Hello hello ! Voilà la suite :) C'est un chapitre hyper long, mais un des plus sympas je trouve même suis j'en suis pas super satisfaite. Vous me direz si vous êtes d'accord.
Le soir d'Halloween, les meubles sont protégés, la vaisselle rangée, les enceintes et les basses branchées, les voisins prévenus et les invités vont commencer à arriver d'ici dix minutes.
Aux pieds, j'ai des bottes à talons Louboutins à bout pointu, et si vous pensez que je suis trop jeune pour en porter, je vous répondrais de vous mêlez de votre cul. De toutes façons, je me promènerai pieds nus dès minuit. Mais ce n'est pas parce que ce sont des Louboutins qu'elles sont si stylés. Ce sont des cuissardes, qui montent jusqu'au dessus des genoux, et elles sont lacées. J'ai une jupe très très courte, bleue électrique, et une chemise blanche que j'ai emprunté à Jeremiah, nouée sur le nombril. J'ai dormi avec les cheveux mouillés donc j'ai des boucles serrées sur l'ensemble de ma tignasse. Vous ne m'avez toujours pas reconnue ? Si je vous dis que je suis la prostituée la plus célèbre d'Hollywood ?
Je suis Pretty Woman pardi !
S'il existe des personnes qui ignorent qui est Pretty Woman, je pense que c'est mieux qu'entre vous et moi ça s'arrête ici, parce que j'ai vraiment très honte pour vous.
Un trait de liner, du mascara pour des cils de biche, des créoles que je ne mettrais jamais en temps normal et une énorme manchette en argent qui est vraiment beaucoup trop grosse pour mon poignet subliment la panoplie. Honnêtement, même si je suis déguisée en pute, je suis assez sexy, et je fais plus « pute de luxe » qu'autre chose.
J'ai invité mes trois bonnes copines de Stanford, Deck, mes frères, Amerigo, des potes du lycée et d'autres potes de la tournée des bars étudiants, Victor le mec de Master 1, et Jeremiah ramène cinq amis.
Je sors de ma chambre pour mettre le champagne dans une cuve à glaçons; en vrai si jamais les flics arrivent, je suis plus que dans la merde parce qu'on est tous mineurs*. Espérons que ça n'arrive pas.
Le salon et la cuisine sont décorés grâce à l'aide de Jeremiah et de Deck; on a changé toutes les ampoules (et cassés trois lampes par la même occasion) pour rendre l'éclairage globalement plus sombre. Il y a des fausses toiles d'araignées absolument partout, des faux squelettes dans les placards et tout un tas de merde d'Halloween qu'on ne trouverait pas en Europe. Il y a même une machine (difficile d'emploi, malgré ce que vous dira ce baratineur de Deck — qui ment comme un arracheur de dents, je préfère le préciser) qui diffuse de la fumée.
Et le premier invité à utiliser les toilettes ne va pas être déçu du voyage. Je suis trop gore. Je suis géniale.
Alors que je suis déjà en train de me siffler une flûte d'une précédente bouteille de champ', Jeremiah sort de sa chambre, et j'éclate de rire en le voyant. Son costume est super et lui va vraiment bien. Complètement habillé en noir, avec une cape style robe de bure à la capuche pointue, il a la peau bien plus clair que d'habitude et quand il se met à sourire, je remarque deux dents de vampire collées à ses canines.
Il est drôlement réussi.
« Énorme », j'approuve en lui faisant un clin d'oeil.
Il me scanne du regard, sourit d'un air pas très surpris quand il comprend en quoi je suis déguisée, et vient m'aider avec la préparation des boissons.
Alors qu'on est en train de s'enfiler des petits-fours à deux en attendant les autres et en rigolant, il me dit sincèrement :
« Merci, c'est très cool de ta part de recevoir tout ce monde alors que je sais que t'étais pas très chaude au départ, mais je suis ravi que tu aies changé d'avis »
Jeremiah a des moments comme ça. Il peut être hyper chiant à ne pas parler, à rentrer de cours pour se terrer immédiatement dans sa chambre, à me regarder avec cet air supérieur, voire condescendant, mais parfois, il me fixe de son regard de braise orangée, et il me dit des mots qui sont tellement débordant d'honnêteté que le manque d'habitude que j'ai de ce genre de discours me donne presque mal au coeur. C'est comme un coup de poing dans le ventre, un coup d'une sincérité désarmante.
