Hello ! Voici le chapitre 7, j'espère que vous aimerez !
Merci pour vos reviews :-)
PS : Il y a des passages en italien dans le texte (je les ai traduits of course), mais je suis un peu rouillée, donc si j'ai fait des fautes n'hésitez pas à me le signaler :p
PPS : Il y a pas mal de petites astérisques qui sont listés à la fin.
DES BISOUX !
Lorsque je reviens de chez Grannie, dimanche en fin d'après-midi, je suis d'excellente humeur. Ma mamie m'a offert de l'argent, et j'ai été upgradée en première classe dans l'avion.
Je suis contente de rentrer, et même si ça veut dire retrouver Jeremiah, mon coloc' asocial et trop chiant. À mon avis, il est encore dans sa chambre. Il passe tellement sa vie là-dedans, que je me demande s'il pense à aérer. Qu'est-ce qu'il peut bien y faire ? Mon esprit mal tourné me suggère pas mal de choses, mais je ne pense pas que ce soit tellement le genre de Jeremiah Black.
Au moment où j'ouvre la porte, le sourire aux lèvres, je tombe sur Jeremiah et un de ses amis. Ils sont attablés au bar, en grande conversation, et les deux se tournent vers moi lorsque je rentre.
Comme je n'ai pas mis mes lentilles, je ne reconnais pas l'ami de Jeremiah, mais ce dernier me fais un sourire et me souhaite la bienvenue.
Je suis chez moi, l'ami. Non mais.
« Hé bien, maintenant je t'envie d'avoir la chance de voir à quoi ressemble la vraie Catherine Clearwater » commente une voix que je ne connais pas, avec un accent assez mignon, très peu prononcé, si bien que je ne l'identifie pas tout de suite.
« Yep. Cathy n'est pas toujours sapée comme une mannequin ! » soupire mon colocataire.
Effectivement. Si ça n'avait été que Jeremiah, j'en aurais eu strictement rien à foutre, mais ce mec vient de m'identifier comme Cathy Clearwater alors que je ne suis pas à mon avantage. Enfin, je reste sublime, je vous rassure. Mais je ne suis pas endimanchée, ce qui n'est pas dans mes habitudes. Aucun accessoire extravagant, on ne voit pas la peau de mon ventre, ni mes épaules, ni mes genoux.
Je porte un jean tout con, un sweat en pilou-pilou gris avec brodé en noir « BABY I'M THE QUEEN » sur le devant, au dessus d'une petite couronne noire. J'ai mes Chuck Taylor noires aux pieds, les cheveux détachés, qui tombent en cascades d'ondulations sur mes épaules, comme n'importe quelle jeune fille. Pour limiter le volume de mes racines, j'ai un beanie noir oreilles-de-chat sur la tête; je suis à peine maquillée (j'ai un chouïa de terracotta et du mascara sur la figure) et mon sac polochon derrière l'épaule.
Vous me connaissez. Je ne m'habille comme ça que lorsque je traîne à la maison. En l'occurence, c'était aussi pour être confortable dans l'avion.
« Je ne m'attendais pas à trouver quelqu'un d'autre que Jeremiah » je dis d'un ton posé et ferme, ma bonne humeur ayant vacillé d'un coup.
J'ai du mal à me contenir de foutre ce mec à la porte. Pour qui il se prend ? Je ne permettrai pas qu'on me juge ainsi. Je demande d'une voix légère, avec un sourire narquois, choisissant l'attaque comme meilleure des défenses :
« Alors, comment tu t'appelles, et qui es-tu, pour oser envahir mon intimité comme ça ? »
Je m'approche après avoir envoyé mon sac valser sur le canapé. Plus je m'avance, plus je me rends compte que le pote de Jeremiah est sublime. Regard d'azur, muscles développés, cheveux épais et bruns, pas bouclés comme ceux de Jeremiah, mais ondulés, presque comme les miens.
Il est canon, à me couper le souffle. Sauf que, vous savez qui je suis, je n'ai jamais le souffle coupé.
« Amerigo »
Mon Dieu. Il est Italien.
« Alors, Amerigo », je demande, l'air espiègle, en m'accoudant au bar devant lui. « Quand est-ce que tu as découvert notre continent ? »*
Il rit.
