'allaient pas faire de mal à quiconque, et que de toute façon Nessie n'est que demi-vampire.
Il n'y a pas de méthode claire pour éviter une transformation, si ce n'est : fuir les vampires. Comment je fais lorsque ma marraine en est à moitié un ? Je ne vais pas rester séparée d'elle jusqu'à mes trente ans …
Tante Nessie s'écarte de moi, me prend par les épaules pour mieux me regarder.
« Que tu es belle ! Oh, tu m'as manqué, ma jolie filleule ! », s'écrie-t-elle, avant de me reprendre dans ses bras.
Je ris. Elle aussi, bien que j'ai du mal à l'admettre, m'a manqué.
« Allez, rentrez, je vous en prie », suggère Tante Nessie, « les garçons sont partis courir, je suis en train de préparer le petit-dèj ».
« Tatie », je dis, en entrant dans la cuisine, Eric sur mes talons, mon sac dans les bras. « J'ai conduis presque toute la nuit, je peux aller me reposer ? »
« Mais bien sûr ma puce ! Tu as la chambre qui donne sur le lac, comme lorsque tu étais petite. Tu peux dormir, te changer, prendre une douche… fais comme chez toi ».
Eric me monte docilement ma valise, et je m'écroule sur l'édredon dès qu'il a fermé la porte derrière lui.
Quand j'émerge, il est quinze heures, j'ai dormi sept heures (ce qui est excessivement rare) et sérieusement, j'ai une pêche de fou. Je pensais que j'allais me reposer pour deux heures maximum, mais il s'avère que j'étais plus fatiguée que je ne le pensais. Après m'être extirpée des couvertures, dans lesquelles je ne me souviens pas m'être enroulée tant mon sommeil était lourd, je sautille jusqu'à la commode pour attraper mes serviettes de bain et ma trousse de toilette.
Ensuite, je me prends une bonne cinquantaine de minutes pour me relaxer complètement : je me lave les cheveux, m'applique un soin nourrissant, je m'hydrate le corps, me fais un masque frais pour le visage, et je pioche dans ma valise un legging taille haute et une chemise en lin gris chiné, très large. J'enfile des slip-on bordeaux, me fous un coup de mascara (indispensable, vous le savez maintenant) et de terracota sur les joues, avant de me sécher les cheveux. Quand j'ai fini, je descend les escaliers en trainant des pieds, mon dernier bouquin de Hardy, Far from the Madding Crowd, à la main. Je veux absolument le lire avant de regarder l'adaptation cinématographique.
En bas, il n'y a qu'Oncle Jacob qui regarde les infos, affalé dans un canapé.
« Bonjour, la marmotte ! » s'exclame-t-il avec la voix rocailleuse des Quileutes. « Comment vas-tu ? «
« Super », je dis, et, pendant que je parle, mon ventre gargouille avec un bruit absolument dégueulasse.
« Ha-ha, Ness a prévu le coup », m'assure-t-il en se levant énergiquement du sofa.
Il se dirige vers la cuisine d'un pas souple, et attrape des plats et des couverts pendant que je redécouvre la maison où j'ai vécu tant de moments heureux, petite. Le séjour est orienté sud, ce qui fait que la lumière filtrée par les fenêtre éclaire la pièce d'une douceur estivale. Je me souviens de ma mère, dans cette même pièce, avec ses cheveux longs attachés en chignon, qui rit, la tête en arrière, et de ma marraine, avec ses fossettes, qui la regarde avec des larmes de joie dans les yeux. Ma mère et ma marraine sont meilleures amies, presque soeurs. Quand elles sont ensembles, elles passent leur temps à glousser comme les dernières des connes, puis ça dégénère en éclats d'hilarité et puis en fou rire incontrôlable. Mais étonnamment, je me surprends à sourire quand je les entends. C'est devenu de plus en rare, comme mes parents nous ont volontairement éloigné d'elle. Pourtant, ces rires ont toujours dans ma mémoire la saveur sucrée d'une enfance bénie qui nous contraint à traiter les choses de la vie adulte avec amertume.
« Tiens, voilà ton repas », me dit Oncle Jake, ce qui me ramène au présent. « Comment se passent les cours ? »
Il s'assoit en face de moi avec un hot dog pendant que j'avale le reste de rôti et de salade que Tatie a gardé pour moi.
« Super », je répète, « mon amour pour l'école ne s'est pas arrêté au CM2 ».
Il rit.
« Qu'est-ce que tu préfères, comme matière ? » me dit-il, et, même si ça me saoule parce que je m'étais préparée mentalement à bouffer seule, parce que Dieu sait que j'ai besoin de solitude et de Thomas Hardy en ce moment, je fais un effort pour parler avec mon Oncle.
Même si ça n'est pas le gars le plus spirituel de la planète, il est gentil, il percute vite et il est drôle.
« La linguistique », je dis. « C'est ça que je veux faire plus tard. Traduire, interpréter, enseigner »
Il inspire en ouvrant grand les yeux et en plissant les coins de sa bouche vers le bas, l'air impressionné. Et ouais, bitch. Je peux être belle et intelligente.
Cette réaction chez mon Oncle me remet de mauvaise humeur. Non mais sérieux. C'est comme les mecs qui viennent m'aborder dans la rue. Est-ce qu'ils pensent sérieusement deux secondes que je vais leur donner mon numéro juste avec un « hey mademoiselle t'es charmante » ? C'est d'ailleurs puisqu'ils ont l'air d'en être sûr que je les rembarre systématiquement, même si dans le tas il y en a qui sont mignons. Si vous n'êtes pas au courant, en Californie ça se fait de plus en plus. Bye bye la galanterie, on vient t'aborder comme si t'étais un kilo de fruit sur le marché et les mecs espèrent qu'une fille qui est accepté à Stanford et qui a un minimum de matière grise leur dise « bah écoute franchement mec t'es trop canon, en plus t'es vulgaire, macho et malpoli, ça me plait trop allez viens on va niquer dans une allée et se refiler tout plein de MST » … Sérieusement.
Ok, bon, je suis partie un peu loin, mais les gens qui ont l'air estomaqué parce que je fais du latin, que je parle couramment le français et l'italien, ça me troue le cul : est-ce que j'ai l'air de ne pas pouvoir le faire ? Mes capacités n'ont pas à être questionnées juste parce que je suis populaire et jolie et que je vais sans aucun doute être élue reine de promo la semaine prochaine. J'en ai marre que les gens pensent qu'il y a une dichotomie irrévocable entre l'intelligence et la beauté. Je pense vraiment que l'intelligence et la beauté c'est la même chose : vous trouvez ça beau, vous, une fille conne ? La beauté c'est l'intelligence et l'intelligence c'est la beauté, les deux se complètent et ne vont pas l'un sans l'autre.
Donc oui, Tonton, je veux être une intellectuelle plus tard, je veux écrire une thèse et faire chier les mecs parce que je serais tellement bien pour eux que sortir avec moi sera à la fois leur plus grand rêve et l'impossibilité de leur vie.
« Ah, la miss est levée ! » s'écrie une voix solaire, et je découvre Tatie Nessie qui entrouvre la baie vitrée pour rentrer dans la pièce et me faire un nouveau hug de bienvenue. Elle est suivie de mes parents, de mes trois frères, et de …Jeremiah.
A la seconde où mes yeux se posent sur lui, je sais que les choses vont se compliquer.
Alors, est-ce que vous commencez à vous sentir plus proche de Catherine ou est-ce que c'est toujours aussi hermétique ? Rappelez-vous, Catherine dit des conneries mais je ne suis pas elle ^^
Pleins de bisoux :)
