Coucou ! J'espère que votre mois de janvier s'est bien passé :)

J'ai remarqué un déclin significatif du nombre de reviews alors que j'ai toujours autant de mise en favoris et de followers : je ne suis pas en train de réclamer, mais est-ce que l'histoire vous plait toujours ? N'hésitez pas à me dire ça en commentaire.

Voici, le chapitre 5, mon préféré pour le moment. À cause de ce chapitre, je pense que la fiction va devoir être classé en "M", mais je ne suis pas sûre : dites moi ce que vous en pensez à la fin.

Bonne lecture !


Les premières semaines se passent sans encombres. Au début, Deck vient dormir à la maison à peu près toutes les week-ends, et Jeremiah fait toujours un tête de six pieds de long quand il le voit. Je crois qu'il n'aime pas trop les visiteurs, mais qu'est-ce que vous voulez que je vous dise, il n'est pas que chez lui cet enfoiré ! Il va falloir qu'il se fasse à l'idée. Il n'invite jamais personne de son côté non plus, mais sors souvent, et même si ça me tue de l'avouer, ça me fais chier qu'il ne reste pas avec moi lors de mes soirées boulot.

Les cours se passent bien, je me suis fait une bande de trois copines avec qui je rigole beaucoup, qui viennent aussi parfois squatter à la maison.

Avec Jeremiah, mis à part son asocialité chronique, ça ne se passe pas trop mal. Il n'est pas hyper loquace, mais il ne me fait pas chier. Il achète bien les courses quand il faut, il ne prend pas tout le ballon d'eau chaude, il me laisse du diner quand je rentre tard, et il ne dérange pas la maison. A vrai dire, je ne le vois pas souvent. Quand on se croise, il me fait un sourire en coin (et j'ai envie de le massacrer), et il me dit « bonne journée » ou « bonne soirée » ou « bonne nuit ».

Les jours passent et deviennent de plus en plus courts, et je n'ai plus envie de bosser aussi tard à la BU comme début septembre, et avec les semaines, je finis par travailler sur le bar de ma cuisine. J'aime bien bosser là, parce qu'il y a de la place, pas de bruit, et parce que dans ma chambre, il y a mon lit, alors je suis tout le temps tentée de m'y allonger. En plus, attablée au bar de la cuisine, je peux boire du thé ou des smoothies — parce que je me fais une règle de ne jamais plus manger dans ma chambre, sinon ça va devenir un dépotoir. Au bout de quelques jours, Jeremiah vient s'asseoir en face de moi et bosse de son côté. C'est un processus qui se fait en silence et qui me pousse à m'interroger sur comment fonctionne Jeremiah.

Il est non seulement très solitaire, mais il ne parle pas. Pour autant, je n'ai jamais l'impression qu'il est en trop. Peut-être que je me suis faite à l'idée qu'il est mon colocataire, et non pas le squatteur que je cherchais à éviter en début d'année.

Plus le temps passe, et plus mon sourcils gauche, celui qui est dubitatif de tout, se lève à son encontre. Je le prenais pour quelqu'un d'assez coincé, mais mes observations assidue ont prouvé que ce n'est pas un cas social non plus. En tout cas pas avec les autres. Je le vois trainer avec quelques personnes, sur le campus, et ils ont l'air super cool ! Et si, au début de l'année, quand je sortais encore trois nuits par semaine, je le trouvais assez pathétique tout seul à la maison, il m'épate par sa capacité à s'en foutre de ce que les gens vont penser de lui, tout en restant à peu près relax. Ce que j'ai découvert lors de ma première semaine avec lui, c'est qu'à Stanford, il étudie les langues anciennes et la philosophie, et c'est vrai que ça, pour un mec, c'est hyper rare.

Ma prof de latin m'a dit que c'était le meilleur élève en grec ancien de première année qu'elle ait jamais vu.

