Hello guys, ça fait presque trois mois que je n'ai pas posté, je suis vraiment désolée. Mais voilà, maintenant je suis en vacances, et on va tenter de reprendre un rythme correct.

Petit disclaimer : Je me décide enfin à classer cette fiction en rating « M », peut-être plus à cause du chapitre suivant que de celui-ci. Non que je fasse des passages érotiques ou à caractère pornographiques, je ne suis pas douée pour ça et je ne trouve ça ni forcément facile à écrire (on se rapproche parfois de la mauvaise littérature érotique, style 50 shades) ni particulièrement intéressant. En revanche, je vais aborder des thèmes qui sont encore assez tabous dans les prochains chapitres et quand même, il y a des passages sensuels et plutôt cru donc si vous êtes vraiment une âme sensible, abstenez-vous. Cela dit, je pense que c'est quand même très accessible.

Vous me direz ce que vous en pensez.


J'adore la peau. L'odeur de la peau. Le velouté de la peau. Son goût. Son aspect. Le glissement de mes doigts sur la peau du cou de Jeremiah résonne d'une harmonie soyeuse, et embaume d'une fragrance douce-amère. Jeremiah me pousse contre le cadre de la porte de la salle de bain, et on s'écrase tour à tour dessus, perdus dans des expirations lourdes et dans des mouvements maladroits. Jeremiah embrasse avec la langue, d'une façon à la fois approfondie et précipitée qui semble impossible à décrire.

C'est agréable. Je dois avouer que je me délecte de la chaleur et de l'urgence de la situation.

Je suis bien là, avec lui, dans cette pièce, et la courbe ses lèvres vient bientôt se poser sur mes mâchoires pour les embrasser. Quand il m'embrasse, il n'a pas son expression habituelle, pleine de cynisme et de hauteur, ce qui dans mon état pas très net, me fais plaisir. Oui, plaisir. Et c'est bizarre, parce que mon cerveau ne me crie pas « MAIS BON SANG MA VIEILLE, C'EST JEREMIAH, LÀ, JE-RE-MIAH BORDEL »; mon cerveau me dit simplement de passer mes mains et mes lèvres sur sa peau jusqu'au bout de la nuit.

Je me rends compte que je suis tellement puissante quand je me sens désirée, j'ai l'impression que je pourrais conquérir le monde.

Il déboutonne la chemise que je porte et qui lui appartient et vient poser sa bouche sur mes clavicules, ma gorge, mon décolleté, puis la courbe de mon abdomen, mon nombril. Il est uniquement vêtu de son caleçon, et je vois toute l'étendue de sa peau lisse et veloutée.

Je la contemple de près. Il y a des grains de beauté sur ses épaules, sa peau est très mate, elle paraît dorée dans la lumière de la salle de bain, et je laisse mes mains continuer de l'explorer. Alors que je m'apprête à les passer sous l'élastique de son caleçon, Jeremiah porte une main nerveuse, celle qui était sur ma nuque, à ses hanches.

« Attends » me chuchote-t-il.

Je continue de passer mes paumes plates sur son torse, et ma bouche est sur la sienne.

« Quoi ? » demandé-je dans un souffle, alors que j'aspire sa lèvre inférieure dans ma bouche.

Je me recule un peu, mais garde mes mains sur son corps.

Il ferme les paupières très fort, plonge son regard dans le mien et expire dans un souffle rauque :

« Je n'ai jamais … »

Jeremiah, vierge ?

Il me sonde, alerte, attendant ma réaction.

« J'ai une idée », dis-je.

Je me hisse sur la pointe des pieds, l'embrasse un peu trop longtemps, et me dirige vers la baignoire. Je tourne le robinet de gauche dans le sens des aiguilles d'une montre.

Je retourne dans la chambre en le suivant des yeux, et je m'assois sur le lit pour commencer à délasser mes cuissardes. À la moitié de la première, il vient m'aider, et je finis par le laisser faire.

Je ne suis pas le genre de personne à m'asseoir et à parler de la première fois. Je ne vais pas lui dire « alors, mon chou, t'inquiète pas ça fait pas mal ». Si on est là on est, alors c'est qu'il en a envie et si non, il peut toujours me dire stop. J'en ai rien à foutre de ses états d'âme, on est là tout les deux, et on peut chacun combler nos désirs sensuels alors pourquoi se priver ?

Et je sais que je ne suis pas tout à fait sobre, mais j'ai quand même pas mal dessaoulé. Et curieusement, l'envie de Jeremiah, de sa peau, de sa bouche, de ses mains, de son sexe, n'est pas passée. Il est devant moi, à genoux, à s'affairer méticuleusement sur les lacets de mes bottes, les front plissés par la concentration, les sourcils froncés, et je suis frappée par le paradoxe de sa carrure sculpturale, imposante, quelque part effarante et des plissements adorables de son front.

