A partir de ce chapitre, on raccroche avec l'histoire originale. Ce chapitre est plus long que les autres parce que j'ai voulu condenser toute la partie du retour d'Alibaba à Balbad jusqu'au récit d'Alma Toran en un seul chapitre. A partir de maintenant, si vous ne lisez pas le manga ou les scans, ça va spoiler. J'ai tenu à rester au plus près de l'œuvre originale en prenant en compte ce que j'avais écrit auparavant et ça a donné le chapitre le plus compliqué à écrire jusqu'ici. Bonne lecture !

Un mois et demi plus tard, alors qu'Alibaba, Aladdin et Morgiana n'étaient rentrés à Sindoria que depuis six mois, malgré tous les événements qui s'étaient produits depuis, une lettre de Kouen Ren arriva. Il demandait une escorte de Sindoria pour se rendre au sommet, plus particulièrement Aladdin et Alibaba. Les discussions qui s'ensuivirent furent tout à fait prévisibles :

« Je ne te laisserai pas y aller seule, même si y envoyer Aladdin est hors de question. Tu es ma reine, la reine de Sindoria -même si Kouen ne semble pas être au courant- et tu es enceinte. S'il vous arrivait quelque chose, je ne pourrais rien faire.

-Mais si nous ne répondons pas ou envoyons quelqu'un d'autre, il risque de s'en servir comme prétexte pour anéantir tous les efforts de pourparlers fait jusqu'ici.

-Vos Majestés, les interrompit soudain Morgiana, Aladdin et moi nous sommes concertés et la garde de la reine l'accompagnera à Balbad qu'elle le veuille ou non, rassurez-vous, roi Sinbad.

-Je te remercie, Morgiana, sourit Sinbad, mais j'aimerai également qu'au moins l'un des huit généraux vous accompagne.

-Sinbad, tu te souviens de notre accord ?

-« Tout ce qui touche Balbad te concernera toi et seulement toi, rien ni personne d'autre à Sindoria ne saurait être impliqué. » Je sais. Mais actuellement, ça concerne également le futur prince de Sindoria, donc...

-Donc rien du tout. Kouen ne prendra pas le risque de causer un tel incident avant le sommet. Tout laisse à penser qu'il a des propositions à me faire. J'aimerai savoir lesquelles. Et puis...

-Et puis ?

-J'ai informé Barkak de ma situation actuelle et de mes décisions concernant Balbad, c'est aussi pour ça que je veux y retourner. J'ai besoin de connaître les sentiments de mon peuple sur la vie qu'il mène désormais. »

Sinbad ne put rien répondre à ça, lui aussi avait vécu ce que vivait sa femme par rapport à son pays natal. Le lendemain, Alibaba et sa garde s'embarquèrent pour Balbad. Le premier soir de la traversée, alors que l'ancien prince se tenait accoudée à la rambarde du bateau, Morgiana vint lui parler :

« Tu es inquiète de retourner à Balbad ?

-Oui, même si je l'ai fuit et que j'ai renoncé à mon titre de prince, c'est mon pays natal et je souhaite encore l'aider, mais j'ai peur de ne plus pouvoir rien faire pour lui. »

Dans l'ombre, Toto et Olba écoutaient.

Le lendemain, des pirates attaquèrent le vaisseau et furent repoussés grâce à l'activation des objets-liges de Toto et Olba : les serres pourpres. Au cours du banquet qui suivit pour les féliciter, ses tout nouveaux liges annoncèrent leur mise en couple officielle, elle les félicita puis, après un silence, éclata de rire :

« Qu'est-ce qu'il y a ?

-Rien, rien, c'est juste que... vous imaginez ma réaction si j'étais toujours un garçon ? Répondit-elle avant de repartir dans un fou-rire.

-Eh bien quoi ? Demanda Olba.

-Je vous rappelle que j'étais obsédée par le fait d'être puceau et de ne pas avoir de copine. « Pour faire comme les autres. » Rajouta-t-elle silencieusement.

-Ah, c'est vrai ! Se souvint Olba.

-C'est sûr qu'après avoir appris que tu étais une fille et ton mariage avec Sinbad, on a tendance à l'oublier. Commenta Toto

-Mais aujourd'hui tu es mariée, enceinte et reine de Sindoria, tu n'as plus à t'en faire.