Du coup, j'ai commencé à le changer de case dans ma tête. De « con », il est passé à « potentiellement intéressant ». Et que je change d'opinion sur quelqu'un, ça aussi, c'est rare.

Dire que je le voyais mécanicien…

Pour être honnête, j'ai su que les choses allaient devenir dures pour moi (dans le sens où j'allais devoir arrêter de le considérer comme un con, ce qui, croyez moi, est toujours plus facile) dès la rentrée.

Le lundi, je m'étais habillée avec tellement de style que j'étais presque jalouse de moi-même, et j'avais tellement bien dormi la veille (sept heures, un de mes records personnels) que j'étais vraiment canon. Je pensais qu'on allait se rendre en cours séparément, mais j'ai eu un coup de fil de Maman me sommant de l'accompagner parce qu'il n'avait pas participé à sa semaine d'intégration et qu'il ne connaissait personne.

Une partie de moi a failli lui répondre que c'était de sa faute et qu'il avait qu'à faire comme tout le monde, mais je me suis retenue et j'ai pris sur moi, ce qui était très, très, très dur.

Du coup, le lundi à 8h, je lui ai demandé d'une voix d'outre-tombe s'il voulait que je l'emmène, en montrant la plus mauvaise volonté du monde. Il m'a regardé droit dans les yeux et m'a dit que ce n'était pas la peine, alors je n'ai pas insisté. Il est arrivé en retard parce qu'il a pris les transports en commun, et, ok, je me suis sentie un petit peu mal. Et puis je me suis rappelé son attitude face à Deck, et je me suis sentie tout de suite mieux.

Le mardi soir, j'ai fait une tournée des bars étudiants avec mes trois nouvelles copines Clara, Sonia et Faustine, j'ai couché avec un mec magnifique, richissime et bien trop vieux pour moi. Je suis rentrée complètement déchirée vers six heures du mat. Je pensais que j'allais pouvoir entrer en douce sans me faire cramer par mon coloc mais dans l'ascenseur, je me suis rendue compte que la salle de bain était dans sa chambre. J'ai pensé : « Et merde, j'aurais du prendre sa chambre », avant de rentrer dans l'appart sur la pointe des pieds. Et puis en fait, quand je suis rentrée à pas de loup dans sa chambre, elle était vide. J'ai alors couru dans la salle de bain, trop contente d'avoir la voie libre pour me laver (et encore trop alcoolisée aussi). Après une douche chaude, même si mon pouls battait encore bien fort dans ma tête, je me sentais quand même un peu mieux. En sortant, je suis tombée nez-à-nez avec Jeremiah, en sueur, qui, visiblement, était allé courir. « Tu n'as pas dormi à la maison », m'a-t-il simplement dit. « T'es ma mère ? » lui ai-je répondu d'un ton désagréable.

Le mercredi, je ne l'ai pas vu de la journée. Il m'a laissé de la quiche dans le frigo et un petit mot sur la table de la cuisine. Rien d'excitant, juste « Je t'ai laissé de la quiche dans le frigo ». Pas de smiley, pas de signature. Pas loquace, le mec.

Le jeudi, j'ai été surprise de l'entendre insulter un mec, limite. Un des garçons qui est dans mon cours de géopolitique des cultures, Anthony, lui a dit en me voyant débarquer en cours avec lui que j'étais « trop bonne » (on est d'accord, il a raison, mais c'est impoli et assez sexiste). Et tout de suite après, j'entend mon coloc lui répondre simplement « Ta gueule ». J'ai trouvé ça très drôle et ça m'a tout de suite rendu Jeremiah plus sympathique.