D'habitude, ça me fait limite flipper, mais cette fois-ci, pourtant, peut-être à cause de l'alcool dans mon sang, je soutiens son regard.
« Ça me fais plaisir aussi »
On continue de se fixer, plus longtemps que d'habitude, jusqu'à ce que la sonnette se fasse entendre.
C'est mes copines et mes frères, qui sont arrivés en même temps.
Je vois tout de suite la petite étincelle de connexion entre Eric et Sonia, tandis que Faustine, ma copine la plus proche de Stanford, me saute dans les bras.
Cette meuf est ma première vraie copine. Je ne sais pas si vous avez remarqué (et si vous me dîtes non je vous répondrais que vous êtes aveugle), mais j'ai tellement de succès avec les mecs que les filles ne sont pas du genre à bien m'aimer. Ou alors elle font semblant de m'apprécier et me suivent partout pour avoir du succès auprès des mecs (et honnêtement je crois que c'est un peu le cas de Sonia et Clara, mes deux autres copines).
Mais Faustine est différente. Déjà, elle n'est pas américaine, elle est française. Elle est très intelligente, presque autant que moi. Ce n'est pas la plus belle des filles, mais elle est mignonne : petite, blonde, d'immenses yeux verts, un grand nez. Mais ce qui me plait le plus chez elle, c'est qu'elle m'apprécie vraiment. Elle ne joue pas la comédie, elle ne fait pas de chichis. Je la fais rire, je crois qu'elle me respecte beaucoup, et si elle a un problème, elle vient le dire haut et fort au lieu de faire des courbettes comme toutes les autres.
Ouais. J'aime vraiment cette meuf. Elle n'a pas peur d'être qui elle est et je dois admettre que je l'admire un peu.
Bon, et c'est vrai je l'adore surtout parce qu'elle fait vraiment chier Jeremiah et que ça me fait mourir de rire.
« Grrr, salut beau gosse ! » lance-t-elle à mon coloc', avant de pouffer de rire avec moi.
Je la soupçonne de bien l'aimer. Je crois que Jeremiah rougit et ça me fais d'autant plus rire. Ce mec est pas possible.
Je les fais tous rentrer, et une fois les présentations faites, on commence à s'allumer des clopes et à savourer le champagne.
Mes invités sont tous très très bien lorsqu'Amerigo se pointe.
« Heeeey ! » je l'accueille, aux anges, quand je le vois entrer dans l'appartement.
« O noooo » me dit-il de sa voix traînante, en Italien. « Tu es beaucoup trop sexy pour une soirée d'Halloween »
Flattée, je glousse, et me recule légèrement pour l'observer. Tout de noir vêtu, il porte une sorte de ceinture large sur les hanches, et un masque noir. Zorro.
« Holà señor ! » je lui dis, quand je le reconnais, avec un accent espagnol merdique et une voix rauque.
« Vivian, buenas tardes » me répond-il, en référence au film Pretty woman en me faisant un baise-main.
Je constate avec satisfaction qu'il est l'un des seuls mecs à avoir appris qu'on ne baise pas vraiment la main d'une fille quand on lui fait un baise-main. Non, mesdames et messieurs; on la porte à ses lèvres, mais c'est tout. Et jamais, au grand jamais, on ne fait de baise-main à une dame à la main gantée. Nope. No, nein, niet, tout ce que vous voulez. Sauf grands cas exceptionnels où vous êtes invitées à la Maison Blanche et que vous portez de longs gants blancs. Et encore.
« Tu as déjà commencé à boire ? » me demande-t-il, l'oeil entendu.
Je hoche la tête, mais avec un geste de la main, comme si je disais : « oui, mais pfff, ce n'est rien »
Il rit. « Attends-moi pour continuer » susurre-t-il à mon oreille, en me prenant le bras d'une poigne ferme mais douce.
Il commence à faire la bise à tout le monde, en bon européen qu'il est, en gardant une main sur mon bras pour que je reste avec lui.
« Tu m'attends, hein ? » s'assure-t-il quand je veux récupérer mon bras.
Je hausse les épaules et finis par céder. De toute façons, ici, il n'y a que mes amis, donc ce n'est pas comme si « accompagner » Amerigo à travers mon appartement me posait problème.