-C'est vrai. » Sourit la reine avant de remarquer l'air soucieux de Morgiana.

Elle n'eut l'occasion de lui parler que le lendemain :

« Qu'est-ce qui te préoccupe, Morgiana ?

-Ce n'est rien Alibaba.

-Bien sûr que si. Écoute Morgiana, tu es mon amie, ma toute première guerrière-lige et, si tu te souviens bien, mes ailes. Tes soucis sont mes soucis, alors dis-moi ce qui te tracasse.

-C'est juste que tu as de plus en plus de monde autour de toi, et parmi eux, je me sens toute petite. J'ai peur qu'un jour tu n'aies plus besoin de moi.

-Morgiana, si un roi, ou une reine, comme moi te suffit, alors je serais heureuse de te voir rester à mes cotés pour toujours.

La fanalis commença à pleurer de joie :

-Merci, ça me fait tellement plaisir.

-Allons, dit Alibaba en la prenant dans ses bras, c'est à moi que ça fait plaisir de savoir que tu veux me suivre. Merci d'être ma lige. »

Quelques toussotements interrompirent la séquence émotion :

« Ah oui. Et merci à vous deux aussi, Toto et Olba. Yorn, Birgit, Aaron, Broj, merci de me suivre, je compte sur vous tous.

-Alibaba, tu pleures ?

-C'est votre faute. Vous êtes tous là, à vouloir me suivre alors que je n'ai même pas été capable de garder mon pays et de l'aider en plus d'être poursuivie par une malchance d'enfer. »

Ces paroles furent interprétées par ses compagnons comme une marque de franchise de la part de leur roi féminin qui se montrait telle qu'elle était à ses subordonnés, en un sens c'était vrai mais les hormones du quatrième mois et demi de grossesse y étaient aussi pour beaucoup.

Pendant ce temps, Aladdin continuait ses recherches dans la tour de la balance noire lorsqu'il fut interrompu par l'apparition de Yunan. Le plus âgé des magis fit quelques révélations au plus jeunes avant de s'interrompre pour réprimander Sinbad, ce qui se finit sur une dispute et la construction magique d'une maison au beau milieu de la cour du palais. Après une discussion sur Ugo, Yunan demanda à Aladdin ce qu'il pensait de Sinbad, après qu'il ait répondu qu'il était fait pour être roi, Yunan lui demanda encore pourquoi il ne devenait pas son magi :

« Eh bien, je l'adore, j'aime beaucoup Sindoria et maintenant que ses rokhs ont étés apaisés, j'ai moins cette impression de danger que j'avais avant mais encore aujourd'hui, je le trouve trop brillant, comme si on ne pouvait pas faire les choses autrement qu'à sa façon.

-Selon toi, qu'est-ce qu'avoir l'étoffe d'un roi ? En ce qui me concerne j'ai peur de Sinbad parce qu'il est bien trop royal pour moi. Nous les magis choisissons nos roi selon notre instinct. Ces rois fondent des empires sur les cadavres de beaucoup de monde grâce à la puissance que nous leur offrons, qui peut infléchir sur le destin du monde. C'est ainsi que « la structure de notre monde » est définie...L'étoffe d'un roi... qu'est-ce que c'est ? En plus aujourd'hui les rois sont nombreux. S'ils s'affrontaient par ambition, le vainqueur sera-t-il celui qui décidera de l'avenir du monde ? »

Aladdin pensa alors à Alibaba, son roi, et à l'enfant qu'elle portait.