Le vendredi, je suis sortie, et, en voyant Jeremiah bosser tout seul sur le bar de la cuisine, je lui ai proposé, parce qu'il me faisait franchement pitié, d'aller boire un verre chez Faustine, une de mes potes. Je l'ai vu hésiter, se gratter la nuque, me dire que non, il allait rester bosser à la maison. Je suis rentrée à huit heures du matin le lendemain, j'avais eu le temps de décuver mais j'étais très fatiguée. En me voyant, Jeremiah a poussé un long soupir et m'a dit qu'il préférait que je le prévienne la prochaine fois que je découcherais, parce qu'il s'était inquiété pour moi. Pendant trois secondes je l'ai trouvé super mignon dans la lumière du matin, et j'ai eu envie de lui un câlin, et puis je me suis souvenu qu'il n'était pas ma mère, alors je lui ai simplement répondu en riant que je rentrais toujours de soirée le matin suivant, et qu'il ne fallait pas s'en faire pour moi.

Le week-end de cette fameuse première semaine, je l'ai accompagné bosser à la BU et je suis sortie samedi jusque très très très tard le dimanche matin. Et je lui ai envoyé un texto vers six heures, pour le prévenir. Je ne suis pas sûre que c'était vraiment lisible, mais dans mon état pas très très sobre, ça m'a fait bien rigoler.

Depuis, j'ai progressivement ralenti le rythme de mes sorties même si je sors encore au moins une fois par semaine.

Je dois avouer que si je savais que j'allais beaucoup bosser à Stanford, je ne m'attendais pas à bosser autant. Aujourd'hui, on est en octobre et je passe de moins en moins de temps avec mon meilleur ami, qui me manque cruellement, mais je serre les dents, et je me dis que lorsque je serais traductrice pour le président des États-Unis, je ne me tiendrais pas rigueur de ne pas avoir été présente pour Deck, qui sera un grand avocat du droit des affaires et marié à la plus belle femme du monde. Avec des maîtresses aux quatre coins de la Terre.

Mais c'est vrai que début octobre, lorsque je me rends compte que je ne passe plus mes soirées à danser comme une shagasse sur les comptoirs des bars étudiants, mais à bosser sur mon italien, que ce n'est plus aux côtés de Derek que je me brosse les dents, mais à ceux de Jeremiah Black, ça me fous un sacré coup au moral.

Non pas que je le déteste, je vous ai dis que je m'étais montrée plus indulgente à son égard dernièrement. Mais bon, ce n'est pas le mec le plus fun de la planète.

Un soir, alors que je me plains devant lui de l'absence de mon meilleur ami dans ma vie, Jeremiah fait un truc bizarre qui me ferait presque, et je dis bien presque, le prendre pour quelqu'un de cool et gentil.

« Tu sors avec ce mec Derek ? » me demande-t-il, brusquement, de but en blanc, quelques minutes après que, sans réponse de sa part, je suis retournée à mes cahiers.

On est tous les deux sur la table-bar de la cuisine, en train de bosser respectivement du grec ancien et de la civilisation française du XVIe siècle. Je vous laisse deviner qui fait quoi.

« Deck ? Ça va pas ? Pourquoi tu irais imaginer un truc pareil ? » je répond, si indignée que j'en pose mon stylo.

« Je ne sais pas », me répond-t-il en soupirant, ses larges épaules haussés retombant platement à leur place. « Vous passez beaucoup de temps ensemble, quand même, et vous avez l'air très proche ».

« Mon Dieu », je soupire en levant les sourcils très haut, « s'il y a un mec avec qui je ne sortirai jamais de ma vie, c'est bien Deck ».

« Pourquoi » ? me demande-t-il après un moment de silence, pendant lequel j'ai repris mon stylo et j'ai eu le temps d'écrire plusieurs phrases.

Je relève la tête.

« Mais Derek est une pute. Il couche littéralement avec tout ce qui bouge. En dehors du fait que je le connais trop bien pour sortir avec lui, j'aurais vraiment peur qu'il me trompe au bout de deux jours ».

« Tu aurais peur qu'il te trompe ? »

« Oui ».

Je ne sais pas ce qu'il s'imagine, mais on reste là, à se regarder. Il a de très beaux yeux, marrons, et verts comme des bouts de bouteille cassée, et polis par le sel de la mer. Je ne sais pas d'où cela vient. Peut-être de son grand-père Cullen, quand il était encore humain.

