Attention ! Le début de ce chapitre contient de nombreuses révélations non-canoniques et, sinon stupides, tout du moins ridicules.

Depuis le laboratoire personnel que lui avait alloué Sinbad, Aladdin menait activement ses recherches pour sauver les rokhs noirs entre tous les ouvrages sur les rokhs, la sagesse de Salomon et, malgré ses réticences sur le sujet, la présence de David.

« Sérieusement, comment tu as fait pour altérer les rokhs d'Ill-Illah à la base ?

-Tu jures de ne rien dire, même durant le sommet ?

-Je jure. »

L'ancien chef d'Alma Toran regarda à gauche, à droite et lui murmura à l'oreille :

« Entre nous, je n'avais aucune idée de ce que je faisais.

-QUOI ! Hurla le magi.

-Je m'explique : Ill-Illah venait de descendre pour nous offrir la magie en nous confiant la mission de fonder Alma Toran, comme tu le sais, et il est reparti aussi vite sans nous expliquer comment ça marchait : alors forcément au début il y a eu quelques problèmes, je me souviens encore de Jonathan en train de... mais je m'égare, bref, un jour que j'expérimentais une technique de téléportation, je me suis retrouvé face à face avec Dieu et j'ai dû puiser directement dans ses rokhs pour rentrer, et je n'ai pas retenté l'expérience avant un moment.

-Et c'est tout !?

-C'est tout. Déçu, hein ? Mais bon, j'avais treize ans, un nouveau pouvoir et mes trucs de l'époque, c'étaient plutôt la fronde, la lyre, mon troupeau de moutons et mes visions pour éviter les autres espèces, pas les pouvoirs transcendants pour accomplir la volonté de Dieu.

-Tu étais berger ?

-Sinbad était marin, Alibaba conducteur de chariots de caravanes et, pendant que j'observais le monde depuis les rokhs noirs, je suis quasiment sûr d'avoir vu les ancêtres des actuels princes de Kou manier la bêche dans des champs. »

Cette remarque tira un sourire discret à Aladdin :

« Et au bout de combien de temps les rokhs ont commencé à noircir ?

-Ça a pris plusieurs siècles, mais j'étais le seul à travailler dessus, aujourd'hui avec Al-Samen, le processus est plus rapide.

-Mais ça t'arrange, non ?

-Non ! Je veux voir si les hommes peuvent d'eux-même surmonter le destin pour être heureux, c'est pour ça que j'ai vécu aussi longtemps. Pas pour voir une bande d'illuminés incapables de faire leur deuil foutre en l'air le monde qu'a créé mon bébé !...Ça non plus, ça ne sort pas d'ici.

-Mais je croyais que...

-Je n'ai jamais vu ton père que de deux façon : un adversaire qui nous ferait avancer ou comme le tout petit bébé qu'il était à sa naissance et qui n'aurait pas survécu sans moi : ce n'est pas de l'amour, c'est un instinct de conservation primitif.

-...Oui, bien sûr... oublions ça, je dois reprendre mes recherches.

-Je te laisse dans ce cas.

-A plus tard grand-père. »

« Je me demande ce que papa en dirait. »

Dans le grand flot, le roi Salomon piquait un fard en se cachant le visage : « AAAAAAAAARGH ! C'est trop embarrassant. » Pensa-t-il alors que Sheba tentait de le réconforter tout en se retenant de rire.

De son coté, Alibaba profitait des heures de travail de Sinbad pour se balader un peu seule, en se dirigeant vers les bureaux des généraux elle aperçut d'anciennes conquêtes de son futur mari sortir du bureau de Spartos. En se souvenant que c'était lui qui gérait les écarts de conduite du roi, elle voulut vérifier quelque chose et alla frapper à la porte :

« Entrez.

-Bonjour Spartos.

-Ma reine ! S'exclama le chevalier en se levant.

-Restez assit. Je voulais juste savoir si vous suiviez toutes les femmes avec qui Sinbad a...

-Eh bien, Majesté, c'est que...

-Tout va bien, j'ai besoin de savoir : mon futur mari a-t-il eut d'autres enfants ?

-Aussi étrange que cela puisse paraître, non, Jafar et moi-même suivons chacun de ses écarts de près et il n'a jamais eu d'enfant, d'après Drakon il a une technique pour ne pas en faire mais je n'en sais pas plus, à part que même ivre-mort il le fait.

-Oh ! Je vois. Eh bien merci de votre aide.

-Je suis à votre service, ma reine. Dois-je garder le silence sur cette entrevue ?

-Non, ce ne sera pas nécessaire. A ce soir, Spartos. Bonne journée.

-Bonne journée, ma reine. »

En sortant, elle croisa Jafar et Hinahoho qui la saluèrent, prirent de ses nouvelles et lui demandèrent de quoi elle avait parlé avec Spartos. Les voir se démener pour expliquer de quel genre de technique le chevalier parlait lui tira un sourire avant de leur dire que ce n'était pas la peine et qu'elle voyait très bien de quoi il s'agissait de par son enfance dans les quartiers rouges de Balbad.

