La deuxième partie du récit commence à partir de ce chapitre.
Si, pour des raisons évidentes, la reine et le prince ne pouvaient être présents, la fête battait tout de même son plein. Depuis le balcon royal, Sinbad portait un toast avec son peuple qui l'acclamait sous les yeux ébahis de Muu et Kouen qui n'avaient jamais vu de roi se comporter de façon aussi proche de son peuple. Kougyoku avait retrouvé Morgiana et les autres liges d'Alibaba avec qui elle s'était liée d'amitié avant le mariage pendant qu'Hakuryuu, officiellement chargé de la surveillance de ses cousins restait près de Kouen et de Sinbad, qui finit par aborder le sujet qui fâche :
« Vous aviez des vues sur ma femme, n'est-ce pas ?
-J'en ai toujours, mais ça restera un fantasme désormais. Répondit Kouen.
-C'est pareil pour moi. » Ajouta Hakuryuu, « Vous ne vivrez pas éternellement. » Se dit-il.
De leur coté, les quatre magis s'étaient réunis pour discuter :
« Qu'est-ce que vous en pensez ? Demanda Aladdin.
-Le monde devient chiant. Répondit Judal.
-Je parlais de Badr.
-Il est apparu de façon plus discrète que son père, mais on ne peut pas tous causer une éruption volcanique, un tsunami et une pluie d'étoiles filantes rien qu'en naissant. Sa présence a résonné dans le grand flot de la même façon que pour Sinbad, cela dit. Commenta Yunan. En revanche, je n'ai pas la même sensation d'inquiétude qu'avec lui.
-Je dirais qu'il tient de ses deux parents mais que ses rokhs sont plus proches de ceux d'Alibaba que de ceux de Sinbad. Renchérit Titos.
-C'est ça le problème pour moi. Continua Judal. J'ai toujours trouvé Alibaba bizarre.
-C'est parce que tu es un magi déchu. Ta vision du monde est biaisée.
-..., bon, peut-être que c'est vrai. « Mais elle s'est souciée de moi, c'est une première pour moi. »
-Du coup, tu comptes lui faire explorer des labyrinthes ?
-Probablement. Je me demande combien de djinns il pourrait avoir. » Se demanda Aladdin.
Dans sa chambre, Alibaba, allongée, regardait Badr dormir dans le berceau à côté d'elle. Elle sourit en gravant ses traits dans sa mémoire. Son bébé, son premier enfant !
« J'ai hâte de te connaître mieux, mon fils »
Elle s'endormit peu à peu. Quand Sinbad rentra plus tard, après avoir vérifié que tout le monde était rentré chez soi, il s'émut à nouveau en les regardant et se dit :
« Je vous protégerai toujours, mes amours, rien ne pourra vous faire du mal. »
Cinq ans plus tard, Aladdin rentra dans son laboratoire personnel pour trouver David, hors de sa prison de magoi, raconter que pour terrasser un fanalis, rien ne valait une fronde, un cailloux pointu et bien savoir viser entre les deux yeux à un petit garçon aux cheveux violets avec un épi semblable à une corne et aux yeux d'or.
« Badr, que fais-tu ici ? Tu ne devrais pas être en train d'étudier ? Et toi, David, tu ne devrais pas lui raconter ton passé à son âge, enfin.
-Bon, on dirait que les meilleures choses ont une fin, petit prince. Dit l'ancien en retournant dans ce qui avait fini par devenir son « chez lui ».
-J'ai fini mes devoirs et mes professeurs ont dit que je pouvais aller jouer, oncle Aladdin.
-Dans ce cas, pourquoi ne vas-tu pas dehors avec les enfants de Masrur et de Toto et Olba ?
-Ceux de Masrur sont à Reim avec leurs mères en ce moment, et les autres sont trop petits. Maman est à Balbad pour la commémoration de l'indépendance, papa voyage avec les généraux dans les pays de l'alliance, Jafar travaille et la garde de maman aussi. En plus, maintenant que papa a ordonné aux marins de vérifier deux fois leurs bateaux, je ne peux plus naviguer. »
Badr, en digne fils de son père, avait commencé dès ses trois ans à tenter de se glisser sur les bateaux pour partir en mer, deux ans d'incidents de ce genre avaient décidé Sinbad à renforcer la surveillance de son fils, du port et des navires, bien que la préférence de l'enfant aille à la barque de pêcheur que son père avait fabriqué en souvenir du sien et sur laquelle il partait s'isoler : cette barque était actuellement bouclée dans un entrepôt, au cas où Badr aurait été tenté de partir seul. Aladdin savait que son prince, tout comme ses parents, était un aventurier dans l'âme doublé d'un enfant talentueux dans ses études, l'escrime et s'y connaissait déjà en commerce. Malheureusement, aujourd'hui aucune des personnes capables de canaliser son énergie n'était présente et Aladdin voulait absolument reprendre ses recherches qui touchaient enfin à leur terme. Avec un soupir, le magi se décida à faire une parenthèse dans son travail pour s'occuper de son turbulent neveu.