C'est à ce moment que mon cerveau se rallume et que je prends conscience d'une chose totalement curieuse : j'aime bien Jeremiah. Il est serviable, il ne fait pas d'histoire et il embrasse bien.

Quand il a fini, il me retire mes bottes, mes bas, et m'embrasse les chevilles, la peau sensible du mollet, le creux du genoux, et s'arrête lorsque je suis rattrapée dans ma réflexion par le contact de ses lèvres sur l'intérieur de ma cuisse gauche, et que je lâche un grognement inattendu.

« L'eau va déborder » chuchote-t-il gravement contre ma peau. « Tu comptais prendre un bain ? »

Je me dégage de son emprise, et lorsque je me retourne vers lui, son immense corps doré me fais face, et je perçois un éclair de malaise sur son visage. Il se sent exclu de mon monde et ses yeux révèlent ce que je sais déjà : il ne va même pas chercher à me dissuader de me détacher de lui. Je me figure que, sans expérience, quand on se sent indésirable, on a l'impression que le ciel nous tombe sur la tête. Comme ce n'est pas le cas, je m'approche de lui, et je lui explique sérieusement :

« C'est assez simple : tu n'as jamais couché avec une fille, et moi je n'ai jamais fait l'amour dans un bain »

C'est presque vrai.

Il me sourit avec ses yeux malicieux que — je m'en rends compte maintenant — j'adore.

Je lui prends la main et j'enlève mon soutiens-gorge, et ma jupe taille haute, et ma culotte. Il enlève son caleçon, et on plonge ensemble dans l'eau chaude.

Quand j'ouvre mes paupières, les repères me reviennent lentement. J'ai chaud, parce que Jeremiah me serre dans ses bras. Je suis nue, et dans la chambre de mon colocataire.

Et merde.

Coucher avec son colocataire. Je ne sais pas vous, mais je ne crois pas que ce soit l'idée du siècle. Pourquoi est-ce que vous ne m'avez pas retenue ?

Je regarde l'heure sur le radio-réveil de Jeremiah (sérieusement, qui possède encore un truc pareil en 2015 ?), et il est 9h du matin. J'ai du dormir trois heures, parce qu'on s'est couchés vraiment tard hier soir — tôt ce matin. Je me dégage de l'étau des bras de Jeremiah, me lève, enfile ma — sa — chemise d'hier, ma jupe, et je m'attèle à la dure tâche de remettre mes bottes, afin d'éviter d'éveiller les soupçons de ceux qui ont dormi ici.

Si je me fais cramer en sortant de la chambre de Jeremiah, je suis fichue.

Je lace mes chaussures soigneusement, et des flash-backs de la veille me reviennent.

Jeremiah, étalé sur mon corps immergé dans les eaux du bain, qui passe ses mains sur mon visage, l'air éperdu, avant de m'embrasser. Des baisers longs, mes mains sur son dos, la série d'orgasmes inespérés, mon soulagement qu'il ne remarque pas ce dont je suis affreusement complexée depuis mes quinze ans.

Le dos massif de Jeremiah se meut sous les draps, et je n'en suis qu'à la moitié de ma chaussure. Merde.

Bon. De toutes façons, il y a bien falloir qu'on se parle un jour ou un autre.

« B'jour » me dit-il de sa voix rauque du matin, qui me surprend à chaque fois.

« Bien dormi ? » je demande, essayant d'être un peu sympa, parce que la seule chose que j'ai envie de faire là tout de suite, c'est de m'enfuir.

J'ai horreur des conversations sur l'oreiller, ça me troue le cul.

« Oui » me dit-il simplement, et, comme il n'ajoute rien, je lève la tête.

Je ne devrais pourtant pas être surprise de son laconisme. C'est plutôt habituel chez lui. A quoi m'attendais-je ?

« Tes cils sont roux ? » demande-t-il, franchement surpris.

Merde.

Merde.

Ça, c'est MON secret. Personne ne le sait, et je voulais que ça reste mon secret à moi.

J'ai envie de le frapper. Pourquoi est-ce que je me suis démaquillée hier soir ? La maniaque en moi me répond que c'est pour le bien-être de ma peau, mais je sais aussi que j'ai pas pensé qu'il pouvait me découvrir comme ça. Personne n'a le droit de savoir qui je suis vraiment, personne ne doit découvrir …

« Non », je réponds, d'un ton tellement froid qu'il ne renchérit pas.