J'en profite pour admirer tout le monde. Deck est un appel au viol, déguisé en Jack Sparrow, avec la barbe authentique (si, si, il a tenu à se la faire pousser) et une perruque assez parfaite. Matthew et Charles sont respectivement en Han Solo et Abraham Lincoln, tandis qu'Eric est déguisé en marin, comme dans la pub de Jean-Paul Gautier. Ça rend un truc mi-ultra sexy, mi-ultra gay. Je remarque Faustine en grande discussion avec Jeremiah.
Je m'apprête à suivre Zorro au bar, parce que le concours de tequila paf a commencé et que j'ai la ferme intention de me bourrer la gueule pour oublier à quel point ma vie est plan-plan ces derniers mois, quand Eric m'arrête dans ma quête.
« C'est une meuf bien Sonia ? » me demande-t-il, et à son haleine, j'ai la légère impression qu'il a déjà bien bu.
En bonne grande soeur responsable, je lui laisse le choix :
« Ça dépend de ce que tu recherches : un plan cul ou une relation durable ? »
« C'est le genre de meuf à sortir longtemps avec un mec ? » me demande-t-il, à la fois plein d'espoir mais déjà sceptique.
« Pas vraiment », je réponds, faussement désolé pour lui.
La vérité ? J'en sais rien et je m'en fous, mais je sais que j'ai pas envie que mon frère sorte avec elle. Elle n'est pas assez bien pour lui.
« Alors tu ne m'en voudras pas si je te prive de sa compagnie pendant un petit moment dans la soirée », me lance-t-il avec un clin d'oeil.
Je ris bien fort.
« Comme tu veux, vieux pervers. »
Il sourit, et, prise d'un fou rire, je m'exclame, par dessus la musique, lorsqu'Amerigo me tire sur le bras :
« Sortez couvert ! »
À deux heures du matin, la soirée bat son plein, et j'ai tellement bu d'alcool que si je veux tenir toute la soirée il faut que je commence à boire de l'eau. Sonia et Eric dont déjà en train de se rouler des pelles sur le canapé.
À part ça, la soirée est canon. Les gens s'éclatent — il y a assez à manger, à fumer, plus qu'assez à boire, et la musique à l'air de passer crème.
On a frôlé deux syncopes et tours à l'hosto à cause de ma tête de porc un peu trop vieille dans les toilettes. La chance a voulu que ce soit un mec (Emmanuel, un pote de Jeremiah qui est en grec avec lui ou quelque chose comme ça) qui soit le premier à soulever le couvercle de la cuvette.
Nyhehehehe.
Heureusement, Emmanuel s'est contenté de vomir de dégoût (sur la tête de porc au fond des chiottes) et Amerigo a trouvé ça super drôle de ne pas tirer la chasse.
Alors le deuxième innocent à soulever le couvercle de la cuvette n'a pas été déçu non plus.
Bref.
À trois heures du matin, je vais aux toilettes. La tête de porc a viré, pas d'inquiétude. Toute seule, avec moins de bruit, je m'assieds sur la lunette des toilettes et j'éclate de rire.
Oui : je suis raide.
Je le sais aussi parce que les Louboutin ne me font même plus mal.
Alors que je me dirige vers le salon dans le but de continuer au champagne, Faustine m'attrape le bras. Elle est déguisée en Alice au Pays des Merveilles, et tiens un énorme joint dans la main. Sérieusement, si les flics se pointent, on est vraiment dans la merde. Cela dit, on est un samedi soir d'Halloween, donc tout San Fran fait la fête.
« Il est où Jeremiah ? » demande-t-elle, d'une voix un peu trop forte pour être sobre.
Tel que je le connais, il doit être dans sa chambre à …faire un scrabble, tiens.
« Je sais pas », je lui réponds. « Dis donc, Alice, t'es pas trop jeune pour fumer ? »
« Tu veux tirer un coup sur Kate ? » dit-elle en riant.
Je la regarde sans comprendre.
« Kate Moss » m'explique-t-elle comme si j'étais une demeurée, en agitant le joint devant moi. « C'est comme ça qu'on l'a appelé, comme c'est moi qui l'ai roulé »
Parfois je me demande où j'ai trouvé mes amis.
« Non merci, ça va » je réponds, hyper sceptique.
J'ai rien contre la beuh, sérieusement, et c'est normal que ça circule dans les soirées, même dans ma soirée, — et tant que ce n'est pas de la coke, je ne vais pas me plaindre — mais je ne vais pas me mettre en danger stupidement chez moi.