Comme l'ancien prince de Balbad s'y attendait, son pays avait bien changé depuis son départ : aujourd'hui il ressemblait, non, il était Kou. En arrivant, Alibaba avait décidé de dissimuler qu'elle était une femme et son état actuel, si sa cordelette ne transformait plus son corps, elle renvoyait désormais une illusion qui lui rendait son aspect de garçon. Le comité d'accueil de Kou s'y laissa prendre et, un peu plus tard, Zaïnave et Hassan jusqu'à ce qu'elle l'enlève une fois chez eux où elle joua avec leur fils et discuta de leurs conditions de vie. Après une visite sur la tombe de Cassim, Alibaba connaissait les différents sentiments de son peuple. Voir qu'il ne restait plus rien du quartier où elle avait vécu lui procura un sentiment de grand vide sur le chemin du retour. Une fois couchée, elle caressa son ventre où son fils dormait déjà, en gigotant un peu selon les quelques palpitations qu'elle sentait. En repensant au tout premier rêve où elle l'avait vu, elle pleura en se disant que jamais son enfant ne connaîtrait le Balbad de ses ancêtres, puis elle repensa aux paroles d'Hassan, à sa dernière discussion avec Hakuryuu et Judal et à sa propre résolution d'aider Balbad en cas de révolte. Il était trop tôt pour pleurer après tout.

Le lendemain, après avoir apprit la politique de l'esclavage de Kou, Alibaba et sa troupe-lige furent conduits dans la salle du trône où siégeait Kouen. Le petit sourire en coin du général n'échappa pas à l'ancien prince qui avait aussi remarquer la présence de Barkak et des anciens gardes de Balbad agenouillés devant les dignitaires de Kou. Au moment où l'un d'eux soulignait son impertinence et que le vieux fourbe qui les avait accueillit le contredisait, Alibaba retira sa cordelette :

« Bon, il semble que vous n'êtes effectivement pas au courant. » Dit-elle alors que l'illusion se dissipait et que l'ancien prince de Balbad laissait place à la reine de Sindoria. « Mais pourquoi ne l'avoir dit qu'au peuple de Balbad, Votre Excellence ? »

Kouen, qui se remettait à peine de sa surprise, au contraire de l'assistance, se décida à jouer le jeu :

« J'ai pensé que vous voudriez que votre peuple connaisse la vérité, Votre Altesse.

-Votre Majesté en fait, je suis la reine de Sindoria désormais, prince Kouen. » Le corrigea en souriant Alibaba, faisant frissonner toute la salle. « Quoi qu'il en soit, je vous remercie d'avoir permit à mes compatriotes d'honorer l'ancienne coutume de notre pays qui consiste à toucher le sol du front pour souhaiter un bon accouchement aux femmes enceintes. Et merci à vous tous aussi bien sûr. » Dit-elle en souriant avec douceur et sincérité à son peuple alors que les Kous paniquaient et leur ordonnaient de se lever. Alibaba surprit le regard reconnaissant des anciens gardes de son pays et ceux remplis d'admiration des siens.

« Maintenant que cela est fait, nous serait-il possible de parler seul à seul, c'est pour ça que vous m'avez invité ici, non ?

-En effet, allons-y. Votre magi n'est pas avec vous ? Ce satané Sinbad sait garder tout le savoir pour lui.

-Ne dîtes pas de mal de mon mari, je vous prie. »

A l'entente du mot « mari », le général tiqua : ça, en plus du ventre arrondi de la jeune femme en face de lui, l'énervait. Il venait de découvrir que celui sur qui il comptait pour mieux diriger Balbad était une femme, ce qui réduisait son projet de le marier à l'une de ses sœurs à néant, qu'elle était ravissante et intelligente, une parfaite reine qui était déjà mariée à Sinbad et portait son héritier. S'il s'écoutait, il la plaquerait sur la table, briserait sa couronne, déchirerait ses vêtements sindoriens et la prendrait jusqu'à ce qu'elle perde l'enfant de Sinbad et qu'il soit remplacé par le sien. Au lieu de ça, ils se fixaient l'un l'autre en silence. Alibaba respira un grand coup et attaqua :

« J'ai vu ce que vous avez fait de Balbad. Si ce pays a été amélioré par rapport à autrefois, il est dommage que vous ayez effacé tout son passé. Pourquoi priver les peuples que vous conquerrez de leur identité ? Pourquoi imposer votre culture ?

-Balbad ne te concerne plus désormais.

-J'aimerai quand même connaître vos raisons et votre point de vue.

-Très bien, dans ce cas parle avec mon frère. » Finit Kouen en faisant entrer Koumei.

Après avoir discuté avec le deuxième prince et considéré ce qu'elle avait appris, Alibaba s'apprêtait à prendre congé quand Kouen entra à nouveau.