Il laisse les secondes filer, et finit par conclure :

« Je pensais que tu étais le genre de personne qui s'en fichait ».

Ah bon ? Je m'en fous si quelqu'un me trompe, moi ? Je hausse les sourcils, un peu blessée malgré tout.

« Je me demande quelle piètre opinion tu as de moi », constaté-je doucement.

Il sourit, et je suis un instant émue par tous les petits plis qui se creusent au dessus de ses joues pleines. Ses tempes se plissent avec le sourire, et il entrouvre la bouche pour me répondre simplement :

« Ce n'est pas si terrible ».

Je lui renvoie un sourire malicieux, et il me répond par un clin d'œil. On continue nos compositions jusqu'à ce que je commande des salades César et des clémentines au magasin bio du coin, pour nous redonner des forces.

Ces soirées sont nombreuses et familières, on travaille sans se parler sauf quand on bosse la même matière, puis on va se coucher.

Même je m'éclate beaucoup moins que si j'avais été en collocation avec mon meilleur ami, mes journées ont un côté routinier qui ne m'ennuie pas autant que je ne l'aurais pensé.

Le lendemain de cette conversation quelque peu énigmatique, alors que je marche au milieu du couloir avec deux de mes bonnes copines sur les talons, je surprends une conversation entre un mec sur qui j'ai des vues et Jeremiah.

Ce fameux mec s'appelle Marcus, il a les yeux bleus clair comme l'eau en Islande et il est assez baraqué. A part ça, je ne sais rien de lui. C'est Sonia, une de mes potes, qui arrête mes pas décidés d'une main sur mon épaule.

« Cat ! Écoute ça »

Comme on est près du casier de Clara, mon autre amie, on se cache derrière la petite porte métallique pour écouter. Les voix proviennent d'un endroit caché, comme une enclave dans le mur, où personne ne peut les voir du couloir. Je le sais parce qu'il arrive que je me retrouve ici avec un mec de Master 1 pour se rouler des pelles.

Je sais aussi que le casier de Jeremiah est à côté, donc j'évite de faire ma shagasse avec Victor, ce mec de Master 1, quand il traine dans les parages. Je n'ai pas envie qu'il le rapporte à mes parents.

… « C'est ta copine, Catherine Clearwater ? » demande Marcus.

« Cathy ? Non » répond Jeremiah d'un ton sec, en rangeant ses affaires dans son casier.

Ah sympa. Dis tout de suite que je suis assez bien pour toi.

Sonia me lance un regard avec les sourcils froncés. « C'est quoi ce ton ? » articule-t-elle sans bruit dans ma direction. Je hausse les épaules, blessée dans mon ego.

« Oh, ok. C'est juste ta coloc', c'est ça ? »

« C'est ma coloc' » répond laconiquement Jeremiah.

Il s'en suit un moment de silence, jusqu'à ce que Marcus dise un truc intéressant.

« Tu sais si elle sort avec quelqu'un en ce moment ? »

« Ce ne sont pas mes affaires, Marcus. Va-lui demander toi même, elle ne va pas te mordre »

« Ouais, ok. »

Sérieusement, je trace un trait sur Marcus. Il est con et il n'a pas de couilles. Allez, salut ! Bon débarras.

J'entends des pas qui s'éloignent, et deux autres voix se manifester. Je suppose qu'il s'agit de Ted et Anthony, deux des copains de classe de Marcus. Je connais leur prénoms parce qu'ils n'ont pas arrêté de me le répéter à une soirée où j'avais un peu trop bu. Ce sont vraiment des losers, même si je connais Anthony parce qu'il est dans un de mes cours. Je peux vous dire que les réflexions qu'il se permet de soumettre au professeur sont purement et simplement …abjectes. Effrayantes de stupidité. Je me demande comment il a pu atterrir ici.

« Alors, elle est en couple ? » demande l'un.