« Attends, attends », me supplie-t-elle alors que je cherche à me débarrasser d'elle. « Tu veux pas aller le chercher ? »
« Quoi donc ? » je demande, agacée, m'attendant à ce qu'elle me sorte un truc du style : bah, enfin, George, mon shot de tequ', je l'ai appelé comme ça parce que je vais me l'enfiler.
« Jeremiah ! » me répond-elle, en levant les yeux au ciel comme si j'étais attardée.
Ce qui est très drôle, avec Faustine (et j'ai pu le remarquer dans les soirées qu'on a passées ensemble depuis le début de l'année) quand elle est défoncée, c'est qu'elle prend tout le monde pour des cons, alors que, finalement, c'est elle qui se paie la mentalité d'une gosse de cinq ans.
Quoi ? Une gosse de cinq ans, par définition, c'est con.
« J'avais compris », je souligne au passage, en levant moi-même les yeux au ciel. « Mais Jeremiah et moi, on est pas spécialement potes, donc je vais pas aller l'emmerder. En plus, pourquoi est-ce que tu aurais envie de le voir ? »
« Mais », me dit-elle d'une voix suppliante, avec des yeux de petit chien battu, « tu sais à quel point je le trouve canon… depuis le début… »
Dieu que je n'aime pas le son de cette voix.
« Quoi ? » je demande entre mes dents, pas hyper ravie. « Mais c'est mon colocataire ! »
Je m'imagine un instant dans l'avenir, avec Faustine qui ne viendrait plus ici chez moi mais chez Jeremiah. Faustine qui ne connait rien aux vampires ni aux loups-garous. Faustine qui est absolument adorable avec ses cheveux miel et ses yeux verts et qui plairait carrément à mon colocataire.
Mais c'est mon colocataire ! Et mon ami d'enfance ! Même si techniquement, on pourrait parler de homard agoraphobe qui vit chez moi et du souffre-douleur de mon enfance.
« Mais je ne savais pas que tu l'aimais bien » s'excuse mon amie, un peu emmerdée par son aveu, tout à coup.
À ces mots, j'avale de travers. Wark, ça pique la gorge.
Je tousse comme une malade, pensant un moment décéder sur place.
« Maispasdutout ! » je m'indigne, quand je peux enfin utiliser mes cordes vocales.
« Alors, c'est quoi le problème ? » me demande-t-elle, et je me pose moi-même la question : quel est le problème ?
En fait, rien, j'en ai rien à faire de Jeremiah Black, on est pas lié par un contrat de mariage, à ce que je sache.
« Caaaaaat, alleeeez », supplie-t-elle, avec ses grands yeux, et sérieux, elle me fait presque de la peine.
Je soupire bien fort pour lui montrer que je désapprouve, et puis, sans réfléchir, je hoche la tête.
Son joint me fait soudainement de l'oeil, et à mon avis, Faustine est bien assez high comme ça.
« File-moi ça » je dis d'une voix impérieuse en lui arrachant « Kate » des mains, avant de tirer une grosse latte.
Elle m'enlace afin de me remercier, et je fume par dessus son épaule en me répétant que tout va bien se passer. Elle me relâche et me fais pivoter vers la porte de la chambre de Jeremiah.
C'est ici que je précise que tout l'alcool que j'ai ingéré et la que la beuh, ou le shit — ou peut importe ce de quoi Kate était faite — que j'ai fumé me monte (vachement vite) à la tête.
Je me sens super légère, tout à coup.
J'ai envie de rigoler comme une folle, et la perspective d'aller chercher Jeremiah ne me parait plus si intimidante.
Je frappe deux coups, super fort, pour qu'il entende par dessus la musique. Comme mon cerveau plus très net prévoit que je n'entendrais rien de sa réponse, je colle mon oreille contre la porte.
Je n'entends toujours strictement rien, donc j'appuie plus fort mon oreille contre la porte.
Allez, garçon, réagis !
C'est à ce moment que la porte se décolle de mon oreille et que tout mon corps bascule en avant. Par un réflexe qui a plus ou moins résisté à la beuh, une de mes jambes fait un pas en avant pour me stabiliser. Mais, manque de bol, je perds à nouveau mon équilibre — franchement, c'est lourd, une jambe.
Je suis arrêtée dans ma chute par un corps dur, qui me remet dans une position verticale.
« Trick or treats ? » je dis, une fois sur mes deux pieds, beaucoup plus fort que je ne le voulais.
Dans mes mains, j'ai le joint — Kate — et la bouteille de gin que m'a laissée Faustine.
Cimer.