« Alors, vous avez pu parler ?

-Oui, et ce fut instructif. Je vous remercie pour ces entretiens. Nous nous reverrons sur le bateau demain. Les salua Alibaba en sortant.

-Attends. » Kouen lui attrapa le poignet. « Tu ne veux donc pas récupérer ton pays ?

-J'ai renoncé à régner sur Balbad le jour où j'en ai fait une république. La suite dépend de son peuple. Lâchez-moi.

-Vous devriez la lâcher, mon frère et roi. »

Kouen remarqua alors qu'il avait attiré la reine de Sindoria à lui au point qu'il pouvait sentir son ventre contre le sien. Alors qu'il hésitait entre finir ce qu'il avait commencé et l'embrasser et reprendre le contrôle de lui-même et suivre le conseil de son frère, quelqu'un d'autre se manifesta. Alibaba écarquilla les yeux en sentant le premier vrai coup de pied de son bébé tandis que Kouen reculait de surprise :

« Il... a l'air solide, ce petit... cette petite ?

-Oui, il s'est déjà manifesté mais c'est son premier vrai... Je retourne à mon logement. Au revoir. »

Ils ne la retinrent pas.

En sortant, elle croisa Kougyoku ravie de la revoir et qui décida de la raccompagner chez elle, elles en profitèrent pour discuter de Balbad, de la paix qui semblait se profiler pour tout le monde et, une fois à la résidence des invités avec Morgiana et les autres, du premier coup du bébé jusqu'à l'arrivée de Mû Alexius qui demanda à parler à Morgiana.

De leur coté, les deux princes de Kou se concertaient sur ce qu'il ressortait de l'entrevue :

« Elle semble assez ouverte à tous les points de vue étrangers, même si elle garde un coté naïf un peu agaçant, mais il faut lui reconnaître son audace et son esprit conciliant. Il est dommage qu'elle ait choisi Sinbad plutôt que Balbad.

-Ça suffit.

-Mon frère et roi ?

-...

-Elle vous plaît, n'est-ce pas ?

-C'est dur à admettre mais oui. Évitons les incidents diplomatiques. Ne me laisse jamais seul avec elle. »

Alors que le voyage vers le lieu du sommet touchait à sa fin, Alibaba, assise aux cotés de Kouen, se décida à poser une question qui la taraudait depuis un moment :

« Kouen, êtes-vous lié à Al-Samen , ou bien est-ce l'empereur de Kou qui s'est allié à eux ?

-Allié ? Il serait plus juste de dire qu'il font partie de moi.

-C'est à dire ?

-Alibaba, fais-tu confiance à tout le monde à Balbad et à Sindoria ? Saches que tout le monde peut te trahir. Il faut éviter d'accorder sa confiance.

-Vous ne faîtes donc confiance à personne ?

-Si, à mes frères et sœurs. C'est pourquoi je regrette ce qui se passe avec Hakuryuu. J'admire l'empereur Hakutoku et j'envie Hakuryuu d'être son fils mais sa rancœur fait qu'il ne sera pas capable d'être roi. C'est pourquoi...nous avons fait ce qu'il fallait.

-Je vois, « même les moyens les plus lâches sont bons pour protéger mon pays », n'est-ce pas ? »

Devant ce qui semblait être l'expression de surprise de Kouen, Alibaba sourit :

« C'est quelque chose que j'ai appris de mon mari. »

« Mais ça ne veut pas dire que je l'approuve. » Pensa-t-elle « Et si ça veut dire que je n'ai pas l'étoffe d'un roi, tant pis ! Aladdin. »

A ce moment, l'île fut en vue et Jafar, Drakon, Hinahoho, Spartos et Pisti vinrent les accueillir. Après avoir déposé leurs écrins enchantés sous la surveillance des généraux, Kouen, Koumei et leurs liges s'installèrent de leur coté tandis qu'Alibaba et les siens prenaient place auprès de Sinbad, Masrur et Sharkan. Sur ce, les Yambalas arrivèrent d'un coté, les fanalis de l'autre et les magis firent une entrée spectaculaire. Enfin le récit d'Aladdin sur Alma Toran commenca.

Le prochain chapitre commencera à la fin du récit d'Alma Toran.