« Je ne sais pas, Jeremiah n'a pas voulu me dire », répond Marcus.

« C'était sûr » renchérit l'autre. « Il veut se la garder pour lui tout seul. Ça doit être tellement bien d'habiter avec elle. Elle doit se balader en sous-vêtement le soir partout dans la maison … »

« Tu crois que c'est son plan cul ? » demande un des deux lascars.

« Catherine ? Possible. Après tout, je ne l'ai jamais vu avec un autre mec que lui sur le campus. »

« Moi si ! » objecte Marcus. « Un grand blond avec une dégaine de malade … sûr que c'est son mec »

Je ne comprends pas. Est-ce qu'ils (et j'entends par là Ted et Anthony) croient sérieusement une seconde que je pourrais ne serait-ce qu'envisager de sortir avec l'un d'eux ? Moi ? Catherine Clearwater ? Le monde est tombé sur la tête.

J'envisage un instant de sortir pour mettre les points sur les i, mais je me ravise. Pourquoi je devrais perdre mon temps avec des crétins pareils ?

« Ça ne change rien au fait qu'habiter avec cette meuf ça doit être le paradis …elle doit faire la cuisine quand tu rentres, tu la vois le matin alors qu'elle est à moitié à poil, tu peux l'espionner dans la douche …tu dois même pouvoir la baiser quand tu veux. Elle a pas l'air farouche. La femme parfaite, quoi. »

Je me sens complètement réifiée. On est au vingt-et-unième siècle, les gars, pas chez cro-magnon ou dans les années soixante ! Qu'est-ce qu'ils sont cons … demain, je vous préviens, je leur refais leur réputation au vitriol.

« Tu penses qu'elle a la chatte rousse ? » demande l'un d'eux.

Ok. C'est bon. Je craque.

Je referme le casier derrière lequel on se cachait d'un coup sec, et m'avance d'un pas décidé dans la direction de Ted, faisant claquer les talons de mes bottes montantes et rouler mes hanches. J'ai un crop top qui laisse voir mon ventre, donc les mouvements sinueux de mon bassin se voient d'autant plus. Je me sens comme un cobra qui va étrangler sa victime en douceur. Mes bottes montent jusque sur mes genoux, elles sont moulantes, en daim, pour que l'attention soit dirigée vers le haut de mes jambes, couvertes jusqu'à mi-cuisse par une jupe taille haute en jean qui s'ouvre par pressions sur le devant. Cette tenue est assez osée, mais elle fait aussi passer le message audacieux que si j'ai le cran de la porter, je suis intouchable. Ces gars vont se souvenir de moi, et pas en bien.

Ted est un étudiant légèrement en surpoids, avec des lunettes et une mèche grasse sur les yeux.

« Ted, chéri, quand tu auras fini de spéculer sur la couleur de mes poils pubiens, peut-être que tu pourrais aller te laver les cheveux et faire un peu bouger ta graisse. Je paris que tu ne vois même plus ta propre bite quand tu pisses », je dis, un sourire carnassier accroché aux zygomatiques, en lui plantant un doigt tendu dans le ventre.

Il devient tout rouge, et je vois qu'il essaye, qu'il essaye, en vain, d'attraper sa virilité au fond de ses tripes mais elle finit par y retomber, dans un piteux clapotement.

Pauvre mec.

Je m'approche ensuite dangereusement près de Marcus, plus grand et mieux foutu, qui a l'air tout aussi gêné. Lorsque je suis à deux centimètres de lui, je plante mes yeux dans les siens, je lui lance un sourire terriblement hypocrite, et, ayant du mal à contenir ma rage, je lui lance :

« Écoute-moi bien. Toutes les filles du campus savent qui je suis, la moitié d'entre elle me connaissent personnellement, la majorité m'admirent. Si je leur raconte la façon dont tu te comportes avec les filles, tu crois que tu pourras voir une paire de seins avant au moins quatre ans ? »

Il est un peu décontenancé, puis il se reprend et m'attrape, en riant doucement, par l'épaule, que je porte dénudée, mon gros chandail ayant subrepticement glissée jusqu'à mon avant-bras.