À Balbad, Alibaba regrettait de ne pas avoir pu venir avec Badr pour les célébrations de cette année : d'habitude elle et Sinbad l'emmenaient dans leurs voyages mais cette fois son fils avait été malade avant le voyage et était encore un peu faible au moment du départ. Au moins Jafar, Toto, Olba et Aladdin garderaient un œil sur lui, malgré le déchirement de cette première séparation : il ne risquerait rien et Sinbad la rejoindrait dans trois jours. La perspective de se retrouver rien que tous les deux lui tira un sourire.
Sinbad était sur le bateau qui l'amenait à Balbad après son voyage diplomatique dans les pays alliés. En songeant à sa famille, sa femme qui l'attendait là-bas et leur fils chez eux, qui travaillait dur et faisait tourner tout le monde en bourrique, Sinbad se dit qu'il avait hâte de séjourner de nouveau dans le pays de son mentor avec Alibaba, depuis la naissance de Badr, les occasions d'être seuls tous les deux en voyage étaient rares et il comptait bien profiter de celle-ci.
À peine avait-il posé pied à terre qu'il vit l'ancien prince courir vers lui et lui sauter dans les bras, il la souleva et la fit tournoyer alors qu'elle riait sous les yeux attendris du comité d'accueil de Balbad, des généraux et de Morgiana, qui se réjouissait toujours de voir la femme qu'elle aimait aussi heureuse. Les longs cheveux dorés d'Alibaba s'envolèrent, la faisant ressembler au Soleil aux yeux de Sinbad.
« Tu m'as manqué.
-Tu m'as manqué aussi, mon roi. »
Une fois leur devoir de souverain en visite officielle accompli, le roi et la reine de Sindoria et leurs gardes rentrèrent à leur hôtel, mais au lieu de retourner directement dans leur chambre, Alibaba entraîna Sinbad sur le toit :
« Sept ans déjà. Dit-elle en arrivant sur le lieu de leur première rencontre.
-Oui, sept ans où tu n'as jamais cessé de me surprendre.
-Et à ce sujet, » Elle saisit son poignard, « tu me dois encore une revanche, non ? Vas-y, prend ton épée. Évitons juste de nous servir de Baal et d'Amon.
-Accordé. En garde, ma reine. »
Après un affrontement beaucoup plus long que le premier, le couple termina sur un match nul :
« Ton niveau n'a pas baissé, mon roi.
-Tu as progressé, ma reine. » Renchérit-il avant de l'attirer à lui dans un baiser passionné.
« Mais maintenant, c'est à un autre genre d'affrontement que j'aspire. Ajouta-t-il. Elle sourit :
-Quelle coïncidence, mon amour, moi aussi. »
Une fois dans leur chambre, le roi fit glisser la robe de sa femme de ses épaules, dévoilant ses seins, ses hanches et ses jambes pendant qu'Alibaba défaisait les vêtements de son mari dont le corps était toujours bâti comme celui d'un homme tout juste sortit de l'adolescence, beau et fort. Le couple prit le temps d'admirer le corps de l'autre, de le redécouvrir avec le même émerveillement que la première fois avant de commencer à se toucher avec délicatesse, habitude prise dans les premiers mois après la naissance de Badr. Ces simples effleurements donnaient à leurs étreintes un caractère plus sensuel que les caresses appuyées de leurs débuts. Sinbad se pencha pour mordiller l'oreille d'Alibaba, descendit embrasser son cou, sa nuque pour y laisser une marque, s'assit sur le lit et laissa sa femme s'installer sur ses genoux. Alibaba se plaça sur sa verge en enroulant ses jambes autour de la taille de son époux pour s'empaler doucement sur son trône privé avec un soupir de plaisir alors que Sinbad réprimait un gémissement alors que leur danse commençait. Le rythme passionné de leur union charnelle, alternant entre douceur et violence maîtrisée, était rôdé pour donner le maximum de plaisir alors que leurs hanches bougeaient à l'unisson. Les gémissements se transformèrent en halètements et le rythme devint plus erratique alors que la vague de plaisir montait de plus en plus avant de les submerger.
Après qu'ils se soient roulés l'un contre l'autre sur le lit, Alibaba se décida à poser une question qui lui trottait depuis un certains temps dans la tête :
« Chéri ?
-Hum ?
-Ça te dirait d'avoir un autre enfant ?
Sinbad se tourna vers elle avec un sourire :
-J'en serai très heureux. »
