Auteur : Rixtide
Traductrice : Abby915
Disclaimers : Cette histoire est la propriété de son auteur : Rixtide. Je ne fais que la traduire. Les personnages et l'univers appartiennent quant à eux à Marvel.
Fiction originale : Si vous souhaitez lire cette histoire en version originale ou laisser un commentaire à l'auteur, le lien se trouve sur mon profil.
Chapitre 12
L'homme le plus fort de tous
Plus tard cette nuit-là, Steve eut des difficultés à s'endormir. Il avait beaucoup de choses en tête, bien qu'elles ne soient pas toutes mauvaises. Il rejoua toutes les conversations qu'il avait eu ce jour-là. La discussion qu'il avait eue avec Natasha sur le trajet du retour avait été le début de son chemin de pensée.
Je suis désolée, Steve. Il se souvint qu'elle lui avait dit après un bref silence.
Pour quoi ? Il essayait toujours de régulariser sa respiration après sa conversation émotionnelle avec Bucky. Il était tellement habitué à tout partager avec Natasha, mais c'était l'une des choses qu'il souhaitait garder entre Bucky et lui.
Je suis désolée d'avoir pensé qu'il serait toujours le soldat qu'on a combattu sur le pont. J'ai toujours soutenu tes visites mais au fond de moi, je lui en voulais toujours autant. C'est pour ça que je suis désolée, je peux voir maintenant combien il s'en veut et regrette le passé.
C'est bon, Natasha. Je te l'ai dit, tes sentiments n'étaient pas injustifiés. Mais tes sentiments étaient envers le Soldat de l'Hiver, pas Bucky. Tu ne dois pas oublier ça. Steve lui avait souri.
Les pensées de Steve passèrent à ces derniers mots à Bucky plus tôt. Mais plutôt que de s'attarder sur ces mots, il se rappela de la sensation des bras de Bucky serrés autour de lui. Bucky l'avait attrapé si fermement que c'était comme s'il avait peur de le laisser partir. Il répéta la promesse qu'il s'était fait silencieusement.
Je ne le laisserai plus jamais hors de ma vue. Je ne le laisserai plus jamais hors de ma vue. Je ne le laisserai plus jamais hors de ma vue.
Et si Bucky avait exactement la même pensée à propos de Steve ? Il l'avait serré contre lui comme s'il ne voulait plus jamais le laisser partir après tout. Peut-être qu'il ne voulait pas perdre Steve de nouveau, juste autant que Steve ne voulait pas le perdre lui.
Plus Steve pensait à l'agitation intérieure à laquelle son ami devait faire face, plus il souhaitait être capable de la lui retirer. Bucky devait avoir tellement souffert quand il était seul dans cet appartement. Il devait toujours souffrir. Ce niveau de douleur n'était pas quelque chose qui pouvait guérir en quelques semaines.
La seule chose gardant Steve de perdre le contrôle de ses émotions était de savoir que si Bucky avait enduré autant pour si longtemps, il devait être incroyablement fort. La résistance que ça devait prendre de survivre à des décennies de torture, de solitude et d'être retiré de toute volonté. Probablement que personne n'avait jamais demandé à Bucky son opinion ou ce qu'il ressentait depuis qu'il s'était battu aux côtés de Steve dans les années quarante. Sachant que Bucky avait enduré tout ça lui donna confiance en le fait que son ami pourrait surmonter ça aussi.
À cause de toutes ces pensées qui baignaient dans la tête de Steve, il n'eut pas une once de sommeil. À un certain moment dans la nuit, il s'assit simplement et pleura. Il n'avait jamais pleuré si fort, en tout cas pas qu'il se souvienne, pas même après avoir vu Bucky tomber du train. Le mélange de joie et de tristesse coula et coula de ses yeux jusqu'à ce qu'ils soient complètement secs et à ce moment-là, des rayons de soleil passaient à travers sa fenêtre.
Le jour qui suivit fut extrêmement calme.
Steve était tellement épuisé qu'il passa la plupart de la journée allongé dans son lit. Il voulait juste que le jour passe plus vite pour pouvoir revoir Bucky. Natasha appela, mais il laissa le répondeur s'en charger avant de s'endormir pour plusieurs heures.
Finalement, il fut temps. Steve attrapa sa veste et verrouilla la porte de son appartement derrière lui. Il arriva à l'hôpital en moins de temps que d'habitude et il alla directement à l'aile psychiatrique. Il rentra presque littéralement dans Bucky alors qu'il passait une porte de la salle commune que Steve ne connaissait pas.
Lors de leur quasi-collision, Bucky tressaillit et leva son bras métallique pour se protéger mais quand il reconnut Steve, il sourit et laissa son bras retomber sur le côté.
– Hey vi-
Bucky l'interrompit et attrapa l'épaule de Steve, la serrant fermement. Son sourire était le plus pétillant que Steve avait vu depuis un long moment.