Cette technique marche quasiment à tous les coups. Si vous êtes dans une position où vous aller devoir avouer un truc qui ne vous plaît pas, répondez simplement « non » avec l'air très énervé, voir agressif. La plupart du temps, ça bloque les gens.

Jeremiah reste silencieux, mais continue de me regarder.

Quand j'ai presque fini de lacer mon autre chaussure, il me demande, préoccupé :

« Catherine, pourquoi moi ? »

Je lève la tête, surprise.

« Je veux dire, j'avais cru comprendre, déjà, que tu étais avec un mec en Master 1, et qu'Amerigo te plaisait. Je croyais que tu ne m'aimais pas »

J'ai envie de répondre que ce qu'on a fait cette nuit ne nous engage absolument à rien, même pas à nous apprécier. Que je ne suis pas fiancée à mon mec de Master 1, dont le prénom ne cesse de m'échapper. Qu'Amerigo est vraiment canon et que je n'exclus absolument pas l'idée de me le faire. Mais la façon dont il regarde mes jambes avec un petit air triste fait naître le dernier millimètre cube de compassion que je possède quelque part dans mon coeur.

Il enchaîne, les yeux toujours rivés sur mes jambes :

« Tu pourrais avoir qui tu voudrais ! Tout le monde te considère comme la fille la plus belle de tout le campus, tout le monde me demande de venir ici pour te voir, tout le monde voudrait (il fait une pause, les yeux toujours perdus dans le vide)… je ne sais pas … se pendre à tes lacets », conclut-il en me regardant les nouer.

« Ça les abîme » susurré-je avec un sourire.

Je me campe sur mes hauts talons, et je regarde Jeremiah dans les yeux.

« Va te regarder dans le miroir, Jeremiah. La beauté c'est la conscience de son pouvoir de séduction. »

Ce sont les derniers mots charitables qu'il entendra de moi pour aujourd'hui. Je sors de la chambre, et je range une bonne partie de la matinée avec Jeremiah, en silence. Je n'ai aucune envie de parler de ce qu'il s'est passé.

Faustine, Amerigo, Charles et Eric ont dormi sur le canapé-lit, et dans ma chambre, Matt doit être occupé à faire un sudoku.

Le sol est dégueulasse, mais à part ça, seuls les bouteilles vides, les cendriers pleins et les verres trainants un peu partout, l'appart est sauvé. Je commence à m'attaquer aux bouteilles et aux verres, et au bout de dix minutes, Jeremiah vient m'aider et commence à passer la serpillère dans la cuisine. Il est seulement vêtu de son 501 et je dois me concentrer sur l'erreur monumentale que j'ai faite cette nuit pour ne pas contempler les muscles de son dos.

Puis, comme je fais du bruit avec l'aspirateur, les quatre dormeurs du salon se réveillent avec des geignements. Faustine, qui est la seule à dormir sous la couette, ouvre grand les yeux. « Merde » doit-elle se dire. Ce n'est pas le genre de Faustine de dormir avec quatre mecs, même si je suppose que c'est elle qui a insisté pour avoir la couette pour elle seule. Si elle se sent mal à l'aise, elle n'en laisse rien paraître et me demande d'un air léger si elle peut utiliser la salle d'eau.

J'acquiesce avant de lui dire d'attendre un moment. La dernière chose que je veux, c'est qu'on découvre ce que j'ai fait cette nuit. Je rince la baignoire, ramasse les fringues de Jeremiah au sol en me maudissant intérieurement de jouer à la femme de ménage, mais c'est pour la bonne cause. Les pièces sont niquel au bout de trois minutes, et je me console en contemplant mon efficacité.

« C'est bon ! » je hurle à mon amie, qui entre quelques secondes plus tard.

Avec mes frères et Jeremiah, on finit de tout nettoyer avant midi et je propose une après-midi lose affalés devant la télé avec des pizzas. Comme tout le monde manifeste un intérêt certain, je commande la livraison par téléphone et je vais ranger ma chambre. À ma grande surprise, Deck est aussi allongé dans mon lit, dormant à poings fermés, près de Matt, qui lui, est en train de finir le rubik's cube qui trainait sur la table de chevet que je n'utilise jamais.

« Debout ! » je m'écrie en ouvrant les rideaux puis la persienne. « Ça sent le bordel français ici ! ».

Matt me fait un clin d'oeil en comprenant ma référence (on a tout les deux lu An American Childhood l'été dernier) et Deck grogne dans son sommeil, avant d'entr'ouvrir de petits yeux.