Jeremiah fait un pas en arrière dans sa chambre, vachement surpris. Il rit en voyait mon choix de bonbons.
Hésitant entre rire et honte, je choisis de rigoler toute seule devant l'étendue de ma stupidité. Franchement, je me fais trop rire. Je suis géniale. Je pourrais me marier avec moi-même, tiens.
À travers le brouillard de mon cerveau, je le vois qui me fais un sourire attendri, et je perds toute envie de me mettre en avant. J'ai oublié pourquoi je suis venue, et je crois que je n'ai jamais été aussi vraie lorsque je lui avoue d'une voix pâteuse :
« Écoute, j'ai un peu abusé avec les substances illicites ce soir et je ne veux pas savoir qui est dans ma chambre en ce moment …est-ce que je peux faire une sieste dans ton lit ? »
Il a l'air un peu surpris par mon ton parfaitement sérieux.
Quoi ? Je n'aime pas particulièrement reconnaître mes faiblesses.
« Bien sûr », me dit-il. « Il reste du monde ? »
Sa question fait remonter des souvenirs récents et je lui dis :
« Faustine voulait te parler… mes frères dorment ici et je pense que Sonia et Clara vont repartir avec les premiers trams. Après, je ne sais pas trop. »
Je crois que j'ai atteint mon maximum parce que le sol se rapproche, se rapproche, se rapproche et …quelque chose ou quelqu'un me rattrape.
La dernière chose dont je me souviens, c'est de ma voix qui murmure dans un soupir fatigué « réveille-moi dans une heure ».
…
« Cathy, il faut se réveiller… »
J'émerge difficilement d'un sommeil de plomb, et la tête ensommeillée de Jeremiah est la première chose que je vois.
« Quelle heure est-il ? » je demande, pas ravie qu'on m'ait tiré de ma sieste.
Jeremiah est sous sa couette, visiblement en caleçon.
« Quatre heure et demi » me répond-il, avec sa voix du matin, rauque et cassée.
« Trop cool ! » je m'exclame, soudain revigorée.
Je me lève et constate que Jeremiah a eu la bonne intuition de ne pas me déshabiller pour ma sieste. J'ai même encore mes cuissardes.
Je sors de la chambre, et mon appartement n'est pas aussi sans dessous dessous que je l'avais craint. Sur la petite terrasse où on se les gèle, Sonia, Clara, Faustine, mes frères (sauf Matthew, qui doit dormir dans ma chambre) et Amerigo jouent au poker, et le reste des invités est parti.
Je suis un peu engourdie par ma sieste, et l'idée d'aller attraper la mort sur mon balcon ne me botte pas plus que ça.
Je retourne dans la chambre de Jeremiah, qui se brosse les dents dans la salle de bain, en caleçon. Pour l'attendre, je me pose sur le bureau, en face de son lit. J'observe plus ou moins discrètement la musculature de son dos. Quand il a fini, il vient s'asseoir en face de moi, en silence.
« Merci de m'avoir couchée, j'étais pas vraiment au top, tout à l'heure » j'avoue.
« J'ai vu ça » me dit-il en souriant.
Je le regarde, et je sais que ce n'est pas la première fois que je le dis, mais Jeremiah n'est pas un si grand loser que ça.
Lui aussi m'observe, et je contemple ses yeux verts qui me sondent, et ses sourcils noirs se froncent légèrement.
D'un coup, avant que je comprenne ce qui m'arrive, Jeremiah se lève, m'attrape le cou dans un mouvement doux et fiévreux à la fois. Il ne m'embrasse pas tout de suite, j'imagine qu'il attend de voir si je m'échappe de sa poigne, ou peut-être tout simplement qu'il hésite. Comme je le regarde sans rien dire, légèrement sonnée, il pose ses lèvres sur les miennes.
Happy Halloween !
* Je vous rappelle qu'aux USA, la majorité est fixée à 21 ans; Catherine et ses amis ont environ tous 19 ans.
Alors, comment vous trouvez ce chapitre ? Et comment vous imaginez la suite (ça m'amuse de voir vos théories, franchement parfois y'en a qui me font hurler de rire) ? Vous appréciez les nouveaux personnages ? Dîtes moi tout !
Bisoux !
Et mes cours commencent à clairement s'alléger, je devrais commencer à poster plus et plus souvent. Mais merci à Caromaqpro qui m'a rappelée à l'ordre pour la mise à jour d'aujourd'hui.
