Après une fausse exécution réussie grâce à l'intervention d'Aladdin, le départ en exil des quatre princes déchus de Kou, le couronnement d'Hakuei et la prise d'indépendance de Balbad et du reste des colonies de Kou, le monde avait retrouvé un début de stabilité. Même avec les deux jambes cassées, au bord de l'accouchement et à la nage, rien n'aurait empêcher Alibaba d'être présente lors de la prise d'indépendance de son pays et d'y prendre une part active. Quand elle conclut ses négociations avec Hakuei, Balbad était redevenue une république et, grâce à la réouverture du commerce avec Sindoria, l'alliance des sept mers en entier, Kou ainsi que Reim, prospérerait de nouveau très bientôt tout en redevenant elle-même. Le peuple avait déclaré que Alibaba, malgré son nouveau statut de reine étrangère, resterait citoyenne de Balbad et que ses enfants le seraient également.

Ce fut donc en tant qu'héroïne nationale qu'elle repartit vers son deuxième pays qui profitait lui aussi de la situation. Trois mois après ces événements- qui ne s'étaient déroulés que sur quelques semaines seulement- et après une horrible journée remplie de crampes d'estomac de plus en plus rapprochées et douloureuses, alors que Sinbad, comme tout le monde, dormait déjà à ses cotés, Alibaba finit par se rendre compte que non, ce n'étaient pas des crampes d'estomac et que ses contractions étaient maintenant suffisamment rapprochées pour le faire savoir. En douceur, elle tenta de réveiller son mari :

« Chéri.

-Quoi ? Grogna-t-il comme tout homme tiré de son sommeil.

-Le bébé arrive. »

Ces trois mots suffirent à déclencher le bran-le-bas de combat. En trois minutes et demi pile, Sinbad s'était levé, habillé et était parti chercher la meilleure sage-femme de l'île : dès qu'Alibaba vit entrer Jafar dans leur chambre, elle haussa un sourcil interrogateur, elle eut à peine le temps d'entendre leurs explications comme quoi il avait mit au monde le premier enfant d'Hinahoho et plus tard avait continué quand il le fallait qu'une nouvelle contraction, plus douloureuse que les précédentes, survint et qu'elle décida de ne pas faire la difficile.

De longues heures de travail plus tard, durant lesquelles elle avait couvert son mari d'insultes, manqué de peu de lui broyer la main, souffert comme jamais et s'était épuisée à pousser, alors que le soleil se levait après une nuit blanche, un premier cri retentit dans la pièce alors que Jafar, les larmes aux yeux, tendait le nouveau-né à ses parents :

« C'est un garçon. » Annonça-t-il en déposant le bébé dans les bras de son père, lui aussi ému aux larmes. Avec un sourire, Sinbad se tourna vers Alibaba afin de lui présenter leur fils. Émue et fière, la jeune femme prit à son tour son enfant dans ses bras :

« Badr ! Tu es si beau, mon tout-petit. »

Son fils ouvrit alors les yeux et les leva vers elle elle connaissait ces yeux : elle les avait régulièrement vu dans ses rêves cette année. Si Badr semblait tenir majoritairement de Sinbad, il avait aussi les yeux d'Alibaba.

Jafar apporta de quoi le nettoyer, ce dont s'occupa Sinbad, et vérifia que tous les soins post-accouchement dont Alibaba avait besoin avaient été prodigués correctement. Une fois sûr que tout allait bien, il les laissa tous les trois et alla rejoindre les autres généraux, la garde de la reine et Aladdin qui demanda dès son entrée :

« Comment vont Alibaba et le bébé ? , faisant sursauter Jafar et les autres.

-Comment tu as su ?

-Je l'ai senti, les rokhs s'agitaient. Alors ?

-Ils vont bien, tous les deux, Sinbad est... » Il ne finit pas sa phrase : tous se précipitaient déjà vers la chambre royale, il n'eut d'autre choix que de les suivre.