« En septembre seulement », répond-il, un sourire aux lèvres et l'oeil brillant.
« E vieni d'Italia ? Da dove ? » je lui demande directement. — Et tu viens d'Italie ? D'où exactement ?
Il me regarde, surpris, ravi, et me répond dans son italien maternel :
« Vengo da Trente » — Je viens de la ville de Trente.
« Ah, la città del Concilio ! » je m'exclame, les yeux écarquillés — Ah, la ville du Concile**
« Ma que colta ! » souffle-t-il, impressionné. — Mais qu'elle est cultivée !
Je ris.
« Vous avez dîné ? » je demande d'un ton léger, m'adressant à Jeremiah, qui me regarde, une expression énigmatique sur le visage.
« Yep » me répond-il, « Il y a reste de poulet »
En allant dénicher le poulet dans le frigo, j'ai le sourire aux lèvres. Je suis contente de retrouver mon appartement et mon coloc', même si c'est un loser.
« Tu reviens d'où ? » m'interroge Amerigo.
« J'étais chez ma Grand-mère, à La Push », l'informé-je en me servant de mayo, avant de commencer à manger.
« C'est où, ça ? »
« Sur la côte, plus au nord, dans l'État de Washington. Veniamo di La Push », j'ajoute, en englobant Jeremiah dans mon geste. — Nous venons tout deux de La Push.
« Yep » renchérit Jeremiah. « Catherine et moi on descend des vrais native-americans. Tu sais, ceux que vous avez persécuté.»
« Ma famille a toujours vécu en Italie ! » se défend Amerigo, et devant nos éclats de rire, il demande : « Donc, vous êtes amérindiens ? »
On hoche la tête en souriant.
« Je le devine chez Catherine, avec ses yeux en amande. Sur toi, Jer, c'est beaucoup plus marqué »
Je glousse.
« Yep, Cathy a hérité des cheveux roux de sa grand-mère maternelle » l'informe Jeremiah.
Je touche mes vagues de cheveux qui pendent de mes épaules.
« J'adore tes cheveux » me dit Amerigo, dans un aveu sincère et léger, comme seuls les étrangers qui n'ont pas encore été contaminés par la réserve anglo-saxonnes peuvent le faire. « Il y a peu de rousses en Italie. Je trouve ça très beau »
Je lui souris.
Toi, mon gars, tu finiras dans mon lit !
On continue à bavarder autour d'une boite de chocolat, de décas latte et Amerigo est vraiment super cool. Encore un indice qui m'effare sur Jeremiah : comment peut-il fréquenter des personnes aussi stylés qu'Amerigo ?!
Quand il est vingt-deux heures, la fatigue se fait sentir (chez Jeremiah surtout) et je demande à notre invité :
« Tu restes dormir ? »
« Oh, heu » répond-il. « Non, je vais rentrer chez moi »
« Tu es le bienvenu » j'insiste. « Ce canapé est dépliable et vraiment confortable. Demain, en revanche, Jeremiah et moi on a l'habitude de se lever tôt. »
« Alors, heu, je serais très content de rester, merci beaucoup », dit-il, et il sourit de façon trop mignonne.
« Je vais te chercher une serviette de toilette et une brosse à dent, je dis. Si tu n'as pas de fringues, en revanche, adresse toi à Jeremiah »
Il sourit, et je lui dis bonne nuit en lui faisant une bise sur la joue.
Bah, quoi ! Il est canon, ce serait du gâchis de ne pas en profiter un peu.
Après une nuit relativement satisfaisante (j'ai dormi quatre heures, j'ai connu pire); je suis réveillée à sept heures pour faire mes longueurs matinales. Je me lève de bonne humeur : il fait gris, mais le brouillard est relativement léger, car on parvient à distinguer le Golden Gate par la baie-vitrée du salon.
« Salut » me dis une voix rocailleuse dans la cuisine, une voix du matin qui est encore enrouée, qui a du mal à démarrer.
Je me retourne, Jeremiah se frotte les yeux, vêtu d'un simple bas de pyjama à carreaux.
Ça me fais sourire, parce qu'il fait à la fois mec très conventionnel, classique, limite coincé, avec ce pantalon de papa, mais en même temps; il affiche la carrure d'un basketteur.