Après ça, Jafar l'entraîna avec lui pour superviser les préparatifs du mariage. Le comité de préparation était composé de l'ancien assassin, de Pisti, Yamuraïha, Morgiana, Toto, Birgit, Kougyoku et Sharkan. Alibaba dût choisir les fleurs, la décoration, les plats du banquet, les robes des demoiselles d'honneur, les tenues des garçons et enfin la robe de mariée. Jafar et les autres avaient proposé d'excellentes options qui pourraient être réalisées rapidement, à temps pour la date prévue la semaine suivante. Une fois les questions logistiques et décoratives réglées, Alibaba ne put plus échapper aux essayages, les robes de demoiselles d'honneur furent plus longues à choisir que celle de la mariée. Alors que les filles débattaient sur le style le plus approprié pour chacune d'elle et de la meilleure couleur à choisir, Alibaba choisit une longue robe blanche sans manche un peu ample pour que son ventre ne se voit pas, au cas où il s'arrondirait d'ici le mariage, avec un voile et des sandales oranges feu, avant de suggérer à ses amies le même genre de robes que la sienne en rouge, ce qui fut accepté.

Quand, ce soir-là, Sinbad retrouva sa fiancée au dîner et qu'il vit son air fatigué, il décida de faire court et dès la fin du repas il emmena Alibaba dans leur chambre en la portant comme si elle était déjà sa femme avant de la poser sur le lit :

« Dure journée ?

-Oui mais tous les préparatifs du mariages sont réglés.

-Et le bébé ?

-Il va bien. »

Un petit mouvement de magoi confirma.

« J'ai interrogé Spartos...pour savoir...si...

-Il me l'a dis. Ne t'inquiète pas pour ça, j'ai toujours fait attention, il n'y a qu'avec toi que j'ai voulu fonder une famille. »

Il vit alors qu'elle dormait profondément, sourit, la rejoignit dans le lit, l'embrassa sur le front et s'endormit à son tour.

Quelques jours plus tard, le bateau amenant Abhmad et Sabhmad arriva, ce qui engendra un malaise entre Kougyoku et eux, jusqu'à ce que Sinbad et Alibaba n'interviennent pour détendre l'atmosphère : les anciens souverains reçurent des nouvelles de leur pays alors que Kougyoku se renseignait sur leur domaine d'étude en parlant de l'intérêt de son frère aîné pour la culture trane. Le lendemain Mû, Muron, quelques autres fanalis, Titos, Sphintos et Marga arrivèrent à leur tour en réponse à l'invitation d'Alibaba, en même temps que les ambassadeurs de tous les pays de l'alliance des sept mers venus assister au nom de leurs rois et reines au mariage du fondateur de l'alliance. Sinbad et Alibaba les reçurent comme il convenait de la part du roi et de la reine de Sindoria : le prince féminin savait d'instinct qu'elle était déjà jugée par les autres nations et se fit un devoir de prouver qu'elle n'usurpait pas sa place aux côtés de son futur mari. Et elle le fit bien. A la fin de la journée, plus aucune des personnes réunies sur l'île ne doutait qu'elle serait une bonne reine et un soutient indéfectible pour l'alliance. Bien sûr le fait d'avoir parmi ses propres invités le capitaine du corps fanalis, le magi de Reim et une princesse de l'empire Kou pesait également dans la balance, d'autant plus que tout ce monde discutait de façon tout à fait urbaine ensemble sans se soucier des guerres entre états grâce à sa capacité à apaiser tout le monde :

« Regarde bien, petit bout, voilà à quoi ressemblera le monde que nous allons construire. » Se dit Alibaba, un rapide regard échangé avec Sinbad lui révéla qu'il pensait de même.

« Vous devez être fiers de ce qui s'accomplit en ce moment. Lui glissa Yunan.

-Oui...Ah ! Sursauta Alibaba.

-Yunan ! Qu'est-ce que tu fais ici ? S'écria presque Sinbad.

-Je suis venu vous féliciter, quelle question. »

Avant que le roi ait pu répondre, sa fiancée préféra prendre les devants pour éviter une catastrophe :

« Eh bien merci d'être venu. Vous restez pour le mariage, bien sûr ?

-Merci pour l'invitation mais je me contenterai de regarder de loin et je passerai peut-être vous saluer après la cérémonie. Sur ce, je vous laisse et encore félicitation à vous deux. » Répondit Yunan avant de disparaître.

« Tu es vraiment la femme de ma vie ! » Murmura Sinbad à l'oreille d'Alibaba.

Oui ! David est un père en déni et Yunan se réjouit de voir que Sinbad s'est trouvé une bonne épouse.