Alibaba venait de nourrir le bébé et les jeunes parents le regardaient dormir dans ses bras, Sinbad s'était assis à côté de sa femme et l'avait enlacé. Ce tableau de famille fut perturbé par des coups à la porte suivis de l'entrée pour une fois discrète de leur deux troupes-liges :

« Salut, on a appris la nouvelle. » Chuchota Aladdin.

En souriant, ils leur firent signe d'approcher. Seize paires d'yeux se posèrent sur le petit prince avec adoration :

« Il te ressemble, Sinbad. Dit Yam.

-C'est marrant, il a l'épi d'Alibaba en violet. Remarqua Olba.

-C'est vraiment un garçon ? Demanda Pisti.

-Ça se voit. Rétorqua Sharkan. Par ici la monnaie. » Certaines bourses s'allégèrent tandis que d'autres s'alourdirent.

« Comment s'appelle-t-il ? Demanda Hinahoho

-Badr. Répondit Alibaba

-C'est tout ? Questionna Drakon.

-Oui, pourquoi ?

-Dans notre pays natal, Parthévia, les nobles ont plusieurs prénoms. Pourquoi ne feriez-vous pas pareil ?

-Quel est ton nom complet, à toi ?

-Dragul Nol Henrius Govius Menudias Partenuvonomias Dumid Os Kartanon.

-...

-J'ai abrégé en Drakon dès qu'il s'est présenté. Lui expliqua Sinbad à l'oreille.

-Je vois. Eh bien... » Alibaba et Sinbad baissèrent les yeux vers Badr, se regardèrent, sourirent : « Bonjour Badr Rashid Saluja de Sindoria.

-C'est un bon nom.

-Oui, et maintenant nous allons sortir annoncer sa naissance et vous laisser vous reposer, Vos Majestés. Déclara Jafar. Seul Aladdin ne bougea pas :

-Qu'est-ce qu'il y a, Aladdin ? Demanda la reine.

-C'est juste que... vous ne sentez pas ses rokhs ? Ils ressemblent tellement aux vôtres, à tous les deux.

-Ah oui ! Tu m'en avais déjà parlé.

-J'ai hâte de voir ce qu'il deviendra. »

Après quelques heures de sommeil, Alibaba rouvrit les yeux pour voir Sinbad s'extasier sur la petite main de Badr serrée autour de son doigt :

« Alors, mes deux hommes s'entendent bien ?

-Je n'aurais jamais cru aimer un garçon à ce point-là. »

Badr commença à pleurer un peu et Alibaba le prit à son tour, lui sourit et le nourrit. En mangeant, le bébé attrapa l'une des mèches de cheveux de sa mère et joua avec : c'était doux. Alors qu'il finissait et que sa mère lui faisait faire son rôt, Jafar, Morgiana et Aladdin entrèrent à nouveau :

« L'île est en fête et des messages de félicitation arrivent du monde entier avec la prunelle des rokhs, désirez-vous les voir ?

-Bien sûr. »

Le défilé de félicitations commença par celles de Balbad où on fêtait la naissance de Badr Rashid Saluja comme s'il était de ce pays plutôt que de Sindoria, enchaîna sur les alliés de Sinbad qui transmirent vœux et, la plupart des rois et reines étant parents, conseils. Puis les amis d'Alibaba à Reim les contactèrent pour les féliciter et Titos demanda l'autorisation de venir le voir en personne avec Sphintos et Muu et, une fois la requête acceptée, se servit de la magie de téléportation de Schérazade pour apparaître dans la chambre. Sphintos profita d'être là pour vérifier l'état de santé des deux Saluja.

Après ça, la pierre de magoi s'illumina et Aladdin permit à David de se manifester, effrayant leurs invités.

« Je comprend pourquoi j'avais peur de toi, Sinbad. Commenta Yunan.

-Aaah ! Sursauta tout le monde

-Gah ! Déclara Badr, qui se demandait pourquoi il y avait autant de personnes en plus des deux seules qui comptaient (alias maman et papa).