Il est vraiment bien foutu. Je me rince l'oeil avant de lui répondre :
« Salut ! »
Je laisse à Amerigo, sur le canapé-lit, un peu de temps pour émerger, parce que se faire réveiller par des « saluts » endormis, j'ai connu mieux, perso.
Je décide de faire des pancakes (une fois n'est pas coutume) pour qu'Amerigo ne soit pas trop dégoûté de son séjour chez nous.
« Tu vas courir ? » je demande à Jeremiah, qui commence, comme moi, à 10h le lundi.
« Yep »
Quelques instants plus tard, la table est mise, il y a des framboises, des myrtilles, de la chantilly, du Nutella, du jus d'orange, du thé et du café, et puis plein de fruits dans le plateau à fruits qu'a filé Tante Alice à Jeremiah.
« Votre appart est vraiment super cool », nous confie Amerigo après sa douche. « Vous aussi, d'ailleurs »
« Yep ! » j'acquiesce, mimant le mouvement des lèvres de Jeremiah quand il le dit, c'est-à-dire tout le temps.
Super. Jeremiah le loser commence à me contaminer avec ses tiques de langage. Génial.
« Vous devriez organiser una festa, un de ces quatre » suggère notre invité, avec son meilleur accent italien.
Ça, mon coco, je ne sais pas trop. Je vais faire la fête chez les autres, je tâche leur plancher avec le bout de ma cigarette, je vomis dans leurs toilettes, je casse leurs cadres. Si quelqu'un casse quelque chose ici, je pète une durite.
« Non lo so », je réponds à Amerigo directement. « Casa mia è casa mia. Sposeranno tutti i mobili della casa, e faranno casino … » — Je ne sais pas trop. Ma maison, c'est ma maison. Ils vont déplacer tous les meubles de la maison, et mettre le bordel.
« Je suis là … » se manifeste Jeremiah, qui ne doit pas bien comprendre ce que je dis.
« Je dis que je ne tiens pas à retrouver une chèvre dans la baignoire »
Il me regarde comme s'il se demandait où j'ai bien pu faire la fête dans ma vie, mais je ne répond pas à sa requête silencieuse.
J'ai effectivement beaucoup fait la fête. Les lendemains de soirée chelous, je connais.
« Dommage » lâche Amerigo, déçu. « Ç'aurait pu être bien cool »
« Catherine et moi on va en discuter, ok ? » promet Jeremiah d'un ton posé, et après un petit-déjeuné gargantuesque, on décide de se mettre en route pour les cours. Je ne vais pas à la natation, parce qu'avec tous ces féculents dans le ventre, je vais certainement couler. Jeremiah a également renoncé à aller courir.
Je suis à la BU après un cours d'anglais quand je reçois un appel de mon coloc'. Je ferme mon MacBook, mets des marque-pages à mes bouquins et sors dans le couloir pour le rappeler.
« Tout va bien ? » je lui demande.
« Oui, tu es où ? »
« À la BU », je réponds, surprise.
« J'ai donné ton numéro à Amerigo, il veut te convaincre de faire une soirée »
Je ronchonne.
« Tu sais, ça pourrait être sympa »
Sympa ? Sympa ?
« Tu ne diras pas ça quand tu nettoieras le vomi dans la salle de bain ! »
« C'est oui alors ? »
Je suis toujours moyen chaude pour organiser une soirée.
« On peut en parler ce soir ? » je demande. « Je suis au milieu d'une traduction de latin et je manque de m'arracher les cheveux »
« Ça marche. On peut la faire ensemble si tu veux »
« Merci, à ce soir » je dis.
« À ce soir »
Comme il ne raccroche pas, je le fais moi-même, avec une sensation bizarre au creux de l'estomac. Est-ce que Jeremiah et moi on est en train de devenir potes ?
Dans la journée, je croise Amerigo dans les couloirs. En fait, je croise Amerigo qui attend devant mon casier.
« Salut beau gosse », je lui dis avec un sourire dangereux, celui que je réserve pour mes proies du samedi soir.
« Ciao bella » me salue-t-il, et je glousse.
Je glousse. Mon Dieu. Ça fait des années qu'on ne m'a pas fait glousser. Ça remonte à …
« Tu viens en italien cet aprem ? » me demande-t-il.