– C'est un bon jour ? demanda Steve, souriant en retour.
Bucky garda la main sur l'épaule de Steve mais il se tourna rapidement pour ouvrir la porte par laquelle il venait de sortir. Steve suivit Bucky à l'intérieur et à sa grande surprise, il vit l'homme qu'il avait une fois supposé être le thérapeute de Bucky, assis derrière un bureau.
– Bucky, dit l'homme.
Sa voix semblait bien plus aimable et agréable que la dernière fois.
– Et… Steve, c'est ça ?
– Oui monsieur, lui répondit Steve.
– Je suis le Dr Baumann. Je suis le thérapeute de Bucky. Asseyez-vous s'il vous plait, je pense que Bucky a quelques nouvelles excitantes qu'il voudrait que je partage avec vous.
Il regarda Bucky, et Bucky acquiesça avec un sourire.
Steve serra la main du docteur et s'assit sur la chaise luxueuse de l'autre côté du bureau. Bucky s'assit dans le siège à sa gauche.
Le Dr Baumann joignit ses mains ensemble et se pencha pour les poser sur son bureau.
– Bucky va particulièrement bien ces derniers temps, il a fait beaucoup de progrès plus vite qu'on ne l'avait prévu, considérant sa situation. Je ne pense pas qu'il soit assez bien pour quitter le service hospitalier maintenant. Quoi qu'il en soit, je crois qu'il pourrait bénéficier d'un peu de temps dehors ici et là, expliqua le docteur. Voilà ce que nous pouvons faire : toutes les une ou deux semaines, dépendant du bien-être de Bucky et de la disponibilité de ses gardiens éventuels en dehors de l'hôpital, nous pouvons permettre à Bucky jusqu'à deux jours d'affilée hors de l'hôpital. Ce serait un bon bol d'air, et ça aidera aussi à faire la transition avec les soins ambulatoires une fois qu'il pourra quitter l'hôpital pour de bon.
– Bucky c'est formidable ! s'exclama Steve.
– Il y a, bien sûr, quelques conditions à remplir. Par exemple, il devra avoir un endroit agréable où résider et rester sous la supervision d'un gardien, généralement un membre de la famille ou un ami proche.
– Je peux fournir les deux, répondit Steve presque sans aucune hésitation.
– Bien, nous devons juste prévoir la date et l'heure de la sortie et du retour au moins trois jours en avance, et aussi vous demander à tous les deux de lire et signer une dérogation, juste pour couvrir les détails mineurs.
Steve regarda Bucky. Il ne semblait pas capable de cacher à quel point il était fier de lui-même mais Steve pouvait dire qu'il essayait de rester modeste.
Après un peu de paperasse et de planification, Steve et Bucky retournèrent à la salle commune et s'assirent sur leur vieux canapé pour passer ensemble le temps qu'il restait avant la fin des visites.
– Penses-y, Bucky ! On aura tout le temps pour lire tous les livres qu'on veut, aller dehors quelque part de plus joli que la cour et aussi faire de vrais dîners fait maison !
Steve parlait si vite qu'il perdait son souffle.
Les yeux de Bucky reflétaient une petite lueur qui disait à Steve qu'il était ravi.
À la fin du temps qui leur était alloué, Steve tapota l'épaule de Bucky.
– Je viens te chercher samedi !
Il sortit par le hall mais il entendit une voix appeler son nom. Quand il se tourna, il vit le Dr Baumann courir vers lui.
– Pfiou, j'ai cru que j'allais vous manquer. Je voulais vous dire une chose en privé. Avant que vous ne veniez aujourd'hui, quand je discutais de sortie provisoire avec Bucky, je lui ai demandé s'il voulait signer une dérogation de sortie pour que je puisse discuter avec vous des petits détails à propos de sa situation. Il a accepté.
La curiosité de Steve augmentait.
– Ce dont je voulais vous avertir, pas que je pense que vous voudriez le blesser intentionnellement, il a l'air d'avoir vraiment confiance en vous. Je voulais juste m'assurer et vous demander d'être prudent. Bucky souffre d'un cas très sévère de stress post-traumatique. Une grande partie de son histoire est toujours gardée secrète, même de moi. En plus de quoi, son mutisme sélectif est un résultat plus grave de son trauma. On travaille toujours là-dessus avec lui et on n'est pas sûr de si c'est temporaire ou définitif. Faites juste attention à ne pas trop le forcer à parler. Souvent, les amis et membres de la famille de nos patients deviennent contrariés avec le manque de communication et il en ressort de la colère. Je me dois de vous demander de nous laisser gérer le traitement. Votre travail comme son gardien pour les week-ends est simplement de le garder à l'aise.
Steve rassura le docteur sur le fait qu'il n'avait que l'intérêt de Bucky en tête et avec ça, il fut rapidement libre de partir. Le bonheur envahit sa poitrine alors qu'il montait sur sa moto. Bucky le rendait tellement fier.