« Deck ! À la douche » j'ordonne, en lui balançant une serviette de toilette propre à la figure.

Machinalement, il prend la serviette, et m'obéit. Quand il est sorti et que j'entends l'eau couler, je demande à mon frère :

« Je croyais que tu détestais Deck ? »

Matthew prend une grande inspiration.

« C'est un énorme connard et j'ai toujours su qu'il allait te foutre dans la merde. Mais il était tellement mal hier que j'allais pas le laisser dormir sur le sol. »

« Awwwww, c'est qu't'es un coeur tendre en fait ! » je le chambre.

Matt ris.

« En revanche, je te conseillerai de changer les draps ».

J'ouvre de grands yeux et mon esprit déplacé et éternellement salace imagine mille et une chose que je ne pourrais répéter ici sans rougir (c'est une blague, hein, je ne rougis de rien; mais si je vous décris tout ce que j'imagine maintenant vous allez tomber dans les pommes) avant qu'il n'ajoute :

« Il s'est à moitié vomi dessus »

Je soupire de soulagement. Mon frère hausse un sourcil sarcastique, avant de rassembler ses affaires et de rejoindre les autres dans le salon. On se met Star Wars V — L'Empire contre-attaque, et on bouffe notre pile de pizza dans une léthargie post-cuite pas tout à fait désagréable.

Vers dix-huit heures, Deck, Faustine et Amerigo décident de partir, et une demi-heure plus tard, mes frères sont près à prendre la route. Je les accompagne à la porte.

« Pas de connerie sur le chemin du retour ! Et c'est Matt qui conduit, je sais que c'est lui qui a le moins bu »

« N'importe quoi » affirme Eric en haussant les épaules avec désinvolture.

Charles se marre.

« Salut Jer » lui lance Eric en lui faisant un hug rapide. Je remarque, alors que c'est au tour de Charles, qu'il est moins tendu, moins crispé, que lorsque je l'ai revu en juin dernier. Ça fait presque six mois. Il n'est pas à l'aise dans les bras de mon frère, c'est sûr, mais c'est moins manifeste qu'avant. Je ne sais pas si je le remarquerais distinctement si je le rencontrais maintenant.

Matt lui serre la main, ce qui paraît super gênant, mais mon frère n'est lui-même pas le champion du contact avec les autres êtres humains.

Je ne referme pas tout à fait la porte pour les voir descendre :

« On se voit bientôt ! »

« À Thanksgiving, probablement ! C'est dans trois semaines ! » me crie Charles du palier d'en dessous.

« Je t'aime ! » me crie Eric, d'une voix mélodramatique.

S'il en fait tout un cirque, je sais qu'il le pense vraiment.

« Bisoux ! » je hurle, me foutant complètement des voisins, qui n'ont sûrement pas appréciés la fête d'hier.

Quand je referme doucement la porte, mes yeux plongent immédiatement dans ceux de Jeremiah, qui me regarde fixement. Comme je cherche dans ses yeux ce qu'il veut me dire — c'est un exercice courant : Jeremiah ne parle que très peu, alors, je me débrouille comme je peux — ses doigts se rapprochent des miens sur la poignée, et je comprends qu'il en veut encore.

Et honnêtement, j'ai plus ou moins évité la gueule de bois (grâce à la sieste, au sexe et à deux ou trois verres d'eau), je me sens un peu lascive, j'ai légèrement froid, et j'ai bien mangé … qu'est-ce qu'il peut bien me manquer ?

Le buste imposant de Jeremiah se dresse devant moi, et je n'y réfléchi pas à trois fois, je me hisse sur la pointe des pieds pour l'embrasser. Cette fois-ci, ce n'est pas du tout tendre ni prévenant et encore moins doux; c'est un contact brutal, presque agressif, précipité.

Lorsque, nue au milieu du salon, à califourchon sur son bassin, je sens que j'arrive au bord de l'orgasme, le complexe que j'ai tant essayé de cacher éclate au grand jour.

Et au regard mi-sauvage mi-inquiet de Jeremiah, je comprends que je vais devoir lui donner des explications.


Alors, quelles sont les spéculations ?

Au risque de me répéter, je ne suis pas Catherine ! Je n'ai d'ailleurs jamais écris à propos d'une personne qui me ressemble aussi peu. J'étais beaucoup plus proche d'Annie, sa mère, autour de laquelle j'ai écris ma première fiction. D'ailleurs, si vous voulez patientez, je vous conseille d'aller lire cette histoire-là (qui s'appelle La Banquise fond au Printemps), j'ai eu de très bons retours, bien meilleurs que pour cette histoire-ci.

N'oubliez pas de reviewer !