« Tu es dans mon cours d'italien ? »
« Oui … » me lance-t-il, mal assuré, et un brin blessé que je ne l'ai jamais remarqué.
« Je ne sais pas comment j'ai fait pour t'ignorer depuis le début de l'année », je lui avoue sincèrement.
« Moi non plus » pouffe-t-il, un sourire carnassier aux lèvres, ce qui me fais rire.
Je passe mon cours à parler en Italien avec Amerigo, et ce mec est vraiment super cool. Il fait de l'escalade, il veut bosser dans la stratégie militaire après son Bachelor***, et il a fait trois ans de danse de couple en Italie. Quand j'apprends ça, ma première réaction est de rigoler bêtement en me foutant de sa gueule, avant de me rendre compte que c'est super sexy. On se quitte avec une bise à l'italienne, suffisamment près de la bouche pour qu'on y pense tous les deux, mais avec suffisamment de bonhommie pour qu'on en rie.
Le soir même, Jeremiah déploie des efforts titanesques pour me faire changer d'avis, et ça commence à m'intriguer. D'abord, ça doit être la première fois que je l'entends parler autant, et ensuite, ce n'est pas trop son style, de vouloir faire des soirées.
« Je ne savais pas que tu étais si fêtard », je dis d'un ton pointu, les sourcils haussés très haut, pour lui signifier mon cynisme, alors que je lis sur le canapé, en pyjama, et qu'il fini sa traduction de grec ancien sur l'îlot de la cuisine où nous travaillons habituellement. Nous avons finis en 30 minutes ma traduction de latin, et même si ça me tue de l'admettre, Jeremiah est super balèse.
« J'ai juste besoin de me changer les idées » répond-il, et tout à coup, je comprends.
« Tu te cherches une meuf ! » je m'exclame en me retournant vers lui, toute excitée.
Il lève le nez de sa copie, et je vois que j'ai tapé dans le mille.
« Mais fallait le dire plus tôt ! Bien sûr qu'on peut faire une fête. Mais je te préviens, je ne joue pas les femmes de ménage toute seule après »
« Bien sûr » m'assure-t-il.
« Mais tu as des vues sur quelqu'un ? » je demande d'un ton insidieux, le sourire aux lèvres et la lumière dans l'oeil, en me doutant bien que j'ai l'air de la vieille copine chiante.
« Cathy », me dit-il simplement d'un ton presque paternel, me signifiant qu'il veut que je le laisse tranquille.
« Mais dis mooooi » je le supplie, un sourire coquin pendu aux lèvres.
« J'ai juste envie de m'amuser un peu, ok ? je suis très peu sorti depuis le début de l'année » se justifie-t-il.
« Ça, je ne te le fais pas dire », j'acquiesce.
« Alors, c'est oui ? » me dit-il comme si j'étais sa mère et qu'il était interdit de sortie depuis deux semaines.
Je le regarde, et j'ai la vague impression, pendant quelques secondes, que tout ira bien, même si je dis non, parce que sa place est ici, dans cet appartement, et qu'il y est heureux avec moi et que la vie est belle. Ça me déstabilise, parce que je cède :
« Ok »
« Trop cool ! » s'exclame-t-il. « On peut faire une fête d'Halloween, c'est dans une semaine »
« Ce n'est pas une mauvaise idée », j'approuve. « En revanche, je n'invite pas plus de vingt personnes, je te préviens »
« Bien sûr », répète-t-il, d'un ton de 'tout ce que tu voudras'.
On se tait quelques minutes, il reprend son travail et moi ma lecture, jusqu'à ce que j'ai un éclair de génie pour ma tenue. Je sais en qui je vais me déguiser, moi !
* Catherine fait référence à Amerigo Vespucci, un des premiers colons — Italien — à avoir découvert l'Amérique, et qui lui a donné son nom.
** Le Concile de Trente (ville du Nord de l'Italie), en 1545, concile eocuménique organisé par l'Église Catholique en réponse à la montée du Protestantisme en Europe.
*** Équivalent de la Licence en France : les trois/quatre premières années d'études supérieures.
Alors, à votre avis, en quoi est-ce que Cathy va se déguiser — je vous rappelle qu'elle est rousse ;)
Et qu'est-ce que vous pensez d'Amerigo ?