David se pencha vers le bébé en ignorant les gestes de protection de ses parents :

« Badr Rashid Saluja de Sindoria, dans le chemin qui commence pour toi aujourd'hui, je te souhaite la détermination de toujours continuer à avancer, peu importe le destin. Déclara-t-il avant de retourner dans la pierre. Il y eut un silence puis Aladdin lança :

-Eh bien moi, je te souhaite le courage de te battre pour les autres.

-Hum, réfléchit Yunan, je te souhaite la générosité de tendre la main à tout le monde.

-À moi ! Intervint Titos. Moi, je te souhaite de trouver de fidèles compagnons. »

Un nouveau cercle de téléportation apparut et Judal, Hakuryuu, Kougyoku et Kouen en sortirent. Judal déclara :

« Il n'y a pas de raison pour que je ne puisse pas participer. Petit, dit-il en se tournant vers le bébé, je te souhaite la puissance nécessaire pour atteindre ton but.

-L'empereur Hakuei nous a chargé de vous transmettre ses plus sincères félicitations, roi Sinbad, reine Alibaba.

-Et elle nous a autorisé à venir vous voir. Renchérit Kougyoku en s'émerveillant sur son neveu.

-Et ce ne seront pas les seuls. »

Des rokhs se réunirent dans la pièce, émirent une lumière et firent apparaître les parents de Sinbad et d'Alibaba, Cassim et Mariam et surtout Salomon et Sheba en personne. Ceux qui n'étaient pas de la famille directe sortirent pour leur laisser un moment. Les regards émus et remplis de fierté de Rashid, Anise, Badr et Ezra se passaient de mots, tout comme les sourires émerveillés de Cassim et Mariam.

Après quelques instants, les vivants rentrèrent à nouveau et Salomon se dirigea à son tour vers le nouveau-né endormi dans les bras de sa mère :

« Badr Rashid Saluja de Sindoria, je te souhaite la sagesse nécessaire pour gouverner.

-Quand à moi, ajouta Sheba, je te souhaite l'amour de tous tes sujets et, de la part d'Ugo, le sérieux dans tes études et ton travail. Si l'Arba que nous connaissions était avec nous, elle te souhaiterait le respect de toutes les croyances et coutumes.

-Nous ne pouvons rester plus longtemps.

-Le simple fait d'être venu est déjà énorme, roi Salomon, reine Sheba. Merci d'avoir permis à nos parents de voir leur petit-fils.

-Merci de surveiller mon père. » Renchérit Salomon avant de repartir avec ceux qui avaient rejoint les rokhs.

« Bon eh bien, dit Sinbad, mon fils, je te souhaite une vie pleine d'aventures et d'épreuves à surpasser.

-À mon tour, intervint Kougyoku, moi je te souhaite la beauté qui ouvre bien des portes, même si tu es déjà beau, mon cher neveu.

-La dignité, Lança Kouen à la surprise générale, c'est très important pour un roi. »

Muu, Sphintos et Hakuryuu lui souhaitèrent respectivement la force, la santé et la prospérité puis Jafar prit son tour :

« Mon prince, je vous souhaite l'intelligence dans vos pensées et vos actes. »

Il ne restait que Morgiana :

« Prince Badr, je vous souhaite le sens de l'humour et de l'auto-dérision, j'ai l'impression que vous en aurez besoin.

-Probablement, dit Alibaba, et moi, mon chéri, je te souhaite le bonheur, peu importe où, comment et avec qui. »

Drakon et Olba frappèrent alors et annoncèrent que le banquet était prêt. Une demi-heure plus tard, le couple royal présentait officiellement le nouveau prince de Sindoria depuis leur balcon et invitait leurs invités à profiter des réjouissances et, devant l'air réjoui de Kougyoku et d'Hakuryuu, quoi que plus discret chez lui, celui absolument ravi de Judal et ceux curieux de Sphintos et Titos, Kouen et Muu ne purent dire non.