« Ok, tu es une lionne en fait, c'est super sexy », commence-t-il par susurrer, et puis, en glissant sa main sur ma clavicule : « Tu sais que je pourrais faire sortir toute cette colère de toi, ma belle ? »

Pendant deux secondes, je dois vous avouer que je suis tellement atterrée par le fait qu'il croie que je suis en train de le draguer que je me demande comment réagir. Cela dit, c'est moi qui me suis immédiatement approchée très près de lui. Mais quand même. Je n'ai pas pris une voix de velours. Je songe à le frapper, puis j'ai une idée de génie et le démon en moi hurle de rire.

« C'est vrai ? » je dis de ma meilleure voix rauque, celle que je sais être irrésistible pour l'avoir déjà employée dans des situations assez …intenses. Ce faisant, je lève le menton et j'expire avec un peu plus de volume que la normale, un son qui se rapproche davantage d'un long et ténu gémissement d'excitation.

Marcus fronce les sourcils et se mord la lèvre, et je sais qu'il est en train de se passer quelque chose au niveau de son entrejambe.

« Oui .. » me répond-il. « Je crois que tu as besoin de comprendre qu'avec moi, il y a quelqu'un qui commande, et que je serais là pour te protéger, tu vois ? »

Il joint le geste à la parole et me prend par la taille, serrant fermement le haut de ma hanche, sur ma peau nue.

« Non … » je dis, doucement, de ma voix d'alcôve. « Il faut que … que tu me montres », murmuré-je, comme si j'avais du mal à me concentrer à cause de ses mains sur mon corps.

J'ai les yeux à moitié fermés, la tête légèrement haute, penchée sur la gauche, dans une invitation doucement résignée, chaleureuse mais factice, et je sens sa main descendre progressivement sous ma jupe.

Je pourrais arrêter maintenant, mais j'ai envie de continuer juste pour le fun. Je suis en train de rendre ce pauvre gars complètement fou. Il passe une main sous ma jupe, presse ma fesse droite, et écarte le tissu de mon derrière, de sorte que la pression la plus basse de ma jupe saute avec la tension de la toile. Il fait sauter la suivante, et encore une autre. Avec l'autre main, il palpe mon sein gauche, et je continue de respirer fort, de haleter presque.

Sérieusement, ce mec n'a aucune idée de comment faire monter le désir d'une femme. Je ne sais pas si vous êtes excitée quand un mec vous palpe le sein comme ça, mais moi ça me fais aucun effet. Ça me rappelle limite le 'pouet pouet camion' de mon enfance.

Alors que je sens sa main venir faire le tour de ma cuisse pour toucher mon entrejambe et qu'il entr'ouvre la bouche pour dire un truc bien dégueulasse et bien macho du style « t'es mouillée maintenant ? », je m'extirpe de ses mains sales en empoignant fermement ses organes génitaux dans ma main droite, à travers le jean.

« Tu vas m'accorder toute ton attention Marcus », je dis entre mes dents. « La seule personne qui commande, ici, c'est moi. La seule chose que t'as besoin de protéger, ce sont tes couilles, parce que c'est moi qui les tiens. Apparemment t'as du mal à les porter. »

Je lui lâche les roubignoles et le pousse négligemment contre le mur.

« Petite bite » je lui lance avec mon sourcils dubitatif haussé très haut, et un clin d'oeil. En tournant les talons, je fais voler mes cheveux longs avec ma main. Je reboutonne rapidement ma jupe.

Revenue dans le couloir, Clara toujours courant à petits pas derrière moi me chuchote :

« Cathy, tu es géniale. »

Et moi de répondre :

« Je sais ! »


Alors, qu'est-ce que vous pensez de la réaction de Cathy ?

L'histoire vous plaît-elle toujours ?